La rédemption de Croc-Blanc

Publié le

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Merci Jeanne pour cette phrase: "Je remercie les maîtres bons qui accueillent et révèlent le meilleur du chien et du trésor que cet être a à offrir aux autres… !"
Répondre
J
Ayant récemment perdu mon premier compagnon canin sous sa forme charnelle, on comprendra aisément qu’il m’est douloureux de lire cet article, et que je ne souhaite pas le commenter. Toutefois, je voulais dire que je rends grâce pour la sensibilité si délicate et spirituelle de Jack London envers les chiens, qui, je l’espère, lui aura été comptée au moment de son si dramatique passage vers l’au-delà. Paix à son âme.
Répondre
C
Merci, Frantz, pour ces très belles pages d'un très grand roman dont je n'avais pas , je crois, saisi toute la profondeur spirituelle.<br /> Merci pour cette leçon de transformation par la bonté et le respect: j'écris ce commentaire en le fête de Saint Jean Bosco, et ne peux m'empêcher de faire le lien avec l'éducateur que fut ce grand saint auprès des enfants et des jeunes de Turin livrés à eux-mêmes et habitués à des rapports de haine. Toute œuvre éducative auprès d'un être ne consiste-t-elle pas à transmettre cette "joie, née du grand amour qui [fleurit] en lui"?<br /> J'ai été très touchée par l'étonnante expression "donner vie à la vie" , et la suite du texte m'a tellement évoqué l'action de L'Esprit-Saint qui " lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé, assouplit ce qui raide, réchauffe ce qui est froid, rend droit ce qui est faussé" (chant du Veni Sancte Spiritus) , que j'ai pensé que cela pourrait définir l'action de l'Esprit-Saint: "donner vie à la vie". "Weedon Scott était son sculpteur. Il avait su retrouver la plasticité de son argile et donner forme aux qualités enfouies dans sa nature profonde. L‟une de ces potentialités était l‟amour." Quelle leçon d'espérance pour l'homme qui, comme Croc-Blanc peut retrouver "la plasticité de son argile" s'il se remet entre les mains de son Sculpteur!<br /> Les dernières lignes du deuxième extrait sont bouleversantes, qui expriment que le plus haut degré de l'amour est d'accepter d'être vulnérable; c'est le chemin du Christ, notre Rédempteur. Merci, Frantz, de nous montrer le sentiment chrétien très profond qui habite le cœur et la plume de Jack London, malgré toutes ses réticences à croire et une forme de désespérance.<br /> Ces extraits et ce partage m'aident à comprendre et à faire mienne cette"dette d'amour": "Weedon Scott s‟était fixé pour tâche la rédemption de Croc-Blanc – ou plutôt la rédemption de l‟humanité pour les fautes<br /> commises envers lui. C‟était une question de principe et de conscience. Il estimait que l‟homme avait une dette envers Croc-Blanc et qu‟il fallait la payer". Ce que tu en dis, Frantz, m'interpelle:" la dimension de réparation, est admirable et profondément réjouissante,car cette possibilité n’est pas une fiction : elle est réellement possible et attendue de nous !" <br /> Quelle magnifique exhortation nous donne ce roman!
Répondre
J
Je rends profondément grâce à tous les véritables amis des chiens, pour la magnifique leçon reçue de compréhension profonde de ces êtres admirables. Je rends grâce à ces véritables artisans de réconciliation, dont je me dis qu'ils doivent particulièrement réjouir le Père du Ciel Créateur, qui a voulu ces relations si profondes entre ses créatures, blessées par le mal dans le cœur de l'homme. <br /> Les dernières lignes du second extrait sont difficiles à commenter. Le lien avec l’acte filial de Jésus envers son Père va très loin… Cela provoque crainte et remise en cause dans la manière d’appréhender l’expression d’amour de ces êtres, lorsqu’il est rendu possible avec un authentique maître qui les comprend.<br /> Ce passage prouve bien, il me semble, la grande profondeur de cœur de Jack London, et donne à méditer : cet acte de docilité à contre-instinct vital est une telle manifestation de confiance ! Confiance du chien admirable, possible grâce à l’admirable maître qui mérite cette confiance…<br /> J’ai aussi trouvé très profonde la vision du passage du consentement à l’amour, qui s’étend aux relations humaines et à la relation avec Dieu : « Le consentement avait été remplacé par l’amour. Et l’amour opérait comme une sonde, révélant des profondeurs que le simple consentement n’avait jamais pu atteindre. »<br /> Je trouve magnifique et admirable ce sens de la responsabilité et de la fraternité, dans leur sens le plus profond, de ces hommes qui suppléent à tant d’indifférence, pire, de cruauté, envers les animaux : <br /> « Weedon Scott s’était fixé pour tâche la rédemption de Croc-Blanc – ou plutôt la rédemption de l’humanité pour les fautes commises envers lui. C’était une question de principe et de conscience. Il estimait que l’homme avait une dette envers Croc-Blanc et qu’il fallait la payer. Il décida donc d’être particulièrement bon pour le ‘‘Loup d’attaque’’. »<br /> Cet exemple, avec d’autres, dont j’ai la grâce d’être témoin, m’appellent à désirer suivre l’exemple de hauteur et profondeur de relation, dans la crainte et le respect du mystère de l’autre, cet autre bien sous-estimé et méconnu qu’est le chien, et l’animal en général. <br /> Une phrase m’a cependant questionné, que je relève avec la retenue qui s’impose, et dans l’attente d’un éclairage : « Il lui fallait nier toute son expérience acquise » : peut-être y a-t-il ici quelque chose de maladroit ou de mal ajusté dans l’expression ? Ou alors, plus profondément, de mal compris ? La véritable confiance est-elle construite sur une négation du mal subi ou alors un acte de victoire qui dépasse le mal sans l’oublier ?
