Le Maître du contrepoint

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Publié dans Musique, Danse

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F
Merci à chacun pour son commentaire. Particulièrement Lucie, pour le partage de l’expérience que tu as faite par rapport aux deux passages qui « débordent du cadre », Joseph pour l’expression de ton admiration « envers Bach et la manière dont il a su unifier l’héritage reçu et la nouvelle voie », et Jean pour ce que tu écris sur l’apport virtuose de Bach, qui « n’est “extraordinaire” que parce qu’il s’inscrit dans une “sequela”, pour reprendre la métaphore du chemin ».
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J
Comme mélomane, j’ai beaucoup aimé cette Toccata vraiment bien interprétée, notamment dans les différences d’intensité. Les passages que j’ai préférés parmi ceux que tu relèves sont l’entrée des trois voix au début et le tout petit moment à 7’49 où, comme tu l’écris, « la “basse” se tait, semble elle-même écouter, nous enseignant la joie qu’il y a à s’effacer pour faire de la place aux autres. » Je me suis dit qu’avec ces voix à faire entendre, le claveciniste (ou pianiste) doit se sentir, en quelque sorte, comme un chef d’orchestre !<br /> Concernant le développement théorique, j’ai trouvé très intéressant le texte de Philippe Beaussant. Dans le sens du compositeur compris comme architecte, j’ai particulièrement apprécié la notion de perspective.<br /> Je rejoins par ailleurs ce que tu écris là : <br /> « Une mélodie, pour lui, n’est jamais seule, elle en engendre d’elle-même une ou plusieurs autres » ; <br /> « Chaque voix mérite d’être écoutée pour elle-même avec attention, car elle n’est jamais seulement utilitaire dans un ensemble, elle garde son unicité, sa cohérence interne, son “chemin propre”, tout en restant, à chaque instant, en lien et en harmonie avec les autres. On imagine sans mal la “difficulté combinatoire” que représente une telle écriture ! Bach y réussit avec une apparente facilité et une et déconcertante aisance : il parvient à superposer ainsi jusqu’à huit mélodies différentes tout en choisissant l’harmonie formée à chaque instant… On se demande comment il a pu faire ! Mais le plus fort, c’est que la musique de Bach n’est pas cérébrale pour autant : elle est vivante, sensible, et toujours ordonnée à la beauté divine. En effet, à ses yeux, que sa musique soit vocale et au service d’un texte sacré, ou qu’elle soit purement instrumentale, elle a toujours pour but de rendre gloire à Dieu. En témoigne le paraphe de nombre de ses partitions manuscrites : “Soli Deo gloria” (“à Dieu seul la gloire”). Par son contrepoint, architecture où l’individuel et le collectif ne s’opposent jamais et sont toujours au service l’un de l’autre, Bach témoigne de l’harmonie divine. »<br /> Quant au texte si profond du Saint-Père François, qui connaît sur le bout des doigts sa musique, il se passe de commentaire.<br /> Pour conclure, ce qui me touche particulièrement est que Bach réalise l’unité des deux systèmes : comme vu maintes fois sur « Que j’éveille l’Aurore ! », son apport « virtuose » n’est « extraordinaire » que parce qu’il s’inscrit dans une « sequela », pour reprendre la métaphore du chemin. C’est ce que souligne aussi Joseph, je crois, dans son commentaire : « l’admiration envers l’intelligence et le travail des vrais compositeurs, qui comme tous les véritables artistes sont bien loin de la “création” instinctive ; admiration décuplée envers Bach et la manière dont il a su unifier l’héritage reçu et la nouvelle voie ».<br /> Je trouve intéressante l’expérience qu’a faite Lucie et qu’elle partage avec nous.<br /> Merci !
