''Miserere'' de Michel-Richard De Lalande

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Publié dans Musique, Danse

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M
Merci Joseph pour ces mots : « Cela m’a bien rappelé que la source de l’Art véritable, inépuisable et toujours nouveau, est l’Œuvre d’Art la plus haute qui soit : la louange eucharistique ! Je trouve très significatif que ce soit la Parole de Dieu et la Liturgie qui aient tant et tant inspiré les vrais artistes, et que le dédain contemporain envers cette Source ne peut produire que l’écœurante médiocrité actuelle. »<br /> Merci beaucoup Jean pour la traduction de « iniquitate(m) », ainsi que tout ce que tu écris quant au « contra me » avec l’exhortation de la Lettre aux Hébreux.
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J
Merci Jean pour ton écoute et ton commentaire, particulièrement ce que tu expliques sur le « contra me », sur la traduction d’ « iniquitatem » et pour les citations bibliques que tu rapportes.
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F
Merci beaucoup, Jean, pour ton commentaire qui m’a aidé à approfondir la contemplation de ce Miserere (je parle de l’œuvre musicale, et plus encore du psaume !). Merci déjà de souligner l’accompagnement musical, auquel, tout en l’appréciant, je n’avais pas fait assez attention. Merci ensuite pour ce que tu dis sur le mot « iniquitatem » et son interprétation, pour l’opposition que tu fais entre l’« ego cognosco » et le verset tu psaume 35, et surtout pour ce que tu écris sur le « contra me », en particulier ceci : « Le « semper » résonnerait alors dans l’âme terrifiée comme une sentence de condamnation infiniment, infernalement, désespérante, s’il n’y avait la Rédemption, à accueillir par la conversion… » Et, également, le verset important de la Lettre aux Hébreux que tu cites. Tout cela aide à avancer – en tout cas désirer avancer – dans ce cheminement de toute une vie, et dont le Miserere en est la trame.<br /> Merci, Joseph, pour le lien que tu soulignes entre le roi de France et le roi David : je n’y avais même pas pensé en écrivant cet article… Et merci Jean pour ce que tu dis sur Louis XVI, roi martyr.<br /> Je rejoins moi aussi Lucie quant à la gratitude pour la chance d’avoir accès à de tels enregistrements !
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J
Merci, Jean, pour la manière dont tu as accueilli ce chant, et pour l’aide de ton commentaire pour écouter différemment cette œuvre sacrée.
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L
Merci Jean pour ton commentaire très enrichissant !<br /> Merci, de manière particulière, pour ce que tu écris sur le « contra me ». Je trouve cela très poignant : « ‘‘ contre moi ’’, c’est-à-dire collé à moi, comme une étreinte mortelle et répugnante. Le ‘‘ semper ’’ résonnerait alors dans l’âme terrifiée comme une sentence de condamnation infiniment, infernalement, désespérante, s’il n’y avait la Rédemption, à accueillir par la conversion… »
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J
Merci, Joseph, pour la mention très à propos de l’auteur du psaume, aïeul spirituel des rois de France. <br /> Avec Lucie, je suis reconnaissant pour cet accès possible à de tels enregistrements : une des (rares) qualités d’Internet.
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J
Merci pour cet article développé et qui entraîne à la contemplation. <br /> Avant d’aborder la partie vocale, je souhaitais dire combien j’ai apprécié le soutien instrumental, qui, peut-être davantage encore que le chœur d’hommes dont tu donnes un beau commentaire, me parle de la communion des saints.<br /> Quelle profondeur et quelle justesse dans la composition et dans l’interprétation ! Cette voix m’a beaucoup touché. Dès les premières notes, j’ai été emporté dans ce cri du « Miserere », qui fait écho pour moi à un enseignement du pape Léon XIV du 10 septembre dernier (cf https://jean1314.over-blog.com/2020/05/carnets-de-rome.html). <br /> J’ai ensuite rejoint ce que tu écris sur la tenue du « cor ». <br /> Troisièmement, j’ai été très frappé par l’interprétation du mot « iniquitate(m) » à 1,45 ; puis 2,05 où je perçois l’expression d’un dégoût, particulièrement par la manière de prononcer la syllabe « qui ». Ce terme se traduit littéralement par « injustice » : l’injustice faite à Dieu, aux autres…<br /> Quatrièmement, j’ai ressenti l’« ego cognosco » comme une plainte très poignante, qui m’a beaucoup ému. Il s’oppose si bien à cette phrase terrible d’un autre psaume : « Il se voit d’un œil trop flatteur pour trouver et haïr sa faute » (Ps 35, 3).<br /> Enfin, la dernière chose qui m’a profondément touché est le chant du « contra me ». Il s’agit là encore d’un cri, qui se comprend beaucoup mieux si on traduit plus littéralement le latin : mon péché est non pas « devant moi », mais « contre moi », c’est-à-dire collé à moi, comme une étreinte mortelle et répugnante. Le « semper » résonnerait alors dans l’âme terrifiée comme une sentence de condamnation infiniment, infernalement, désespérante, s’il n’y avait la Rédemption, à accueillir par la conversion… Et me revient cette exhortation dans la Lettre aux Hébreux : « Débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et en particulier du péché, qui nous entrave si bien… Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché » (12, 1 et 4).<br /> Quant au testament de Louis XV, duquel émane, je trouve, une réelle et profonde sincérité, il se passe de commentaire. En lisant la dernière phrase, je songeais à celui qu’elle évoque et comme prophétise : Louis XVI, le roi martyr (martyr de l’idéologie libertaire qui séduisit hélas son grand-père) et donc saint.
