Ex-voto marins (Henri Royer et Simon Émile)

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Publié dans Dessin et peinture

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F
Merci Jeanne pour ces deux tableaux que j’ai aimé découvrir, et pour les commentaires que tu en fais. Dans le premier, d’Henri Royer, j’aime particulièrement la lumière chaleureuse, qui ensoleille doucement les tissus blancs, les visages, les pieds de cet homme, jusqu’aux boiseries et aux murs de la chapelle. Je suis touché par tous les signes de gratitude : tenues soignées, pieds nus, coiffes des femmes et têtes découvertes des hommes, piété, silence, gravité solennelle… C’est vraiment une belle tradition de remercier Dieu et la Sainte Vierge par un signe qui rappelle justement le péril d’où la personne a été sauvée, en même temps que l’Auteur du salut : en effet, le bateau évoque l’Alliance de Dieu avec Noé, la barque de l’Église… Histoire de l’homme et de Dieu réunies en un navire ! <br /> Sur le second tableau, je suis moi aussi réticent à parler : invitation à compatir, être présent, mais en silence… <br /> J’ajoute simplement que j’apprécie beaucoup le style réaliste des deux œuvres, et particulièrement les visages de gens du quotidien, du pays, tels qu’ils sont en vérité, ancrés dans leur époque, leurs coutumes, leur histoire, leur communauté…
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J
Merci pour ce partage. <br /> J’ai trouvé intéressant d’apprendre que la plus importante collection française de ce modèle d’ex-voto est dans la basilique de Sainte-Anne-d’Auray.<br /> J’apprécie beaucoup le style réaliste de ces tableaux bretons. <br /> Dans le premier, l’esprit religieux empli de crainte et de dévotion est si bien rendu ! J’aime particulièrement la représentation des enfants. <br /> Le second invite à se tenir dans la pudeur…<br /> Merci, Joseph, pour ton commentaire, et pour la citation du Pape François.
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C
Merci Jeanne d'évoquer ainsi pour nous ce très beau sujet des ex-voto en général, et, plus particulièrement, de ces maquettes de bateaux qui ornent tant de voûtes de chapelles et d'églises notamment en Bretagne ; merci, Joseph, pour ces mots du Pape François que tu nous rapportes « En exprimant la foi avec des gestes simples et des langages symboliques enracinés dans la culture, la piété populaire révèle la Présence de Dieu dans la chair vivante de l’Histoire » (15 décembre 2024). Je me souviens, dans le même ordre d'idées de ces "croix de proella" , dans le cimetière de l'île d'Ouessant, en l'honneur des disparus en mer.<br /> <br /> Merci pour ces deux tableaux emplis de silence, de foi et d'amour. Dans le tableau d'Henri Royer, je suis particulièrement touchée par la gratitude de toute une communauté: le rescapé, son épouse à ses côtés je pense, ses enfants, mais aussi de nombreux autres paroissiens (la multitude des coiffes blanches l'atteste), hommes et femmes, petits et grands, jeunes et vieux, et aussi comme tu le dis très bien,il y a comme une seconde assemblée : les saints, dont les représentations sculptées au-dessus des têtes rappellent la présence.<br /> <br /> Dans le tableau de Simon Emile, c'est au contraire la solitude qui me frappe: je trouve le visage de cette femme âgée magnifique à la fois de réalisme et de spiritualité; la douleur du deuil est comme illuminée du dedans; les vieilles mains noueuses portent l'humble trésor qu'est ce petit bateau de pêche et je vois une communion entre cette veuve, ou cette mère, et le marin défunt que le bateau représente: on retrouve sur la coque noire un liseré blanc, identique au liseré blanc du capuchon noir de la femme en prière, et je ne peux m'empêcher d'y lire la même lumière de Résurrection,comme une fente de clarté dans un monde de ténèbres, rejoignant Joseph dans l'interprétation de cette petite niche dans le mur comme un tombeau ouvert...<br /> <br /> Une petite question: qu'est-ce que le sanctuaire de Grainfollet?
