''Messe de minuit dans les carrières de Confrécourt le 24 décembre 1914'' (Louis Tinayre)

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J
Merci à chacun pour ses commentaires. Merci spécialement, Jean, pour ceci et d'élargir ainsi mon regard : "Dans cette mine qui rappelle évidemment la grotte de Bethléem, le lien indissoluble entre la Crèche et la Croix se manifeste, et je pense avec émotion et gravité à tous nos frères et sœurs qui ont dû vivre ce Noël cachés, ou même privés de tout réconfort eucharistique, à cause de la violence de leurs semblables déchaînée." <br /> Merci, Frantz et Joseph, pour avoir remarqué le bas de pantalon du prêtre et, Frantz, pour ce que tu as écrit que Jean relève.
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F
Merci à chacun pour son commentaire, en particulier ce que tu écris, Joseph, sur la carrière, « lieu fait pour bâtir, contre la volonté de destruction par la guerre », et Jean sur le fait que « Dans cette mine qui rappelle évidemment la grotte de Bethléem, le lien indissoluble entre la Crèche et la Croix se manifeste ». Merci pour les commentaires sur les vers de Marie-Noël, qui m’ont aidé à mieux les recevoir, en particulier ce que tu écris, Jean : « je pense avec émotion et gravité à tous nos frères et sœurs qui ont dû vivre ce Noël cachés, ou même privés de tout réconfort eucharistique, à cause de la violence de leurs semblables déchaînée : “Dans tes mains qui font à chaque seconde le mal d’aujourd’hui”.
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J
Merci, Marguerite, d’avoir mis en relief l’homme au visage illuminé. <br /> Et merci, Frantz, pour ce que tu écris là de très beau :<br /> « Ils sont tous là : ceux à la foi profonde, ceux qui se font un devoir d’honorer ce qui est sacré, mais aussi ceux qui jusqu’alors ne fréquentaient pas ou très peu ni l’Église ni les sacrements… Plus ou moins proches de Dieu, plus ou moins fervents, ils sont là, respectueux les uns des autres, respectueux de Dieu. Chacun à un degré différent, dans une attitude différente, mais tous, respectueux. Même ceux qui, les bras croisés, feignent d’être indifférents à ce Dieu caché dans une simple hostie, mais n’en sont pas moins là, parmi les autres, et n’en sont pas moins silencieux, sans railleries, le cœur peut-être plein de secrètes prières qu’ils n’ont pas encore l’humilité de manifester publiquement… C’est en tout cas ce que je pense en les voyant. Comme j’aime à penser que les hommes pieux agenouillés pour recevoir la Sainte Communion entraînent dans leur mouvement tous les autres, invisiblement : c’est peut-être aussi à la place des autres qu’ils mettent le genou en terre, non pour remplacer leur prière, mais pour suppléer à ce qui manque, pour le moment, dans le cœur de leurs frères, et qui viendra certainement, en son temps, grâce à leur exemple de piété. Un détail a attiré mon attention : sous son aube blanche, le prêtre qui officie porte le même pantalon rouge et les mêmes souliers noirs que les autres. C’est l’un d’entre eux. L’homme qui est là, revêtu de la lumière de Dieu, est pris parmi les autres, et voilà que les hommes, à travers lui, adressent à Dieu leurs prières ; et Dieu, à travers lui, se donne en nourriture aux hommes… Mystérieuse médiation qui est celle de Jésus, à la fois vrai Dieu et vrai Homme. Médiation de Celui qui, sur la Croix, étend les bras pour joindre Dieu – DEUS – et les hommes – PATRIA. »
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J
Merci, Jeanne, pour la présentation de ce très beau tableau à tous les sens du terme. Comme toi, je trouve très touchant le contraste entre la force et la virilité que peuvent symboliser ces soldats (à l’époque où les militaires n’étaient pas des mercenaires comme aujourd’hui) et leur attitude faite d’humilité, d’esprit d’enfance. Comme toi également, ce que je préfère est l’autel, avec les halos des cierges, le crucifix resplendissant, les fleurs… Dans cette mine qui rappelle évidemment la grotte de Bethléem, le lien indissoluble entre la Crèche et la Croix se manifeste, et je pense avec émotion et gravité à tous nos frères et sœurs qui ont dû vivre ce Noël cachés, ou même privés de tout réconfort eucharistique, à cause de la violence de leurs semblables déchaînée : « Dans tes mains qui font à chaque seconde le mal d’aujourd’hui ». Merci, justement, pour l’extrait de Marie-Noël dont j’admire comme toujours, la remarquable musicalité et profondeur.
