''Simon de Cyrène porte la Croix du Christ'' (Alliette Audra)

Publié le

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Merci pour ce partage. <br /> J’ai trouvé vraiment remarquable le début : « Un homme pointe à l’horizon du paysage amer. Il revient de ses champs à la minute extrême où Dieu ne pouvait plus. Le mystère descend sur le Christ et sur lui qui s’élèvent ensemble. Puis, la montagne acquise… »<br /> Je trouve le style du dialogue plus « chargé » (mais serait-ce voulu, pour correspondre au sujet ?) ; cependant, j’ai beaucoup aimé les mêmes vers que toi, et aussi cette question : « Qu’as-tu donc entendu des battements de son Cœur, alors que le Passionné montait ? » ainsi que les définitions de la Croix : « l’arbre de toutes les semences, et le tronc de tous les secrets ».<br /> Enfin, je souhaitais relever ces expressions de Louis Chaigne, que je trouve très justes quant à la vraie poésie de façon plus générale : « Traduire, à l’intention de son époque, et avec les accents que celle-ci peut le mieux entendre, l’éternelle réponse de l’Espérance et les certitudes qui nous lient aux réalités qui ne passent pas… <br /> discret et pur. Le simple et le rare s’y allient comme chez peu… <br /> Ceux qui auront introduit chez eux cette tendre, amicale – et parfois déchirante – harmonie ne voudront plus s’en éloigner, et surtout ne pourront plus l’oublier. » <br /> (et il est si réconfortant de voir des artistes en célébrer d’autres avec admiration, contre l’ignoble jalousie !)
Répondre
J
Merci pour ton article. Ça m’a plu de découvrir cette figure de la poésie française catholique et lire les marques de révérence et d’admiration de Louis Chaigne ainsi que le compliment de Francis Jammes envers Madame Alliette Audra. Je remercie pour la possibilité de lire ce poème sur saint Simon de Cyrène quelques jours avant de faire mémoire la Passion de Jésus. J’ai aimé ce poème très profond, et lire les noms donnés à Jésus : « le Passionné » ; « la Clarté ». J’admire à travers ces vers le respect et la pudeur de la poétesse qui n’impose pas une manière de voir intrusive sur ce qu’aurait pu vivre saint Simon de Cyrène auprès de Jésus. Ce qu’il a vécu semble indicible, et pourtant, sa vie n’a sûrement plus été la même après cette rencontre vécue avec Jésus. En ce sens, j’ai aimé lire ce vers « « Je n’ai rien entendu – dit Simon – que je puisse redire, puisque l’Évangile s’est tu. » : cela me fait penser au silence contemplatif de l’Évangile sur la vie de Jésus à Nazareth avec sa Mère et saint Joseph. Nous n’en savons rien, et cependant, quelle vie si attirante Quel fondement ! Tout est là ! <br /> « Il revient de ses champs à la minute extrême où Dieu ne pouvait plus. » : Je n’avais pas réalisé autant que la l’image du travail de la terre que Jésus a beaucoup utilisé lorsqu’il enseignait en paraboles est une fois encore manifestée : voilà qu’au moment où le grain de blé, Jésus, tombe en terre dans sa première chute dans son chemin de Croix, Dieu appelle un homme revenu des champs. Jésus sème alors dans le cœur de cet homme la vie… : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Évangile selon saint Jean, chapitre 12, verset 24) La dernière strophe est tellement belle… Je rends grâce pour tous ceux et celles qui sont des Simon de Cyrène pour Jésus et leurs frères…
Répondre
L
Merci Joseph pour cette rencontre avec Alliette Audra et l’un de ses poèmes. Je retiens ces choses dites à son sujet : de Louis Chaigne, « le simple et le rare s’y allient » ; d’Henri Pourrat, « Vos poèmes ont une humilité d’enfance » et ce que tu dis toi-même, « sa délicatesse emplie de respect, marques de l’authentique poésie ». Qu’elles sont belles c’est vertus ! : Simplicité, humilité d’enfance, délicatesse…<br /> Je remercie aussi pour ce regard sur saint Simon de Cyrène qui, lui aussi, permet une rencontre, nouvelle, différente, avec cet homme, « si près de Dieu », « silencieux auditeur de la Croix ». Cette question m’interpelle : « Qu’as-tu donc entendu des battements de son Cœur, / alors que le Passionné montait ? ». Accueillir le fait que l’union à la souffrance du Christ a nécessairement révélé à cet homme de grandes choses, un profond mystère.