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J
Merci pour cet article fouillé et intéressant sur Lalande et l’art du motet, la construction soignée et l’explication sur le jeu des notes. Tout d’abord, un détail m’a touché : « Soixante-dix motets de Lalande nous sont parvenus, écrits essentiellement pour les messes et offices quotidiens de la chapelle royale du château de Versailles ». Cela m’a bien rappelé que la source de l’Art véritable, inépuisable et toujours nouveau, est l’Œuvre d’Art la plus haute qui soit : la louange eucharistique ! Je trouve très significatif que ce soit la Parole de Dieu et la Liturgie qui aient tant et tant inspiré les vrais artistes, et que le dédain contemporain envers cette Source ne peut produire que l’écœurante médiocrité actuelle. <br /> Quant à l’extrait écouté, j’ai reconnu la qualité et la noblesse de la musique baroque. Pourtant, à mon échelle d’auditeur bien amateur, je n’ai pas réussi à sentir la déchirure du cœur du psalmiste dans ce passage, la contrition et les larmes (comme me bouleverse par exemple le Miserere mei d’Allegri, même si comparaison n’est pas raison). C’est comme s’il y avait une petite distorsion (?) entre la prière du pénitent et l’interprétation, pourtant brillante et remarquable de la soprane. Peut-être est-ce parce que justement la composition pousse à être davantage performant que suppliant ?<br /> En ce sens, ce que j’ai préféré finalement de cet extrait est l’ensemble polyphonique inspiré du grégorien, davantage dans la sobriété du publicain, au fond, les yeux baissés.<br /> Je rends grâce particulièrement pour le trésor qu’est le psaume 50ème et la lumière qu’il est pour se reconnaître pécheur et revenir vers le Seigneur. <br /> Je rends grâce enfin pour cette déchirure du cœur faite dans le cœur de Louis XIV et Louis XV, spécialement ce dernier, qui entraîne à l’espérance pour leur âme (sans édulcorer la gravité des conséquences qu’ils évoquent –comme pour les péchés de chacun d’entre nous d’ailleurs), car ils semblent bien avoir tendu la main vers Dieu à la fin de leur existence, à la suite de leur aïeul le Roi David, auteur de ce psaume.
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M
Merci Frantz pour tout ce que tu partages avec nous dans cet article : l’extrait de cette œuvre de Michel-Richard de Lalande, ce que tu expliques sur des notions de musique ainsi que tout ce que tu exprimes et interprètes plus personnellement. Pour tout cela je remercie. J’ai cependant eu des difficultés, avec mes oreilles de novices, à entendre ce que tu relevais sur la tension des accords. Concernant le psaume 50ème j’ai eu du mal aussi à entrer dans cette prière magnifique et si profonde avec ce qui est proposé par le compositeur et par la soprane. C’est un avis personnel évidemment et avec tout le respect que je dois pour Michel Richard de Lalande et Claire Lefilliâtre (dont la pureté de la voix est remarquable !), je n’ai pas, ou pas su, trouver l’esprit de cette prière, entre autre par le rythme et les ornementations dont tu parles. J’ai beaucoup plus apprécié la sobriété, la profondeur et la crainte qui se dégageaient, me semble t’il, dans le deuxième verset chanté par l’ensemble polyphonique de voix d’hommes. J’ai aimé lors de la troisième répétition du mot « miséricorde » la manière dont il est chanté, plus suppliante. Merci pour ce que tu en dis sur la fidélité au très long cours de Dieu en expliquant le lien avec le mot « cœur ». Merci aussi notamment pour ce que tu écris quant à la voix des hommes : « Nous ne sommes pas seuls, nous faisons partie d’un tout, et même notre cri le plus intime vers Dieu ne peut se passer des autres. ». Merci aussi pour l’extrait du testament de Louis XV, je relève particulièrement cette prière : « Je prie de tout mon cœur le Tout-Puissant d’éclairer celui de mes petits-fils qui me succédera dans le gouvernement du Royaume pour qu’il gouverne mieux que moi. »
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J