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L
Merci Joseph pour ta phrase soulignant « le choix de placer la scène dans une carrière, lieu fait pour bâtir, contre la volonté de destruction par la guerre. »<br /> Merci également à toi et Frantz d’avoir fait attention aux vêtements du prêtre (cachés sous ses vêtements liturgiques) qui nous rappellent qu’il est « homme parmi les hommes ».
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M
Merci Jeanne pour le partage avec nous de ce tableau sur la messe de minuit de ces soldats. Ce qui me frappe beaucoup dans ce tableau est la lumière, cette lumière qui émane de l’autel et du crucifix et qui se reflète sur tous et sur les parois. Cet autel est particulièrement beau et décoré avec tellement de soin, on y trouve toute la dévotion et la révérence de ceux qui s’en sont occupé et cela porte les soldats à la prière. Les bougies avec leur scintillement sont tellement réussies je trouve, c’est très joli. Je trouve très évocateur ces grandes lettres qui forment les mots DEUS et PATRIA tout près de la Croix et de Jésus, je trouve que cela invite les soldats à bien considérer que même s’ils se battent avec courage et honneur pour la France (et je rends grâce pour tous ces hommes qui ont donné leur vie pour défendre notre pays et ses habitants !) le premier et grand combat qu’ils ont à mener est celui pour leur seul véritable patrie, le Ciel, et que le plus important est bien de fixer Celui qui a combattu et vaincu pour nous, et qui nous offre l’accès à cette Patrie qu’il est venu aussi nous révéler. Et c’est bien ce qu’il commence justement en cette Nuit de son Incarnation, pour eux, pour nous, nous montrer le Chemin. Merci pour ce que tu écris de « la blancheur du vêtement liturgique et de la nappe de l’autel » qui te rappelle l’Hostie qu’on ne voit pas. J’aime l’attitude de ces hommes, fiers, qui se tiennent à genoux pour recevoir Celui qui bien qu’infiniment plus Grand qu’eux se fait plus petit encore, et celle de ceux qui parmi les soldats se sont découverts. Je crois que celui qui me frappe le plus est celui à gauche, au fond de la scène qui se tient semble t’il derrière les bougies et dont on ne voit que le visage. Les yeux et les bouche grands ouverts il paraît complètement saisi par ce qu’il regarde qui me semble être le prêtre donnant la communion au soldat. J’y vois son émerveillement. Il y aussi celui dont tu parles qui regarde l’autel, le tout premier soldat à gauche au premier plan. Celui qui nous regarde et qui se tient debout à gauche du prêtre. Celui au tout premier plan à droite, la tête baissée, qui m’évoque une profonde prière et préparation à recevoir Jésus dans la Sainte Hostie. Pour les deux soldats que tu évoques, les bras croisés, je n’ai pas eu la même impression que toi, mais je les ai vu eux-mêmes très présents à ce qui se passe particulièrement celui qui a les yeux grands ouverts. <br /> Merci aussi pour ce magnifique extrait du poème de Marie-Noël qui évoque si simplement (au bon sens du terme) des réalités tellement bouleversantes !
