Notre pain quotidien

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M
Merci Lucie d'évoquer l'obéissance, la docilité de la Vierge Marie à la voix, la faim, du chœur.
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J
« cette si aimante Boulangère qui, si docilement, obéit à la voix – à la faim – du chœur… » : oui, Lucie.
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J
Oui, Jeanne, pour la compassion de saint Joseph.
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J
Merci pour tes premiers mots sur l’expérience sensorielle du bon pain. Baguettes, « miches, flûtes et ficelles, fougasses torsadées » etc : que de vocabulaire pour décliner le pain !<br /> J’ai trouvé très jolie, et même touchante, la photographie du petit garçon si allègre : oui, « la joie radieuse d’exister », alors même qu’il n’en a guère conscience !<br /> Je me suis imaginé le geste symbolique de Jean Valjean rapporté dans le passage des « Misérables », et je suis frappé de l’expression d’attente des enfants sur le tableau de Bartholomé. « On perçoit comme un silence presque religieux : le pain est un trésor, le pain est sacré... » : ta phrase me renvoie à la bénédiction spéciale qu’on faisait autrefois – que je fais toujours – pour le pain, à part, à la pointe du couteau.<br /> Il y avait beaucoup d’éléments dans cet article ; je pense que le poème de Marie-Noël en aurait mérité un à part entière mais, dans un autre sens, il se passe de commentaires… Je veux simplement écrire combien je le trouve, avec son admirable musique médiévale, profond et invitant à la contemplation silencieuse et émue ; particulièrement, en ce Carême, des strophes 5 et 6.
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L
Merci Joseph pour le lien que tu fais avec la demande dans le « Notre Père » et de mentionner le « rôle sacerdotal de Notre-Dame ».
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F
Merci Christine pour cette belle méditation sur ce qu’est le pain. Me frappe d’abord, car même en le sachant on l’oublie facilement, que le pain « était l’indispensable nourriture de base des familles », comme tu l’écris. En ce sens, je trouve le tableau d’Albert Bartholomé extrêmement parlant : tu soulignes bien la mise en avant de ce pain par la lumière, mais il y a aussi le fait que les quatre regards sont tournés vers ce pain (il me semble que l’enfant qui a déjà sa part la contemple lui aussi avec ce silence presque religieux dont tu parles). Ici, ce sont des regards emprunts de gravité, certainement parce que dans ce foyer pauvre, on connaît la valeur du pain, on sait qu’il est donné aujourd’hui sans qu’on soit certain de l’avoir demain… J’image qu’on le reçoit du coup avec d’autant plus de gratitude ! <br /> C’est aussi la gratitude que je vois sur le visage riant du petit parisien de Ronis. C’est très amusant de voir ce bonhomme portant comme un trophée une baguette presque aussi grande que lui ! C’est très intéressant, ce que tu rapportes concernant l’expression « aller au pain » : je ne l’avais jamais entendue.<br /> Sujet de joie quand il est donné, on voit par l’extrait des Misérables combien ce pain, lorsqu’il manque, signifie le « naufrage », pour reprendre le mot très fort de Victor Hugo. <br /> Surtout, je te remercie pour le poème de Marie-Noël ! Déjà, le titre de « Boulangère » pour parler de Notre-Dame, ouvre à la méditation. Je trouve ensuite très fort et profond le temps long avec lequel Marie, la Boulangère de Dieu, cuit le Pain de Vie qu’est Jésus, son enfant, et l’amour que symbolise cette cuisson : amour quotidien et intime du foyer. J’aime particulièrement ces mots : « À la douceur de son cœur le plus doux ». Bien sûr, je trouve extrêmement fort ces vers :<br /> « Mais quand l’a vu meurtri, rompu, détruit<br /> Le Pain vivant qu’elle avait fait de nuit,<br /> Comme un agneau par les loups dévoré,<br /> La Boulangère en grand deuil a pleuré. »<br /> Mais je ne vais pas les commenter. Ce qui m’interpelle, c’est ce chœur qui répète son « Car nous avons faim », ainsi que ce vers : « À tous les gens affamés d’alentour ». Il est beau de se rappeler que nous sommes (nous devrions l’être en tout cas) ces affamés de Dieu. C’est ainsi que nous sommes faits, nous avons faim de Lui. Cela me fait penser immédiatement au Magnificat de la Sainte Vierge, dans l’Évangile selon saint Luc : elle dit de Dieu qu’ « Il comble de biens les affamés » (chapitre 1, verset 53). Dès lors, on comprend que c’est, spirituellement, non pas un malheur que d’avoir faim, mais la qualité indispensable pour recevoir chez soi le « Pain de Vie », Dieu fait Homme pour nous nourrir de Lui-même.
