''Triptyque des Offices'' (Andrea Mantegna)

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Publié dans Dessin et peinture

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M
Merci à chacun pour son commentaire. Jeanne d’avoir relevé le vase à gauche pour recueillir le Sang Très Précieux de Jésus. Joseph pour ce que tu écris sur l’attitude des deux petites colombes et le titre de saint Joseph que tu rappelles. Merci Christine pour ce que tu exprimes quant à mon interprétation, et du coup Jean également. J’avais plutôt à l’esprit que les deux rites, ici mélangés, étaient réalisés du coup au même moment, mais ceci n’est évidemment pas biblique… Merci pour le regard que tu as eu sur ces deux femmes qui seraient simplement à attendre leur tour pour la circoncision de leurs enfants.
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L
Merci Jean pour la correction apportée à mon commentaire ! Et merci à toi et Christine pour ce que vous dites sur le fait qu’il ne s’agit pas du mélange de deux scènes. Ce que tu écris, Christine, est tout à fait convainquant !
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J
Lucie : ce n’est pas « le sacrifice d’Isaac qui préfigure [l’]offrande de Jésus sur la Croix » (et pour cause, il n’a pas lieu, c’est d’ailleurs pour cela que, comme l’écrit Marguerite, on préfère dire « le sacrifice d’Abraham »), mais celui du bélier (Gn 22, 13) !<br /> Merci Joseph pour ton regard : « les deux petites colombes ne sont pas enfermées dans une cage, mais ont l’air bien en sécurité dans le panier de saint Joseph, avec nulle envie de s’envoler manifestement, mais plutôt avec l’intention de demeurer auprès du ‘‘Gardien de la Création’’, qui m’a semblé être ici représenté comme rempli du saint étonnement devant le mystère qui s’accomplit. »
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J
Bravo à Christine qui m’ôte les mots de la plume ! Nonobstant cela, merci, Marguerite, pour le partage de ce tableau ; je rejoins en particulier ta contemplation de ce mystère bouleversant : « Il s’accroche des deux mains à sa Mère, semblant vouloir puiser en Elle la force nécessaire, comme il le fera une trentaine d’années plus tard au Golgotha dans l’offrande de sa vie sur la Croix pour le Salut des hommes… »<br /> J’ai aimé le lien entre la Première et la Nouvelle Alliance, symbolisé par les deux scènes vétérotestamentaires et la colonne, et j’ai beaucoup apprécié le petit servant à l’attitude si digne pour son jeune âge.
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C
Merci Marguerite pour ce tableau de la circoncision de Jésus, scène que nous avons peu coutume de voir représentée (c'était la première fois pour moi !) et qui est relatée de façon tellement concise par Saint Luc qu'elle peut passer inaperçue.<br /> J'ai particulièrement aimé la "pédagogie" du décor des tympans qui nous permet de resituer ce rite dans l'histoire de l'Ancienne Alliance: le Sacrifice et la Loi y sont au centre, comme ils seront, dans une nouveauté totale, au centre de la Nouvelle Alliance. J'aime en ce sens la grande colonne qui descend au centre du tableau et sur la tête du prêtre, soulignant cette continuité entre l'Ancien Testament et le Nouveau. <br /> Comme vous le soulignez tous, il est très émouvant de penser que les toutes premières gouttes du Sang précieux de Jésus ont été versées à cet instant...<br /> La circoncision totale et définitive aura lieu sur la Croix.<br /> Ton interprétation de deux scènes en une m'a intéressée, mais je n'arrive pas à y adhérer. Je ne peux imaginer le vieillard Syméon accueillant Jésus pour la circoncision, puis l'accueillant à nouveau trois semaines plus tard comme Celui qu'il attendait depuis longtemps...Je n'arrive pas non plus à reconnaître la prophétesse Anne. Je vois des femmes qui emmènent leurs enfants pour la circoncision en attendant leur tour, un linge sur le bras: les visages sont graves, un peu tendus; l'enfant vêtu de rouge semble rempli d'appréhension (son âge n'est pas très réaliste, mais Jésus lui-même n'a pas l'apparence d'un bébé de 8 jours !). Ce qui est magnifique c'est la façon dont Jésus s'accroche au vêtement de Marie...Comment ne pas penser, effectivement, à une préfiguration déjà douloureuse, de la Passion?<br /> Quant aux petites colombes apportées par Saint Joseph, ne sont-elles pas simplement l'offrande habituelle pour ce rite comme pour d'autres rites juifs?
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J
Merci pour la découverte de cette œuvre d’Andrea Mantegna, avec sa symbolique très riche. Je méconnaissais complètement il y a quelques années l’épisode de la circoncision de Jésus, mais grâce à une personne, j’ai été introduit à ce grand mystère que je trouve bouleversant : la première effusion du Précieux Sang de Notre-Seigneur, qui sauve les hommes, lien si profond entre la Crèche et la Croix. En ce sens, c’est surtout l’échange entre le Divin Nourrisson et sa Mère que j’ai trouvé remarquablement évocateur, et particulièrement cette main serrant le manteau de Notre-Dame. Quand on songe à tout ce que cela peut représenter, je trouve que cela laisse sans mots, et je n’ai pas grand-chose à dire, sinon que je me suis demandé, avec crainte, si l’on pouvait établir un lien avec la prière de Jésus à son Père lors de l’Agonie au Jardin des Oliviers (cf. évangile selon saint Luc, chapitre 22, verset 42). <br /> J’ai trouvé belle l’évocation du passage à la Nouvelle Alliance par le Sang de Jésus, avec les scènes bibliques représentées dans les tympans. <br /> Enfin, j’ai aimé voir un détail qui m’a touché : les deux petites colombes ne sont pas enfermées dans une cage, mais ont l’air bien en sécurité dans le panier de saint Joseph, avec nulle envie de s’envoler manifestement, mais plutôt avec l’intention de demeurer auprès du « Gardien de la Création », qui m’a semblé être ici représenté comme rempli du saint étonnement devant le mystère qui s’accomplit.
