La Descente de la Croix par Rembrandt

Publié le

Publié dans Dessin et peinture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Merci à chacun pour vos commentaires. Je remercie tout spécialement pour la correction de mon erreur concernant la Vierge Marie. Merci, Jean, pour ce que tu partages avec nous de ta contemplation qui me touche beaucoup : « je suis très ému de la contempler enfouie dans son silence, le silence infiniment douloureux, mais infiniment paisible, paradoxalement, du Tombeau. » Merci, Joseph, pour ce que tu écris au sujet du Saint Suaire : « non pas drap de mort, mais Manteau de lumière ». Merci, Christine, pour avoir souligné « l'immense effort commun des disciples ».
Répondre
F
Je remercie ceux qui ont vu la Vierge Marie du côté du linceul, et pour les commentaires que je trouve très convaincants, et surtout très beaux, particulièrement ce que tu dis, Jean : "je suis très ému de la contempler enfouie dans son silence, le silence infiniment douloureux, mais infiniment paisible, paradoxalement, du Tombeau. Elle est déjà dans « l’Après »". Merci !
Répondre
J
Je rends grâce pour le fait d’avoir été entraîné par vos commentaires à reconnaître la Vierge Marie à sa place, et particulièrement pour ce que tu écris, Jean, avec délicatesse, et qui est si profond : « la contempler enfouie dans son silence, le silence infiniment douloureux, mais infiniment paisible, paradoxalement, du Tombeau. Elle est déjà dans « l’Après ».
Répondre
J
Merci, Joseph, pour les références à la Salette et au Saint-Suaire.
Répondre
J
Merci, Jeanne, pour la belle méditation, profonde et personnelle, que tu nous livres. <br /> J’ai particulièrement aimé ce que tu commentes de l’attitude des deux disciples dans l’accueil du Cœur ; et ai été touché, aussi, par cette phrase : « Je le contemple livré entre les mains, non plus de ceux qui voulaient le mettre à mort, mais, à présent, entre celles de ceux qui l’aiment. »<br /> Je ne comprends pas bien ce qui est dit sur la Sainte Vierge : en effet, je la reconnais près du linceul ; mais j’imagine que tu as cherché l’information.<br /> Si du moins je ne me trompe pas, je suis très ému de la contempler enfouie dans son silence, le silence infiniment douloureux, mais infiniment paisible, paradoxalement, du Tombeau. Elle est déjà dans « l’Après ». Et je trouve frappante la différence entre la lumière crue, comme un projecteur, qui est sur la scène de Déposition, et celle, si intimiste, qui enveloppe ce mystère.
Répondre
L
Merci Christine pour ton commentaire. Je trouve très beau ce que tu soulignes sur « l'immense effort commun, comme un lent et délicat affairement » (en opposition à la « cruelle facilité » de la mise à mort), et aussi le lien que tu fais entre le pesant Corps du Christ et la citation d’Isaïe.<br /> Merci Frantz d’avoir parlé des fleurs sous le linge, je n’avais pas fait attention à leur présence.
Répondre
C
Merci Jeanne pour la chance de contempler ce tableau de Rembrandt.<br /> Dans les mises en croix, on lit une horrible et cruelle facilité: quelques soldats,un marteau, des clous.<br /> Ici, je suis profondément touchée par l'immense effort commun, comme un lent et délicat affairement pour un moment éminemment solennel: le Corps Sacré de Jésus est descendu avec beaucoup de précaution et d'amour; c'est un foyer de lumière qui irradie jusqu'au linceul qui va le recevoir. Nulle trace de sang comme on peut en voir souvent dans des descentes de croix.<br /> Pourtant, ce Corps me semble tellement lourd à descendre: "c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé" Isaïe 53;4. Tout le poids lumineux de la Rédemption est comme évoqué ici.<br /> Je pense, avec Marguerite, que c'est bien Nicodème que l'on voit au premier plan, et la Vierge Marie, petite silhouette grise, cachée dans l'ombre, mais regardant déjà ce linge de lumière et de Résurrection, comme déjà au bord du tombeau vide du matin de Pâques.<br /> J'aime beaucoup ce que vous dites sur ce "manteau de lumière de la vie triomphante", ce "vêtement royal", cette "nappe d'autel"; la façon de mettre en valeur ce linge de l'ensevelissement est bouleversante pour moi.<br /> Demeure ta question, Frantz, qui me frappe: ce chien et ces chardons, reflets de la part épineuse et cruelle de nos âmes?