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J
Merci pour la découverte de ces deux tableaux, que j’ai beaucoup aimé regarder, et dont je trouve le style réaliste remarquable, particulièrement le premier. J’admire la qualité de la peinture : les pieds nus, la main gauche du marin et la transparence de sa blouse ; les petits enfants saisis par la gravité de la scène, la lumière qui irradie avec bienveillance. Mais surtout, j’ai trouvé admirable la manière dont le peintre a su transmettre l’esprit de crainte religieuse, mêlée à la gratitude silencieuse du rescapé.<br /> Je suis touché par cette très belle image de la piété populaire, par ce « petit peuple » rassemblé dans la foi. Me reviennent les mots du cher Pape François : « En exprimant la foi avec des gestes simples et des langages symboliques enracinés dans la culture, la piété populaire révèle la Présence de Dieu dans la chair vivante de l’Histoire » (15 décembre 2024).<br /> D’autre part, je n’avais jamais pensé au fait que ces bateaux votifs devaient demander un grand soin et beaucoup de temps au « donateur » ; que ce devait être une réelle offrande, surtout pour les pauvres marins. J’ai aussi aimé penser à cette occasion offerte au modéliste de faire mémoire en silence de la grâce reçue. <br /> Dans le second tableau, ce qui a spécialement retenu mon attention est l’attitude de la vieille dame. La position des mains est particulièrement évocatrice : elles ne sont pas crispées sur le bateau, au contraire, elles sont ouvertes en un geste d’accueil. C’est l’édifiante acceptation, il me semble, même s’il faut surtout se taire devant ce mystère. Là encore, je salue le travail de l’artiste qui a su exprimer (et ce en plus avec un modèle « forcé » !), un profond « sentiment » intérieur. La mort est là, avec la peine immense, mais déjà semble poindre une lumière de Résurrection dans la petite alcôve qui ressemble à un tombeau. Parce que ce tombeau est rempli de prière : la Parole vivifiante de Dieu, et la chaîne du chapelet, qui attache au Ciel !
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L
Merci Jeanne pour la découverte de ces deux tableaux. <br /> Du tableau d’Henri Royer j’aime déjà l’ambiance générale. Je la trouve priante et chaleureuse (en particulier grâce au ton dominant, un peu orangé, du tableau). La petite fille assise que l’on voit, en arrière plan, juste derrière l’homme, a un visage tout illuminé. Ces yeux rivés sur le bateau et ces petites mains jointes, la montrent vivement concentrée. Je le trouve bien touchante, ainsi que les deux autres petits enfants. J’ai aimé, comme tu nous le soulignes, l’attitude d’humilité de l’homme : les pieds nus, la casquette déposée sur le tabouret ; et surtout la présence des saints, à l’arrière plan, par leurs statues.<br /> Sur le tableau de Simon Émile je trouve particulièrement beau le visage de cette femme endeuillée : son front, ses yeux, et ses joues surtout. Dans la douleur, ce visage exprime aussi un certain calme, comme si la réalité douloureuse était aussi habitée par une certaine sérénité, une confiance. J’espère ne pas interpréter hâtivement, mais il me semble percevoir quelque chose de la foi de cette dame. <br /> D’un point de vu artistique, je retiens le choix des couleurs, notamment le parallèle entre le visage et la coiffe, d’une part, et le bateau soutenu par les mains, de l’autre. Le noir évidemment est omniprésent, mais je trouve beau les deux liserés blancs qui se répondent, la teinte de la voile et des joues et celle, plus claire, des mains et du reste du visage. Cela montre une profonde communion entre la femme et ce que symbolise le bateau (l’attachement à l’être aimé et la démarche de prière).
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M
Merci Jeanne pour le partage avec nous de ces deux tableaux illustrant l’ex-voto. Tout d’abord je voudrais dire que je trouve très belle cette démarche d’action de grâce, toutes ces personnes qui après avoir fait une demande, et avoir été exaucée, n’oublient pas ensuite de remercier et prennent vraiment les moyens de l’exprimer. Je trouve particulièrement belle en ce sens d’apporter une maquette du bateau parce que cela nécessite donc de la fabriquer et souligne encore plus la volonté d’être dans la reconnaissance. <br /> Dans le premier tableau j’aime beaucoup la démarche de cet homme les pieds nus, tendant ce bateau avec le regard fixé dessus. Peut-être pense-t-il alors à tout l’équipage. Les enfants très attentifs et semblant très impressionnés également sont touchants. Cela les marquera sans doute beaucoup de voir une telle scène. J’aime voir les coiffes toutes simples de ces bretonnes, le beau chemisier blanc ainsi que les sabots. Merci pour ce que tu écris sur la deuxième assemblée formée par les saints représentés.<br /> Sur le second tableau le visage est très impressionnant, les mains sont aussi très belles. Ici la femme semble perdue dans ses souvenirs, mais la prière est aussi présente dans cette démarche, avec la présence du livre et du chapelet comme tu le soulignes. Ce navire est bien plus simple que celui présenté dans le premier tableau, j’aime voir le filet de pêche et les belles voiles marron. Je trouve très bien réalisé le mur de pierres.
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