''Les Anges inconscients'', Timothy P. Schmalz (Vatican)

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M
Merci Joseph pour la citation du saint Père François sur le rôle de l’Art. Merci Jean de rappeler ici le nom que l’on donnait à saint Louis-Marie de Montfort, d’évoquer la mission humblement discrète des consacrés et merci pour ce texte admirable du Pape Léon XIV.
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L
Merci Jean et Joseph pour avoir souligné le regard de saint Joseph tourné vers le ciel : merci Jean pour le passage du Saint-Père Léon XIV que tu rapportes alors ; et merci Joseph de l’avoir vu comme un entraînement pour ses voisins.<br /> Merci Christine et Jean pour le lien fait avec le combat contre l’avortement « à la proue de cette embarcation ». Je trouve aussi très frappant ce point commun que tu identifies, Christine, sur tous ces visages : l’absence de sourire.<br /> Merci, enfin, Jean pour ce que tu écris, de très beau, sur les anges que sont les personnes qui viennent en aide aux exilés au nom du Christ, « invisibles par leur humble discrétion », en particulier les personnes consacrées !
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J
Merci beaucoup, Jean, pour ton commentaire, particulièrement pour ce que tu écris au sujet des « anges ». Merci, Marguerite et Jean, pour votre remerciement pour l’animal qui représente la Création. Merci, Joseph, pour les citations des saints papes.
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J
Merci, Jean, pour la possibilité de s’unir à ton action de grâce « pour tous ceux qui aident les exilés au nom du Christ, aux premiers rangs desquels se trouvent le plus souvent les personnes qui lui sont consacrées, comme cette admirable figure de sainte Mère Cabrini… », de manière cachée, et pour ce que soulignes du lien de cette dernière avec saint Louis-Marie de Montfort. Merci aussi de bien montrer que « la présence de l’enfant dans le sein de sa mère au centre du premier plan est certainement une volonté du Pape François, lui dont le combat permanent fut la dénonciation de l’avortement », combat admirable et tellement crucial !<br /> Merci enfin d’avoir été attentif, avec Marguerite, à « la présence du petit animal, symbolisant la Création elle aussi incluse dans cette compassion de Dieu et de son Église ».
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J
Avec Marguerite, je remercie pour la présence du petit animal, symbolisant la Création elle aussi incluse dans cette compassion de Dieu et de son Église ; et pour les gestes de réconfort que se prodiguent plusieurs personnes.
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J
Merci pour cet article, je connaissais cette monumentale sculpture que je trouve artistiquement très réussie et dont la symbolique (le nombre de 140, la présence de l’argile, en une seule masse…) est très forte, en particulier sa dimension universelle (qui est la signification du mot « catholique »).<br /> Je rends grâce d’abord pour tous ceux qui aident les exilés au nom du Christ, aux premiers rangs desquels se trouvent le plus souvent les personnes qui lui sont consacrées, comme cette admirable figure de sainte Mère Cabrini (son obéissance à l’appel du Pape, contraire à ses inclinations naturelles, m’a aussitôt fait penser à celle de saint Louis-Marie de Montfort, qu’on surnommait le « Père des pauvres »). Ce sont eux aussi, les « anges », invisibles par leur humble discrétion (eux ne crient pas sur tous les toits leur « engagement humanitaire »…) si adroitement représentée par les deux ailes comme fondues dans la masse humaine.<br /> La présence de l’enfant dans le sein de sa mère au centre du premier plan est certainement une volonté du Pape François, lui dont le combat permanent fut la dénonciation de l’avortement, avec ses expressions si puissantes comme, effectivement, celle de « culture du déchet ». En écho, je suis très touché par le visage de l’Enfant-Jésus, si confiant dans les bras de sa Mère, à laquelle le Pape François, encore, (c’est l’un de ses nombreux apports si beaux à la Sainte Liturgie) donna le nom litanique de « Réconfort des exilés ». Cette confiance paisible contraste avec la détresse de l’entassement des autres passagers dont on imagine (un peu) les très lourdes conséquences pratiques. Cette représentation de la Sainte Famille dans son exil vers l’Égypte est évidemment complétée par saint Joseph. Son regard tourné vers le Ciel et empli d’espérance m’a aussitôt évoqué un admirable texte