La France et la Vierge Marie (Claude Mellan et Philippe de Champaigne)

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Publié dans Dessin et peinture

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J
Merci à chacun pour ses commentaires. Merci particulièrement, Jean et Joseph, pour votre regard sur la compassion à travers le tableau et, plus largement, envers les figures de l’histoire. Merci, Jean, pour tes mots : « Dès lors, je ressens avec émotion l’extraordinaire délicatesse de Notre-Seigneur qui se fait si proche d’eux, avec compassion, par sa Sainte Enfance… ». <br /> Merci, Marguerite, pour ton commentaire sur le regard, pour avoir relevé dans l’acte de consécration la paix comme souci principal, et pour ce que tu écris : « Rendre grâce pour tous les vrais français, pour tous les priants, qui supplient encore aujourd’hui cette Bonne Mère de protéger notre patrie et ses pauvres habitants. »<br /> Merci, Frantz, pour ton interprétation relevée par Jean, au sujet de la présence du frère cadet du roi. <br /> Enfin, merci, Joseph, pour ce que tu écris : « Royaume qui vit encore dans le cœur des “Français justes, d’hier et d’aujourd’hui“ », et pour ceci auquel je m’associe complètement au sujet de l’oubli quasi général aujourd’hui : « (pour lequel j’aurais été malheureusement concerné sans le secours d’un vrai français rencontré) ».
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M
Merci Joseph pour ce que tu exprimes dans ton commentaire
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L
Merci Jean et Joseph pour ce que vous dites au sujet de la charge énorme reposant sur les épaules d’un si jeune enfant ! Et sur la compassion de l’Enfant-Jésus.<br /> Merci Frantz d’avoir relevé ce que pourrait être le désir de l’Enfant-Jésus sur la gravure : redresser le sceptre pour le tenir bien droit. Et merci Christine pour avoir souligné le contraste entre les tenues, la richesse et le faste d’une part, et la nudité de l’Enfant de l’autre.
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J
Avec toi, Joseph, je m’émerveille « avec confusion que la Vierge Marie soit la Protectrice spéciale du Royaume de France, qui vit encore dans le cœur des Français justes ». Je vois que ce que tu écris rejoint tout à fait mon commentaire, que ce soit sur la fraternité de Jésus ou la « compassion envers ces figures de notre Histoire, qui ont dû porter des responsabilités tellement écrasantes dès leur plus jeune âge ». Oui, « même si le bilan de certains de ces règnes humains peut sembler parfois bien éloigné de l’idéal si beau évoqué dans la consécration, au moins eux portaient cet idéal ! Contrairement à aujourd’hui… »<br /> De même, Marguerite, nos commentaires se rejoignent par ton observation juste sur le regard de la Vierge Marie et de l’Enfant-Jésus.<br /> Frantz, j’aime bien la façon dont tu interprètes la présence du frère cadet du roi.
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J
Relire cet extrait de la consécration est toujours à la fois un motif d’action de grâce et de douleur… <br /> Merci pour la présentation de ces deux œuvres. <br /> Esthétiquement, je préfère celle de Philippe de Champaigne, un de mes peintres favoris, mais la gravure de Claude Mellan me touche davantage. <br /> Je dirais que ce qui m’habite le plus en les contemplant est de penser à l’écrasant fardeau qui pesait sur ces petits d’homme dès leur plus jeune âge, leur arrachant leur enfance. Dès lors, je ressens avec émotion l’extraordinaire délicatesse de Notre-Seigneur qui se fait si proche d’eux, avec compassion, par sa Sainte Enfance… Cela va, je crois, dans le sens de ce que tu écris : « J’observe qu’ils sont davantage attentifs à lui qu’à ce qu’il leur tend. »
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C
Merci, Jeanne, pour ton article qui nous rappelle cette Consécration du Royaume de France à la Vierge Marie, selon le vœu fait par Louis XIII qui suppliait le Ciel de lui donner un fils et héritier, et qui fut exaucé puisque Anne d'Autriche fut enceinte après 22 ans de mariage.<br /> Nous savons que la Vierge Marie a si souvent sauvé la France de graves périls: pendant la guerre de Trente ans quelques années avant ce vœu; et je pense aussi à Pontmain, à l'Ile Bouchard...<br /> Ne pas faire preuve d'ingratitude, et être prompts à La prier pour la France, c'est l'invitation qui sous-tend ton article. Aujourd'hui où l'ennemi n'est peut-être pas, pour l'instant, extérieur, mais clairement intérieur et bien établi sur notre pays, cette exhortation me va droit au cœur.<br /> Dans la gravure de Mellan, je suis touchée par les bras des mères (la Vierge Marie et Anne d'Autriche), très symétriquement appliqués à soutenir et à guider leurs enfants respectifs, et par l'échange de regards des enfants (le petit Roi des cieux et le petit Roi de France); il en résulte une impression de très grande communion que servent aussi le trait sobre en noir et blanc et l'absence de couleur.<br /> Du tableau de Philippe de Champaigne, je retiens plutôt le contraste entre le faste de la royauté (la couronne sertie de pierres précieuses et la magnifique chape du petit Louis XIV, la tenue de son frère, le coussin brodé sur lequel il est agenouillé, et les délicates dentelles du vêtement d'Anne d'Autriche) et la nudité de L'Enfant Jésus; ce contraste souligne l'humilité et le dépouillement contenus dans la Consécration: la richesse, le faste, la puissance sont remis à Dieu.<br /> Enfin, je garde comme un modèle à imiter cette attitude du cœur qui consiste, plus qu'à demander pour recevoir de Dieu qui donne, à tout donner définitivement et inconditionnellement.<br /> Et, quand nous donnons, Jésus nous tend les bras comme sur la gravure et le tableau.
