''Maintenant, ô Maître Souverain'' (le ''Cantique de Syméon'' en grégorien)

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Publié dans Musique, Danse

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J
J’aime bien la miniature de saint Grégoire écrivant avec le Saint-Esprit, que je trouve très inspirante. Cette pièce grégorienne est apaisante. Je rejoins ce que tu exprimes : « Cette sobriété est en fait une forte exigence et requiert une grande maîtrise : c’est la recherche du chant à l’unisson parfait ! Même si j’aime davantage encore le chant polyphonique, dont la symbolique est toute aussi riche de sens, je trouve que cet esprit du grégorien sert une très belle réalité du mystère de l’Église, si l’on songe aux vertus d’écoute mutuelle et d’unité que cela exige. » Je rends grâce, en ce sens, pour la permanence de la vie et de la prière monastiques à Heilgenkreuz depuis 893 ans.
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M
Merci Joseph de partager avec nous cette version du Cantique de Syméon, et de l’avoir écouté le jour où nous fêtions la Présentation de Jésus au Temple. C’est un profond plaisir, toujours, d’entendre du chant grégorien, et je rends grâce pour les moines qui aujourd’hui encore, prient et louent le Seigneur par ce chant. Merci pour ce que tu écris : « 893 ans de prière jamais interrompue… » C’est très beau, et tellement important ! <br /> Tu écris : « Cette sobriété est en fait une forte exigence et requiert une grande maîtrise : c’est la recherche du chant à l’unisson parfait ! (…) cet esprit du grégorien sert une très belle réalité du mystère de l’Église, si l’on songe aux vertus d’écoute mutuelle et d’unité que cela exige. » C’est ce que j’ai trouvé très beau dans cette écoute que tu nous proposes : unisson parfait, unité. Et le chœur uni des voix des moines en général porte tellement à la contemplation, la prière, et le calme qui conduit à la paix. Cette paix qu’évoque saint Syméon, cette Paix qu’est l’Enfant-Jésus lui-même ! J’aime beaucoup aussi comme est chantée l’antienne du cantique. Merci aussi pour ces mots : « comme le souffle régulier de la marche, qui évoque la durée d’une vie fidèle, à l’instar de celle de saint Syméon. C’est le chant du temps long, du désir entretenu comme une flamme durant toute l’existence, en quête du « salut de Dieu ».<br /> Enfin merci pour l’enluminure de Jean Colombe, dont je retiens particulièrement la présence du flambeau et l’attitude de saint Syméon les bras ouverts avec son linge blanc attendant de recevoir Celui qui est le « Salut » et la « Lumière ».
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L
Merci Joseph pour ton article. Ce que je trouve profondément remarquable dans la prière en grégorien de ce si beau cantique est la paix qui en découle. C’est un mot qui revient, sur les lèvres de saint Syméon et dans l’antienne (que je trouve moi aussi si belle !). Il me semble, que le chant grégorien, par sa sobriété et sa force conduit particulièrement bien à cette paix. A cette vraie paix.<br /> J’ai aimé, grâce à ce que tu écris, faire attention à cette « recherche du chant à l’unisson parfait », dans l’écoute et au service de la Beauté.<br /> Merci aussi pour la fin de ton article, en particulier ce que tu dis sur la marche : « qui évoque la durée d’une vie fidèle » et ta phrase conclusive : « C’est le chant du temps long, du désir entretenu comme une flamme durant toute l’existence, en quête du ‘‘ salut de Dieu ’’. »<br /> Je suis profondément admirative de la foi de saint Syméon ! Certes, il avait entendu l’annonce de l’Esprit-Saint lui disant qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ (mais encore fallait-il savoir écouter !), mais de là à reconnaître le Messie, la Lumière divine, dans un petit enfant, dans ce petit enfant, cela ne semble pas du tout évident ! Son assurance, sa certitude sont si belles : « mes yeux ont vu le salut ».