très récent (4 octobre 2025) du Saint-Père Léon XIV, dans la lignée du Pape François : <br /> <br /> « L’expérience itinérante du peuple d’Israël se renouvelle dans les exilés : “Ta famille trouva un séjour, celui-là qu’en ta bonté, ô Dieu, tu préparais au pauvre” (Ps 68, 11). Dans un monde assombri par les guerres et les injustices, même là où tout semble perdu, les migrants et les réfugiés se dressent comme des messagers d’espérance. Leur courage et leur ténacité sont le témoignage héroïque d’une foi qui voit au-delà de ce que les yeux peuvent voir, et qui leur donne la force de défier la mort sur les routes migratoires. D’autre part, les migrants rappellent à l’Église sa dimension pèlerine, perpétuellement tendue vers la Patrie définitive. Chaque fois que l’Église cède à la tentation de la sédentarisation et cesse d’être civitas peregrina – cité de Dieu en pèlerinage – (cf. saint Augustin, De civitate Dei, Livre XIV-XVI), elle cesse d’être “dans le monde” et devient “du monde” (cf. Jn 15, 19). Cette tentation était déjà présente dans les premières communautés chrétiennes, à tel point que l’Apôtre Paul doit rappeler à l’Église de Philippes : “Notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ” (Ph 3, 20). De manière particulière, les migrants et les réfugiés catholiques peuvent devenir aujourd’hui des missionnaires dans les pays qui les accueillent. En effet, par leur enthousiasme spirituel et leur vitalité, ils peuvent contribuer à revitaliser des communautés ecclésiales figées et alourdies, où le désert spirituel avance de manière menaçante. Leur présence doit alors être reconnue et appréciée comme une véritable bénédiction divine, une occasion de s’ouvrir à la grâce de Dieu qui donne une nouvelle énergie et une nouvelle espérance à son Église. » (4 octobre 2025)
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C
Merci, Lucie, pour cette découverte très émouvante (c'est bien "une épine dans le cœur", vocation de l'Art, selon le Pape François, comme tu nous le rappelles, Joseph), tant par la beauté de l’œuvre que par la force du message qu'elle porte: en cela, sa situation sur la grand-place du Vatican, au cœur de L’Église, est vraiment le signe fort qu'il nous faut considérer ce sujet comme une préoccupation majeure, incontournable...<br /> C'est le sort de toutes les personnes indésirables, déplacées, déracinées, de tous les temps qui est ici , comme synthétisé. Merci de nous rappeler que cela dépasse infiniment le débat sur les seuls migrants qui provoque tant de crispations...Je vois ce tout petit dans le sein de sa mère, comme à la proue de cette embarcation de la "culture du déchet"; je trouve cela bouleversant.<br /> L'alliance de bronze et d'argile, qui fut sans doute un défi technique, me dit que dans cette extrême fragilité peut résider une grande force: celle que suggère ces petits et grands, jeunes et vieux, au coude à coude, comme unis par l'adversité mais aussi l'espérance. Comme tu le décris bien, Lucie, cette fraternité fondamentale dont la Sainte Famille est le modèle et le ciment: "la Sainte Famille est toujours présente et concernée par les détresses humaines : au point de se placer au milieu de la barque, même quand celle-ci menace de sombrer."<br /> Je regarde les mains et les bras chargés de maigres affaires, l'essentiel sans doute (couvertures, sacs, valises, victuailles, caisse d'outils comme le cher Saint Joseph,biberon, doudous, et même ce petit chat, je crois, sur la première photo); bras portant des enfants, mains caressant des petites joues, des têtes fatiguées, bras embrassant, soulevant, protégeant. Et comme est bouleversant cet homme décharné, presque nu,dans une absolue pauvreté: les bras ouverts, les mains vides...<br /> Je contemple les regards: certains baissent les yeux, d'autres les lèvent au Ciel; certains regardent l'horizon, d'autres regardent en arrière; tous les sentiments sont décrits là: honte, lassitude, peur, découragement, foi, courage, espérance, regrets, désespoir...<br /> Le point commun de tous ces visages, c'est que ne s'y lit aucun sourire.<br /> Puisse cette "épine" nous aider dans notre devoir d'amour et d'hospitalité; l'extrait de la lettre aux hébreux nous parle de recevoir chez nous des anges; Jésus nous dit que celui qui accueille un petit, un pauvre, c'est Lui qu'il accueille.<br /> Et l'encyclique "Fratelli tutti" du Pape François, signée sur la tombe de Saint François d'Assise, porte le même message brûlant que cette œuvre de Timothy P. Schmalz.
