''La Nuit Sainte'' (Fritz Von Uhde)

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Publié dans Dessin et peinture

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J
Merci Jeanne pour ta remarque sur le geste de la Sainte Vierge comme pour se réchauffer, et sur le sabot. Merci Jean d’avoir appliqué à saint Joseph ce très beau verset.
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J
Merci, Jean, pour ce que tu as écrit au sujet des attitudes émouvantes de saint Joseph et de la très Sainte Vierge Marie. Merci surtout, pour avoir parlé de cette séquence de l’apparition de Notre-Dame de Pontmain : cela m’a réjouit !
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J
La proposition de faire découvrir le message de Pontmain sur place est toujours d'actualité! Mais tu m'avais dit que tu connaissais déjà.
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C
Pourrais-tu préciser, Jean, ce qu'est la 3e séquence de l'apparition de Pontmain? Merci.
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J
Merci, Jeanne, pour ce que tu écris de juste et beau :<br /> « J’ai de la reconnaissance pour la possibilité de contempler cette scène alors qu’elle est intime et silencieuse, grâce à l’art pictural. <br /> J’ai aimé la présence discrète du sabot. Il me rappelle le beau geste de se déchausser dans la crainte devant le mystère de Dieu. <br /> La façon dont les mains de la Sainte Vierge sont tenues me fait penser au geste de se chauffer près d’un feu (qui serait ici l’Enfant-Jésus). »<br /> <br /> Quant à la musique du sourire, cela me fait penser, en ce 17 janvier où je commente, à la 3e séquence de l’apparition de Pontmain…
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J
Je rejoins tout à fait, Marguerite, ce que tu exprimes là :<br /> « Cette pièce vétuste est très peu attirante et cela dégage je trouve de la dureté, on ne retrouve pas ici l’ambiance tout de même chaleureuse que l’on peut voir régulièrement, je crois, dans les représentations habituelles de la crèche, et cela rejoint alors peut-être ce que tu évoques : le Golgotha, le pied de la Croix, la déposition de Jésus entre les bras de Marie, la Piéta. Saint Joseph lui-même, dans le noir, fixant le sol, paraît inquiet. Malgré tout, la Vierge semble tout de même paisible, confiante, en posant son regard sur l’Enfant, lui le Prince de la Paix. »
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J
Je ne pense pas, Lucie, que les bergers soient déjà présents, si on s’en tient à la cohérence du décor… néanmoins, ton observation sur la lanterne au sol est intéressante ; aussi, je me suis demandé si on ne pouvait pas supposer que ces vieux bergers, essoufflés, font une pause dans leur marche vers la crèche…
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J
Merci, Christine, pour la découverte de ce tableau. Outre ce que tu exprimes sur la « Piéta de Noël, souverainement belle, qui ‘‘sourit tout bas’’ », j’ai bien aimé la métaphore du brun pour la terre où germe la Graine, ainsi que le parallèle antithétique que tu établis entre les anges (que je trouve amusants dans leur absorbante application) et les bergers (que je trouve touchants dans leur religieux respect).<br /> Émouvantes sont l’attitude de la Sainte Vierge, qui, semble-t-il, n’ose bouger de crainte de réveiller son Enfant ; et la présence, toujours, de l’indéfectible Protecteur du Rédempteur et de sa Mère… qui ne se « repose » pas, non ! « Il ne dort ni ne sommeille, le Gardien d’Israël » (Psaume 120, verset 4).
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J
Merci pour la découverte de cette très belle œuvre de Fritz Von Uhde, qui sert particulièrement bien, il me semble, l’esprit de sobriété et de simplicité de la Crèche. C’est particulièrement la présence de la couleur brune qui m’a touché en ce sens, couleur monastique, qui immerge notamment saint Joseph, dont j’ai beaucoup aimé la présence, très symbolique : il se tient dans le passage, à la fois au bas de l’escalier, et près de la porte, comme un passeur, selon les vers si beaux de Léo Pastór :<br /> « Vous voici, sentinelle, à l’orée de la Crèche… » <br /> (Saint Joseph, le premier chevalier du Christ, http://www.qja.fr/2021/10/saint-joseph-le-premier-chevalier-du-christ.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail)<br /> <br /> J’ai été très touché par la position de l’Enfant Jésus, à la lumière de cet extrait d’un enseignement du Pape François, ce 1er janvier 2025 : « [Les bergers] trouvent un petit sans défense, fragile, qui a besoin des soins de sa mère, besoin de langes et de lait, de caresses et d’amour. Saint Louis-Marie de Montfort dit que la Sagesse divine « n’a pas voulu, quoi qu’elle pût le faire, se donner directement aux hommes ; mais par la Très Sainte Vierge Marie. Elle n’a pas voulu venir au monde à l’âge d’un homme parfait, indépendant d’autrui, mais comme un pauvre et petit enfant, dépendant des soins et de l’entretien de sa sainte Mère » (Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n. 139).<br /> <br /> Merci aussi particulièrement pour ta propre et très belle expression : « …l’ample vêtement sur lequel repose Jésus emmailloté, petite graine enfouie au sein de la terre et qui lève, Germe sorti de la Maison de David… »<br /> <br /> Les petits anges m’ont vraiment amusé et attendri, à la fois dans leur sage concentration, comme des écoliers appliqués à lire leur partition (particulièrement celui en bas, avec aussi ceux de l’arrière-plan), mais encore dans leur ferveur, comme nos deux compères passionnés assis sur le plancher.<br /> <br /> Enfin, j’ai aimé ces deux bergers qui marchent nu-tête, malgré le froid, déjà dans l’humble déférence, particulièrement ce vieillard à la canne, qui semble ouvrir la voie aux plus jeunes, en cette marche « à la brune », auprès du Tout-Petit et de sa Mère.