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F
J’exprime ma gratitude pour la liturgie catholique, qui nous offre la possibilité, par tout un patrimoine multiséculaire d’une richesse étonnante, d’entrer dans les différents Mystères de la vie du Christ : si nous n’avions que l’Évangile pour cela, ce serait déjà beaucoup, certes, mais je sais que pour ma part je passerais à côté de l’essentiel… Et donc, je remercie pour les personnes qui se font les gardiens et relais de ce trésor, et par qui j’y ai moi-même accès. Le fait d’être ainsi guidé par l’Église qui ne s’est pas contenté de lire l’Évangile, mais de le garder vivant en le faisant chant, prière, contemplation, et ce de manière incarnée, inscrite dans le temps long et cyclique (fêter chaque année la Présentation de Jésus au Temple, chanter tous les soirs ce Cantique de Syméon), est en fait indispensable et si beau ! C’est en ce sens que j’apprécie la psalmodie grégorienne que tu proposes : esthétiquement, on pourrait penser que c’est simpliste, que ça n’est pas une grande trouvaille musicale ; mais je la reçois au contraire comme la meilleure manière de prier ce Cantique, qui n’est pas un chant quelconque, mais une prière qui demande simplicité et profondeur dans son « exécution », afin d’aller droit au cœur de la Parole, et de pratiquer, comme tu le dis, les « vertus d’écoute mutuelle et d’unité » sans lesquelles il n’y a pas de prière commune, ni de véritable unisson de cœurs. <br /> Cela m’évoque aussi la nudité, le dépouillement de l’Enfant présenté dans ce mystère, et que l’on voit bien dans l’enluminure des Très Riches Heures du duc de Berry. Tu parles du « souffle régulier de la marche » ; j’ai pensé, pour ma part, au calme, à la quasi immobilité des grands vaisseaux qui fendent la mer en une trajectoire rapide et droite : pas de "fioriture", car on va à l’essentiel.
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J
Merci Joseph. J’ai apprécié voir que, sur l’enluminure, saint Syméon porte une chape du même bleu que le vêtement de la Sainte Vierge, comme pour signifier leur profonde communion. J’ai remarqué la femme qui tient un flambeau : je me demande si elle représente Anne, la prophétesse, dont l’Évangile parle dans la suite de l’extrait cité ? « Dernier office religieux de la journée, comme un chant de gratitude et d’espérance » : Cela donne de la reconnaissance pour les hommes et les femmes de Dieu qui demeurent fidèles au poste de la gratitude et de l’espérance devant le Tout-Puissant. Heureusement qu’ils sont là : c’est tellement important et nécessaire ! « 893 ans de prière jamais interrompue… » : C’est si réjouissant ! Au sujet de ce que tu écris (« Cette sobriété est en fait une forte exigence et requiert une grande maîtrise : c’est la recherche du chant à l’unisson parfait ! »), je trouve que la volonté de vivre l’unisson des voix (et des cœurs), sans rien d’autre pour célébrer Dieu et le prier, est une très belle réalité. Je te rejoins complètement dans ce que tu écris : « je trouve que cet esprit du grégorien sert une très belle réalité du mystère de l’Église, si l’on songe aux vertus d’écoute mutuelle et d’unité que cela exige ». <br /> J’ai aimé regarder cette miniature sur laquelle l’Esprit-Saint semble chanter à l’oreille de saint Grégoire le Grand ce qui est à écrire…
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C
C'est une grâce d'entrer dans ce que tu nous donnes à voir , à écouter, à comprendre, le jour même de la Présentation de Jésus au Temple. Merci Joseph.<br /> J'aime l'enluminure de Jean Colombe et, tout particulièrement, le grand linge blanc que tend le vieillard Syméon pour accueillir l'Enfant-Jésus; il me fait penser au linceul qui enveloppera Jésus à sa mort, et cela est d'autant plus émouvant que la Vierge Marie reçoit ce jour-là, de la bouche même de Syméon, la prophétie qu'une épée transpercera son âme (l'immense douleur du Golgotha).<br /> Merci pour cette pièce de grégorien et l'extraordinaire rite quotidien qui de tous les monastères du monde (et bien plus encore), fait monter chaque soir , pour le jour accompli, ce chant "de gratitude et d'espérance"; l'office des complies pose sur mon cœur comme un sceau de paix. Le "rien que pour aujourd'hui" de Ste Thérèse est la mesure de notre humanité fragile, et la remise de soi entre les mains du Père, jour après jour, est un gage de sécurité (c'est ce que dit l'antienne avant le "nunc dimittis") et de paix. En écoutant la psalmodie grégorienne , j'ai été particulièrement frappée par le chant de "in pace" qui, pour moi, exprime ce que tu dis si bien du "souffle régulier de la marche". <br /> Je trouve magnifique que ce soit un vieillard rassasié de jours qui accueille pleinement cette Paix définitive avec ce chant du temps long, du désir entretenu comme une flamme durant toute l’existence, en quête du « salut de Dieu ».
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