Les petits marchands de violettes

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C
Merci pour la profondeur de vos commentaires.
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M
Merci pour vos commentaires, Lucie ce que tu écris sur l’invisibilisation, Jeanne la mention de saint Vincent de Paul (si grand Apôtre de la Charité !), Joseph ce que tu écris sur la « terrible finale », et je rejoins moi aussi ce que tu écris sur « la beauté des deux petites mains, le nez et l’oreille ». Merci Jean pour la citation du saint Père et pour le lien dans ton commentaire avec ceux déjà cités.
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L
Merci Jean pour ton commentaire : "Le silence n’est pas non plus une solution… Reste la prière ; et la recherche de la mise en pratique concrète, là où nous sommes, de ces paroles récentes si profondes du Saint-Père François". Merci à toi et Marguerite de le citer.
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J
Merci beaucoup Jean pour ton commentaire qui m’aide à trouver la bonne attitude intérieure face à « ce drame inacceptable, ‘‘monstrueux’’ », révoltant : « Reste la prière ; et la recherche de la mise en pratique concrète, là où nous sommes, de ces paroles récentes si profondes du Saint-Père François… Le christianisme a toujours suscité des géants, connus ou inconnus, de la Charité ; il en produit et en produira jusqu’à la fin des temps : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous l’avez fait » (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, verset 40).<br /> Merci Lucie pour ce que tu soulignes du scandale de l’invisibilisation.
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J
Merci, Jean, pour la force de ton commentaire ! Comme Lucie : merci, Joseph, pour la finale de ton commentaire.
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J
Lisant vos commentaires, je constate que Lucie parle de l’invisibilisation, que Marguerite cite aussi le Saint-Père François, et que Jeanne mentionne saint Vincent de Paul… Je vois que, pour ta part, Joseph, tu rejoins ce que je dis sur la « ‘‘compassion’’ de quelques heures ». De mon côté, même si je n’avais pas le cœur à le commenter en tant que tel, je suis d’accord avec ce que tu écris quant au tableau : « Du point de vue artistique, j’ai trouvé vraiment saisissantes de beauté les deux petites mains, le nez et l’oreille, comme encore préservées par le malheur. J’ai trouvé très émouvant ce petit plateau, qui m’a fait penser au cadre d’une planche à pain : ici, plus de pain pour se nourrir, mais quelques fleurettes innocentes, qui contrastent, il me semble, avec le bois vermoulu du présentoir. Et il y a cette lourde porte désespérément close, qui en dit long… »
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J
Je trouve très difficile de commenter cet article ; la souffrance des enfants est un drame inacceptable, « monstrueux », qui me révolte contre le Mal et me fait souffrir (cette souffrance n’étant rien en regard de celle qui l’engendre). <br /> Cela inspirerait bien des réflexions : sur l’invisibilisation de ce drame, sur la commisération aussi vite oubliée qu’elle est née (terrible « jusqu’au soir »…) ou encore sur les sociétés dites évoluées (dans ton témoignage, l’état de la France…). Toutefois, de telles considérations apparaissent tellement dérisoires ; peut-être même, d’une certaine manière, indécentes. Comme tu l’écris : « Le mot ‘‘martyr’’ finit de dire l’inadmissible scandale de l’enfance misérable, bafouée, abandonnée. »<br /> Le silence n’est pas non plus une solution… Reste la prière ; et la recherche de la mise en pratique concrète, là où nous sommes, de ces paroles récentes si profondes du Saint-Père François (jamais Pape, sans doute, ne fut si préoccupé et proche des enfants) : « Là où un enfant ou une personne vulnérable est en sécurité, on sert et on honore le Christ. Continuez d’être des sentinelles qui veillent pendant que le monde dort. Que l’Esprit Saint, maître de la mémoire vive, nous préserve de la tentation d’archiver la douleur au lieu de la guérir » (24 mars 2025). Le christianisme a toujours suscité des géants, connus ou inconnus, de la Charité (cf l’article https://www.qja.fr/2023/10/la-priere-des-enfants-souffrant-de-la-teigne.html) ; il en produit et en produira jusqu’à la fin des temps : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous l’avez fait » (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, verset 40).