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M
Merci Lucie pour l’occasion offerte de contempler cette œuvre importante par toute sa symbolique, et pour les si belles citations du saint Père François que tu donnes.<br /> Je trouve très beau qu’il y ait eu la volonté de n’oublier personne, et que toutes les générations, cultures, époques et religions aient été représentées. Merci pour les quelques indications concernant sainte Mère Cabrini que je découvre totalement. Cette réalité de l’Eglise qui depuis toujours embrasse le monde entier et porte l’humanité entière dans ses bras est vraiment magnifique. Je rends grâce aussi pour la parole si profonde et puissante, par la dernière expression, du saint Père François : « Il ne s’agit pas seulement d’étrangers, mais de tous les habitants des ‘‘périphéries existentielles’’ qui, avec les migrants et les réfugiés, sont victimes de la ‘‘culture du déchet’’ ». Je trouve très touchante la présence de ces ailes qui surplombent tous ceux qui sont dans la barque et pour cette citation de la Bible : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. ». Ces deux paroles étant d’importantes exhortations.<br /> Sur la première photographie de ton article, j’aime voir la petite fille qui serre dans ses bras ce qui semble être son petit chien, eux aussi souffrent de ces situations et de ces exils forcés. Le symbole de cette femme devant elle qui est dans le sens contraire de la marche et trouve un appui sur l’épaule de son époux. Et ces trois personnes au fond de la barque, unis par des gestes de soutien, la mère tenant sa fille et la fille posant ses mains sur la tête de cet homme assis, sans doute épuisé. A leur côté il y a un homme tenant contre lui un tout petit. Merci pour ce que tu dis sur la présence de saint Joseph, la Vierge Marie, et l’Enfant-Jésus : « la Sainte Famille est toujours présente et concernée par les détresses humaines : au point de se placer au milieu de la barque, même quand celle-ci menace de sombrer. » Je trouve forte aussi l’attitude que tu relève de ce vieil homme arrimé à son bâton, elle m’évoque la peur, liée à l’angoisse, celle de ne pas savoir ce qui l’attend, mais elle m’évoque aussi le courage et la détermination liés à la confiance. Cette confiance que l’on peut avoir si l’on reste attaché à Dieu. Enfin je trouve très touchante aussi de voir ce petit Enfant-Jésus tout calme, endormi, abandonné, dans les bras de la Vierge Marie.
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J
Merci pour la découverte de cette sculpture au symbolisme très fort, qui est une belle illustration du rôle de l’Art tel que le considérait le vénéré Pape François : « Je souhaite que l’art ouvre des portes, touche les cœurs et aide à avancer. Son rôle est de mettre une épine dans le cœur… » (1er septembre 2022) ; et pour cet artiste engagé dans la foi, dans son « atelier-chapelle ».<br /> J’ai trouvé très intéressant le choix des matériaux avec la présence de cette argile dans la masse très lourde du bronze, qui montre bien le poids de cette réalité très grave alliée à la grande fragilité de tous ces pauvres gens, avec particulièrement la présence des petits enfants, ce que je ne saurais commenter. <br /> Ce qui m’a sans doute le plus touché, après la présence de la Sainte Famille au milieu de ce petit peuple de souffrants, c’est la réalité si vraie et émouvante de la place de cette statue sur la place Saint-Pierre, image très forte de l’Eglise-Mère, refuge des exilés.<br /> J’ai repensé avec émotion à ces mots d’un autre Pape, le vénérable Pie XII : « La famille de Nazareth en exil en Égypte est l’exemple et le soutien de tous les émigrés et réfugiés qui, poussés par la persécution ou le besoin, se voient contraints d’abandonner leur patrie et les personnes qui leurs sont chères » ((Constitution apostolique Exsul Familia de spirituali emigrantium cura, 1er août 1952). <br /> Je trouve très émouvant de voir cette masse comme regroupée autour du petit Enfant Jésus, si discret dans son abandon, mais véritablement l’Emmanuel, « Dieu-avec-nous »<br /> J’ai aimé voir aussi la présence de ces ailes, comme la voile de ce bateau : image de tous ces bons anges gardiens qui prennent soin des autres et leur permettent d’arriver à bon port. <br /> Enfin, il m’a semblé voir sur la dernière photographie saint Joseph entraîner ses voisins à regarder vers le Ciel.
