''Arrivée du Pardon de Sainte-Anne-de-Fouesnant à Concarneau'' (Alfred Guillou)

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Publié dans Dessin et peinture

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M
Merci Jeanne pour la découverte de ce tableau d’Alfred Guillou et de cet extrait d’Anatole Le Braz. Concernant ce dernier, j’ai apprécié découvrir un certains nombres de mots ! Trouvé très intéressante et évocatrice la description de ces « gabarres de pêche », particulièrement ces mots : (…) « les déconcerte et les intimide, elles, les habituées de la tempête, les affronteuses des houles déchaînées ? Ou bien faut-il croire qu’elles ont quelque sentiment de la solennité de leur rôle ? ». J’ai aimé lire ceci : « Les femmes prennent terre les premières d’aucunes, fidèles à la coutume antique, se prosternent pour baiser le sol, à l’endroit où commence, au dire de la tradition, la zone bénie, le domaine de Notre-Dame. », « Toutes vont pieds nus, toutes ont un cierge dans les mains. ». Et ce qu’il décrit sur le fait qu’elles soient absorbées par la prière et la dévotion, sans distractions, et notamment : « elles n’ont d’yeux que pour la fine aiguille de granit qui se profile là haut, sur la crête, derrière le rideau des bois. ». Toute cette description de prière populaire, comme tu l’évoques au début de ton article, est très belle et réjouissante. <br /> Dans le tableau d’Alfred Guillou, je trouve très impressionnant le nombre de voile que l’on distingue. Ce pieux évènement rassemble beaucoup de fervents pèlerins. J’ai aimé voir ces jeunes filles dans la barque rassemblées autour de la sainte, dans leur belle tenue pour l’honorer. Sans doute font-elles partie d’un groupe spécial de dévotion, avec leur tenue similaire et cette médaille autour du cou. Je trouve qu’elles sont très belles avec leurs belles dentelles. Je remarque aussi le dévouement de ces hommes, qui ont ramés (vu la longueur et le gabarit de ces rames, ces jeunes filles auraient eu bien de la peine, il me semble, si elles avaient dû s’en occuper…) et qui maintenant veillent pour l’accostage. J’aime aussi les croix que l’on voit élevées en haut des bannières et qui ressortent dans ce beau ciel rosé. Les mouvements de la mer au bord de la barque est très bien rendu aussi je trouve. Je remarque aussi la présence d’un petit drapeau français en haut d’une voile.
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J
Merci pour cet article dans la tradition si profonde des pardons bretons.<br /> Bien que la culture nécessaire m’ait manqué pour comprendre ce qu’est le « sourire innombrable de la mer », avec « la blanche Délos », j’ai vraiment apprécié la belle plume d’Anatole le Braz, avec d’abord le très beau titre de son livre, qui honore bien la véritable Bretagne : « Au pays des pardons ». Je retiens aussi spécialement la métaphore filée des barques « lourdes et robustes gabarres de pêche, taillées pour la lutte quotidienne avec l’autan », qui m’a évoqué l’âme des vrais bretons, avec d’ailleurs, en prolongement, la détermination des Ouessantines fixées sur leur vraie dévotion : « elles n’ont d’yeux que pour la fine aiguille de granit qui se profile là-haut, sur la crête, derrière le rideau des bois », jusqu’au très beau passage, enfin, sur le chant à Notre-Dame.<br /> Merci également pour la découverte de ce tableau d’Alfred Guillou, rempli d’une paisible joie. Ici, les pèlerins ne semblent pas chanter, mais j’ai aimé moi aussi être plongé dans les « sons produits par le vent, par les grandes rames entrant et sortant de l’eau, ainsi que par les mouettes, que l’on voit voler dans le ciel… ».<br /> Qu’elle est belle cette flottille de piété, qui évoque si profondément le voyage vers le Port éternel !<br /> J’ai trouvé très beau le robuste effort de délicatesse des deux marins, pour que surtout, surtout la barque ne heurte pas trop fort le rivage, afin que la statue de Notre-Dame ne soit pas secouée.<br /> J’ai aussi été touché par le fait que les deux premières barques aient pour seule voile… leur bannière ! J’aime à penser que ce puisse être la manifestation de la foi en la présence de la Vierge Marie qui attire le Vent de l’Esprit Saint !
