Première et seconde tentations du Christ (chapiteaux de la cathédrale d’Autun par Gislebertus)

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M
Merci pour vos commentaires. Jeanne pour ce que tu écris quant à l’ange, Frantz ce que tu écris parce que je n’avais pas remarqué le livre dans le premier chapiteau. Merci Jean de me corriger sur ce que j’ai écrit sur la pierre qui est en fait un coussin repose-pieds, et sur la Création, je n’ai pas su voir ici la « Création alliée du Créateur dans ce combat », c’est très beau, merci.
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L
Merci à chacun pour vos commentaires ! <br /> Christine d’avoir vu ces deux doigts levés vers le Ciel, et cette contrefaçon... <br /> Frantz de relever que le Christ n’est jamais représenté seul « comme pour dire : la tentation ne se remporte jamais seul ». <br /> Joseph pour ce que tu écris : « que les chapiteaux, sommets des colonnes de l’édifice, qui ont pour fonction de transmettre la charge à porter, aient précisément été choisis pour être ornementées par les scènes bibliques, comme pour exprimer déjà que le socle de toute la construction, c’était bien la Parole de Dieu »<br /> Et Jean pour ce que tu dis sur Jésus qui ne regarde pas quelqu’un ou quelque chose, mais « refuse de se tourner vers le Mal ». Je trouve cela très beau et fort. Merci aussi pour le lien que tu fais au sujet du coussin avec l’épisode évangélique de la tempête et pour ce que tu dis, avec Christine, au sujet de la barrière végétale et la manière dont tu l’interprètes.
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J
Merci à chacun pour ses commentaires. Merci, Jean, pour avoir répondu à ma question ! Merci aussi pour cette phrase qui prolonge le commentaire de Christine, avec la très belle réalité que c’est : « la Création est l’alliée du Créateur dans ce combat ».
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J
Merci, Jeanne, pour ton commentaire sur le garde-du-corps, et merci, Jean, pour la très belle interprétation que tu offres quant au signe des feuilles : « la Création est l’alliée du Créateur dans ce combat. »
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F
Merci à chacun pour son commentaire.<br /> Je retiens particulièrement ce que tu écris, Jean, à propos de la présence des feuilles : "la Création est l’alliée du Créateur dans ce combat". Quelle leçon importante et belle !
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J
Merci pour cet article. Ce qui m’a le plus intéressé et touché est la représentation originale de la Parole de Dieu sur le premier chapiteau, et la façon dont Jésus combat l’Ennemi ; ce qui rejoint à la fois ce que commente Frantz (« le Christ est à chaque fois accompagné, comme pour dire : la tentation ne se remporte jamais seul ») et la question que pose Jeanne (« je me suis demandé qui/que regardent les deux personnages ? »), à laquelle je répondrai ainsi : ce n’est pas que Jésus regarde quelqu’un ou quelque chose, c’est qu’il refuse de se tourner vers le Mal.<br /> Merci par ailleurs pour ce que tu écris, Lucie, quant au second chapiteau : « la main de Jésus posée sur son Cœur qui, pour moi, symbolise son lien au Père Céleste, dont il parle avec amour et vénération ».<br /> <br /> Quant au reste des commentaires, j’ai apprécié :<br /> <br /> De Christine : « face au Christ, Satan ne peut pas se cacher, se dissimuler : il est tout de suite identifié et repoussé, il est dans la vérité de sa laideur repoussante »<br /> <br /> De Joseph : « ornementées par les scènes bibliques, comme pour exprimer déjà que le socle de toute la construction, c’est bien la Parole de Dieu »<br /> <br /> De Jeanne : « Dans le second chapiteau, j’ai aimé le bon ange derrière Jésus. Le geste de sa main me fait penser au geste de dégainer l’épée : peut-être qu’en bon garde du corps il se tient prêt à agir pour son Maître, Jésus. Enfin, je remarque le contraste entre le côté droit dans lequel la tour est de travers (elle va probablement s’écrouler si ça continue !), et le côté gauche dans lequel il n’y a, à l’inverse, pas de désordre. Jésus se tient dans une position de calme, assis et ses pieds sont même posés sur un coussin. »<br /> <br /> De Marguerite : « la main sur le ventre symbolise la Parole de Dieu, dont il faut se nourrir pour vivre ».