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J
Merci pour la découverte de ce peintre et de ce tableau, dont j’ai aimé le climat d’intériorité, dans un certain esprit de pauvreté et de dignité, qui me semble être accordé au véritable esprit de la Nativité de Jésus. <br /> Je n’ai pas réussi à bien comprendre l’arrière-plan, notamment en apercevant comme des arbres, ce qui m’a intrigué, sous terre, mais j’ai trouvé suggestif le choix de placer la scène dans une carrière, lieu fait pour bâtir, contre la volonté de destruction par la guerre. <br /> J’ai aimé voir ce groupe de soldats (qui semblent particulièrement jeunes ?), orientés dans la même direction, à genoux, poignée d’âmes prêtes à recevoir l’Enfant-Dieu dans la Communion, malgré les conditions très difficiles, mais dans la grâce de la trêve de Noël. Je me suis demandé si l’expression de l’homme à la gauche du célébrant n’était pas comme une forme de fierté envers ses hommes disposés à l’accueil du Sauveur ?<br /> J’ai cru distinguer, sous l’aube du prêtre, le bas de son pantalon rouge d’aumônier militaire, qui signifie bien, il me semble (même si ce n’est qu’un petit symbole et pas l’essentiel), quelque chose de la vocation sacerdotale : à la fois à part, consacré (avec les vêtements du service liturgique), mais aussi homme parmi les hommes, figure, d’une certaine manière, de l’ « Emmanuel », « Dieu-avec-nous », chargé d’élever les autres à Dieu en étant avec eux. <br /> J’ai beaucoup aimé l’attitude de l’homme à notre droite qui m’a rappelé le publicain de l’Évangile.<br /> Merci pour cette occasion de retrouver les vers du poème si profond de Marie Noël, qui inspirent crainte, gravité et stupeur devant la vulnérabilité choisie, souveraine, de Dieu, qui se met à portée de l’homme, dans sa bassesse, mais non à sa bassesse.
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F
Merci pour la beauté de cette scène admirablement retransmise par Louis Tinayre.<br /> Je suis saisi par la lumière du petit autel brillant dans cette carrière comme, je trouve, un phare s’obstine à jeter sa lumière sur l’obscurité de la mer agitée dans la nuit. Me touchent particulièrement les flammes des cierges qui opposent à la violence de la guerre leur petit mais joyeux éclat d’espérance et de paix. Comme sont beaux ces hommes dressés, qui sur ses genoux, qui sur ses pieds, en un même élan de piété. Et je ne sais pas si c’est déplacé, mais cela m’évoque deux haies d’honneur encadrant un roi adoubant chevaliers ses meilleurs hommes.<br /> Ils sont tous là : ceux à la foi profonde, ceux qui se font un devoir d’honorer ce qui est sacré, mais aussi ceux qui jusqu’alors ne fréquentaient pas ou très peu ni l’Église ni les sacrements… Plus ou moins proches de Dieu, plus ou moins fervents, ils sont là, respectueux les uns des autres, respectueux de Dieu. Chacun à un degré différent, dans une attitude différente, mais tous, respectueux. Même ceux qui, les bras croisés, feignent d’être indifférents à ce Dieu caché dans une simple hostie, mais n’en sont pas moins là, parmi les autres, et n’en sont pas moins silencieux, sans railleries, le cœur peut-être plein de secrètes prières qu’ils n’ont pas encore l’humilité de manifester publiquement… C’est en tout cas ce que je pense en les voyant. Comme j’aime à penser que les hommes pieux agenouillés pour recevoir la Sainte Communion entraînent dans leur mouvement tous les autres, invisiblement : c’est peut-être aussi à la place des autres qu’ils mettent le genou en terre, non pour remplacer leur prière, mais pour suppléer à ce qui manque, pour le moment, dans le cœur de leurs frères, et qui viendra certainement, en son temps, grâce à leur exemple de piété.<br /> Un détail a attiré mon attention : sous son aube blanche, le prêtre qui officie porte le même pantalon rouge et les mêmes souliers noirs que les autres. C’est l’un d’entre eux. L’homme qui est là, revêtu de la lumière de Dieu, est pris parmi les autres, et voilà que les hommes, à travers lui, adressent à Dieu leurs prières ; et Dieu, à travers lui, se donne en nourriture aux hommes… Mystérieuse médiation qui est celle de Jésus, à la fois vrai Dieu et vrai Homme. Médiation de Celui qui, sur la Croix, étend les bras pour joindre Dieu – DEUS – et les hommes – PATRIA. <br /> J’imagine que ce soir-là, ces hommes ont dû vivre le mystère de la Nativité (naissance de l’Emmanuel, « Dieu parmi nous ») de manière nouvelle et bien différente des Noëls passées…<br /> Et je pense à tous ceux qui, en ces temps troublés, ont vécu Noël dans une ambiance de guerre, peut-être cachés sous terre, privés de leurs proches, de leur communauté… Elle est pour eux aussi, pour eux surtout, peut-être, cette lumière de la naissance du Prince de la Paix !
