"La Désillusion" (Francesco Queirolo)

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P
Merci, <br /> j'avais cherché en vain les sources de l'inscription de la désillusion et vous les avez données et commentées. <br /> Merci pour ce travail.
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F
Merci pour les commentaires profonds de chacun ! Merci particulièrement pour ce que tu dis, Joseph, sur la réalité que l’emprisonnement du péché est dû à des petits nœuds, et pour la responsabilité que cela implique à chaque instant : « aucun acte n’est anodin » ; et merci pour la remarque sur le mot de « désillusion ». Merci Lucie et Jean d’avoir vu l’Enfant-Jésus. Merci, Jean, de corriger mon hypothèse grâce au détail que tu as su voir, et merci pour la citation de saint Jean de la Croix, très interpellante…
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M
A la suite de Jean je remercie pour tous les commentaires profonds et enrichissants dans cet esprit collaboratif de « Que j’éveille l’Aurore ! ». <br /> Merci Frantz pour la citation de la seconde Lettre aux Corinthiens et pour ce que tu exprimes sur la présence des livres aux pieds de l’homme. <br /> Merci Lucie pour ce que tu écris de ce monde comme un boulet accroché au pied de l’homme.<br /> Merci Joseph pour cette réalité que tu décris des « petits » nœuds qui finissent par emprisonner complètement, et qu’aucun acte n’est anodin. Ainsi que pour la citation du Psaume.<br /> Merci Jean pour ta réponse à mon questionnement sur le texte de la frange du manteau de l’ange, de souligner « l’aimante patience divine » et pour la maxime de saint Jean de la Croix que tu rapportes.
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L
Merci à chacun pour vos commentaires ! <br /> Merci Frantz pour avoir vu ces trois livres clos au pied de l’homme et pour l’interprétation que tu proposes.<br /> Merci Joseph pour ce que tu écris sur le sens positif du mot « désillusion » et sur les petits nœuds (et merci Jean d’y ajouter la maxime de saint Jean de la Croix).<br /> Merci Christine de souligner l’audace, la ténacité et la patience de l’artiste (ces trois mots expriment une très belle réalité, en tout cas ici).
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J
Merci, Jean, pour la maxime de saint Jean de la Croix.
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J
Merci à chacun pour les commentaires enrichissants. <br /> Merci, Frantz, pour avoir remarqué cette ambivalence du geste et ce que cela suggère.<br /> Merci, Jean et Lucie, pour avoir vu l’Enfant-Jésus dans le « petit messager ».<br /> Merci, Jean, pour la maxime de saint Jean de la Croix et la sagesse qu’elle porte ; et merci pour ce que tu écris : « la référence de la Sagesse qui témoigne de l’aimante patience divine manifestée par la correction, à rebours de la vision commune qui préfère la lénifiante complaisance toute en lâche compromission. »
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I
Merci Marguerite de me faire découvrir cette œuvre magnifique. Merci pour vos partages profonds et touchants sur la situation de l'homme lié au péché et la volonté de Dieu de l'en faire sortir. On perçoit combien Dieu nous aime.
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J
Merci, Marguerite, pour cet article qui suscite de profonds commentaires, toujours dans cet esprit collaboratif qui est celui de « Que j’éveille l’Aurore ! ». <br /> Tout d’abord, pour répondre à ton questionnement, je lis sur la frange du manteau de l’ange le nom de l’artiste en latin (ce qui ne témoigne peut-être pas de sa part d’une immense modestie… ?).<br /> Sans être ébloui par cet ensemble statuaire d’un point de vue esthétique, je n’en reste pas moins très impressionné par sa réalisation technique, et intéressé par sa symbolique.