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F
Merci pour la présentation de cette sculpture, symboliquement très forte, et d’autant plus du fait de l’attention que le Pape François lui a portée, et de sa volonté que cette œuvre soit installée sur la place Saint-Pierre. J’ai trouvé très intéressant ce que tu rapportes de la volonté du sculpteur de faire référence aux 140 statues présentes sur cette place. De même, la barque qui fait à la fois référence aux terribles accidents de migrants perdant la vie dans la Méditerranée, et à l’Église : c’est un choix très fort. L’autre symbole particulièrement beau est la matière choisie : du bronze mêlé à de l’argile, « pour évoquer la fragilité ».<br /> Concernant les personnages représentés, c’est bien sûr leur diversité qui me frappe, non seulement géographique, mais aussi temporelle. Cela exhorte clairement, me semble-t-il, à ne pas considérer le phénomène migratoire selon des critères politiques, circonstanciés, mais à le regarder d’abord comme une épreuve universelle, qui doit concerner tout le monde, et dont les victimes sont des personnes représentant toute l’humanité : ce sont nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos pères, nos mères… Ce pourrait être nous, un jour… <br /> Le fait que ces 140 personnes soient si serrées m’évoque d’une part la pauvreté terrible dans laquelle plonge la fuite contrainte d’une terre, et d’autre part la communion dans l’épreuve : je ne sais pas ce que c’est, je ne connais pas cette souffrance, mais j’imagine que quand on l’a traversée on regarde certainement les autres de manière différente… <br /> Ce qui me touche le plus, bien sûr, c’est la présence de l’Enfant Jésus, de la Vierge Marie et de saint Joseph au milieu de ces migrants. Cela rappelle la fuite en Égypte, mais aussi qu’ils sont présents aux côtés de tous les exilés. <br /> Merci pour les personnages que tu prends le temps de décrire. Je trouve particulièrement interpellant la présence de cette femme enceinte, rappel que le petit qu’elle porte, même si aujourd’hui il ne serait pas forcément considéré comme un être humain ayant droit de vivre, compte aux yeux de Dieu, et doit de même compter à nos yeux.
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J
Merci, Lucie, pour la découverte de cette sculpture qui découle de l’influence si aimante du très cher Pape François. Cette question complexe de l’immigration donne de la crainte et aussi de la gratitude envers le Saint-Père et ceux qui le suivent, qui proposent une voie juste et respectueuse de l’accueil. Le nombre important de personnes représentées sur ce bateau me montre, un peu, quelque chose de ce que peut être la réalité oppressante (que je ne connais pas) que ces personnes vivent : promiscuité, angoisse, en fuite, manquant du nécessaire, en péril, etc. Néanmoins, il y a la présence des deux ailes avec le très beau passage et, en même temps, qui remet en cause et pousse à la responsabilité, de la lettre aux Hébreux. J’ai beaucoup apprécié apprendre les intentions de le Bernin lorsqu’il a conçu l’esplanade. Grâce à la deuxième photographie, j’ai remarqué l’emplacement de cette sculpture installée près de l’entrée de la basilique. C’est comme si c’était pour signifier que, ici, les pauvres sont les premiers bienvenus. Le fait que Jésus a connu l’immigration, et avant même de venir au monde en étant encore dans le ventre de sa Mère, me donne beaucoup d’admiration encore une fois pour la Personne de Dieu qui a voulu que le Fils de Dieu connaisse chaque réalité de l’homme pour la visiter, et l’accompagner. Il aurait pu être pensé que saint Joseph et la Sainte Vierge auraient bien mérité d’être épargnés de connaître les incommodités et les souffrances de la fuite… Non ! Au contraire, la manière dont ils l’ont vécu avec Dieu, et non subi, donne, là encore, de l’admiration et de la gratitude pour leur exemple et leur présence bienveillante auprès des personnes exilées.
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