Merci, Frantz. Je trouve la maîtrise de la voix remarquable : je connaissais un tout petit peu ce que peuvent donner les « petites notes » lorsqu’un instrument les interprète mais, dans une voix, la difficulté me semble nettement amplifiée. Il est beau que des voix (offertes par Dieu !) soient mises au service de textes sacrés. J’ai été touchée par la belle la répétition interprétée dans cette voix cristalline : « secundum magnam misericordiam tuam ». Ce chant redit combien l’espérance du pécheur est là !<br /> Merci, j’ai trouvé intéressant ton commentaire au sujet du deuxième verset du psaume chanté par un ensemble polyphonique de voix d’hommes. Ce chant à plusieurs voix me fait penser au soutien qu’est l’intercession envers l’âme qui se tourne vers Dieu. Ce chant polyphonique m’a également fait songer au mystère de la solidarité et de la communion : le mal rejaillit sur les autres, mais surtout (quelle espérance !), chaque petite lumière, chaque petit acte d’amour rejaillit sur les autres.<br /> J’ai été touchée dans le testament de Louis XV, par la profonde manifestation de son repentir, par l’exhortation adressée à ses successeurs afin qu’ils œuvrent pour le Bien, par la très belle expression de reconnaissance envers son Patron, saint Louis. Nous ne connaissons pas les desseins de Dieu. Néanmoins, en lisant cette prière, je me dis : comment, alors que cette prière est faite avec vérité, ne pas imaginer Dieu ouvrant les bras pour accueillir son enfant qui retourne vers lui…
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L
Merci Frantz pour la découverte de ce motet et de de Lalande. Je trouve beau déjà ce que tu rapportes sur l’humilité du compositeur qui malgré son « ascension fulgurante, […] resta simple et discret ».<br /> Je te remercie pour ta manière de guider notre écoute avec les indications, sur la première partie notamment. Je dois dire que je n’arrive pas à entendre les dissonances résolues « en accords parfaits ». Cependant, il est beau je trouve qu’au-delà de l’aspect technique, qui me dépasse, une musique réussisse à transmettre ainsi une forme de tension. En particulier dès le premier « Miserere mei, Deus ». Je trouve très beau aussi (évidemment !) le « misericordiam » qui s’étend sur plusieurs notes.<br /> Je salue la prestation de la soprane ! Je me dis qu’on a beaucoup de chance d’avoir accès aujourd’hui à des interprétations de haute qualité. Cela doit demander tant de travail et d’investissement !<br /> Merci pour ta dernière phrase. Cela est extrêmement réjouissant de voir des artistes (le composteur, la chanteuse, l’auteur du psaume !) mettre leur art au service de la prière ; et aussi au service des autres pour les aider à prier, les aider à reconnaître leurs fautes, à en demander pardon. Nous aider nous…
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C
Merci Frantz de me faire découvrir de Lalande que je ne connaissais pas du tout et dont la découverte m'intéresse beaucoup car l'histoire, trop souvent, ne garde que les devant de scène et oublie d'honorer de vrais génies plus humbles et cachés.<br /> Merci encore davantage de nous guider par cet article, non seulement dans l'écoute du motet de de Lalande mais en même temps dans la prière de ce bouleversant Psaume 50 : la musique n'en est pas une ornementation, qui serait donc en quelque sorte superflue, mais, bien au contraire, comme la révélation de l'essentiel, la mise à jour de profondeurs qu'une simple lecture un peu superficielle ne permettrait pas d'atteindre. <br /> Je ressens cela particulièrement dans le chant du "misericordia": Tu l'expliques très bien:"C’est donc le mot « cœur » qui est ici mis en avant et dont la durée musicale (la soprane ne peut le chanter sans reprendre son souffle !) veut exprimer la fidélité au très long cours du Cœur de Dieu."<br /> Tout ce que tu expliques sur les "dissonances assumées et résolues" ou sur les"tensions" puis "accords parfaits", comme autant de façons d'exprimer l'écart entre l'homme pécheur et son Dieu, puis la réconciliation par le pardon, me permet d'entrer personnellement dans la contrition de blesser Dieu.<br /> Il me faut encore faire mienne ce que tu soulignes:"ce « lave-moi tout entier de ma faute » requiert de notre part "un énergique investissement". Puisse l'écoute de ce motet me bousculer en profondeur et me donner la force d'implorer le pardon de Celui qui m'aime inlassablement.
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