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L
Merci Joseph pour ce que tu exprimes sur la fin du poème. Il m’avait laissé assez mal à l’aise, mais je ne savais pas exprimer pourquoi (je ne me suis pas assez demandé pourquoi) et ce que tu exprimes correspond exactement à ce qui m’avait laissé un goût bizarre… Je trouve que le mot « mignonne » souligne aussi cette superficialité. Mais je fais surtout mienne ta phrase : « Puissent ces œuvres d’art m’aider à garder un peu de vrai tourment plus que « jusqu’au soir », sans me croire tiré à bon marché pour avoir « fait l’aumône » ! », parce que je me sais pas meilleure qu’eux…
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J
Merci pour la découverte de cet admirable tableau de Fernand Pelez, que je trouve remarquable dans son réalisme et dans ce qu’il cherche à transmettre. L’évocation de la souffrance des enfants à qui l’on vole leur enfance est évidemment très dure, mais elle est nécessaire, surtout pour ne pas s’y habituer, si jamais c’est possible. <br /> Malgré le drame de la scène, et les tragédies évoquées par rapport à tous ces petits qui souffrent tant, j’ai cru sentir une grande délicatesse dans la manière de peindre le petit garçon exténué au point de pouvoir « dormir » dans cette position si inconfortable. <br /> Du point de vue artistique, j’ai trouvées vraiment saisissantes de beauté les deux petites mains, le nez et l’oreille, comme encore préservées par le malheur. J’ai trouvé très émouvant ce petit plateau, qui m’a fait penser au cadre d’une planche à pain : ici, plus de pain pour se nourrir, mais quelques fleurettes innocentes, qui contrastent, il me semble, avec le bois vermoulu du présentoir.<br /> Et il y a cette lourde porte désespérément close, qui en dit long…<br /> Dans le poème, imaginer la « petite fille aux engelures » m’a particulièrement « touché ». Mais j’ai trouvé surtout terrible la finale de ce texte :<br /> « Mais la gaîté s’était envolée, et nos âmes<br /> Gardèrent jusqu’au soir un souvenir amer.<br /> Mignonne, nous ferons l’aumône cet hiver. »<br /> J’ai été interpellé par cette « compassion » de quelques heures… ce sentiment si superficiel au fond, même s’il apparaîtrait de prime abord meilleur que l’insensibilité. Puissent ces œuvres d’art m’aider à garder un peu de vrai tourment plus que « jusqu’au soir », sans me croire tiré à bon marché pour avoir « fait l’aumône » !
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M
Quel sujet grave et terrible. Des enfants abandonnés, exploités, violentés…, des enfants massacrés par les guerres... Je rends grâce pour ceux qui essaient, comme ils peuvent, de dénoncer et d’agir concrètement quant au sort de ces enfants, victimes des adultes… pour l’action de ce peintre naturaliste, dans ce tableau le visage est marquant je trouve, les joues creusés et la dent ébréchée… pour l’action de ce poète, François Coppée, qui a su voir la misère de cette enfant et qui n’a pas laissé son cœur de « privilégié » l’aveugler et le durcir… pour l’art, instrument « qui peut témoigner charité et espérance... ». Et je veux rendre grâce ici aussi pour le saint Père François qui ne cesse de se battre pour le sort des enfants, si souvent et avec tant de force, il dénonce, lance des appels, exhorte : « Dans les sociétés contemporaines, les abus et mauvais traitements envers les enfants sont nombreux. L’abus, quel qu’il soit, envers un enfant, est un acte abominable, un crime ! C’est une violation grave des commandements de Dieu. Aucun enfant ne devrait subir d’abus. Même un seul cas est déjà trop. Nous devons réveiller nos consciences, manifester une solidarité concrète envers les enfants abusés et bâtir des lieux sûrs où ils pourront grandir sereinement » (https://jean1314.over-blog.com/2020/05/carnets-de-rome.html. Intervention du 15 janvier 2025). Merci Christine de partager avec nous le combat qu’ont eu ces deux artistes, combat qu’il reste à mener, chacun à sa mesure et à sa place…
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L
Merci Christine pour ton article que je trouve très profondément bouleversant. Non pas qu’il me fasse découvrir une réalité jusqu’alors inconnue, mais parce qu’il est impossible (et surtout : pas souhaitable !) de s’habituer à cette réalité… Le réalisme de cette huile est impressionnant, et même, dans un premier mouvement, il m’a mise mal à l’aise : en particulier (mais je ne sais pas dire pourquoi), la position de la tête et la bouche ouverte du petit garçon. Comme une unique trace de douceur et de délicatesse dans ce tableau poignant, je trouve très beau le détail de la petite main droite de l’enfant, ayant lâché le bouquet et reposant au sol. <br /> Je ne savais pas que la mendicité avec été considéré comme un délit, ce que je trouve très choquant, mais je te remercie de me l’apprendre.