''La Fête de Qingming au bord de la rivière''

Publié le

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Merci pour cette découverte. Quatre ans, c’est à la fois long (et donc, cela montre le respect que ce sculpteur a pour l’œuvre du peintre, avec 8 siècles d’écart) et peu, quand on voit la finesse des détails (avec notamment cette corde de trois millimètres que tu signales !) ou encore le sens des proportions et de la planification, que l’on peut un peu imaginer en regardant le 3è cliché. La remarque de Lucie, dans ce sens (« il fallait garder la matière en suspension dans le vide et bien anticiper cela au moment d’esquisser les maisons à l’arrière »), est tout à fait juste ! Sans compter ce qu’écrit Joseph sur la difficulté de s’adapter aux défauts du bois !<br /> Sur la 1è photo, j’ai beaucoup apprécié les arbres, en particulier celui qui est penché. Comme Jeanne, ils m’ont immédiatement évoqué des coraux ! J’ai, moi aussi, aimé les vagues sur la rivière et les nuages. Sur la 2è, je me suis attardé sur les visages, si bien réalisés.<br /> Ne la connaissant pour ainsi dire pas, je trouve fascinante, de loin, l’immense civilisation chinoise, malgré le communisme au XXè et le capitalisme au XXIè.
Répondre
C
Merci Marguerite pour cette double découverte.<br /> Je suis très impressionnée , et un peu intriguée, par la représentation de cette fête des morts où ce qui prédomine, de façon peut-être paradoxale, est le fourmillement de vie, la profusion de détails, ce foisonnement dont tu donnes des chiffres étonnants<br /> Merci pour l'ouverture à la culture chinoise ancestrale, à cette civilisation que je connais si peu, pour la transmission par Zheng Chunhui, d'un témoignage historique de grand prix que son art de sculpteur reprend avec une fidélité remarquable.<br /> Du tableau du XIIème siècle je retiendrai surtout les personnages en costume, de tous âges (il y a même un petit enfant qui apprend à marcher!), soit en plein labeur,-porteurs de paniers avec leur palanche en bambou sur l'épaule, pousseurs de charrettes, marchands ambulants, conducteurs de buffles ou de chameaux, équipages de bateaux-, soit à l'intérieur des maisons au repos ou à table ...L'ensemble est extrêmement vivant, et je trouve que les arbres tors ajoutent au mouvement, à cette impression d'agitation et de tumulte.<br /> De la sculpture du XXIème, dans son majestueux bois de camphre, je retiens plutôt la prouesse technique pour rendre, dans le matériau fragile qu'est le bois, ce même mouvement des flots, des arbres, des nuages, des rues grouillantes de monde; la profusion de tout petits détails sculptés me semble vraiment remarquable.
Répondre
J
Merci, Marguerite. Tout d’abord, j’ai beaucoup apprécié découvrir une œuvre de la culture chinoise ancestrale avec ce rouleau du XIIe siècle. Je trouve toujours extraordinaire que des œuvres si anciennes (et il y a encore bien plus ancien !) soient parvenues jusqu’à nous. Il y aurait beaucoup à regarder, mais j’ai apprécié déjà remarquer la façon dont les arbres ont été peints, les animaux (ce qui serait peut-être une ânesse suivie de son ânon), tous les beaux bateaux avec leurs cordages, les hommes sur la berge tirant à l’aide d’une corde un bateau pour le faire avancer, etc. Je trouve honorable que l’artiste contemporain dont tu partages avec nous l’œuvre se soit inscrit dans les pas d’un des maîtres de son patrimoine sans dénaturer l’œuvre de ce dernier. <br /> J’ai aimé découvrir l’existence de l’arbre de camphre que je ne connaissais pas.<br /> Au sujet de la sculpture présentée, je trouve remarquable que tout ça ait été sculpté dans une seule et même pièce de bois. Sur la première photographie, je trouve très bien rendu l’effet du vent qui souffle au point de faire pencher le premier arbre. Sur la seconde, je remarque particulièrement les roues des chariots ainsi que les racines apparentes de l’arbre appuyé contre une bâtisse. Ce que j’ai préféré, ce sont les frondaisons des arbres (l’un ressemble même à du corail, je trouve).