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F
Merci pour la découverte, déjà du texte d’Anatole Le Braz, que j’ai beaucoup aimé lire : les mots appris (gabarre, autan, eurythmie, trirèmes), l’atmosphère religieuse et toute recueillie (« elles s’avancent avec une sorte de lenteur grave », « Elles passent indifférentes à toutes ces séductions de la “Grande Terre” »), la personnification des barques (« elles, les habituées de la tempête, les affronteuses des houles déchaînées », « de cette allure noble et cadencée que devaient avoir les trirèmes helléniques voguant vers la blanche Déols »)… Mais m’a surtout beaucoup plu la fin, la description du ciel et de l’étoile, si belle : « Et cette petite clarté pâle apparaît vraisemblablement aux Ouessantines comme un signe céleste, car elles ne l’ont pas plus tôt aperçue qu’elles entonnent d’un commun élan l’hymne de la Vierge ». <br /> Ensuite, merci pour l’admirable tableau, dont j’aime énormément le style : la manière dont sont peintes toutes ces voiles voguant en procession, avec ces tons pastels, le mouvement des bannières soulevées par le vent, le cortège des mouettes accompagnant les pèlerins, les longues rames dressées à l’horizontale, et formant comme d’autres ailes aux barques sombres, les ombres de celles-ci sur l’eau, les robes immaculées des jeunes femmes au premier plan, les deux hommes accostant… Mais deux choses ont particulièrement retenu mon attention et m’ont plu par-dessus tout : d’une part, la lumière dans le ciel, ce si beau rose discret, qui enveloppe tout, et s’ouvre délicatement pour laisser passer les tons d’or pâle du soleil, lui aussi si discret. Peut-être suis-je influencé par le texte, mais contrairement à toi je me sens devant un petit matin, j’imagine cette foule qui a ramé toute la nuit pour être aux premières heures du jour à la chapelle Sainte-Anne-de-Fouesnan, prête à processionner, vivre la Messe, et fêter toute la journée la Patronne des Bretons ! D’autre part, cette bannière de Notre-Dame, que tu décris, m’a elle aussi – et surtout – attiré : comme est belle cette étoile scintillant près du visage de la Sainte Vierge ! Elle est la seule qui brille au ciel, et elle est comme le reflet du soleil caché derrière les nuages. Je trouve qu’elle est comme cette « petite clarté pâle » dont parle Anatole Le Braz, et qui inspire ferveur aux pèlerins ! Et comme toi j’ai aimé voir le lien avec l’Ave maris Stella. Je suis d’accord avec toi concernant la médaille qui semble être celle de la Rue du Bac.
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L
Merci Jeanne pour ton article. Je trouve déjà très original qu’un pardon puisse avoir lieu par voie maritime. Cela m’évoque toute une culture propre aux habitants des côtes ou des îles, propre aux peuples de mariniers, de pécheurs. Une culture qui, pour moi, est mystérieuse et attrayante.<br /> J’ai beaucoup apprécié le texte d’Anatole Le Braz (qui m’a fait découvrir plus d’un mot inconnu !). Ce que j’aime particulièrement est son souci de souligner les contrastes : entre cette mer calme de la Méditerranée et l’océan Atlantique impétueux ; entre les terres parfumées que ces femmes foulent pour la première fois et ce qu’il pense connaître de la végétation de l’île de Ouessant. J’aime son style d’écriture et ce mouvement lent et solennel qu’il décrit.<br /> Du tableau d’Alfred Guillou j’apprécie, comme toi, la vision d’ensemble et la couleur du ciel, mais ce que j’ai surtout aimé regarder ce sont ces jeunes filles passagères de la première barque, escortant Notre-Dame. Je trouve très beaux leurs vêtements blancs, couleur de la pureté. Malgré toutes les belles dentelles, l’ornement principal me semble être ces petites médailles qu’elles portent dignement : comme pour bien souligner que la blancheur des robes n’est pas tant pour désigner leur propre pureté, mais pour honorer la « Toute-Pure ».
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