Victor Hugo devant le crucifix

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J
Merci, Joseph. <br /> Je retiens ce vers si profond (et si actuel) : « Vous qui passez, venez à Lui, car Il demeure. » <br /> Par ailleurs, j’ai trouvé extrêmement beau et priant le « Corpus Christi ». <br /> Avec vous, je rends grâce à nouveau pour l’intervention de saint Jean Bosco en faveur de Victor Hugo, selon ce récit que je vous avais déjà fait connaître sur « Que j’éveille l’Aurore ».
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C
Merci Joseph pour cette réflexion sur la vie de foi de Victor Hugo, tous ses paradoxes et donc ses tourments, ses contradictions intérieures, ses rejets et ses élans...N'est-il pas finalement emblématique de l'homme contemporain héritier de la Révolution, libre penseur car épris de fausse liberté, guidé par une intelligence défigurée par l'orgueil, chercheur de vérité qui refuse la Vérité révélée? <br /> En lisant le magnifique entretien avec Saint Jean Bosco que tu nous partages, j'ai pensé que Victor Hugo y avait reçu la même grâce que Jean Valjean avec Mgr Myriel:"Jean Valjean, mon frère, vous n’appartenez plus au mal, mais au bien(...) C’est votre âme que je vous achète ; je la retire aux pensées noires et à l’esprit de perdition, et je la donne à Dieu." Je trouve cet entretien extraordinaire par la façon dont Saint Jean Bosco amène doucement, avec "ce ton d’autorité simple mais irrésistible que donnent la foi et le zèle" ,Victor Hugo à lâcher sa superbe et à rendre les armes. Les derniers mots de l'anti-clérical sont bouleversants: " j’espère bien mourir entre les bras d’un prêtre catholique qui puisse recommander mon âme au Créateur". <br /> Merci pour la très belle photo de Nadar qui me semble si bien correspondre au Victor Hugo de cet entretien: " le poète, qui jusque-là avait tenu le front haut et regardé le saint, baissa la tête et regarda au-dedans de lui-même. Au lieu de répondre il se prit à méditer. Car il s’était résigné à n’avoir plus de foi, mais il n’avait jamais pu se résigner à n’avoir plus d’espérance." <br /> Enfin, j'ai été très touchée par ton choix de citations qui me révèle l'adhésion du panthéiste romantique au Christianisme et à la religion de l' Incarnation, jusque dans son ultime expression: Jésus crucifié...<br /> La double invocation "Ô madame Marie ! ô Jésus ! à genoux<br /> Devant le crucifix où vous saignez pour nous"<br /> dans le poème Le Crucifix, est si simple qu'elle jaillit comme un cri du cœur,de même que l'extrait des Contemplations, avec les vers inscrits au bas d'un crucifix. La vraie contemplation du Christ crucifié (merci aussi pour ce si beau Corpus Christi en cuivre doré du XVIème) ne peut qu'ouvrir le cœur.<br /> La rédemption passe par tous ces cris du cœur, et j'espère avec toi , Frantz, qu'ayant ouvert la misère de son âme à Jésus, Victor Hugo "s’est laissé sauver et mener au Ciel".
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M
Merci Joseph de partager avec nous ces éléments qui t’ont frappé à la lecture de l’œuvre de Victor Hugo, ainsi que tes différentes recherches et réflexions. Je me souviens de ces beaux chapitres au début des Misérables avec Monseigneur Myriel (merci pour le lien vers l’article évoquant Monseigneur de Miollis !), ainsi que ceux troublants où Victor Hugo évoque la vie religieuse de manière contradictoire. Merci pour les lignes de Charles d’Espiney relatant la rencontre avec saint Jean Bosco, ce qui me frappe en premier c’est le dévouement de ce saint prêtre pour les âmes qui venaient le voir écoutant et parlant durant des heures, son intelligence dans l’approche de cet homme qu’il ne connaît pas, ainsi que sa bonté. Et puis je suis frappée par ce refus par Victor Hugo de penser au but de l’existence, à la destination de l’homme, à l’« avenir suprême », la vie éternelle, comme tant de contemporain… « « Ne perdons pas de temps à traiter cette question ; je parlerai de la vie future quand je me trouverai dans le futur. » ». Et pourtant : « Car il s’était résigné à n’avoir plus de foi, mais il n’avait jamais pu se résigner à n’avoir plus d’espérance. »… Merci pour l’extrait très beau des derniers instants de Jean Valjean, ainsi que ce petit poème inscrit au bas d’un crucifix, je retiens particulièrement ce vers : « Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit. ». Ces quelques éléments de la vie de Victor Hugo me font penser à cette Parole de la Bible : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. » (Evangile selon saint Matthieu, chapitre 7 versets 7 et 8).<br /> Merci aussi pour la photographie de ce beau crucifix du XVIème siècle.