<br /> J’ai apprécié particulièrement ce paragraphe de ton commentaire : « ici, un ange vient libérer le captif ; ou, plutôt, vient lui porter un message de libération : il me semble qu’il lui parle. L’homme écoute, il lève lui-même le filet de son visage ; est-ce qu’il dégage son oreille pour mieux entendre ? Accepte-t-il alors enfin d’écouter un autre que lui-même, pour accueillir la réalité et quitter ce qu’il avait imaginé ? Sortir de l’illusion ? Je trouve parlant le fait que ce mouvement de se dégager du filet vient à la fois de cet ange qui le tient de la main gauche et de l’homme lui-même : sa volonté et son engagement personnels sont nécessaires. »<br /> <br /> Merci, Joseph, pour ta remarque sur le mot désillusion à comprendre positivement, ainsi que pour la parole du psalmiste et ce que tu écris de très juste quant aux petits nœuds, qui m'évoquent cette maxime de saint Jean de la Croix : « Peu importe qu’un oiseau soit attaché par un fil ténu ou par un gros fil parce que, même si le fil est mince, l’oiseau restera attaché par lui comme par le gros fil tant qu’il ne le rompra pas pour voler » (I MC 11,4).<br /> Merci, Frantz, pour la belle citation de la seconde Lettre aux Corinthiens, et pour ce que tu dis sur l’ambivalence, ainsi que pour ton observation très intéressante sur les livres.<br /> Merci, Lucie, pour ce que tu écris sur la libération qui commence par la tête. Comme toi, j’ai tout de suite pensé à l’Enfant-Jésus en voyant ce petit messager. J’ai au début été très conquis par la bonne idée de Frantz quant au soleil découvert par l’ange ; néanmoins, en regardant mieux, il me semble qu’on distingue sur ce globe le dessin des continents, donc je trouve ta suggestion de la symbolique du monde enchaînant très à propos, et effectivement confirmée par les si belles paroles retranscrites sur la pierre.<br /> Me touchent particulièrement la promesse « Je briserai ta chaîne, la chaîne des ténèbres et de la longue nuit dont tu es esclave, afin que tu ne sois pas condamné avec ce monde » et la référence de la Sagesse qui témoigne de l’aimante patience divine manifestée par la correction, à rebours de la vision commune qui préfère la lénifiante complaisance toute en lâche compromission. Comme le dit bien Marguerite, celui qui l’accepte, et celui-là seul, peut alors recevoir la véritable « espérance qui lui est apporté[e] : son esclavage, son malheur, ne sont pas une fatalité, il y a une autre voie ! »
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C
Merci, Marguerite, pour cette œuvre impressionnante de Francesco Queirolo, pour l'admirable ouvrage dont la durée de réalisation (7 ans!) nous révèle la difficulté d’exécution, le défi technique et artistique qu'il représente, l'audace, la ténacité, la patience qu'il a nécessitées...<br /> Le contraste entre la lourdeur de l'homme captif et de ses entraves et la légèreté de l'ange révèle à quel point le péché s'oppose à la grâce; merci Joseph de ce que tu analyses si justement: le péché est moins une grosse corde qu' un enchaînement de « petits » nœuds, qui finissent par emprisonner complètement "; je suis frappée de voir combien les liens sont tout particulièrement enchevêtrés et serrés au niveau du visage; notre péché, non seulement nous paralyse, mais, plus encore, nous rend sourds et aveugles. D'où l'illusion dans laquelle nous nous enfonçons...<br /> Je suis aussi très touchée par cette collaboration entre le prisonnier et son libérateur, tout en souscrivant complètement à l'interprétation de Frantz: "d’une main, il adhère à cette libération dont il est le bénéficiaire, et se fait acteur en soulevant ce filet ; de l’autre, il semble plutôt retenir contre lui ces liens qui l’entravent. Cela dit sans doute l’ambivalence qui demeure en nous".<br /> Ce qui permet la libération est précisément, plus que la rupture matérielle des liens tranchés, ce dialogue qui s'est instauré entre l'homme et l'ange; je pense au dialogue rompu entre l'homme et Dieu après le premier péché, dans le livre de la Genèse et que Jésus vient renouer avec chacun de nous. <br /> Je médite toutes les Paroles de l’Écriture reçues dans ton article, Marguerite, et dans vos commentaires (merci) , et une dernière monte en mon cœur:"La Vérité vous rendra libres" ( Jean 8,32)
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J