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J
Merci pour cette occasion de rendre grâce, avec confusion, pour la grâce insigne et si haute que la Vierge Marie soit la « Protectrice spéciale » du Royaume de France, Royaume qui vit encore dans le cœur des « Français justes, d’hier et d’aujourd’hui », comme tu l’écris, avec le désir d’en être. Ce qui me touche le plus est le texte de la consécration, non sans provoquer aussi une grande peine pour son oubli quasi général aujourd’hui (pour lequel j’aurais été malheureusement concerné sans le secours d’un vrai français rencontré). <br /> « … [qu’] il ne sorte point des voies de la grâce… » : cette supplique admirable, ce vrai souci d’un chef avec son peuple, qu’en sont-ils aujourd’hui ? Lire cela donne beaucoup à réfléchir, je trouve, de la manière dont s’est effondré l’esprit français, faute de désirer cette fidélité à Dieu. <br /> Quant à la gravure et au tableau, ce qui m’a le plus frappé est la représentation de l’Esprit Saint au sommet de la diagonale qui réunit tous les acteurs de la scène, comme en son rayon. <br /> J’ai également remarqué l’insistance sur le rôle maternel, d’un côté à travers Anne d’Autriche, et surtout à travers la seule Reine de France, et j’ai aimé ce que tu écris : « C’est comme si elle ‘‘passait le relais’’, pour que son enfant et roi reçoive, dans sa lourde charge, ce soutien maternel. »<br /> Et puis comment ne pas être touché, dans la naïveté de la gravure, par ce tout petit roi qui semble vouloir se débarrasser de cette couronne et de ce sceptre bien trop lourds pour lui, comme des fardeaux qu’il n’a pas choisis. Je suis touché par la présence de l'Enfant Jésus, si pauvre, et si bienveillant envers cette âme, qui était, avant toute autre ''dignité'' humaine, son petit frère !<br /> Quoi qu’on dise de Louis XIV, et d’autres rois – comme il est facile de juger a posteriori ! – les œuvres présentées provoquent une certaine compassion envers ces figures de notre grande Histoire, qui ont dû porter des responsabilités tellement écrasantes dès leur plus jeune âge. Et même si le bilan de certains de ces règnes humains peut sembler parfois bien éloigné de l’idéal si beau évoqué dans la consécration, au moins eux portaient cet idéal ! Contrairement à aujourd’hui… <br /> En tous les cas, tout cela provoque le désir de davantage se conformer soi-même, de son mieux, à devenir un véritable sujet de l’Enfant et de sa Mère, Souverain et Suzeraine d'humilité.
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M
Merci Jeanne, j’ai aimé contempler ces deux œuvres représentants le renouvellement de l’acte de consécration du Royaume de France à la Vierge Marie. Merci pour tout ce que tu soulignes et partages avec nous. Je voudrais tout d’abord rendre grâce pour cet acte de Louis XIII si important pour la France et rendre grâce pour Notre Dame de l’Assomption Patronne de notre pays et pour tout ce dont Elle nous a gardés et protégés. Rendre grâce pour tous les vrais français, pour tous les priants, qui supplient encore aujourd’hui cette Bonne Mère de protéger notre patrie et ses pauvres habitants.<br /> Que ce soit dans la gravure ou dans la peinture j’ai trouvé touchant le petit Philippe, frère du roi, à genoux les mains jointes, bien droit, très attentif à ce qui se passe et aussi à bien se tenir. On le sent très content d’être présent je trouve. Même si la ressemblance des deux œuvres est frappante, je préfère globalement le tableau de Philippe de Champaigne. L’attitude d’Anne d’Autriche que je trouve plus discrète, son regard tourné vers la Vierge Marie que j’aime imaginer admiratif, l’attitude de Louis XIV bien engagé dans son mouvement d’offrande à la Reine et à l’Enfant-Roi, et leur regard à tous deux tourné vers lui. Leur regard justement me semble empli de quelque chose, peut être de gravité ou de compassion, je ne sais quel est le bon mot, peut être comme s’ils savaient et voyaient tous deux le poids que cet enfant, roi de France, allait devoir porter par cette charge, et qu’ils savaient, eux, ce que cela pouvait aussi véritablement signifier. Alors en prenant cette couronne et ce sceptre des mains de cet enfant, peut être la Vierge Marie lui dit Elle par son regard qu’il faut qu’il s’appuie sur Elle et sur son Enfant. Je trouve très beau cette chape bleu et blanc ornée de fleur de lys que porte Louis XIV. Je suis amusée de voir le gros coussin sur lequel est agenouillé son frère, il a d’ailleurs lui aussi une bien belle tenue. Le tapis et tous ses petits motifs m’impressionne. <br /> Dans la gravure de Claude Mellan j’aime le geste similaire