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L
Merci Joseph de partager avec nous ton regard sur cette division intérieure que tu as perçue chez Victor Hugo. J’ai trouvé déjà très intéressant ce que tu présentes comme une sorte d’incohérence entre certains personnages des Misérables qui semblent désincarnées et d’autres au contraire tout à fait réalistes : « à l’humanité si vraie et attachante ».<br /> Merci pour le paragraphe où tu parles de la foi de Victor Hugo, et où tu exhortes à « faire attention à ne pas verser dans la facile caricature face à la complexité de l’être intérieur ». Cela rappelle aussi le mystère qu’est chacun et la crainte que nous devons avoir lorsque nous parlons d’une âme… Je te remercie pour le lien internet que tu donnes relatant les rencontres de Victor Hugo avec saint Jean Bosco. J’ai trouvé si beau l’attitude du saint qui écoute l’âme, le cœur, de son visiteur et qui, par une parole, toute inspirée de l’Esprit-Saint, touche juste, exactement là où il faut… Et de voir le fruit que cela porte. <br /> Du poème Le crucifix, j’ai aimé d’abord le titre donné à la Vierge Marie : « Ô madame Marie ! », et ensuite l’énumération des vertus : « doux », « loyal », « juste » et « secourable ». Mais surtout, c’est le terme « écolier » que j’ai aimé lire : « écolier / De ce qu’a fait pour moi ce vaillant chevalier. »<br /> De l’extrait des Misérables, je retiens évidemment le titre admirable donné au Christ : « le grand martyr ». (Merci aussi pour l’illustration, le Christ y est si beau, dépouillé de tout – même de la Croix)<br /> Du dernier extrait, j’ai trouvé particulièrement beaux, et peut-être « inattendus », le deux derniers vers : « Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit. / Vous qui passez, venez à lui, car il demeure. »
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F
Merci pour cette réflexion et cette « approche » de ce que fut Victor Hugo, en son âme profonde. Je reçois tout cela avec d’autant plus d’intérêt que je suis moi-même en ce moment dans la lecture des Misérables. Comme toi, je remarque cette ambivalence qui revient souvent, même si concernant le passage sur les religieuses, je n’aurais pas employé le mot de « dureté » : peut-être ai-je mal compris, mais avec l’admiration et la gratitude que tu soulignes bien, j’aurais dit qu’il exprimait une certaine incompréhension sur des points qu’il essayait de présenter sans jugement, avec certes un peu d’amusement ici ou là, mais sans méchanceté. Quoi qu’il en soit, on perçoit bien, c’est vrai, l’être pétri de contradictions qu’était Victor Hugo.<br /> Merci pour cette admirable « prière du petit roi de Galice », qui me fait tout de suite penser à saint Louis, en particulier la fin : <br /> « Doux au faible, loyal au bon, terrible au traître,<br /> Et juste et secourable à jamais, écolier<br /> De ce qu’a fait pour moi ce vaillant chevalier. »<br /> J’ai aimé encore davantage la contemplation de Jésus Crucifié : c’est comme si Hugo avait délaissé toute tentative poétique (c’est pourtant bien un poème) pour parvenir à ces quelques mots simples, vrais, essentiels. « Contraire de « l’amour » désincarné et tapageur du romantisme », oui…<br /> Finalement, la lecture de ton article suscite en moi une certaine crainte : celle qu’il faudrait avoir toujours devant le mystère de l’autre, dont Dieu seul peut démêler les contradictions, les mouvements contraires de la gratitude et de la fermeture, les aspirations à la Vérité et les compromis… Ce qui est beau également, ce sont les signes du passage de Dieu dans la vie de Victor Hugo, comme dans la vie de chacun, et de manière éminente le signe des amis de Dieu, tel Monseigneur Myriel (et surtout le véritable saint qui a inspiré ce personnage), tel saint Jean Bosco, envoyés pour éclairer, interroger, guider avec respect vers le Seul qui sauve l’homme de sa misère. Je me dis qu’après avoir écrit cette fresque poignante sur la vie si dure des misérables du monde, Hugo s’est peut-être reconnu lui-même misérable, un misérable de l’âme, qui, espérons-le, s’est laissé sauver et mener au Ciel.
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J
Merci, Joseph. J’ai été heureuse de lire le récit de la rencontre de Victor Hugo avec saint Jean Bosco rapporté par Charles d’Espiney, particulièrement ceci : « Le saint laissa le poète quelque temps pensif, puis, voyant qu’il avait touché le fond de cette âme, il en retira la sonde pour y enfoncer une flèche qu’elle emporterait bon gré mal gré avec elle. Sans attendre que son interlocuteur eût répondu, brisant lui-même le premier le silence, et prenant ce ton d’autorité simple mais irrésistible que donnent la foi et le zèle, il dit à ce vieillard déjà penché sur le bord de la tombe » avec l’annonce du Salut. Comment ne pas être vaincu par le cœur bon, la « force tranquille », le silence, la parole qui va droit au but et touche juste, de saint Jean Bosco ! Je trouve très beau le crucifix de la photographie Jésus semble dormir. Ouvre-t-il les bras pour accueillir ou pour être pris dans les bras de son Père, au Ciel ? Peut-être les deux… Merci d’avoir recueilli ces extraits sur l’amour du crucifix. Je suis touchée particulièrement par ce vers : « Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit. » J’ai aimé l’âme de disciple-écuyer du petit roi de Galice par ceci : « écolier De ce qu’a fait pour moi ce vaillant chevalier » et plus encore en prononçant son serment devant « madame Marie » et le crucifix. Merci pour ce que tu écris au sujet de Monseigneur Myriel « cause et gardien de la rédemption de Jean Valjean ». Tout cela me fait rendre grâce pour le Crucifié qui gagne les cœurs !
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