<br /> En découvrant ton article, je me suis dit que la misère des enfants dans la rue de nos jours n’était peut être plus la même qu’au XIXème siècle. C’est peut-être tout à fait erroné, mais j’avais l’idée que les enfants vivants actuellement dans la rue n’étaient pas des petits livrés à eux-mêmes, abandonnés, à l’exemple de Gavroche (dans « les Misérables ») ou des deux enfants de ton article (mais plutôt entraînés dans la misère de leurs parents, ou, pour un si grand nombre, exploités…). Il m’a semblé que ces enfants-là, abandonnés au XIXème siècle, n’avaient, de nos jours, même plus le droit de vivre et qu’en les supprimant, certains avaient cru effacer cette misère. Le cri des enfants abandonnés était, à l’époque, perçant, comme on le voit encore dans le poème de François Coppée. La réalité ne pouvait être étouffée, on pouvait l’ignorer, détourner le regard, mais malgré tout elle touchait les âmes : elle était crue. De nos jours, le cri des enfants abandonnés qui n’ont même plus le droit à la vie, ne s’entend peut-être plus, c’est un cri sourd, mais il n’est pas moins réel… Ce « martyr » de Fernand Pelez m’en a rappelé d’autres…
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J
Merci, Christine, de partager avec nous la profondeur de l’expérience vécue. Aucun enfant ne devrait JAMAIS vivre cela. C’est une noble tâche pour un peintre de mettre son talent au service de la défense des pauvres. Merci pour le terme avec lequel tu définis le réalisme ici : « criant ». <br /> Le visage de cet enfant m’aurait probablement paru normal si ce garçon dormait dans un lit après une journée fatigante passée à jouer et à apprendre. Ici, rien de normal, au contraire.<br /> Merci pour ton regard attentif en remarquant les ongles sales, ou encore la cause de la tête rasée du garçon. J’ai trouvé très bien de la part du peintre d’avoir eu le souci du soin pour représenter le réalisme de la scène observée, et cela jusque dans le détail de la matière des vêtements dont est habillé le petit. J’ai été interpelée par le contraste entre la main droite qui me semble entièrement relâchée, presque comme une main morte, à l’inverse de la gauche crispée et agrippée sur le morceau de bois. <br /> Merci pour le poème de François Coppée. Je le trouve très fort. J’ai été frappée en lisant ce poème par l’expérience que vivent ces deux personnes : passer du plaisir et du confort à la rencontre avec une telle misère. Comme toi, je trouve frappants les contrastes relevés. C’est ce vers que je retiens tout particulièrement, terrible : « Et c’était monstrueux, cette enfant de sept ans Qui mourait de l’hiver en offrant le printemps. »<br /> Cet article me fait penser à ceux qui, comme saint Vincent de Paul, par exemple, se sont laissés toucher en voyant cette misère et ont recueillis ces petits.
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F
Merci pour la présentation de ces deux œuvres par lesquelles ces deux artistes ont voulu nous mettre en face de la misère et secouer l’indifférence qui menace si facilement nos cœurs (en tout cas le mien). Dans la toile de Pelez, me frappe beaucoup le contraste terrible entre la couleur printanière des violettes, touche de gaieté, avec la pâleur de l’enfant et la pauvreté de ses vêtements. Contraste parfaitement rendu dans le poème présenté par ce vers extrêmement saisissant : <br /> « Et c’était monstrueux, cette enfant de sept ans <br /> Qui mourait de l’hiver en offrant le printemps. »<br /> L’épuisement manifeste de ce garçon (la bouche ouverte et les cernes), ses pieds nus et sales, ses cheveux rasés, son corps affalé à même le sol et contre la pierre, sont durs à regarder. Et pourtant je remercie ce peintre qui nous oblige à ne pas détourner le regard, et qui nous interpelle, je crois, par cette porte devant laquelle l’enfant s’est blottie : cette porte, qui peut être la nôtre, restera-t-elle fermée ?<br /> Le réalisme de la peinture me laisse admiratif, et ce d’autant plus qu’elle est au service de la réalité : non, la pauvreté n’est pas une histoire qu’on exagère quand on la raconte.<br /> J’ignorais ce que tu rapportes sur le Code pénal de 1810 qui déclara que la mendicité était un délit… C’est terrible.<br /> Plusieurs éléments m’ont particulièrement interpellé et frappé dans le poème de François Copée, en particulier, avec le vers déjà relevé, cet autre :<br /> « En souriant avec ce sourire qui tousse »,<br /> ainsi que les contrastes que tu soulignes (« engelures » et « fourrures »), et ces autres oppositions choquantes : « ton cou rose » / « livide », et « bien emmitouflée » / « presque nue ».<br /> Me touche beaucoup les trois mots « donnait » (premier vers), « généreux » au centre du poème, et « l’aumône » au dernier vers : l’exemple de la Création qui donne (« Le soleil froid donnait un ton rose au grésil »), l’attente des pauvres (« Ils seront généreux »), et la réponse de ceux qui ont reçu (le « ton rose » du grésil auquel fait écho le « cou rose » de la femme) : « nous ferons l’aumône ». Réponse obligée… Et là encore me frappe l’association par la rime des mots « heureux » et « généreux » : oui, c’est indissociable. Comme pour dire : malheureux les égoïstes ! Ils seront malheureux !
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