Le Jugement dernier selon bienheureux Fra Angelico

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F
Merci Joseph pour la suggestion de saint Abel : j’adhère tout à fait ! Et merci pour la citation de la Lettre aux Hébreux, si belle ! Merci, Jean, d’attirer l’attention sur les anges qui t’ont particulièrement plu, et sur « la farandole des petites fleurs » ! Merci Jeanne pour ce que tu dis sur les deux moines qui conversent ensemble, et Christine pour l’enthousiasmante citation de saint Augustin.
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J
Merci à chacun, en particulier, merci, Jean, pour ton enthousiasme et l’expression de ton émerveillement que j’apprécie beaucoup lire. Merci, Joseph, pour avoir pensé à saint Abel, ainsi que pour la citation du poème-acrostiche « Allégresse ».
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M
Merci à chacun pour vos commentaires, particulièrement pour le rappel du cantique du Père de Montfort, du poème de Léo Pastór et de la lettre aux Hébreux que tu fais Joseph. Pour le « saint à l’agneau » je n’avais pas pensé à saint Jean l’évangéliste, c’était intéressant de voir comme cela, mais j’ai cru tout de suite le voir de l’autre côté. Alors ce serait saint Abel oui, merci. Merci Jean d’avoir relevé « la farandole des petites fleurs, si jolies, qui lui fait écho » et souligné par là la beauté de cette réalité de la communion des Hommes et de la Création dans ce Salut obtenu de Dieu. Merci aussi pour cette parole si importante et nécessaire de réentendre, toujours, de la lettre de saint Paul.
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J
Merci, Joseph, pour l’évocation de Hébreux 12, 22-23, bonheur si désirable, en effet ! Je rejoins ton avis sur saint Abel ! Au début, j’avais pensé comme Frantz, mais saint Jean l’Évangéliste est représenté en face, il me semble…
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J
Je rends grâce, tout d’abord, pour la citation finale de la Lettre aux Romains, si limpide.<br /> Quelle œuvre extraordinaire du bienheureux Fra Angelico ; si belle esthétiquement et si profonde spirituellement !<br /> Je suis le sens de ton cheminement :<br /> quant au Christ en gloire, la façon dont son visage est représenté ne me plaît pas, mais j’ai aimé la présence de la plaie de son Côté. <br /> Qu’ils sont radieux, tous ces anges autour de lui ! J’ai particulièrement remarqué les « guerriers », mais mes favoris sont l’ange doré et le bleu au-dessus de Jésus, sur sa droite, avec leurs sourires enfantins. <br /> Le manteau étoilé de la Sainte Vierge est très beau, très délicat…<br /> Parmi les élus, mes préférés sont saint François, avec la transverbération de sa paume droite, et, comme toi, le pape au sourire. Ce qui m’a le plus touché est les battements de mains, d’une part ; et les retrouvailles pleines d’allégresse avec les anges gardiens, d’autre part. Le cortège dansant est si harmonieux, imprégné d’heureuse paix, et je me suis émerveillé de la farandole des petites fleurs, si jolies, qui lui fait écho. Enfin, j’ai trouvé très évocateurs le flot de lumière qui jaillit de la porte du Ciel, et, dans une moindre mesure, les tombeaux vides.<br /> <br /> Je n’ai pas envie de m’étendre, moi non plus, sur l’horreur de la représentation de l’enfer : les corps dénudés, les pendus, les cannibales, les faces grimaçantes dont la vue dégoûte et fait peur, les immondes bêtes… mais il faut bien regarder la réalité en face : « Travaillez à votre salut avec crainte et en tremblant », nous dit saint Paul (Ph 2, 12).
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J
Je rends grâce pour bienheureux Fra Angelico et pour le privilège d’avoir pu contempler ce tableau à Florence. <br /> Bien sûr, j’ai beaucoup apprécié revoir cette farandole et surtout le détail si émouvant et profond des retrouvailles de l’homme et de son bon ange gardien qui s’étreignent (en pensant à l’importance pour chacun de le connaître, afin de le reconnaître au Ciel). J’ai repensé immédiatement au si beau cantique du Père de Montfort (le 110ème), à son ange gardien, qui s’achève ainsi :<br /> « Tenez-moi toujours compagnie<br /> Surmontez tous mes ennemis<br /> Afin qu’un jour dans l’autre vie<br /> Nous soyons pour jamais unis. »<br /> J’ai particulièrement aimé regarder les petits anges rivés vers Jésus, qui l’admirent et le célèbrent, ainsi que l’esprit de joie qui émane des âmes sauvées, avec ces beaux gestes de battement des mains. J’ai beaucoup aimé être ainsi convié à admirer les relations simples, nobles et délicates, de sainte amitié en Dieu.<br /> J’ai également pensé au poème-acrostiche « Allégresse » de Léo Pastór dans « Une vertu chaque jour » :<br /> « Suivons, suivons tous les saints !<br /> Envions, envions leur festin ! » <br /> À l’inverse, j’ai été frappé par le caractère d’anti-communion qui se dégage du groupe des damnés, notamment dans la scène du faux repas, et dans la gravité et la laideur du Mal, du péché, si clairement exprimées.<br /> Je trouve très beau qu’encore une fois, dans l’Art, saint Jean-Baptiste soit placé en vis-à-vis de la Sainte Vierge, rappelant sans cesse leur communion si belle, unique, dans leur lien au Sauveur. <br /> Je rends grâce pour ce tableau qui est une illustration si réjouissante de ce passage de la Bible que j’aime beaucoup : <br /> « Vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. » (Lettre aux Hébreux, chapitre 12, versets 22 et 23), objectif si désirable !<br /> Enfin, il m’a semblé reconnaître Abel sous les traits de ce jeune garçon à l’agneau.