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L
Merci Christine pour ton article sur ce thème « ordinaire », et pourtant (la fin le prouve) surnaturel !<br /> J’ai aimé, comme toi, « la joie radieuse d’exister » de ce jeune garçon. Une joie simple, mais un peu « contagieuse » il me semble : comme s’il pouvait nous entraîner dans sa joie simple du service accomplit et du pain rapporté.<br /> Dans l’extrait des Misérables, je retiens particulièrement ces passages : « C’était un triste groupe que la misère enveloppa et étreignit peu à peu. » ; « Quelle minute funèbre que celle où la société s’éloigne et consomme l’irréparable abandon d’un être pensant ! » ; « les larmes l’étouffaient » ; « Puis, tout en sanglotant, il élevait sa main droite et l’abaissait graduellement sept fois comme s’il touchait successivement sept têtes inégales ». Ce geste, qui me semble être comme une bénédiction des êtres aimés et – malgré lui – abandonnés, est si beau, plein d’amour, de compassion, de tendresse et d’oubli de soi… <br /> Sur le tableau de Bartholomé j’aime particulièrement le visage de la femme dont la lumière accentue les traits et la gravité. Je trouve beau aussi le geste de l’aîné qui retient, sans violence, son jeune frère pour l’aider à patienter…<br /> Merci, enfin, et surtout, pour le poème de Marie Noël. Je me sens bien incapable d’y apporter un « commentaire » : je contemple, avec confusion, cette si aimante Boulangère qui, si docilement, obéit à la voix – à la faim – du chœur…
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J
Merci pour cet article profond sur le pain, sur la noblesse et la dignité du pain, si particulières, et depuis toujours, comme tu le montres bien, mais plus encore après le choix inouï de Dieu de se faire présent « avec vous jusqu’à la fin du monde » (cf. Bible, Évangile selon saint Matthieu, chapitre 28, verset 20). <br /> Je rends grâce pour avoir appris à recevoir avec plus de gratitude ces dernières années cet aliment tellement lié à la vie substantielle du corps, mais que je mangeais trop inconsciemment, alors que tant de générations le considéraient comme un « trésor », comme le suggère le tableau de Bartholomé.<br /> Je rends grâce aussi pour l’occasion de méditer sur le pain, alors qu’avec les catholiques du monde entier, nous avons reçu pour la route du Carême, avant Pâques, le Pain de l’Eucharistie, Jésus réellement présent. Je trouve très forte cette pédagogie de l’Église de pouvoir se recentrer, grâce au jeûne, sur cet essentiel qu’est la Nourriture de l’Eucharistie, petit bout de pain qui est Tout : le Pain Sacré ! <br /> Quant à ce caractère sacré du pain, je pense avec émotion qu’il est un des éléments essentiels des demandes de la prière du « Notre Père », que Jésus nous a enseignée : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » (Bible, évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 11).<br /> Merci pour le rappel de ce passage très poignant des Misérables, qui appuie encore cette réalité, et montre le prix presque « terrible » du pain, ici. La dernière phrase est profondément saisissante.<br /> Merci pour la photographie qui transmet bien la joie enfantine, la joie sobre et simple du don du pain. Cela me rappelle cette commission qui était à la fois un rituel et un plaisir particuliers (sans oublier la salopette !)<br /> Mais surtout, merci pour la grâce de relire ce poème si profond de Marie Noël, en son style médiéval, qui est comme une petite synthèse poétique de la vie du Seigneur, « Pain de Vie ».<br /> J’aime énormément le premier quatrain sur l’Annonciation, si musical et si dense, il me semble, théologiquement. Je trouve également très belle l’évocation de la vie cachée à Nazareth. Et surtout, ce poème me donne à méditer, avec crainte, sur le rôle sacerdotal de Notre-Dame, à travers l’image poétique de la Boulangère qui nourrit les enfants affamés. Lire ces vers : « La Boulangère en grand deuil a pleuré », et contempler, à travers le don de la poésie, quelque chose du sacrifice d’amour de la Vierge Marie, uni à celui de son Fils, est comme une secousse, poussant à la contrition et à la gratitude.