<br /> Je suis aussi frappée par ce qu’Alliette Audra souligne : « Mais à toi plus prochain, qui partages avec Lui le fardeau des humains, / Il n’a pas dit merci !... » Déjà parce que cette réalité de partager « avec Lui le fardeau des humains » est à la fois grave, dure et belle. Et la suite « Il n’a pas dit merci !... » pourrait être assez gênante, s’il s’agissait d’un reproche fait à Dieu, mais je le lis plutôt dans l’émerveillement devant l’attitude de cet homme qui n’attendait pas de remerciement. Unit au Christ portant sa Croix, il a compris que, dans le don de Jésus, il y a déjà tout le « merci », et bien plus que le « merci », le Salut.<br /> Au début, je trouve très beau ces mouvements descendant et ascendant : « On le happe au tournant et le mystère descend / sur le Christ et sur lui qui s’élèvent ensemble. »<br /> Ces expressions aussi me marquent : « la montagne acquise […] On le rend à la nuit », « ses plaies suspendues », « toi qui marches dans l’ombre de toute la Clarté ».<br /> Je trouve enfin très profond, et original il me semble, ce qu’elle comprend de la mission de saint Simon de Cyrène dans la suite du temps : « tu vis, Samaritain du Christ, à côté de chacun dont le travail surpasse les forces de la nature. / Tu te charges en silence, de ce peu de leur croix, qui dépasse, apparente, et soutiens tout leur cœur invisible, du tien. »
Répondre
F
Quelle cadeau de découvrir cette poétesse, et ce d’autant plus qu’elle est tombée dans l’oubli de beaucoup ! Les mots choisis par Louis Chaigne pour lui rendre hommage sont très forts : « une des voix les mieux habilitées à traduire […] l’éternelle réponse de l’Espérance et les certitudes qui nous lient aux réalités qui ne passent pas » ; « Ceux qui auront introduit chez eux cette tendre, amicale – et parfois déchirante – harmonie ne voudront plus s’en éloigner, et surtout ne pourront plus l’oublier. » M’a touché le lien avec Maurice Zundel, que je ne connais que de nom, mais dont je sais qu’il a eu une grande et belle influence dans l’Église : voir les âmes unies entre elles est toujours un sujet de joie, en pensant à la manière dont Dieu agit par l’influence de certains sur d’autres. <br /> Concernant le poème sur Simon de Cyrène, je remercie pour la possibilité de le recevoir, et avec lui le regard si profond, chaste – et, peut-on dire mystique ? – d’Alliette Audra sur ce personnage biblique enveloppé de silence. Comme tu le soulignes, je trouve d’abord très beau qu’elle ne cherche pas à dire ou faire dire ce que l’Évangile ne dit pas, elle écoute ce silence. <br /> « Je n’ai rien entendu – dit Simon – que je puisse redire,<br /> puisque l’Évangile s’est tu. »<br /> Mais son désir d’en savoir plus, non par curiosité mais par soif de contempler le mystère de la Passion du Seigneur, est profondément édifiant. Me touche beaucoup ceci : <br /> « On le happe au tournant et le mystère descend<br /> sur le Christ et sur lui qui s’élèvent ensemble. » […]<br /> « Qu’as-tu donc entendu des battements de son Cœur,<br /> alors que le Passionné montait ? »<br /> Je suis particulièrement interpellé par les mêmes vers que tu relèves dans la suite de ton article, je ne vais pas tous les citer, mais je retiens surtout ceci :<br /> « Il te laisse derrière, la part du bois qui traîne, pour que l’intelligence à jamais te soit faite des choses inconsolées... » […] « Tu te charges en silence, de ce peu de leur croix, qui dépasse, apparente, et soutiens tout leur cœur invisible, du tien. »<br /> Quelle mission cela suggère, et qui se déploie par-delà le temps ! Vocation de « Consolateur ». Quand on pense que c’est l’un des noms de l’Esprit Saint, donc de Dieu lui-même… <br /> Le plus fort, je trouve, dans ce que met en évidence Alliette Audra, c’est la manière de faire de Dieu : tant de choses, certainement même les plus grandes, se font en silence, sans éclat, invisiblement, et ne seront connues de tous qu’au Jour où tout sera mis en lumière.<br /> « Jusqu’au jour, où la même colline unifiant les sommets réunira les mondes,<br /> devant la joie du Père, nous verrons le Verbe ensoleillé. »<br /> Que c’est beau !
