Le Studiolo du Palais Ducal d'Urbino

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J
Merci, Jean, pour l'expression de ton "étrange impression en regardant la vue d’ensemble" : par ton commentaire, tu m'as rendu le service de mettre des mots sur une impression, bizarre, que j'avais eu, à ma mesure sans parvenir à correctement l'exprimer. Merci, Joseph, de relever dans ton commentaire la difficulté du savoir-faire.
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L
Merci Joseph et Christine pour ce que vous soulignez sur le fait que l’œuvre soit conservée dans cet état malgré son âge : « sans gonfler ni se fendiller », « quand on sait combien le bois travaille »… <br /> Merci Jean pour ce que tu as relevé du commentaire de Jeanne ! Et pour ce que tu exprimes sur l’impression d’être « en quelque sorte un peu ‘‘ oppressé ’’ ». Même si la marqueterie m’avait impressionnée, je m’étais fait la même réflexion que je n’y serais pas du tout à l’aise pour y travailler (pour ma part en particulier à cause de ce foisonnement de détails bien trop envahissants). Merci pour ce que tu dis sur ce « trompe-l’œil », sorte de « virtualité avant l’heure ».
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M
Merci Jeanne pour le jeu de mots, de l'avoir souligné Jean et pour ce que tu exprimes de l’aspect négatif de ce « trompe-l’œil » permanent.
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F
Et merci Jeanne pour le jeu de mot, prolongé par toi, Jean !
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F
Merci Jean pour ce que tu écris sur la "virtualité avant l'heure" : c'est très intéressant, et cela donne à méditer sur la tentation, en fait ancienne, de remplacer la réalité par un faux-semblant de réalité.
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J
Bravo Jeanne pour le bon jeu de mots qui m’a bien fait sourire, et prolongé par Jean ! Merci Jean pour ce que tu exprimes sur le trompe-l’œil et la virtualité. Je me rends compte que je n’avais prêté attention ni au terme – en somme très négatif – ni au problème de ne pas chercher à être simplement dans la réalité, ce qui n’est pas accordé à l’esprit de l’Art véritable.
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J
« Je serais tombée en plein dans le panneau » : merci, Jeanne, c’est drôle ! Ce bon mot m’ouvre… des perspectives !
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J
Découverte intéressante ! Merci pour les informations ayant trait à l’Histoire de l’Art et pour l’énumération des détails que tu nous invites à observer. D’un point de vue technique, cette réalisation est absolument prodigieuse avec, comme l’écrit Joseph, la précision au dixième de millimètre, la connaissance du bois que cela requiert pour que cela dure dans le temps (un demi-millénaire !) et l’hygrométrie... Ce que j’ai préféré, comme cela a été mentionné, est le fait d’utiliser la matière telle qu’elle est en intégrant dans le dessin les couleurs du bois, ses nœuds, nervures, veines ou flammes (j’ignorais l’usage de ce mot) selon les termes que vous employez et qui témoignent bien, à mon sens, de la vie propre du bois !<br /> Néanmoins, je dois dire que j’ai éprouvé une étrange impression en regardant la vue d’ensemble comme si j’étais dans la pièce. Je me suis senti en quelque sorte un peu « oppressé », avec un sentiment d’enfermement (en tant que travailleur régulier « en cabinet », je pense que je ne m’y trouverais pas du tout à mon aise !). Par-dessus tout, cette sorte de « trompe-l’œil » permanent, avec une réelle difficulté à discerner le vrai du faux, est assez troublante, et m’évoque une certaine virtualité avant l’heure.
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C
Merci Lucie pour cette découverte époustouflante !<br /> Je n'avais vu jusqu'à présent que des coffres ou des tables en marqueterie, avec des motifs géométriques.<br /> Me trouver devant un paysage et des motifs figuratifs, tout un ensemble en perspective, avec, par surcroît, des trompe-l’œil, m'a remplie d'admiration.<br /> Ce que j'ai trouvé le plus admirable c'est la luminosité qui se dégage de toutes ces différentes essences de bois: se marient des coloris subtils qui vont de l'écru au brun presque noir, en passant par le jaune pâle, le blond doré, le bistre, le bronze, le marron profond...C'est toute une forêt qui se trouve là! Et quelle vision avant l'assemblage infiniment minutieux!<br /> Je trouve aussi extraordinaire, comme le souligne Joseph, que l'ouvrage ait traversé les âges sans gonfler ni se fendiller, tous les différents grains du bois se maintenant ensemble, et les différentes veines s'assemblant sans se nuire: une belle œuvre de communion, à l'instar de la communion entre les différents artistes! <br /> J'aime particulièrement la sphère armillaire, la silhouette des arbres, le tressage de la corbeille de fruits, la queue un peu hirsute de l'écureuil...<br /> Quelque chose de joyeux, d'humoristique et presque de facétieux (je vois bien, comme Marguerite, un collier de noisettes au cou de l'écureuil!) se dégage de l'ensemble!<br /> Un immense travail, avec beaucoup de plaisir sans doute.
