Le ''Livre de Kells''

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Publié dans Dessin et peinture

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F
Merci, Jean, pour ce que tu écris : "Que les enluminures restent au service de la Parole de Dieu (et certains détails m’interrogent sur ce point) et non que cette Parole soit utilisée comme un prétexte à une expression artistique, qu’elle soit de qualité ou non, voilà, il me semble, l’essentiel !"<br /> Cela m'a fait réfléchir. Je comprends que le Livre de Kells pose la question de l'intention : prétexte ou réel service? Impossible de savoir ce qu'il en était pour les moines qui l'ont réalisé, d'autant qu'ils étaient plusieurs, mais la question est posée à tous ceux qui veulent, ou pensent vouloir servir la Parole de Dieu par une pratique "artistique".
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M
Merci Jean pour ton commentaire qui je crois m'éclaire sur ce que j’ai perçu en voyant certains éléments de cette œuvre. Merci Joseph pour la citation de Benoît XVI.
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J
Merci, Jean, de souligner l'essentiel ! Merci, Joseph, pour la citation de Benoît XVI.
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L
Merci Jean pour ton commentaire, pour ce que tu exprimes sur le fait que la Parole de Dieu ne soit jamais « utilisée comme un prétexte à une expression artistique », et d’ajouter : « Voilà, il me semble, l’essentiel ! »
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J
Merci, Joseph, de rappeler cette citation d’une justesse absolue de Benoît XVI, et dont le sens si profond me confirme et m’entraîne : « Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions. »
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J
Même si je trouve évidemment cette œuvre intéressante et d’une immense valeur d’un point de vue culturel, et que je suis très favorablement impressionné par la durée du travail et le fait qu’il ait été réalisé à plusieurs, ce que je trouve suprêmement beau et admirable, c’est le texte des Béatitudes. Que les enluminures restent au service de la Parole de Dieu (et certains détails m’interrogent sur ce point) et non que cette Parole soit utilisée comme un prétexte à une expression artistique, qu’elle soit de qualité ou non, voilà, il me semble, l’essentiel !
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L
Merci Frantz pour la découverte de ce livre extraordinaire. D’abord, je suis impressionnée par son âge, par le fait qu’une œuvre de plus de 1200 ans parvienne jusqu’à nous ! Cela manifeste aussi la qualité des matériaux et du savoir faire de l’époque (quel contraste avec mon encre d’écolière qui devenait parfois presque illisible en quelques années…). Ce que je trouve extraordinaire est le temps qui fut nécessaire à la réalisation de ce manuscrit, la quantité de matériaux et le fait que cette œuvre soit collective (et d’auteurs anonymes !).<br /> Merci pour les explications concernant le chrisme. Les entrelacs m’impressionnent moi aussi, surtout en ayant à l’esprit que la loupe n’existait pas encore… En voyant le détail des ornements, en particulier la présence des animaux de part et d’autre du second X, je me demande ce que peuvent bien signifier ces souris ou rats (dont deux semblent bien vêtus et un autre en pleine activité de pêche). J’ai été intriguée aussi par ces deux hommes, une carte à la main, sur la gauche du grand X.<br /> Sur la deuxième page j’ai beaucoup aimé la présence du bleu : du trône, des quatre croix, mais surtout des angles, où je trouve que le marron et le doré sont originalement liés au bleu et le font ressortir. J’avais bien vu les pieds, en bas du cadre, mais sans comprendre… Je trouve très original cette représentation de Dieu ! (Comme tu nous demandes notre avis, il me semble que saint Jean tient une plume dans sa main).<br /> Sur la dernière page j’ai bien remarqué que l’artiste avait représenté, avec quelques variantes, deux motifs, répétés chacun quatre fois, mais là encore je suis très intriguée par la signification des ces deux représentations : le premier me fait penser à un homme avec une sorte de serpent dans son ventre qui se mange la queux, et l’autre à une sorte d’autruche avec des ailes sur le dos… Mais je trouve cela bien étrange. J’aimerais beaucoup comprendre ! (puisque cela a probablement un lien avec les Béatitudes). J’aime enfin la manière simple (presque enfantine) d’avoir coloré, et orné de points rouges, certaines lettres, et la présence des petites fleurs.