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J
Merci, Christine, pour ce beau partage. <br /> J’ai aimé les bergers qui marchent dans la nuit, surtout par le choix du peintre de représenter un ancien qui s’apprête à rencontrer un nourrisson. J’ai bien apprécié la scène avec saint Joseph et l’entrée ouverte de l’étable, car il me semble qu’elle prolonge la scène des bergers (avec leur chien !). Peut-être que si saint Joseph se tient ainsi à proximité de l’entrée, tourné vers elle c’est afin d’être prêt à accueillir ces bergers qui ne vont pas tarder à arriver à la Crèche… <br /> J’ai aimé contempler cette adoration de la Vierge devant Jésus. J’ai de la reconnaissance pour la possibilité de pouvoir contempler cette scène alors qu’elle est intime et silencieuse, grâce à l’art pictural. Celle-ci m’invite à rester moi-même silencieuse pour ne surtout pas déranger l’adoration de la Vierge et le sommeil de l’Enfant. J’ai aimé la présence discrète du sabot. Il me rappelle le beau geste selon ce qu’une personne m’a enseigné, de se déchausser dans la crainte devant le mystère de Dieu. Merci pour ce que tu as écrit au sujet de la dominance de brun avec ceci « de l’ample vêtement sur lequel repose Jésus emmailloté, petite graine enfouie au sein de la terre et qui lève ». J’aime la présence étendue de la robe de la Sainte Vierge. J’aime également le tissu que la lumière de la lampe rend doré, qui recouvre légèrement l’Enfant Jésus. J’ai beaucoup aimé la lampe tempête et la lumière qu’elle produit me suggère un feu dont les flammes semblent bien animées. Les mains de la Sainte Vierge m’ont attirée, car la façon dont elles sont tenues me fait penser au geste de se chauffer près d’un feu (Feu qui serait ici l’Enfant Jésus puisqu’il est le Cœur brûlant d’Amour). <br /> Merci pour ce que tu partages avec nous de ta contemplation soutenue par les si beaux mots de Marie-Noël : “il me vient au cœur qu’il s’agit bien ici de la première déposition de Jésus entre les bras de Marie, comme l’on parle de la dernière au soir du Vendredi-Saint… Piéta de Noël, souverainement belle, qui « sourit tout bas »“. Je connais le fait de parler tout bas, mais sourire tout bas je ne connaissais pas et je trouve cela très beau ! Je me dis alors qu’il est possible, peut-être, qu’un sourire, celui de la Vierge, fasse une musique, ou peut-être plutôt une berceuse pour ne pas réveiller le Petit qui dort.
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M
Merci Christine pour le partage avec nous de ce tableau de Fritz von Uhde que je ne connais pas. Je trouve beau ce que tu écris sur le brun « de l’ample vêtement sur lequel repose Jésus emmailloté, petite graine enfouie au sein de la terre et qui lève », et intéressant de représenter la Vierge Marie isolée dans ce Face à face avec l’Enfant-Jésus. Je suis amusée par les anges, ils ne me donnent pas l’impression d’être déjà en train de chanter le Gloria, mais je les vois plutôt dans une attitude d’attente. Non pas la bouche grande ouverte et bien droit sur leurs jambes pour donner toute leur voix, mais assis, certains scrutant leur partition une dernière fois pour avoir bien tout à l’esprit, et d’autres la tête levée peut-être perdus dans leurs pensées, celles de considérer l’honneur qu’ils vont avoir. Je les imagine à ce moment-là tous bien silencieux, balançant leurs jambes, attendant Le moment…<br /> Les deux hommes dans la neige sont touchants je trouve, on ne distingue pas très bien mais ils ont l’air d’être bien pauvrement vêtu, l’un d’eux, le plus âgé s’appuyant sur un bâton paraît bien fatigué et cela évoque un chemin bien difficile pour aller voir l’Enfant-Roi nouveau né. Quant au panneau central je suis frappée par la manière dont la pauvreté du lieu est manifestée : les toiles d’araignées, ce qui me paraît être dérangé à gauche de la pièce sous l’escalier, les couleurs très froides hormis cette lanterne qui brille et éclaire la Vierge Marie. Cette pièce vétuste est très peu attirante et cela dégage je trouve de la dureté, on ne retrouve pas ici l’ambiance tout de même chaleureuse que l’on peut voir régulièrement je crois dans les représentations habituelles de la crèche, et cela rejoins alors peut-être ce que tu évoques : le Golgotha, le pied de la Croix, la déposition de Jésus entre les bras de Marie, la Piéta. Saint Joseph lui-même, dans le noir, fixant le sol, paraît inquiet. Malgré tout la Vierge semble tout de même paisible, confiante, en posant son regard sur l’Enfant, lui le Prince de la Paix.