Répondre
L
Merci Marguerite pour cet article très riche (il y aurait tant de choses à dire sur ces deux œuvres !!) Je remercie déjà pour la possibilité d’entrevoir un petit peu une culture que je ne connais pas du tout à travers ces œuvres. Ça m’intéresse par exemple d’y découvrir comment les bateaux étaient visiblement tractés sur la rivière, à bras d’hommes, tirant sur le mât et l’importance des cordages. Cela ne semble pas du tout facile de passer sous le pont ! Les architectures aussi sont intéressantes, comme la porte ou la grande maison toute décorée à deux étages. Il y aurait encore tant de choses à découvrir sur cet extraordinaire œuvre du XIIème siècle.<br /> J’ai aussi beaucoup aimé découvrir cet art traditionnel de la sculpture sur bois de Putian. Ce qui m’impressionne le plus, je pense, en regardant l’œuvre de Zheng Chunhui, c’est que toute cette sculpture soit taillée dans un seul tronc, sans pièce détachée, sans ajout extérieur, et donc que l’artiste devait avoir à l’esprit précisément l’intégralité des détails d’une scène avant d’en tailler les grandes lignes. Par exemple sur la première photographie, les cordages m’impressionnent, déjà parce qu’ils sont extrêmement fins et qu’il ne s’agissait pas que le bois casse, mais en plus ils sont sur un premier plan : il fallait garder la matière en suspension dans le vide et bien anticiper cela au moment d’esquisser les maisons à l’arrière ! Sur la deuxième photographie, là encore, penser que l’artiste à sculpter la charrette et les bœufs directement, dans le même tronc que le reste, me semble une prouesse !<br /> Je rends grâce avec toi pour ce double hommage de l’artiste. C’est très beau qu’il montre par là son attachement à sa culture et sa gratitude pour l’héritage artistique reçu des anciens.
Répondre
J
Merci pour cette belle découverte culturelle et ce petit voyage dans l’Art chinois. Dans l’œuvre de Zhang Zeduan (je n’aurais pas imaginé que ce style puisse dater du 12ème siècle !), j’ai aimé retrouver les arbres représentés de manière poétique grâce à l’encre, ainsi que les grands bateaux avec la longue rame arrière, sans oublier la pagode à la silhouette si particulière. <br /> J’ai trouvé remarquable cette vision dans l’espace du sculpteur Zheng Chunhu, que tu évoques d’ailleurs, avec cette réalisation à partir d’un seul tronc d’arbre, spécialement l’horizon sur plusieurs plans. Quand on pense à la facilité avec laquelle le bois peut se fendre ou casser, voir un tel sens du détail est impressionnant, car la difficulté est doublée par l’exigence de s’adapter aux « défauts » du bois, au sens du fil, etc. <br /> Mais ce que je retiens surtout, c’est le très bel esprit de disciple que tu relèves, avec ce souci du sculpteur de s’inscrire dans une lignée et d’honorer cet héritage. C’est un beau témoignage de véritable artiste, qui ne cherche pas tant à se démarquer qu’à imiter, avec son talent particulier.
Répondre
F
Merci, tout d’abord, pour la découverte de cette peinture de Zhang Zeduan, qui plonge dans la culture chinoise : je n’en connais presque rien, cela m’a donc beaucoup intéressé. Du point de vue de la technique, cela m’a vraiment impressionné : outre le souci du détail (les branches des arbres, les tuiles de toits, les petites scènes avec des gestes particuliers, les remous dans l’eau, les animaux…), j’ai été frappé par la maîtrise très avancée de la perspective (le pont du milieu a dû être très difficile à dessiner de manière réaliste !), alors qu’on est au 12ème siècle, technique qui n’est théorisée et appliquée en Occident qu’au 15ème siècle… Là encore, la civilisation chinoise montre qu’elle a été en avance dans bien des domaines. Il est évident que le peintre qui a réalisé cela est d’abord un observateur hors du commun. Par exemple, représenter les animaux vue de derrière ou de trois-quarts n’est possible qu’en dessinant avec un modèle devant les yeux. De plus, la taille démesurée de cette peinture couplée à la miniaturisation poussée des différentes scènes reflète sans doute quelque chose de l’esprit de cette culture, comme si l’on voulait avoir un regard à la fois très rapproché du réel et très reculé pour avoir une vue d’ensemble. J’imagine que c’est également un témoignage historique précieux sur les habitudes, l’architecture, les métiers, les jeux, le rapport aux animaux… de cette époque. <br /> Merci aussi pour la présentation de la sculpture sur bois, elle aussi très impressionnante, pour d’autres raisons, avec cette belle attitude de rendre hommage à un autre artiste.
Répondre