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J
Merci, Marguerite, pour le regard attentif partagé avec nous envers les invités de cette scène. J’ai beaucoup apprécié voir tous ces anges en particulier les deux anges trompettistes qui dirigent leur instrument vers les tombeaux afin de réveiller les morts, ainsi que l’ange qui tient la Croix. Comme toi, j’ai retenu le soldat avec son attitude de croiser les mains sur sa poitrine. Ce qui m’a particulièrement plu est le volet de gauche sur lequel les anges dansent avec leurs protégés. Il est beau le détail où l’ange conducteur de la danse aide un protégé à danser. Il y a aussi les deux anges postés à l’entrée de la Cité : je ne sais pas s’ils sont plutôt « aspirés » par la lumière ou bien sur le point d’être renversés en arrière par l’éclat de cette lumière ? Je remarque la belle scène de communion qu’est la retrouvaille entre un moine et un ange : ils tendent leur bras l’un vers l’autre. Je trouve très touchant le détail où deux moines conversent ensemble (et surtout la réalité est tellement belle) : peut-être l’un a précédé l’autre au Paradis, et les voilà enfin réunis dans l’Éternité ! J’aime particulièrement la femme vêtue de bleu, au premier plan, qui tombe à genoux en élevant les mains, ainsi que la femme avec la robe violette, plus haut et sur la même ligne, qui semble rire (d’allégresse !) et taper des mains. J’ai aimé voir les quelques anges qui se mêlent à cette assemblée pour l’un parler avec un sauvé, et pour l’autre désigner la Cité.<br /> Je trouve belle, et plus que nécessaire, la pédagogie qu’est le fait de représenter le Jugement dernier : regarder ce que vivent les damnés effraie, tandis que contempler la communion et la lumière dans lesquelles les sauvés demeurent donne très envie d’être invités comme eux et de les rejoindre !
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L
Merci Marguerite de partager avec nous cette œuvre. C’est toujours impressionnant de contempler une représentation du Jugement dernier : cela renvoie de manière très vive à ce que nous sommes – de pauvres créatures – et à ce que nous serons dans l’Éternité – en fonction de nos choix, ou absence de choix, sur terre.<br /> J’ai tout de suite remarqué que, contrairement à d’autres œuvres déjà partagées sur « Que J’éveille l’Aurore ! », Fra Angelico choisi de représenter tous les tombeaux ouverts : tous les corps sont déjà ressuscités. Ce qui m’a frappé aussi, c’est que l’on retrouve, à gauche et à droite des tombeaux, le même type de personnes : moines, évêques, cardinaux, roi ou reine, soldats, pèlerins. On dit, « l’habit ne fait pas le moine » ; mais pour Fra Angelico il est bien clair que l’habit, ou l’état de vie, ne définit pas non plus la destination éternelle.<br /> Comme toi j’ai beaucoup aimé regarder la rencontre si joyeuse et émouvante de l’homme avec son ange gardien. Hormis quelques petites exceptions, il me semble que, de ce côté-ci, chaque personne est, soit toute occupée par l’adoration du Christ, soit déjà avec son ange. Je trouve beau qu’il y ait à la fois la joie explicite de la rencontre personnelle avec celui-ci et aussi, dès avant l’entrée au Paradis, d’être déjà (ou encore), dans une forme de joie communautaire : en Église. C’est en tout cas dans ce sens ce que j’ai aimé regarder la farandole !<br /> J’aimerais aussi apprendre à reconnaître tous ces grands saints qui entourent Jésus ! Merci pour ta description des anges et de la Vierge Marie. Son intériorité est si belle, accentuée par son geste plein d’humilité et par son manteau immaculé et étoilé – rappelant celui de Pontmain ! – (j’ai d’ailleurs bien aimé remarquer la présence des étoiles sur plusieurs vêtements des sauvées qui m’évoquent l’importance de l’action de la Sainte Vierge dans leur vie).
