''Vase avec bleuets et coquelicots'' et ''La nuit étoilée'' (par Vincent Van Gogh)

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Publié dans Dessin et peinture

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F
Merci Marguerite pour cette occasion de « rentrer » un peu dans l’œil de Van Gogh. Déjà, la citation de lui que tu rapportes a retenu mon attention : on comprend en la lisant que son regard était très affuté en ce qui concerne les nuances des couleurs, jusqu’à scruter les légères colorations que prennent le scintillement des étoiles, qui ne sont pas toutes semblables. Son observation des teintes présentes dans un ciel de nuit révèle un homme qui a certainement passé beaucoup de temps à regarder, admirer la beauté infiniment subtile et riche de la Création. On retrouve ce souci de la couleur juste dans le premier tableau, il me semble, même s’il faudrait le voir physiquement, et non par le biais d’une photographie sur un écran, qui peine souvent à rendre fidèlement les nuances précises. Je trouve en tout cas qu’on retrouve bien le rouge des coquelicots, qui n’est pas le rouge des cerises, des groseilles des feuilles de vigne ou des coccinelles. J’imagine le travail que cela représente : à notre époque, on peut acheter une peinture sélectionnée dans des catalogues de milliers de teintes… Du temps de Van Gogh, il fallait faire soi-même ses mélanges, en évitant de gaspiller, car la peinture devait coûter cher. J’aime les bleuets peints avec tant de nuances différentes, le cœur rouge de certains ; les marguerites, qui n’ont pas toutes un cœur du même jaune ; les coquelicots où l’on retrouve grâce aux teintes leur évolution jusqu’au flétrissement ; les œillets blanc nacré ; le grand fond bleu avec ses profondeurs, et la table emplie de couleurs étonnantes. Merci de souligner le point commun de ces fleurs : leur caractère éphémère. C’est touchant de penser que, grâce au peintre, ce bouquet de 139 ans est toujours là ! Enfin, j’ignore si Van Gogh a voulu évoquer les couleurs du drapeau français, mais c’est tout de même frappant ces bleus, ces blancs, ces rouges.<br /> Dans le second tableau, je trouve remarquable ce ciel sombre percé d’une belle lueur claire, comme s’il y avait une lune resplendissante. Des étoiles, j’apprécie surtout le cœur, là encore pas stéréotypé. Je trouve belle l’unité des lumières célestes avec celles de la ville, et en même temps un peu étonnante, car je ne trouve pas qu’on le voie dans le réel. Peut-être est-ce dû au fait que, dans ce paysage de 1888, ce sont, comme tu le précises, des réverbères qui éclairent les rues, avec de vraies flammes, sans doute beaucoup plus proches des petits feux des étoiles que ne le sont nos lampadaires électriques aux lumières un peu crues… Mais ce qui m’a particulièrement plu, ce sont les reflets vibrants de ces lumières dans les remous tranquilles du Rhône ! On dirait des fils d’or tressés sur du velours bleu nuit. Quelle parure royale pour cette cité d’Arles !<br /> Enfin, merci pour la si belle citation de saint Bernard : c’est bien sûr le plus beau, le plus lumineux, et c’est aussi ce qui se commente le plus difficilement… Je dirais simplement que de cette « noble Étoile », je voudrais connaître les nuances les plus subtiles, bien plus belles que les lumières terrestres, afin d’en refléter un peu de la beauté sur mes eaux, bien trop sombres, mais que je veux toutes admirantes !
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L
Merci Marguerite pour la découverte de ces deux œuvres. <br /> Je trouve moi aussi très harmonieuses ces couleurs choisies par Van Gogh. Le blanc des œillets, rendus presque « scintillants », est particulièrement bien réussi, ainsi, comme tu le soulignes, que les cœurs des bleuets. Merci d’avoir porté mon attention sur la dominante du bleu, notamment avec le mur et le vase. J’ai trouvé aussi vraiment intéressant ce que tu suggères sur le sens du tableau et sur l’originalité d’un tel bouquet. Je ne sais pas non plus y donner un sens, mais cela m’a tout de suite étonnée de voir un certain nombre de coquelicots déjà en train de faner et s’incliner vers le sol. Ça ne me semble pas « naturel » pour une nature morte…<br /> Évidemment, ça n’est pas unique, mais je trouve tellement bien réussi, dans cette seconde œuvre, la réalisation d’un paysage figuratif avec comme base uniquement deux couleurs : le bleu et le jaune. Tout ce jouant dans le travail des nuances. J’apprécie aussi l’effet rendu par les traits de peinture plus épais, en particulier dans le ciel et l’eau. Merci pour la citation de ce que Van Gogh écrivait à sa sœur, je trouve beau et désirable d’apprendre à regarder ainsi : savoir reconnaître les couleurs des étoiles. Et je rends grâce pour ceux qui, petit à petit, m’aident à avoir un regard plus attentif aux choses, aux êtres (aussi par « Que J’éveille l’Aurore ! »). Merci pour la prière de saint Bernard !