de la main gauche de la Mère et l’Enfant, l’Esprit Saint qui fond sur sa proie comme tu l’écris, et surtout l’extrait inscrit de cet acte de Louis XIII. Merci pour le passage que tu cites. Dans les quelques mots que j’arrive à deviner, il me semble, je suis frappée par la demande insistante de paix : « …qui le protège plus spécialement… », « …elle remette cet état en paix et le maintienne en la crainte de Dieu… », « …il porte un jour efficacement le titre aimable de Louis le pacifique… » « …et servions Dieu avec tranquillité. », dans le même sens je suis frappée par le nom de la Vierge Marie dans le titre de l’œuvre « Reine de paix ». Voilà quel était le souci principal à l’époque…
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F
Merci pour la présentation de ces deux œuvres qui se complètent. Ma première réaction en les regardant, c’est un étonnement reconnaissant face à ce lien si singulier que Dieu a voulu entre Lui-même et le Royaume de France, dont le roi est le représentant. Quand on pense à cette royauté si particulière, son caractère sacré (ce qui laisse en même temps au roi la liberté de correspondre personnellement à cette mission), c’est tout de même étonnant… Le parallèle qui est fait, aussi bien dans le tableau de Champaigne que dans la gravure de Mellan, entre l’Enfant Jésus et le jeune Louis XIV, l’un et l’autre, et l’un à l’autre présentés par leur mère respective, donne de quoi méditer ! Je trouve particulièrement admirable dans la gravure l’échange de regard entre les deux enfants, et le regard de l’Enfant Jésus très beau. C’est intéressant de voir, comme tu le soulignes, que dans un cas c’est Notre-Dame qui saisit la couronne (rappel qu’elle est la Reine de France), et dans l’autre son Fils qui tient le sceptre (et d’ailleurs je trouve qu’il ne semble pas vouloir le prendre complètement, mais seulement le tenir bien droit, ce qui est un beau symbole, je trouve). Le rôle manifestement très important de la régente Anne d’Autriche est frappant, dans les deux cas, et là encore, les nuances dans les deux attitudes sont intéressantes : dans la gravure, elle semble plus intime, maternelle, et dans le tableau elle s’efface davantage (il faut dire que son fils est plus âgé). La présence de la colombe de l’Esprit Saint m’a réjoui, particulièrement sur la gravure où Il fond avec hâte sur le petit roi. Je trouve belle, dans les deux cas, la présence du petit frère du roi : il n’est pas oublié, signe que le roi n’est pas seul, il a besoin, pour bien gouverner, de vivre cette fraternité avec son peuple que le Christ a vécue toute sa vie. <br /> Pour ce qui est des détails, j’ai comme toi apprécié ce rideau orangé, au drapé si bien réalisé.<br /> Enfin, merci pour l’extrait de l’acte de consécration : acte d’une si grande importance… On ne peut que déplorer que le Royaume soit sorti « des voies de la grâce », et espérer qu’il y entre de nouveau !
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L
Merci Jeanne pour la découverte de ces deux œuvres. Ce que je trouve déjà très beau est l’attitude d’Anne d’Autriche qui, résolument, entraîne son fils à confier le Royaume de France à Notre-Dame. C’est un acte si important qui montre à la fois l’humilité de la régente et sa crainte devant la charge immense confiée à son fils (et à elle-même). J’aime particulièrement sa représentation par Philippe de Champaigne. Vêtue de noir, bien droite, et légèrement retirée, elle est, par son attitude, sobre et élégante. Elle effleure son fils de la main, mais surtout le guide. Le manteau du jeune Louis XIV est de toute beauté ! Extrêmement bien peint je trouve avec les reflets lumineux sur les plis et une impression de volume très bien rendu. Merci pour ce que tu écris sur le drap car je n’y avais pas prêté attention, et je trouve en effet qu’il apporte finalement beaucoup.<br /> Sur la gravure de Claude Mellan, c’est l’attitude et la beauté de la Vierge Marie qui me touche le plus. Je trouve son visage, aux traits si fins, particulièrement doux et bon. Par son attitude, si humble, il semblerait, non pas qu’elle reçoive, mais qu’elle-même fasse un don… : Elle donne son Fils ! <br /> J’aime aussi, sur la gravure, la beauté des mains de la Vierge Marie et de son Enfant.<br /> Merci également pour l’extrait de l’acte de consécration. Ces mots en particulier, pourtant si beaux, font aujourd’hui de la peine quand on pense à l’état actuel de la France : « la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite » et « nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce ».
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