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L
Merci Marguerite de partager avec nous cette œuvre d’Andrea Mantegna et tous les éléments que tu apportes, en particulier ces deux points qui t’ont frappée. Ce que je trouve d’abord intriguant, c’est le choix de l’artiste de représenter la scène sur une petite moitié de la surface du tableau, et de donner ainsi une grande part au décor. J’ai aimé, du coup, regarder les deux scènes du haut. Il m’a semblé pouvoir faire un lien entre le sacrifice d’Isaac (qui préfigure d’offrande de Jésus sur la Croix, mais où le sang de l’enfant ne coule finalement pas) et la circoncision de Jésus (où, comme tu le dis si bien à la fin de ton article, le Très Précieux Sang de Jésus, qui va sauver l’humanité, coule pour la première fois). Je n’ai cependant pas compris le lien avec la seconde scène et j’ai été étonnée par les cornes sur la tête de Moïse.<br /> Comme toi, j’ai trouvé vraiment très beau : bienveillant et serein, le visage de saint Syméon. Les rides au coin des yeux donnent l’impression qu’il sourit d’attendrissement. Son aspect voûté, comme saint Joseph, m’intrigue moi aussi (et également l’attitude de l’enfant vêtu de rouge, le doigt dans la bouche et un anneau cassé dans la main).<br /> Merci enfin, pour ce que tu écris au sujet du lien entre la Vierge Marie et l’Enfant-Jésus, et sur la manière dont Il se cramponne à elle à deux mains.
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F
Merci pour la présentation que tu fais de cette œuvre, qui m’a permis de l’apprécier. Je retiens particulièrement ce que tu soulignes sur le fait que la circoncision était « une affaire de famille », et ce que tu déduis de la volonté de l’artiste de présenter saint Syméon comme un familier, un intime de l’Enfant Jésus, de la Sainte Vierge et de saint Joseph. Comme c’est fort ! Ensuite, bien sûr, l’échange de regard si particulier entre l’Enfant et sa Mère : communion dans l’acceptation généreuse de la souffrance rédemptrice. À cet égard, je trouve très beau ce que tu écris : « Celle qui vient d’entendre “Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive” est en pleine communion avec son Fils s’apprêtant à verser la première effusion de son Sang Très Précieux. Il s’accroche des deux mains à sa Mère, semblant vouloir puiser en Elle la force nécessaire, comme il le fera une trentaine d’années plus tard au Golgotha dans l’offrande de sa vie sur la Croix pour le Salut des hommes… » Je retiens enfin cet enfant serviteur, dont on ne voit pas le visage, et qui tient tous les ustensiles nécessaires au rite : bien droit, à son poste, sans attirer sur lui l’attention, sans rien dire, et attentif aux paroles et aux gestes de saint Syméon, il me rappelle l’attitude du véritable service.<br /> Comme toi, je suis intrigué par cet enfant à droite, me demande qui il est et ce que sa présence veut nous dire. Et j’ai également été étonné par la posture voûtée de saint Joseph et saint Syméon, je ne sais qu’en penser… <br /> D’un point de vue technique, j’ai particulièrement apprécié les drapés des différents vêtements, remarquablement réalisés.
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J
Merci pour la découverte de ce tableau. Tout d’abord, m’a intéressée le décor dans son ensemble : la représentation des deux scènes bibliques liées à celle qui se déroule en-dessous, l’ange dont les ailes donnent un mouvement gracieux, les différents tons des dalles qui font renvoient aux décorations murales. <br /> Je ne sais pas si ton interprétation est bonne, mais j’ai trouvé beau de penser à saint Syméon comme étant « de la famille de Jésus ». J’ai aimé la présence du doré sur le devant des vêtements de la Sainte Vierge. Cela forme une jolie « cascade » de lumière qui descend des plis des drapés et, alors qu’elle porte dans ses bras Jésus qui est la Lumière, j’ai trouvé que la présence de la lumière était une belle manière de les unir. J’ai aimé les deux petites colombes, bien sages, dans le panier de saint Joseph, ou encore le servant qui semble rivé sur la main de saint Syméon. Merci pour ton commentaire sur l’échange entre la Sainte Vierge et l’Enfant-Jésus. J’ai aimé la présence du vase que ce soit dans les décorations et surtout à gauche, parce que ça me rappelle le mystère que l’on m’avait enseigné et à laquelle je n’avais jamais pensé de moi-même, qu’à la circoncision de Jésus coulent les premières gouttes de son Sang très Précieux. Il fallait quelqu’un pour les recueillir.
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