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M
Merci Christine pour le partage avec nous de cette « joie du pain ». Tout d’abord, la photographie de Willy Ronis très simple et joyeuse m’a beaucoup amusée et je la trouve réjouissante. Voir ce petit bonhomme courir avec un beau sourire et sa longue (presque plus grande que lui !) baguette dans les bras. Merci d’évoquer ce temps où aller acheter du pain était si familié que l’on disait « aller au pain ».<br /> Merci pour cet extrait, terrible, du roman Les Misérables de Victor Hugo. Je suis frappée par la disproportion entre le délit et la peine de cinq années de galères, mais en la lisant à travers ton article je me rends compte que je n’avais pas pensé lorsque j’avais lu cette œuvre, que cela pouvait aussi, en fait, souligner le trésor qu’était le pain pour tous. <br /> Merci aussi pour le tableau d’Albert Bartholomé qui est très évocateur je trouve. On y ressent toute la solennité de la scène, le soin de la maman, le silence, le geste lent, et l’on comprend le bien si précieux qu’est le pain sur lequel tous les regards sont posés. <br /> Enfin merci pour le poème de Marie Noël, je retiens particulièrement ce vers : « À la douceur de son cœur le plus doux, » et la répétition dans le chant du chœur : « car nous avons faim ». Faim oui ! De ce Pain-Dieu, quel Mystère ! Quelle Folie ! Quelle Grâce indispensable… !
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J
Merci Christine pour tes mots partagés avec nous. J’ai aimé le beau sourire du petit garçon de la photographie qui tient cette baguette (qui n’est pas loin d’être aussi grande que lui !). Merci pour l’extrait des Misérables : la manière décrire, au début du texte, avec les phrases très courtes et pour certaines sans verbe, accentuent nettement la réalité tragique qui est décrite. Quelle angoisse ce doit être pour un homme qui ne peut subvenir aux besoins des petits dont il a la charge avec toute la culpabilité que cela peut entraîner en lui… Saint Joseph est très certainement empli de compassion pour ces hommes et ces pères, les soutenant tout particulièrement et prenant en charge leurs soucis et leurs enfants ! J’ai apprécié voir sur le tableau la manière bien particulière de couper le pain en le tenant contre soi. Enfin, merci pour le poème de Marie Noël. Il est si original. Je suis touchée par la répétition « nous avons faim » : je me suis dit que si Marie Noël insiste autant sur cela, et qu’elle écrit un poème sur le Pain qu’est Jésus, c’est qu’elle doit avoir très faim de ce Pain ! C’est très beau ! Ce poème donne de l’admiration pour la Boulangère, la Vierge Marie, qui a travaillé, pris soin de ce Pain et le donne à manger. Je retiens spécialement le dernier chant du chœur… J’aime lire « la Maison du Pain » : c’est tellement beau de se rappeler que c’est ce que veut dire Bethléem, le lieu où Jésus, le Pain de Vie, est né.
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