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C
Merci Frantz pour cette très belle occasion de dépasser l'enchantement (et il est pourtant très grand!),- cette joie du cœur, cette danse de l'âme que Bach si souvent met en moi-, pour, avec toi et grâce à tes mots, entrer dans une compréhension émerveillée de cette architecture qui me dépasse mais dont je peux ainsi approcher le sens et le but.<br /> Merci pour les mots que tu choisis, et qui, à l'écoute,me semblent si évocateurs de la vie qui coule à travers les partitions:"déborde", "explore", "déploie", "douceur lumineuse", "ballet aérien"...<br /> J'ai particulièrement aimé, avec toi, la reprise du thème à 5'50, cette délicatesse bouleversante après le débordement semblable à une ivresse d'allégresse.<br /> Mais ce qui m'a le plus touchée, c'est la grande leçon d'Esprit Saint donnée par ton article:<br /> -cette possibilité de plusieurs lignes mélodiques distinctes et indépendantes mais qui s'harmonisent<br /> -ce monde où individuel et collectif ne s'opposent jamais<br /> -l'effacement pour faire place aux autres<br /> -le déséquilibre qui peut être une chance<br /> - et, selon les mots si forts du Pape François, ces différences qui ne deviennent pas des conflits mais des diversités qui s'intègrent mutuellement<br /> Puissions-nous vivre ainsi ensemble, comme dans cette toccata de Bach, sous la conduite du Grand Harmonisateur du monde, du Maître du contrepoint!
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J
Merci pour cet article travaillé pour nous aider à mieux écouter et ‘‘comprendre’’ la musique dans la technique du contrepoint. Même si je sais ne pas tout saisir de la complexité du passage de la diachronie à la synchronie, ce qui est certain, c’est que ce petit aperçu renforce encore plus l’admiration envers l’intelligence et le travail des vrais compositeurs, qui comme tous les véritables artistes sont bien loin de la ‘‘création’’ instinctive ; admiration décuplée envers Bach et la manière dont il a su unifier l’héritage reçu et la nouvelle voie, en refusant de s’enfermer dans un système. En ce sens, bien que ce soit un détail, j’ai aimé voir les mesures de la partition, qui m’évoquent l’ordre, la structure de la Grande Musique, et en même temps, sa pleine liberté, à l’exemple de ces notes, avec leurs formes originales, et qui semblent vouloir s’échapper des lignes… Oui, la « virtuosité de Bach est étourdissante », ou plutôt, notamment dans cet extrait de la Toccata, ravissante de clarté. C’est ce mot de clarté, dans son sens de limpidité, qui m’est venu en écoutant cette magnifique composition, dont j’aime beaucoup le thème, notamment avec l’entrée successive des voix à 3’45.<br /> J’ai beaucoup apprécié la possibilité de bien entendre les trois voix distinctement grâce à la remarquable interprétation du pianiste. Et j’ai retrouvé cette limpidité dans le contrechant de la « soprane » ou dans le merveilleux passage de 5’50 que tu relèves. Merci pour ta belle expression qui illustre bien la vision si profonde de Bach : « D’un bout à l’autre, on est devant un échange permanent entre les trois voix, […] qui se plaisent à se donner le chant et à se mettre en valeur mutuellement. »<br /> Oui, comme c’est beau de penser à la Personne de l’Esprit-Saint, « le grand Harmonisateur », avec le texte si beau, profond et intelligent du Saint-Père François. J’ai été impressionné de voir comment ces mots auraient pu être écrits, en effet, pour cette fugue, notamment ceci : « Une harmonie qui n’est pas seulement un équilibre ; car elle naît justement d’un déséquilibre ».
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M
Merci Frantz pour le partage avec nous de ton émerveillement pour le contrepoint. Merci aussi de bien détailler l’extrait que tu nous donnes pour illustrer cette façon d’écrire la musique. Que ce soit l’extrait de Philippe Beaussant ou celui de la fugue, j’aurais besoin de davantage d’aide pour bien comprendre ce qui est exprimé mais je trouve cela intéressant, et d’autant plus impressionnant que tout cela est pour moi bien étranger. J’ai par exemple un peu de difficulté à bien suivre les trois voix comme tu nous invites à le faire à 6,38’. J’ai bien aimé remarquer comme tu l’écris que la « basse » se tait, ainsi que ce que tu exprimes qu’elle « semble elle-même écouter, nous enseignant la joie qu’il y a à s’effacer pour faire de la place aux autres. C’est magnifique ! D’un bout à l’autre, on est devant un échange permanent entre les trois voix, comme des vases communicants qui se plaisent à se donner le chant et à se mettre en valeur mutuellement. ». Merci pour tout ce que tu exprimes sur le parallèle avec l’Esprit Saint et cette citation si belle du saint Père François, et je trouve beau de pouvoir si bien illustrer ce qu’il dit « Il y a harmonie lorsque des éléments différents les uns des autres forment néanmoins une unité, différente de chacune des parties et différente de la somme des parties. Seul l’Esprit peut le rendre possible : des différences qui ne deviennent pas des conflits, mais des diversités qui s’intègrent mutuellement » par l’extrait de cette Toccata. Merci aussi pour ce beau titre: l’Esprit Saint Maître du contrepoint !