Merci, Marguerite, pour l’œuvre présentée. Les mailles du filet que l’ange tient en sa main ont attiré mon regard, car, comme toi, je trouve tout à fait époustouflant la technicité de ces éléments sculptés, et surtout ici pour le fait qu’ils aient été réalisés en suspension sans être soutenus par la jambe de l’homme. J’ai aimé l’expression du visage de l’ange vu de profil qui semble heureux qu’un prisonnier soit libéré. Il m’a touchée cet ange. Avec toi, je rends grâces en ce sens pour tous les messagers qui travaillent à la libération d’autrui, pour la Joie dont ils sont porteurs : la joie de la Liberté ! J’ai remarqué aussi le visage de l’homme qui à l’air, je trouve, ne pas en revenir : enfin libre ! Il semble également un peu bouche-bée à la vue de cet ange à la fois virile et enfantin (mais ces deux qualités, les vraies, ne s’opposent pas). Merci beaucoup pour les paroles que tu rapportes, la première et celles issues de la Parole de Dieu, si profondes et puissantes. Je remercie alors, avec crainte, pour la réalité de la libération dont elles témoignent. Merci pour ce que tu écris sur l’ange messager : « je pense aux anges qui sont messagers venant du Ciel, du Royaume de Dieu et qui parlent en son Nom ». Je trouve beau le geste de l’ange qui aide le captif à s’extirper de son filet. En effet, en regardant la main gauche empêtrée du prisonnier, je me suis dit que peut-être il n’avait jusqu’ici pas su trouver l’ouverture du filet pour en sortir. Or, quand l’ange lui rend le service de l’entrouvrir, voilà qu’il semble enfin trouver avec sa main droite le chemin pour sortir des cordages. J’apprécie le mouvement sculpté de cette scène (qui rappelle une forme de violence, celle nécessaire pour être arracher des esclavages) à travers les ailes de l’ange ainsi que les muscles de son torse qui manifestent son investissement dans l’action, le drap lourd qui tombe (Merci, Frantz, pour la citation du verset de la Lettre de saint Paul aux Corinthiens), et enfin la présence des trois blocs de pierre qui me font penser au mur intérieur qui vient de commencer à s’écrouler… <br /> <br /> Merci, Lucie, pour ton commentaire sur le filet enlaidit
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J
Difficile d’exprimer quelque chose après être resté bouche-bée devant ce chef d’œuvre. C’est presque difficile de croire que cette sculpture soit tout de marbre, spécialement ce filet d’une prodigieuse finesse et d’un réalisme saisissant (mais aussi la grande beauté des membres et des ailes) ! Ce que je trouve le plus remarquable, c’est la manière dont le sculpteur a su insuffler le mouvement – dans la diagonale du magnifique drapé au bras droit de l’homme qui veut se dégager – et suggérer la vie, dans ce bloc de pierre froid et inerte, par son savoir-faire exceptionnel et sa patience de véritable artiste. <br /> J’ai particulièrement aimé le petit enfant au diadème enflammé, qui représente pour moi le véritable esprit d’enfance, qui condamne l’esprit du Monde et qui libère cet homme empêtré dans son péché. Merci pour ce que tu as remarqué du double mouvement : « ce mouvement de se dégager du filet vient à la fois de cet ange qui le tient de la main gauche et de l’homme lui-même : sa volonté et son engagement personnels sont nécessaires. »<br /> Je trouve aussi très intéressant et riche de sens d’avoir choisi de représenter l’aliénation du péché par un filet : ce n’est pas une grosse corde, mais plutôt un enchaînement de « petits » nœuds, qui finissent par emprisonner complètement leur proie ; cela aide à comprendre qu’aucun acte n’est anodin, mais participe soit à faire un nœud de plus, soit à le défaire. <br /> Cette représentation m’a également fait penser au verset de la Bible : « Comme un oiseau, nous avons échappé au filet du chasseur ; le filet s'est rompu : nous avons échappé. » (Psaume 123, verset 7). Comme tu l’écris, cela provoque à la gratitude pour l’œuvre salutaire des messagers de Dieu, sans qui la libération du filet n’est pas possible. <br /> J’ai été frappé aussi, grâce au titre de l’œuvre, par le sens positif de la désillusion, connotée souvent négativement dans mon esprit, alors qu’en effet, c’est bien une sortie de l’illusion ; non pas un dépit, mais la grâce d’une libération par la lumière de la Vérité !<br /> Merci enfin pour les versets bibliques rapportés, spécialement la dernière, de la Lettre aux Corinthiens.