Répondre
J
C’est l’occasion de remercier à nouveau pour ce roman à travers lequel j’ai reçu le goût de la lecture grâce à la personne qui me l’a conseillé. Dans le premier extrait, j’ai trouvé beau le lien que l’auteur fait entre le maître, l’artiste (qui sculpte) et le médecin (« l’amour opérait comme une sonde »). Cette histoire fait penser au Bon Samaritain qu’est Jésus ainsi qu’à ceux qui se mettent dans ses traces en prenant soin des êtres fragiles. Quant au deuxième extrait, le texte parle de lui-même… Je remercie le Bon Dieu qui a créé le chien ! Je remercie les maîtres bons qui accueillent et révèlent le meilleur du chien et du trésor que cet être a à offrir aux autres… ! Je remercie le chien qui sait accueillir et rester à la meilleure place : toujours au pied du maître… !
Répondre
M
Frantz je te remercie de me redonner à lire ces extraits de Croc-Blanc qui est une lecture qui m’avait été offerte et que j’avais beaucoup aimée. Ces deux passages sont vraiment très beaux et le second est si touchant. C’est le premier qui m’a le plus intéressé en ayant ce mot : Espérance. C’est un très bel hymne à l’Espérance, et je suis frappée par tout le chemin difficile qui est à vivre, à la fois de la part de Croc Blanc mais aussi et peut être surtout de la part de Weedon Scott : « trésor de patience et de compréhension ». Je suis touchée, frappée, par cet homme qui est tout de même celui qui permet cette résurrection, qui la suscite. Et Croc-Blanc le sait. Cet échange, ces efforts, cette intimité, ce chemin, cette Amitié plus profonde que tout ce que l’on peut percevoir en étant extérieur à cette relation est extraordinaire et un véritable témoignage du Ciel. Je suis frappée par la nécessité pour Croc-Blanc de devoir vivre jusqu’à « la négation même de l’existence qu’il avait menée jusqu’alors ». Tout cela me donne aussi de l’action de grâce pour celles et ceux, et en premier lieu les personnes consacrées à Dieu et qui Le servent, qui eux-mêmes à leur mesure (et toute relation, histoire, est unique évidemment) donnent leur vie pour secourir d’autres personnes et les conduire eux-mêmes au chemin de rédemption et de Salut qu’offre Dieu à tout homme. C’est pour cette Espérance que rien n’est jamais définitivement perdu et pour tous ceux qui en sont les acteurs que je veux rendre grâce à travers ce que tu partages avec nous !
Répondre
L
Merci Frantz de partager avec nous ces deux extraits. Comme toi, la lecture de ce roman m’avait beaucoup touchée. Jack London à une manière extraordinaire de nous plonger dans la vie intérieure du chien !<br /> Dans le premier passage, je trouve très intéressante la double nécessité de la patience et de la compréhension du maître et de l’implication du chien dans cette révolution : « Il lui fallait nier toute son expérience acquise pour discipliner ses instincts et donner enfin vie à la vie. » « Il devait refaire tout le chemin à contresens. Or, il n’avait plus la malléabilité de la jeunesse ; ses fibres étaient rudes et noueuses, son argile dure comme le diamant, sèche comme le granit, et son caractère rigide comme l’acier » (ici je salue aussi la beauté de l’écriture et de la traduction !)<br /> L’image du sculpteur est très belle. Ce que je trouve le plus fort est, moi aussi, cette vision du maître, et donc de l’auteur, de la dette humaine envers Croc-Blanc et du devoir de réparation.<br /> Le second passage est très touchant. C’est comme assister à l’éclosion d’une nouvelle potentialité pour un être vivant. On voit très bien ici le lien avec la seconde naissance, qui petit à petit, lui permet de découvrir vraiment ce qu’est « être le chien d’un bon maître » : « Sa joie, née du grand amour qui fleurissait en lui, était si forte qu’elle finit par trouver un moyen d’expression. Il lança tout à coup sa tête en avant pour la nicher entre le bras et le corps de son maître. »<br /> Le lien que Jack London explique entre le geste et le fait de se placer « délibérément dans une position vulnérable » est très beau. Toute la fin, en ce sens, me touche beaucoup.<br /> Ce roman est une très belle image de la rédemption que l’homme peut lui-même vivre avec Dieu et les autres, mais ce que je retiens surtout c’est la responsabilité que les hommes ont envers la création !
Répondre