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J
Quoique de manière très différente, les deux éléments qui m’ont le plus frappé dans ces tableaux de Van Gogh, sont la lumière « externe », qui saute aux yeux, un peu trop vivement à mon goût ; et l’impression de mouvement, spécialement dans le bouquet.<br /> J’aime davantage d’autres tableaux de Van Gogh, et je dois dire que je ne suis pas émerveillé par cette manière de représenter la nuit étoilée, dont j’aime profondément le caractère limpide et pur, qui n’est pas présent, il me semble, dans l’effet chargé de cette œuvre. Les étoiles du ciel réel me semblent bien plus simples.<br /> Il y a quelque chose qui m’interroge (ce n’est pas orienté, c’est une vraie question sur laquelle je serai très intéressé d’être éclairé), quant à cette manière de peindre, qui rend un indéniable effet si l’on prend de la distance, et qui est si différente du style réaliste choisissant quant à lui, me semble-t-il, le plus possible la netteté du détail. Ce rapport aux choses et aux êtres – le fait d’être au plus proche, ou bien de voir avec de la distance –me semble singulièrement divergent, mais est-ce vrai ?<br /> Quant au texte de saint Bernard, si profond et beau, je rends grâce pour la possibilité de le relire, pour remercier Notre-Dame, Étoile dans la nuit. J’y ai peut-être retrouvé ce qui m’a semblé opposé dans ce tableau de Van Gogh : contre la limpidité de la vraie Étoile, une forme de grande confusion, associée à l’énumération des vices faite par saint Bernard, qui ravive le désir du Ciel enfantin.
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J
Merci pour ton partage sur ces tableaux de Van Gogh. J’apprécie la tonalité principale de bleu qui s’associe bien, notamment, avec le rouge et le noir des coquelicots. Je rejoins ton avis au sujet de l’évocation de ce bouquet. J’aime beaucoup les fleurs des champs ! Cependant, grâce à l’exemple d’une personne délicate envers les fleurs, je n’aime pas voir celles qui dépérissent presque aussitôt lorsqu’elles sont mises en bouquet (comme toi, j’ai remarqué les fleurs qui sont dans cet état) ! Ça se voit bien que les fleurs des champs ne peuvent pas du tout, comme les autres fleurs, survivre en bouquet lorsqu’on voit la finesse de leur tige, ou bien encore la fragilité de leurs pétales. J’affectionne la fleur de coquelicot pour sa couleur rouge, sa forme, mais surtout pour son extrême fragilité : chaque pétale est presque translucide. Je me dis que si cette fleur pouvait être décrite avec des mots ce serait peut-être la parole « Rien que pour aujourd’hui » de l’admirable sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, de la Sainte Face. Dans le second tableau, j’ai bien aimé la scène générale avec le reflet dans l’eau des lumières de la ville ainsi que le mouvement des vagues. Les deux personnages m’évoquent deux vieux qui, bras-dessus, bras-dessous, s’entraideraient pour marcher lors de leur promenade du soir et pour vivre ensemble leur contemplation silencieuse. J’ai trouvé intéressant ce que Van Gogh dit à sa sœur et combien cela témoigne de son observation attentive de la nuit pour voir les différentes nuances.<br /> La réalité que saint Bernard décrit est magnifique ! Je retiens en particulier ceci : « éclaire par ses exemples » ainsi que l’exhortation passionnée de saint Bernard à nous faire regarder vers l’Étoile et à l’invoquer ! Mais surtout, en lisant ceci : « Marie est la noble Étoile, dont les rayons illuminent le monde entier, dont la splendeur brille dans les cieux et pénètre les enfers ; elle illumine le monde et échauffe les âmes, elle enflamme les vertus et consume les vices. », je veux dire un grand MERCI à notre Étoile !
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C
Merci, Marguerite, pour cet article qui , je trouve, nous ouvre l'été, entre cueillette champêtre et promenade sous ciel étoilé!<br /> J'aime ce bouquet sans apprêt, pêle-mêle et léger, sans autre composition que celle d'un cœur ravi qui se penche et cueille au fur et à mesure d'une promenade; chaque fleur n'est pas là pour elle-même mais pour l'ensemble qui, à son tour, fait déborder son bleu le long du vase et sur le mur. Le mot éphémère que tu emploies me semble très juste: c'est une des grâces de la peinture que de capturer l'évanescence.<br /> La nuit étoilée est un de mes tableaux préférés de Van Gogh; il y réussit à nous offrir une nuit éblouissante où tout miroite, où l'obscurité fait jaillir la lumière; tout est fondu: le ciel, l'eau, la terre en un scintillement intense, et la présence des promeneurs invite à croire que cette nuit est douce, merveilleuse, presque enivrante...Les lignes verticales sombres des clochers au loin, des mats des bateaux et des promeneurs vêtus de sombre, font une alternance très suggestive avec les lignes verticales dorées des reflets dans l'eau: tout est à la nuit et tout est à la lumière! J'aime cette peinture non statique, avec le coup de pinceau caractéristique de Van Gogh, un peu épais, fait souvent au couteau de peintre, et qui rend si bien le mouvement.<br /> N'y a-t-il pas une petite ressemblance entre les marguerites et les étoiles des deux tableaux?<br /> Merci pour la citation précieuse de Van Gogh; et merci pour celle de Saint Bernard qui nous fait lever les yeux bien plus haut que la voûte étoilée du peintre, et regarder l’Étoile.
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