Séraphine de Senlis

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Publié dans Dessin et peinture

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L
Merci Joseph d’avoir posé cette question, et Jean pour ce que tu partages avec nous sur les conséquences de cette célébrité non choisie… <br /> Merci aussi Jean d’avoir fait le lien entre son prénom et ce qu’elle a tant aimé peindre, et pour l’expression de ta prière.
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C
Merci pour cette prière, Jean.
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M
Merci Jean de partager avec nous le fruit de tes recherches, et de souligner le lien des tableaux avec son prénom.
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J
Merci Jean pour ta prière à la fin de ton commentaire, emplie de saint respect. Merci aussi d’avoir remarqué la manière dont Séraphine de Senlis « se laisse illuminer » sur la photographie, ainsi que le lien profond de son nom avec ses tableaux.
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J
Merci, Jean, pour ce que tu as su remarquer de beau : "Je ne trouve pas étonnant qu’elle ait tant aimé peindre le Paradis : ne se nomme-t-elle pas comme les esprits célestes du premier chœur ?". Merci aussi pour ta dernière phrase...
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J
Merci pour cette découverte. M’émeuvent la fragilité de cette femme ; son visage qui se laisse illuminer, sur la photographie.<br /> Concernant les tableaux que tu nous présentes, je retiens les « pierres précieuses » du premier et les « yeux » du second, dans de belles couleurs. <br /> Je ne trouve pas étonnant qu’elle ait tant aimé peindre le Paradis : ne se nomme-t-elle pas comme les esprits célestes du premier chœur ?<br /> Pour répondre à la question judicieusement presque oratoire de Joseph : après quelques recherches, il semblerait qu’elle soit devenue « folle » précisément à cause de cette célébrité non choisie, qui lui a causé une grande culpabilité. <br /> Comme, hélas, tant et tant d’autres…<br /> <br /> Qu’elle repose en paix à l’ombre de l’Arbre de vie.
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J
Merci pour cet article sur Séraphine de Senlis.<br /> Merci d’abord pour ta très belle expression sur sa jeunesse au couvent de la Charité de la Providence « où s’imprimèrent en elle les couleurs quotidiennes de la piété », et qui resta pour elle, semble-t-il, une très bonne influence. Malgré l’odieux irrespect à la fin de sa vie terrestre, ce qui m’a le plus touché est la simplicité de l’existence de cette femme, qui n’eut sans doute jamais la prétention d’être reconnue artiste. La mention des couleurs est sans doute ce qui me frappe le plus dans les anecdotes rapportées et les deux tableaux présentés, dont l’ardeur des couleurs, qui évoquent le feu, suggèrent, il me semble, une âme vive. Je retiens également son artisanat très personnel des pigments, fruit de son observation attentive, avec l’aide des autres humbles créatures de la terre, dans le désir gratuit de célébration. En ce sens, ce qui m’a le plus touché est ceci : « elle peignait la nuit à la chandelle, après ses dures journées de labeur, à genoux devant ses « toiles » à même le sol, chantant des cantiques, la fenêtre ouverte. » <br /> Aussi suis-je partagé entre le fait de reconnaître la belle ouverture de cœur de Wilhelm Uhde, et sa bonne volonté évidente, lui qui ne méprisa pas sa femme de ménage ; mais en même temps, je me suis demandé si le destin de Séraphine de Senlis n’était pas voué à la gratuité cachée, à composer ses humbles toiles « en chantant des cantiques », et que cette notoriété n’avait pas forcément été providentielle, troublant peut-être sa simplicité ?
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F
Merci pour la découverte de la vie de Séraphine de Senlis : plus que les œuvres que tu partages, ce que je retiens est son commencement comme peintre sans prétention, « à plus de 40 ans », tout en continuant son quotidien de travail humble et de prière (comme est beau l’attachement à la maison de prière qu’est la cathédrale !). De même, ses petits commencements avec de la peinture « pour portes et fenêtres » est, je trouve, très parlant : cela redit bien que, même si tout bon ouvrier a besoin d’outils adaptés, ce n’est pas la qualité de ces derniers qui font le bon ouvrier ! Dans le même sens, j’ai beaucoup aimé lire ceci : « elle peignait la nuit à la chandelle, après ses dures journées de labeur, à genoux devant ses “toiles” à même le sol, chantant des cantiques, la fenêtre ouverte ». Son parcours de vie est interpellant : tu ne nous en rapportes que quelques éléments, mais on devine beaucoup de difficultés et de misères humaines… Ce que je trouve beau, c’est son attachement à la Parole de Dieu, puisqu’elle y puise les sujets des œuvres que tu partages. On devine, avec ces deux tableaux, que l’Arbre de vie l’attirait, et qu’elle y contemplait une fécondité qui dépasse l’imagination (avec ces fruits « difficiles à identifier », car peut-être ne correspondant pas à des fruits terrestres ?). Je trouve que ces arbres – même si pour ma part je ne parviens pas à les trouver beaux – évoquent quelque chose d’organique : il y a plus qu’un symbole végétal, c’est comme une créature nouvelle qui se meut en elle-même, un peu comme un animal, et c’est peut-être cela, avec le choix des couleurs très contrastées et mêlant les contraires (des couleurs à mes yeux dérangeantes dans la seconde toile), qui m’effraie un peu. Je reconnais que me plaît davantage le tableau dont on voit une partie sur la photographie de Séraphine : sans doute moins symbolique, mais plus proche du réel. C’est d’ailleurs une question à laquelle je ne réponds pas (je serais intéressé d’avoir votre avis), mais qui me vient en découvrant les toiles que tu as choisies : s’écarter du réel « terrestre » pour évoquer les réalités célestes est-il un bon choix ? Je comprends l’idée de conduire les regards vers l’au-delà, mais n’y a-t-il pas un risque de manquer à l’harmonie de la chose représentée ? Ma question concerne surtout le deuxième tableau, le premier évoquant plus facilement, il me semble, un arbre.