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M
Merci Frantz de me donner l’occasion de découvrir ce manuscrit, et pour les liens qui permettent d’observer de plus près. La première chose qui m’impressionne est le fait que nous ayons connaissance de ce livre datant de l’an 800 et qu’il y ait des pages en si bon état. C’est toujours un émerveillement de réaliser que nous avons des trésors comme cela qui ont traversé les siècles. Et c’est le cas en l’occurrence aussi pour ce qu’il contient, le plus grand des trésors, la Parole de Dieu même que nous avons la grâce d’avoir aujourd’hui plus de 2000 ans après.<br /> Pour la première page c’est le motif dans son ensemble que j’aime bien, et qui a sans aucun doute à lui tout seul demandé tant de temps avec tous les différents détails et signes.<br /> Concernant la deuxième page, je trouve joli ce bleu qui domine, ainsi que le jaune aux quatre angles. Merci pour ce que tu évoques sur l’origine des pigments qui rappelle que c’était là aussi tout un travail pour se les procurer. Je trouve amusant de voir les pieds, mains et tête de Jésus sur chaque côté de la page. Je me suis demandée si les deux ronds aux pieds évoquaient les plaies de Jésus seulement un des personnages sur la 3ème page en a également. Quant à ce que saint Jean tient dans la main droite, cela m’évoque plutôt la plume avec laquelle il aurait écrit, d’autant que la manière dont il la tient, avec les trois doigts, ressemble je trouve à la façon de tenir un crayon, mais ce serait une plume d’écriture bien longue…J’aime bien aussi son manteau et les quatre croix celtes. <br /> Concernant la 3ème page ce sont les couleurs des E de Beata que je retiens particulièrement, ainsi que la belle écriture de calligraphie. Je trouve par contre les personnages plutôt étranges.
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J
Merci pour cette nouvelle occasion d’admirer l’extraordinaire travail des moines copistes à qui nous devons tant. Ce que je trouve remarquable ici, à travers le sens du détail, la minutie, la recherche des couleurs, le travail communautaire de longue haleine, c’est le souci d’honorer la Parole de Dieu par l’amour des lettres, au sens noble du terme. <br /> <br /> J’ai repensé ainsi au magistral Discours aux Bernardins du Pape Benoît XVI en septembre 2008 à Paris :<br /> « Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et la tâche des moines consistait à la trouver et à la suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes. La recherche de Dieu requiert donc, intrinsèquement, une culture de la parole, ou, comme le disait Dom Jean Leclercq : eschatologie et grammaire sont dans le monachisme occidental indissociables l’une de l’autre (cf. L’amour des lettres et le désir de Dieu, p.14). Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la parole, son exploration dans toutes ses dimensions. Puisque dans la parole biblique Dieu est en chemin vers nous et nous vers Lui, ils devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans sa structure et dans ses usages. »<br /> <br /> C’est ainsi que je comprends le choix du développement de ces lettres, dans la volonté de « pénétrer le secret de la langue », en associant tout l’être corporel à l’effort de l’âme ; par la main, assimiler le Verbe. <br /> Je rends grâce pour l’œuvre primordiale de la transmission par l’écrit : « les paroles s’envolent, mais les écrits restent ». Grâce aux moines, la Parole demeure par l’écriture.
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J
Merci pour la découverte de cette œuvre. Ce que j’ai davantage apprécie c’est, sur le portrait de saint Jean, la superposition de pieds : j’ai pensé que c’était peut-être un symbole du disciple qui marche dans les pas de son Maître, Jésus. « trente ans de travail à plusieurs » : ce travail a du être un beau moyen pour avancer dans l’esprit communautaire, dans l’entraide, la persévérance et bien d’autres choses. Ce que je trouve très beau dans la vocation des moines copistes c'est que leur long et lent travail leur a fait "ruminer" la Parole de Dieu.
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C
Merci Frantz pour cette découverte du livre de Kells, avec la possibilité de grossissement pour mieux apprécier les détails de ces étonnantes et splendides enluminures.<br /> Je suis impressionnée par la mise en œuvre, les moyens déployés; tout semble extrême: les 185 veaux pour les pages en vélin, les pigments importés de pays lointains, la profusion de détails invisibles à l’œil nu, la somptuosité des entrelacs...On comprend que d'aucuns aient pu dire qu'il s'agissait là d'une œuvre d'ange et non pas d'homme.<br /> Je trouve par ailleurs beaucoup de fantaisie, un foisonnement d'éléments sinon drôles du moins énigmatiques, comme ces étranges personnages qui semblent enjamber ou escalader les B des Béatitudes, ou ce double des pieds et des mains de Saint Jean qui débordent du cadre, comme tu le soulignes. Il y aurait beaucoup à apprendre, à comprendre.<br /> Mon admiration va à ces moines copistes si minutieux, consacrés à cette œuvre immense de transmission des textes sacrés, ici de leur culture celte, très marquée encore dans le style des motifs,vers la culture latine . Le christianisme vit encore de leur travail sans doute austère mais passionné.
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