<br /> En revanche, je ne vois pas du tout une pierre – d’ailleurs, je ne saisis pas le rapport, que je trouve contradictoire, que tu fais avec la Parole de Dieu –, mais bien un coussin repose-pieds s’accordant avec le trône royal où le Christ siège. Cela renvoie peut-être au calme dont parle Jeanne, car je songe à ce passage évangélique : « Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Jésus dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : “Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?” Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : “Silence, tais-toi !” Le vent tomba, et il se fit un grand calme. » (Mc 4, 37-39)<br /> Tu suggères également, Marguerite, que les feuilles seraient une allégorie des flammes de l’Enfer ; je remarque bien au contraire comme Christine que « dans les deux chapiteaux, ils font comme une barrière entre Jésus et Satan », ce qui me pousse à en donner l’interprétation suivante : la Création est l’alliée du Créateur dans ce combat. Je m’appuie en cela sur un nouveau passage de saint Marc (1,13) : « Dans le désert, Jésus resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait en compagnie des bêtes sauvages ».
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C
Merci, Lucie, pour cette catéchèse de début de Carême à travers ces deux chapiteaux d'art roman, art à la fois si simple jusqu'à une forme de naïveté, et si profond dans le foisonnement des symboles à déchiffrer.<br /> J'ai été, ici, particulièrement frappée par la représentation de Satan, hideux, grimaçant, décharné, avec cette bouche béante dont tu dis si bien, Frantz,qu'elle ne cesse de" déverser le venin des tromperies". Je pense que face au Christ, Satan ne peut pas se cacher, se dissimuler: il est tout de suite identifié et repoussé:"Arrière, Satan ! "; c'est avec nous, les humains qu'il tente de séduire, qu'il use de stratagèmes et tente de se camoufler pour mieux nous piéger; mais,devant Jésus, il est dans la vérité de sa laideur repoussante. Demeurer avec Jésus n'est-ce pas ainsi le plus sûr moyen de voir le Mal dans son horreur et donc de ne pas succomber à la tentation?<br /> Dans le deuxième chapiteau, c'est Satan qui lève le doigt vers le Ciel, dans une pitoyable mais redoutable contrefaçon du doigt levé vers le Ciel du premier chapiteau. C'est une très belle leçon qui nous est donnée là: il nous faut écouter le Ciel, la Parole de Dieu, le Verbe incarné; Satan cite la Parole de Dieu et croit y asseoir son pouvoir, en la détournant à son profit, mais Jésus lui impose le silence: "Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu." Je trouve ce retournement très saisissant.<br /> Il y aurait beaucoup à déchiffrer, à élucider... Je n'arrive pas à comprendre, par exemple, qui représente le personnage aux traits féminins du premier chapiteau, ni le sens de ces motifs végétaux qui, dans les deux chapiteaux, font comme une barrière entre Jésus et Satan.
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J
Merci pour la découverte de cette œuvre et de son auteur. Je trouve magnifique que l’architecture médiévale ait été pensée comme une œuvre de catéchèse, et que les chapiteaux, sommets des colonnes de l’édifice, qui ont pour fonction de transmettre la charge à porter, aient précisément été choisis pour être ornementées par les scènes bibliques, comme pour exprimer déjà que le socle de toute la construction, c’était bien la Parole de Dieu, adroitement représentée ici. J’ai trouvé très intéressante et profonde la manière dont Gislebertus choisit de représenter le Mauvais dans d’autres œuvres : « en train de se camoufler, par exemple en se faisant passer pour un ermite. »<br /> Je rends grâce pour cette occasion redonnée en ce Carême d’admirer Jésus à travers son courage dans le combat mené pour nous.