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F
Merci pour la contemplation offerte de ce remarquable tableau du bienheureux Fra Angelico, maître non seulement dans le domaine de la peinture, mais aussi dans l’art d’élever les regards vers les réalités non visibles, mais bien réelles, celles qui devraient nous importer bien plus que nos petits soucis égocentrés. J’apprécie tout d’abord l’ordre qui se dégage de cette œuvre, avec les « lieux » bien distincts : la Cour céleste en haut, le peuple des bienheureux à gauche, celui des réprouvés à droite, et au milieu cette allée qui forme comme une fracture entre tout cela. Je me suis arrêté sur cette longue et large dalle percée de plusieurs trous carrés, comprenant bien qu’il s’agit de tombeaux ouverts, ceux de la résurrection de la chair qui arrivera à la fin : tous ressuscitent, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la mort éternelle. Tous ces tombeaux sont semblables, à part celui qui n’est pas sous terre : je comprends que c’est celui du Christ, dont il est sorti victorieux de la mort. Cette « allée » de la mort est donc le point commun entre tous : Jésus, qui siège dans la gloire, les saints, qui sont passés par la mort, et les damnés de même. Mais quelles différences dans les deux destinées, comme tu le soulignes !<br /> J’ai aimé tout particulièrement regarder les retrouvailles des anges avec leurs « protégés », et notamment les deux que tu relèves et qui se prennent dans les bras : comme c’est beau ! Il est aussi frappant de voir les visages lumineux et si joyeux des bienheureux, à gauche, au contraire des faces déformées par la colère, la peur, l’angoisse, à droite. La farandole des élus, anges et hommes côte à côte, suscite la joie, « simplicité enfantine », comme tu l’écris. J’ai aimé admirer le beau manteau de la Sainte Vierge, manteau de neige et d’étoiles… Je me suis aussi demandé qui était ce jeune saint portant un agneau, j’ai aimé me dire que ce devait être saint Jean l’Évangéliste, étant donné qu’il est juste derrière l’autre saint Jean, le Baptiste, dont il a été le disciple, puisque c’est par la parole « Voici l’Agneau de Dieu », dite par l’aîné, que le jeune Jean s’est attaché à Jésus. M’a amusé le regard en coin de saint Paul, qui sans aucun doute aime quitter quelques instants des yeux son Seigneur pour regarder l’Église, ses frères et sœurs sauvés, pour reprendre de plus belle sa louange communautaire avec encore plus de joie ! J’ai d’ailleurs aimé voir les nombreux échanges de regards du côté des bienheureux, se souriant les uns les autres, au contraire des damnés qui s’évitent soigneusement du regard… Et puis m’a réjoui de remarquer saint Dominique et saint François en vis-à-vis, comme pour souligner leur profonde fraternité et leurs missions communes, bien que différentes, à la même époque de l’Histoire de l’Église.
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C
Merci , Marguerite, pour la contemplation de ce tableau de Fra Angelico et pour la possibilité d'en découvrir les détails en agrandissant.<br /> J'aime beaucoup ton insistance sur la diversité, la variété, des anges, des sauvés, des damnés: ce ne sont pas des foules monolithiques, uniformes, mais bien des ensembles d'individus uniques, tous différents les uns des autres. Merci d'en avoir identifié certains pour nous; je me suis interrogée avec toi sur le saint à l'agneau et je ne vois que Sainte Agnès de Rome que l'iconographie chrétienne représente ainsi avec un petit agneau (mais il ne semble pas que ce soit ici une jeune-fille...). <br /> La foule des damnés est désordonnée et violente; deux personnes m'ont particulièrement frappée: l'homme au bord du gouffre qui, désespéré, tend les bras vers Jésus (mais l'abîme est infranchissable!), et le religieux, en rose aussi, qui semble avoir à la place du cœur une tête d'animal sauvage. Beaucoup de damnés se bouchent les oreilles, un démon enfonce le casque d'un soldat pour l'aveugler: le monde des enfers est insupportable à nos sens...<br /> La foule des élus est ordonnée et paisible; je trouve très beau le mouvement qui les mène du rivage du salut vers leurs anges puis vers la Porte débordante de rayons de la Jérusalem céleste; c'est un mouvement où l'émerveillement, l'adoration (merci pour tes remarques sur les mains) se transforme en une danse; et comme sont belles ces retrouvailles avec les anges! Cela m'a beaucoup émue et Saint Thomas d'Aquin m'a rappelé qu' au paradis, "il n'y aura pas deux sociétés, celle des hommes et celle des anges, mais une seule : car pour tous la béatitude consiste à adhérer au Dieu unique". J'ai particulièrement contemplé, comme toi, l'étreinte de l'homme et de l'ange.
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