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L
Merci Marguerite pour la découverte de cette œuvre qui m’impressionne beaucoup ! La sculpture du filet, en particulier des nœuds entrelacés, est exceptionnelle et l’on comprend la réaction des autres artistes ne voulant pas prendre le risque de la casser !<br /> Merci pour ce que tu écris sur la symbolique : « le filet gêne pour voir, se mouvoir, avancer ; il capte toute l’énergie par son poids et, parce qu’il emprisonne les membres, il ralentit et entrave… ». Je n’avais pas pensé, par exemple, au poids qui fait gaspiller tant d’énergie… Me vient à l’esprit également que le filet enlaidit : il cache l’être emprisonné et empêche que sa beauté, celle qui lui est propre, puise être révélée. Dans ce sens, c’est beau, je trouve, que la libération de l’ange commence par la tête. D’abord, il libère le regard : il permet à l’homme de voir, et d’être regardé dans les yeux. Il se passe tant de chose dans les yeux et dans le regard ! J’imagine assez bien cet homme, un instant avant, la tête recroquevillée, baissée contre sa poitrine, ne voyant rien d’autre que son nombril ; et maintenant, il voit l’ange (qui, ainsi couronné, m’a fait d’abord penser à l’Enfant-Jésus). Peut-être que jusqu’ici, il ne voyait même pas le filet que l’entravait. Ce qui porte à l’espérance c’est qu’une fois que la tête est redressée, le reste de la libération semble presque aisée.<br /> Merci pour ce que tu soulignes sur la nécessité pour l’homme de s’investir dans cette œuvre de désillusion.<br /> J’aime beaucoup la flamme au dessus de la tête de l’ange et aussi la sculpture ciselée de ses ailes.<br /> Merci pour les trois citations bibliques que tu rapportes et pour cette parole de l’ange. Ce qui me frappe c’est de voir le monde comme une sorte de boulet accroché au pied de l’homme, et qui, s’il y reste attaché, le plongera dans les ténèbres (ainsi qu’il boulet pesant entraîne un être dans les profondeurs des flots). C’est en tout cas ce qui m’évoque la répétition à deux reprises de l’expression « condamné avec ce monde » et « rompre tes chaînes ».
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F
Merci Marguerite pour la joie de découvrir cette sculpture remarquable ! Je trouve le filet époustouflant : on comprend que les artistes de l’époque aient été réticents à mettre la main à l’ouvrage de peur de tout briser.<br /> J’aime beaucoup l’ange, son sourire, son geste, la flamme qui brûle sur sa tête. Et l’échange de regard entre lui et l’homme qu’il aide à sortir de l’illusion, qui m’apparaît essentiel : sans cela, pas de libération !<br /> En contemplant cette œuvre, je pense au mythe de la Caverne de Platon, où les prisonniers de cette caverne, tournant le dos à l’entrée (ou la sortie plutôt) et au soleil, et prenant pour la réalité les ombres qu’un feu projette sur les parois, symbolisent tous ceux qui sont justement dans l’illusion. Ce qui me frappe beaucoup dans ce mythe, c’est que Platon souligne que ces prisonniers ont besoin de quelqu’un qui vienne les délivrer des chaînes de l’ignorance, et c’est ce que fait l’ange dans cette sculpture. Je pense aussi que la flamme de sa couronne est comme une première étape vers, et une annonce du soleil vers lequel cet homme qui commence tout juste sa libération est appelé : oui, n’est-ce pas, au pied de l’ange, le soleil, recouvert d’un voile qui commence déjà à se lever ? C'est ce que je me suis dit. Me sont alors venues ces deux paroles bibliques, la première du Psaume 83 : « Le Seigneur Dieu est un soleil » (verset 12), et la seconde de saint Paul : « Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé » (de la seconde Lettre aux Corinthiens, chapitre 3, verset 16).<br /> Je trouve très intéressants les deux gestes de l’homme : d’une main, il adhère à cette libération dont il est le bénéficiaire, et se fait acteur en soulevant ce filet ; de l’autre, il semble plutôt retenir contre lui ces liens qui l’entravent. Cela dit sans doute l’ambivalence qui demeure en nous. Heureusement, l’ange de Dieu est là : sans lui, nous ne pourrions pas être délivrés de nos illusions et de notre ignorance coupable ! Je pense à tous ceux qui se font de tels anges pour les autres, en travaillant à les conduire à la Vérité, et je veux leur rendre hommage : quand on vit cette désillusion, on mesure un peu la patience et l’abnégation que cela demande, ainsi que les souffrances causées pour ces messagers (je pense là encore au mythe de la Caverne, où ceux qui essaient de délivrer les prisonniers subissent bien des attaques, car il y a aussi ceux qui veulent retenir les hommes dans les ténèbres…)<br /> Merci pour les paroles bibliques que tu rapportes, cela dit bien l’intention profonde de l’artiste.<br /> Me frappe la présence des livres, des deux côtés : trois livres fermés aux pieds de l’homme, un livre ouvert du côté de l’ange : je comprends cela comme le fait que ce n’est pas la connaissance en elle-même qui délivre de l’illusion, mais la connaissance de la Vérité. Cela fait une grande différence…
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