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M
Merci Christine de me permettre de découvrir un peu l’histoire de cette femme et de partager avec nous deux de ses tableaux. Dans ce que tu rapportes voici ce qui me frappe plus particulièrement :<br /> « Elle n’eut pour ses premiers tableaux que de la peinture Ripolin pour portes et fenêtres, achetée en droguerie avec ses économies », « elle peignait la nuit à la chandelle, après ses dures journées de labeur, à genoux devant ses « toiles » à même le sol… », « Séraphine mourut à 78 ans, au fond d’un hôpital psychiatrique, et son corps fut jeté dans la fosse commune du cimetière de Clermont-de-l’Oise. ». Ces « sombres » détails évoquent une certaine difficulté, du labeur, de la solitude, de l’oubli, de l’échec… Et puis il y a ceux si, plus lumineux : « d’abord, pendant longtemps, au couvent de la Charité de la Providence à Clermont-de-l’Oise, où s’imprimèrent en elle les couleurs quotidiennes de la piété, où elle ouvrit son âme à une joie secrète ; plus tard, à Senlis, où elle allait prier chaque jour, à la cathédrale, dans l’éblouissement de la grande rosace... » « …chantant des cantiques, la fenêtre ouverte. », « Le cœur sanctifié d’une servante ». Et alors je m’émerveille de ce que cette femme semble donner un beau témoignage de vie lumineuse, joyeuse, profondément paisible, en Dieu, par la foi, au milieu même de difficultés. En témoigne ces tableaux remplis de couleurs, de foisonnement, de mouvement… Je crois que je rejoins alors cette dernière phrase que tu écris : « Je m’émerveille de voir de cette vie obscure jaillir tant de lumière ; elle ne peut s’expliquer que par l’inhabitation d’une âme inspirée, ouverte à la grâce... ».<br /> Dans le premier tableau j’aime beaucoup le tronc de l’arbre qui me fait penser au buisson ardent de Moïse (livre de l’Exode chapitre 3 verset 2), et le sol qui semble en être embrasé, ainsi que les fleurs, tout est flamme et feu dans cet arbre. Je trouve aussi joli le ciel et ce qui s’y trouve même si je ne sais pas bien ce que cela peut représenter. Dans le second ce sont tous ces petits « mouchetages perlés » que je retiens particulièrement, ainsi que le fait d’apercevoir, mais c’est peut être mon imagination, comme des oiseaux présents. Je trouve intéressant aussi ce fleuve aux gouttes d’eau et ses couleurs.
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J
Merci, Christine, de partager avec nous ce qui te plaît dans les tableaux de Séraphine de Senlis et de nous présenter sa vie. Je relève la “bonne influence“ qu’elle reçue au couvent « où s’imprimèrent en elle les couleurs quotidiennes de la piété ». J’ai trouvé intéressant de lire comment elle se fournissait en peinture au tout début, et avec quoi elle l’enrichissait (j’ignorais que les plumes pouvaient avoir une quelconque utilité dans la fabrication de peinture). J’ai trouvé beau, d’une certaine façon, ce que tu rapportes : « elle peignait la nuit à la chandelle, après ses dures journées de labeur, à genoux devant ses “toiles“ à même le sol, chantant des cantiques, la fenêtre ouverte ». Sa mort semble avoir été vécue dans la solitude… Dans le premier tableau, que j’ai davantage apprécié que le suivant, j’ai trouvé intéressant l’effet animé de cet arbre fait de flammes ainsi que le choix des couleurs chaudes. Je trouve intéressant que la représentation de l’arbre de Vie s’apparente à un feu. Quant au second tableau, je retiens le cours d’eau qui le traverse avec la technique des coups de pinceau à l’intérieur qui donne l’impression d’un foisonnement de poissons.
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L
Merci Christine pour ton article. Ce qui me touche d’abord est l’histoire, si humble, de cette femme de chambre, qui n’a jamais cherché la notoriété, et qui, lorsqu’elle a été un peu connue, l’a presque été « par accident ». Je trouve remarquable qu’elle ait commencé à peindre avec de la peinture pour « porte et fenêtre » et des pigments artisanaux. C’est en particulier cette phrase que je retiens : « elle peignait la nuit à la chandelle, après ses dures journées de labeur, à genoux devant ses « toiles » à même le sol, chantant des cantiques, la fenêtre ouverte. ». Je trouve beau aussi ce qu’écrit Wilhelm Uhde à son sujet : « Le cœur sanctifié d’une servante se sent la vocation de ressusciter le Sublime du Moyen Âge et de créer des œuvres puissantes imprégnées d’esprit gothique »<br /> Des deux tableaux je retiens la lumière et les couleurs chaudes. J’aime aussi sa manière de représenter les gouttelettes du fleuve dans le second tableau, qui m’évoque un torrent ; et je trouve intéressantes ces feuilles aux multiples formes.
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