Répondre
M
Merci Joseph de me permettre de découvrir Aliette Audra, et son poème évoquant saint Simon de Cyrène. C’était une grâce de le lire lors de la Semaine Sainte, et je trouve que ça l’est d’ autant plus que je n’avais jamais rien lu sur saint Simon de Cyrène et que ce poème, très profond, ouvre les yeux sur une part de ce mystère. J’ai particulièrement aimé le deuxième paragraphe, et spécialement ces si beaux vers :<br /> « Qu’as-tu donc entendu des battements de son Cœur, <br /> alors que le Passionné montait ? » <br /> Notamment le si beau titre de « Passionné » avec les deux sens (il me semble) qu’il évoque.<br /> Je trouve très beau tout ce qu’elle laisse entrevoir des fruits de cette expérience extraordinaire qu’à vécu cet homme, et entre autre une grâce de compassion et une mission toute particulière : <br /> « Il te laisse derrière, la part du bois qui traîne, pour que l’intelligence à jamais te soit faite des choses inconsolées... <br /> Dans le symbole de l’Écriture des jours, tu vis, Samaritain du Christ, à côté de chacun dont le travail surpasse les forces de la nature. <br /> Tu te charges en silence, de ce peu de leur croix, qui dépasse, apparente, et soutiens tout leur cœur invisible, du tien. »<br /> Comme toi je trouve que ce vers rempli d’allégresse : <br /> « devant la joie du Père, nous verrons le Verbe ensoleillé, »<br /> J’ai aussi été touchée par ces vers :<br /> « à la minute extrême où Dieu ne pouvait plus. <br /> On le happe au tournant et le mystère descend <br /> sur le Christ et sur lui qui s’élèvent ensemble. »<br /> Je rends grâce pour les authentiques poètes qui savent ouvrir les yeux et les oreilles de leur cœur pour voir et entendre les mystères cachés ou voilés et qui offrent aux autres d’en percevoir un peu la lumière !
Répondre
C
Merci, Joseph, pour la découverte que tu me fais faire d'une nouvelle "sœur en poésie" ; totalement inconnue de moi, elle vient grâce à toi à ma rencontre et j'ai bien hâte de la connaître mieux!.<br /> Les mots de Louis Chaigne qui la présentent comme chantant "l’éternelle réponse de l’Espérance et les certitudes qui nous lient aux réalités qui ne passent pas" , ainsi que ceux d'Henri Pourrat qui célèbrent en elle "l'humilité d'enfance" me la rendent déjà si précieuse! Comme de la savoir guidée par Maurice Zundel . Il me tarde d'être de "ceux qui auront introduit chez eux cette tendre, amicale – et parfois déchirante – harmonie"...<br /> <br /> Merci pour ce poème sur Simon de Cyrène, cet homme de la "minute extrême" dont nous savons si peu de choses tant il est enveloppé dans son silence et dans celui de Jésus. Grâce à cet article, il m'a accompagnée d'une façon particulière pendant la Semaine Sainte.<br /> Je trouve particulièrement belles les notations d'ombre et de lumière: "on le rend à la nuit"; c'est donc qu'il était dans la Lumière aux côtés de Jésus; et , plus loin:" toi qui marches dans l’ombre de toute la Clarté"<br /> Je suis très touchée par l'antithèse:" le mystère descend sur le Christ et sur lui qui s’élèvent ensemble".<br /> Je n'avais jamais réalisé avant de lire ce poème combien Simon de Cyrène avait été proche du Cœur de Jésus dont il avait pu entendre les battements comme Saint Jean le soir de la dernière Cène...<br /> Enfin , je réalise grâce à Alliette Audra que Simon peut être encore aujourd'hui le consolateur de ceux que la tâche ou la douleur submergent: quelle intercession méconnue de ce" plus prochain, qui partage(s) avec Lui le fardeau des humains"!
Répondre