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J
Merci pour la découverte de cette œuvre commune, avec ton observation que je trouve belle : « la qualité artistique de chacun est mise au service de tous et où, à la fin, il devient compliqué, voire impossible, d’attribuer l’un des détails à l’un ou l’autre artiste. »<br /> Pour avoir vu des apprentis ébénistes à l’œuvre, je trouve très impressionnant cet ouvrage, car la marqueterie demande un temps considérable, tant le soin et la précision au dixième de millimètre sont nécessaires, afin d’obtenir des jonctions ‘‘parfaites’’. <br /> J’ai trouvé vraiment épatant la porte du placard en trompe-l’œil, et l’effet de perspective. Mais ce qui m’a le plus intéressé est la manière de se servir des flammes du bois pour imiter l’eau et les effets de lumière dans le paysage du château. Il me semble que cela demande une remarquable connaissance du bois, et de l’art de façonner ces pièces très fines, qui peuvent rompre à tout moment. Je trouve enfin impressionnant qu’après plus de 500 ans cet ouvrage soit encore si soigné. Quand on sait combien le bois travaille, avec le temps et l'hygrométrie, cela force le respect.
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F
Merci pour le grand plaisir de découvrir cette œuvre qui m’a beaucoup impressionné : depuis que, par un membre de ma parenté qui a étudié la marqueterie, j’ai vu quelques exemples de cet art, et surtout la technique, la précision, le soin qu’il demande, je suis vraiment admiratif envers ceux qui le pratiquent. Mais je ne pensais pas qu’il existait une réalisation de marqueterie à si grande échelle, et surtout usant de la perspective à ce point ! C’est remarquable ! Les trompe-l’œil sont si réussis, ils apportent, comme tu le soulignes, une profondeur (« agrandissement de l’espace ») étonnante. Les différentes essences de bois choisis pour délimiter les formes, suggérer les ombres et les lumières, sont en même temps bien unifiées et donnent à cette pièce de travail (quelle salle d’étude inspirante !) une ambiance très chaleureuse. Cela évoque la cire d’abeille (animal si travailleur !). Le souci du détail m’impressionne : sur la dernière photographie, la queue de l’écureuil (quelle difficulté ce dut être à découper, cette pièce de bois !), les petits arbres du paysage ; les formes raffinées de l’astrolabe sur la deuxième image, ainsi que les jeux d’ombre et de lumière sur le luth, les petits croisillons sous les tuyaux de l’orgue, jusqu’à la devise que tu indiques au-dessus de l’autruche… M’a également beaucoup plu, sur la première photographie, le petit clavier en perspective à gauche, au-dessus du pilier du bas, lui aussi en trompe-l’œil. Quand on pense au travail que cela a dû demander, c’est vertigineux…<br /> Un des éléments que je retiens particulièrement est cette dimension collective que tu soulignes, où « il devient compliqué, voire impossible, d’attribuer l’un des détails à l’un ou l’autre artiste ». Noblesse du matériau, qualité du savoir-faire, beauté du travail d’équipe : voilà déjà de grandes qualités réunies ! Ne manque plus que le sujet profond : que cela doit être beau un tel travail mis au service de messages humains essentiels, ou plus encore au service des grands mystères divins ! Peut-être que cela existe…
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M
Merci Lucie pour la découverte de ce Studiolo du Palais Ducal d’Urbino et pour cet aperçu de la marqueterie qui est un art que je ne connais absolument pas. J’ai trouvé cela intéressant et je dois dire que les effets de trompe-l’œil m’ont épatée, ayant même du mal à croire que cette petite porte ne soit pas une véritable porte entrouverte. Je suis frappée également par les instruments que tu cites qui semblent sortir du meuble ou bien la petite corde de perles accrochée au livre. J’aime bien ce petit coin de travail « en retrait » avec la table ronde et les livres, le clavier de piano à gauche, et tous les croisillons. Merci de souligner le détail de la devise sur le phylactère. Je trouve cela réjouissant que ce soit un travail de plusieurs artistes. Dans le paysage que tu partages plus en détail ce que je trouve le plus intéressant c’est, comme tu l’écris, d’intégrer dans le dessin et le travail les « motifs » propres du bois, le nœud ou les nervures pour les nuages. Je trouve l’écureuil amusant, il me semble avoir un collier de noisettes qu’il déguste avec plaisir. Je serais très intéressée de découvrir d’autres création de marqueterie.
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J
Merci Lucie. J’ai aimé apprendre que la marqueterie consiste en un procédé d’incrustation. En regardant la photographie de cette pièce, je me suis demandée comment ce duc parvenait à s’y retrouver et à y travailler tant l’environnement paraît trompeur… Si tu n’avais pas fait savoir que la porte entrouverte était un trompe-l’œil je serais tombée en plein dans le panneau ! Comme tu le soulignes, je trouve que la perspective est très bien réalisée, particulièrement pour les instruments de musique représentés à moitié en équilibre sur le meuble. J’apprécie les différents tons de bois qui s’assemblent très bien entre eux. Il me semble que ça donne même un rendu lumineux. J’ai aimé le détail du paysage en marqueterie que je trouve très réussi : le mouvement dans l’eau, les différents reliefs, la végétation, etc. Les veines du bois donnent même un certain mouvement à ce paysage.
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