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L
Merci Jeanne pour la découverte de ces deux œuvres de Louis Tinayre et de Marie-Noël.<br /> Ce que je trouve vraiment très beau dans la représentation de cette scène de la Messe de minuit, c’est la lumière de la « niche », qui s’étend d’ailleurs de part et d’autre, et la blancheur de l’autel et du vêtement liturgique. Le contraste avec l’obscurité ambiante est saisissant ! Comme toi, cela m’évoque la présence de l’Hostie, et aussi, en cette Messe de Noël, celle de l’Enfant-Jésus dans ses langes (bien qu’il n’y ait pas de crèche visible ici).<br /> Merci pour ce que tu relèves au sujet des fleurs auxquelles je n’aurais pas fait attention. J’ai imaginé aussi qu’il y avait un certain nombre de sapins, derrière chacun des deux rangs de soldats, mais ce sont peut être des ombres ou autre chose…<br /> Je trouve très fort ces deux mots au dessus du crucifix. Ils s’élèvent comme symbole de paix, pour rappeler, en ce temps de guerre, que la patrie de Dieu (que tout un chacun doit désirer et chercher) est la même pour tous, français ou allemands.<br /> Merci pour l’extrait du poème de Marie-Noël que tu partages avec nous. Je trouve très beau le mouvement de ce dialogue entre Dieu et l’homme : comme une sorte de « surenchère » de Dieu dans l’amour. Cependant, il y a deux vers que je ne comprends pas (est-ce que quelqu’un accepterait de me les expliquer ?) : « Dans Tes mains d’où tombe – ô mains trop profondes ! / Le mal de la nuit » et « Au hasard de l’humaine table ».
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C
Merci, Jeanne, pour cette messe de minuit de temps de guerre où le temps semble suspendu: trêve de paix au cœur de jours de violence.<br /> Ce n'est ni la joie, ni l'espérance qui transparaissent ici, mais plutôt la gravité d'hommes loin des leurs et des Noëls emplis d'enfance claire. IL n'y a aucun décor de Noël (au fond, comme sapins de Noël, ne voit-on pas des porte-bouteilles?), aucune crèche : seule la table du festin de l'Eucharistie est dressée, et ses bougies allumées. La carrière serait donc elle-même la crèche, l'humble grotte de Bethléem? et la blanche Hostie Dieu lui-même venu en notre chair,l'Enfant qui se donne à nous?<br /> Nous sommes comme devant un raccourci saisissant et bouleversant du mystère de Noël. Et ce tableau permet de prier pour tous ceux qui, en ce Noël 2024, connaissent les tragédies des guerres. Que ne leur manque pas, au moins, l'Eucharistie, ce cadeau divin !<br /> Merci pour les vers de Marie Noël qui ajoutent encore à la gravité du tableau.<br /> Ses vers:<br /> "Dans tes mains je suis, pâle et sans défense,<br /> Ce morceau de pain".<br /> nous dévoilent eux aussi le lien profond entre Noël et L'Eucharistie; dans la crèche comme à la messe, Dieu se donne à nous si vulnérable.
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