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M
Merci Lucie de partager avec nous et en ce début de Carême ces œuvres de Gislebertus. Sur le premier chapiteau je suis frappée par la laideur de satan qui s’agite, et que tout sur lui soit pointu : ses cheveux, ses oreilles, son nez, ses longs doigts, ses trois griffes aux pieds. Sa gueule grande ouverte attire aussi le regard. Je remarque la présence du serpent qui le symbolise dans la Bible. J’ai trouvé intéressant de lire que cette représentation féminine avec une main vers le ciel et l’autre sur le ventre symbolise la Parole de Dieu, dont il faut se nourrir pour vivre, comme il est écrit dans l’extrait que tu cites. De leur côté, les visages sont paisibles et paraissent même souriants.<br /> Dans le deuxième chapiteau le tentateur est tout aussi horrible, et une des choses que je remarque est le détail des os : côtes, colonne vertébrale, cou, cuisse, bras. Mis à part ce que cela représente, j’ai trouvé que c’était minutieux et très bien réalisé. Je me suis arrêtée aussi sur ce qu’il y a au pied de cette tour représentée. A priori, des feuilles de cette tige qui monte, mais celles tout en bas m’ont fait penser à des flammes, et elles m’évoquaient alors les flammes de l’enfer dans lesquels l’homme plonge si jamais il écoute la voix du tentateur et refuse la Parole de Dieu. Je trouve jolie la représentation de l’auréole de Jésus. Je n’ai pas compris tout de suite, mais je suppose que c’est sur une pierre que Jésus a les pieds, renvoyant à cette si belle Parole : « Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre ». Merci pour ce que tu partages avec nous de ce que t’évoques la main gauche de Jésus posée sur son Cœur. Ils sont tout simples mais j’aime les visages de Jésus et de l’ange.
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F
Merci pour la découverte de ces œuvres romanes admirables, en leur technique qui force le respect (j’ai particulièrement apprécié les plis des vêtements dans le second chapiteau, la présence de la végétation dans l’un et l’autre), en leur remarquable façon de présenter une scène, avec les différentes tailles des personnages, les mouvements, l’expression des visages…, et surtout admirables par la manière de traduire en une image concise le message de l’Évangile. Dans le premier chapiteau, je suis bien sûr frappé par le visage difforme du tentateur, avec cette bouche béante pour déverser le venin des tromperies, par le serpent qui rappelle la tentation de la Genèse, et surtout par ce livre sur lequel se tient ce personnage qui m’a intrigué, et j’étais très intéressé par ce que tu expliques sur le fait qu’il représente la Parole de Dieu. C’est très fort que ce personnage symbolique soit devant le Christ, le cache presque, ce qui me semble signifier que Jésus ne dialogue pas avec le diable, ne lui répondant qu’avec des citations de l’Écriture Sainte. Quel enseignement pour nous !<br /> Dans le second chapiteau, je trouve très beau, comme tu le relèves, la main de Jésus posée sur son Cœur, et ce que tu en dis. J’aime aussi la présence de l’ange derrière lui. Ce qui est très frappant, du coup, c’est que dans l’un et l’autre chapiteau, le sculpteur a pris soin de ne pas représenter le Christ seul, il est à chaque fois accompagné. Comme pour dire : la tentation ne se remporte jamais seul.
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J
Merci, Lucie. Dans le premier chapiteau, je me suis demandée qui/que regardent les deux personnages ? J’ai trouvé intéressant le choix de l’artiste que tu rapportes de représenter la Parole de Dieu. Dans le second chapiteau, j’ai aimé le bon ange derrière Jésus. Le geste de sa main me fait penser au geste de dégainer l’épée : peut-être qu’en bon garde-du-corps il se tient prêt à agir pour son Maître, Jésus. Enfin, je remarque le contraste entre le côté droit dans lequel la tour est de travers (elle va probablement s’écrouler si ça continu !), et le côté gauche dans lequel il n’y a, à l’inverse, pas de désordre. Jésus se tient dans une position de calme, assis et ses pieds sont même posés sur un coussin.
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