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L
Merci pour la découverte de cette œuvre de Fritz von Uhde. Ce qui m’a tout de suite frappée (et beaucoup plu !) c’est la construction même du triptyque, qui, nous révèle, en un regard, deux visions de la scène qui ne s’opposent pas mais se complètent : La Vierge Marie adore l’Enfant-Jésus, dans un profond silence intérieur (comme si rien d’autre n’existait), et en même temps elle accueille déjà les bergers et la joie des anges. La lanterne des bergers et la source de la lumière irradiant, d’en bas, le visage des anges, me renvoient immédiatement à la lanterne de la Vierge ; et je me dis que l’artiste n’a pas représenté trois scènes, mais une seule. Les bergers (dont la lanterne est d’ailleurs posée au sol) et les anges ne sont-ils pas déjà-là à adorer le Nouveau-Né ? Je trouve très beau que, dans le Cœur de la Vierge Marie, ces deux réalités n’en font qu’une, dans une simple et profonde unité. Son ouverture à l’autre ne l’éloigne pas de l’adoration silence et le silence intérieur ne la coupe pas non plus des autres. Au contraire, l’inverse se produit : L’adoration la conduit à une profonde disponibilité, à Dieu et aux autres !<br /> Merci beaucoup Christine pour ce que tu écris sur le vêtement brun de la Vierge Marie : « ample vêtement sur lequel repose Jésus emmailloté, petite graine enfouie au sein de la terre et qui lève ». J’aime beaucoup ce regard que tu portes sur l’Enfant-Jésus comme une graine cachée et enfouie. Merci aussi pour l’évocation de la « première déposition de Jésus ». C’est une réalité très belle : à la fois grave et belle. Et enfin, merci de m’avoir montré l’humble et discrète présence de saint Joseph !
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F
Merci Christine pour la découverte de ce triptyque représentant la Nativité. J’ai particulièrement aimé ce choix de présenter trois scènes qui semblent correspondre à trois lieux bien distincts, et en même temps l’unité évidente par l’attitude des différents personnages tournés vers le centre. C’est pourquoi je n’ai pas eu, pour ma part, le sentiment que la Vierge Marie était dans un face à face solitaire avec son Enfant : même quand les bergers sont encore en route, même quand les anges ne sont visibles qu’au regard intérieur, même quand saint Joseph se repose quelques instants sur une marche d’escalier, elle ne cesse d’être la Mère qui présente à tous le Fils de Dieu, né pour venir à la rencontre de tous ! En ce sens, je n’adhère pas à ce que tu suggères sur la construction du triptyque qui « permet d’isoler la Vierge Marie du reste du monde » : c’était peut-être l’intention de l’artiste, mais je trouve que cela ne ressemble pas à la Sainte Vierge… Mais il se peut bien sûr que je me trompe : je ne prétends pas être dans ses sentiments !<br /> En revanche, je trouve très beau le lien que tu fais entre la Nativité et la déposition de Jésus entre les bras de Marie, au pied de la Croix, avec cette expression très forte : « Piéta de Noël ».<br /> J’ai aimé goûter, grâce à tes mots, l’alliance de la lumière chaleureuse et des tons bruns : cela m’évoque la joie et la pauvreté, et je me suis dit que ce choix de couleurs mises ensemble voulait peut-être faire entrer dans ce mystère de l’Incarnation par lequel Dieu trouve sa joie à se dépouiller pour que les misérables que nous sommes n’aient pas peur d’accourir vers Lui avec la simplicité à laquelle nous convient les anges.<br /> J’ai trouvé très évocateur cette sorte de couloir derrière la Mère adorante, avec tout au fond cette lueur blanche aux rayons bleutés : peut-être l’évocation du Ciel, d’où vient le Fils éternel qui s’incarne, et où Il veut nous faire entrer à sa suite…
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