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L
Merci Frantz pour ton article et ce temps d’apprentissage de l’écoute. J’ai beaucoup apprécié lire les explications sur la singularité de l’œuvre de Bach et la différence entre les dimensions « horizontale » et « verticale » de la musique. Je pense en comprendre théoriquement le principe, même si je ne me sens pas capable de bien réussir à distinguer les deux, par moi-même, juste à l’écoute…<br /> Je trouve vraiment très beau et très intéressant ce que tu expliques, en reprenant également les mots du Pape François, au sujet de l’harmonie où l’individuel et le collectif ne s’opposent pas et sont au service l’un de l’autre. Et dans ce sens pour ce que tu écris sur l’extrait musical présenté : « D’un bout à l’autre, on est devant un échange permanent entre les trois voix, comme des vases communicants qui se plaisent à se donner le chant et à se mettre en valeur mutuellement ».<br /> Merci également pour toute ta conclusion et pour ce si beau titre donné à l’Esprit-Saint : « le véritable Maître du contrepoint ! »<br /> Ce qui m’a particulièrement interpellé dans l’écoute de l’œuvre de Bach, ce sont ces deux passages à 5’28 et 9’28 où la musique sort du cadre et « déborde ». Aux premières écoutes, que je faisais pas à pas, en lisant tes explications, j’ai trouvé ces passages un peu déconcertants. Cette « sortie » du cadre me « dérangeait ». Et puis, j’ai réécouté l’œuvre dans son intégralité, et alors m’a perception a été bien différente. J’ai apprécié ces « sorties de cadre » dans leur contexte, en accueillant l’harmonie réelle avec toute l’œuvre. Et la fin de la citation du Pape François m’a renvoyé à cette petite expérience : « Une harmonie qui n’est pas seulement un équilibre ; car elle naît justement d’un déséquilibre ». J’ai trouvé beau de percevoir ce déséquilibre comme lieu où naît l’harmonie (dans le sens où elle s’oppose à la monotonie qu’un cadre fixe et immuable, dans certains cas, pourrait peut-être créer).
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J
Merci pour l’occasion de découvrir cet art du contrepoint et pour les apports historiques. Je dois bien reconnaître toutefois que j’ai du mal à comprendre les explications théoriques... J’ai apprécié ton commentaire : « Jean-Sébastien Bach un véritable architecte de la musique », et j’ai été intéressée de lire le choix de la persévérance que fit le compositeur face à la mode passante du contrepoint : « Bach, lui, y reste viscéralement attaché et le pousse techniquement plus loin que tous les compositeurs qui l’ont précédé ». Je trouve également intéressant qu’une sorte d’architecture ou encore de « grammaire » (comme l’emploie ici Philippe Beaussant) soit remarquée dans la musique, montrant alors combien la musique est une construction. En ce sens, ton commentaire fait percevoir la difficulté de cette théorie dans la mise en pratique : « dans le même temps, chaque voix mérite d’être écoutée pour elle-même avec attention, car elle n’est jamais seulement utilitaire dans un ensemble, elle garde son unicité, sa cohérence interne, son « chemin propre », tout en restant, à chaque instant, en lien et en harmonie avec les autres ». <br /> Merci pour la pièce présentée pour illustrer cet art du contrepoint. J’ai apprécié le thème principale, et surtout ce qui est joué à 5, 51’. Néanmoins, je ne suis pas parvenue à distinguer en écoutant la troisième voie mélodique. <br /> Le lien que tu fais avec l’Esprit-Saint, « le grand Harmonisateur » (pour reprendre la si belle expression du Saint Père François), m’a particulièrement plu ! Je trouve ça beau de penser au souci qu’avait Jean-Sébastien Bach de refléter quelque chose de ce travail musical (tellement complexe) de l’Esprit-Saint. <br /> « Il y a harmonie lorsque des éléments différents les uns des autres forment néanmoins une unité, différente de chacune des parties et différente de la somme des parties. » : Que c’est beau ! Je trouve cette compréhension magnifique et chargée d’espérance. Quel si beau mystère de l’Amour : Dieu, le Créateur, n’a pas voulu d’uniformité. Au contraire, il a voulu la différence. Il est venu visiter chaque différence en les reliant les unes aux autres pour les embellir, les harmoniser.
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