Répondre
L
Deux choses me frappent en particulier dans cette représentation de la Descente de la Croix. <br /> D’abord, le Corps de Jésus-Christ dont on perçoit, d’une manière si forte, l’absence de vie. Merci en ce sens pour le lien que tu fais, en référence au poème de Léo Pastór, entre nudité et abandon. La représentation du Corps de Jésus modelé et déformé par la manière dont il est porté ou soutenu, me parle aussi de cet abandon. Merci pour ta phrase qui me touche : « Je le contemple livré entre les mains, non plus de ceux qui voulaient le mettre à mort, mais, à présent, entre celles de ceux qui l’aiment. »<br /> L’autre chose concerne justement ces « porteurs ». Je suis frappée par la tension dans le corps de ces quatre hommes. Ils détachent et portent le Corps de leur Maître avec soin, comme tu le soulignes. Et les membres, contractés par l’effort, manifestent quelque chose de leur amour réel, « actif », pour Jésus. (Même si je trouve beau ce que tu écris à ce sujet, j’ai du mal à voir la position de la main et de la tête des deux disciples comme une volonté de sentir ou entendre le cœur de Jésus... Je les vois plutôt en pleine action, en plein désir de bien faire, avec soin et amour, ce qu’ils ont à faire, d’extrêmement difficile). Les deux disciples arrachant le dernier clou semblent accomplir tant d’efforts pour que le Corps de Jésus soit enfin libéré de cet instrument de torture (qui deviendra maintenant signe du Christ sauvant les hommes).<br /> Je trouve intéressants les trois mouvements distincts, comme trois scènes avec chacune sa lumière propre. (Cependant, je ne voyais pas, pour ma part, la lumière émaner du Corps de Jésus, mais plutôt d’une bougie qu’un jeune garçon sur l’échelle tendrait tout en la protégeant du vent…) Je trouve beau le linge étendu au pied de la Croix et près pour recevoir le Corps du Seigneur. <br /> Enfin, je suis intriguée par la présence de cet homme, richement vêtu, qui regarde la scène en nous tournant le dos. Peut-être que l’artiste à voulu nous représenter, nous, qui regardons à cet instant ce grand mystère : Comme lui ne sommes-nous pas présents, mais malgré tout étrangers ?
Répondre
M
Merci Jeanne de partager avec nous ce tableau du maître Rembrandt de La Descente de la Croix. Le centre de tableau qui est le corps inanimé (il me semble) mais rayonnant de Jésus attire évidemment tout de suite le regard, mais je crois que la première chose sur laquelle mes yeux se sont posés est ce geste dur, choquant, dans la réalité qu’il évoque, de ces deux hommes qui arrachent avec une pince le clou qui maintient encore le bras de Jésus sur le bois de la croix. <br /> Je trouve très frappante cette lumière qui se dégage du corps et cela m’interpelle qu’on la retrouve sur ce personnage à droite et sur les linges à gauche. Je me demande ce qu’a voulu souligner le peintre par là. D’autant que lorsque je regarde le tableau, contrairement à ce que tu partage avec nous, il me semblerait plutôt que cette femme qui fait un malaise est sainte Marie-Madeleine accablée de détresse, de tristesse et ne supportant pas la vue de son Seigneur aimé mort. C’est cette femme de l’autre côté du tableau, à genoux près de l’échelle qui m’évoque la Vierge Marie. Il me semble que c’est la seule qui bien que présente, entourée d’agitation, semble malgré tout un peu ailleurs. Les mains jointes, le visage marquée par la douleur, elle semble je trouve, regarder vers le ciel, implorer. Quelle serait sa prière à ce moment là, évidemment je suis bien incapable de savoir, mais c’est l’impression que cela me donne et c’est pour tout cela qu’il me semble que c’est elle la Mère du Sauveur près du linceul attendant aussi de recevoir le corps de son Fils, image que tu évoques au début de ton article, la Pietà, avant de le déposer dans le linge. Je suis frappée par le nombre de spectateurs dans cette scène, tous n’ont pas l’air bien centrés sur Jésus. Le personnage à droite du tableau, les yeux ronds grands ouverts, semble même regarder Jésus avec une forme de curiosité étrange. Les hommes, disciples, qui entourent et accompagnent la descente sont très touchants, merci pour ce que tu écris sur la main posé sur le cœur et l’oreille contre les entrailles, tous deux cherchant le battement. Merci aussi pour la citation du Christ à son apôtre sainte Marguerite-Marie. Parmi ces disciples il y en a un qui semble tout jeune (celui dont on ne voit que le visage) serait-ce saint Jean ? Et cet homme au premier plan, aux vêtements somptueux, est-ce le pharisien Nicodème qui apporte le mélange de myrrhe et d’aloès pour l’ensevelissement ? (Evangile selon saint Jean chapitre 19 versets 39-40).
Répondre
F
Merci pour la découverte de cette œuvre que je trouve très profonde ! <br /> Au premier regard, j’ai été bien sûr attiré au centre, là où la lumière contraste avec l’ombre qui l’entoure (le ciel est comme vraiment comme une épaisse fumée noire !). Tu dis que la source de lumière est le corps de Jésus. Ne serait-ce pas plutôt la torche que tient le jeune homme de droite, cachée derrière un autre objet qu’il tient de sa main gauche ? (On voit mieux, je crois, sur cette version, où les couleurs me semblent d’ailleurs plus fidèles : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/67/Descent_from_the_Cross_%28Rembrant%29.jpg). Si c’est le cas, je me suis demandé le sens que cela pouvait avoir : c’est peut-être pour signifier que depuis que le Christ a quitté la terre (une première fois à sa mort, puis définitivement lors de son Ascension, après sa Résurrection), sa lumière est toujours bien présente et bien visible dans le monde, mais portée par ses disciples, et sur leurs visages. C’est la pensée que j’ai eue en voyant ce détail…<br /> Je trouve très beau le geste de cet homme qui colle son visage sur la poitrine de Jésus, comme tu le soulignes toi-même. M’a beaucoup impressionné également le geste de celui qui enlève le clou de la main du Christ à l’aide d’une tenaille. Cela me fait penser à Notre-Dame de la Salette, qui dans son apparition à deux jeunes enfants (le 19 septembre 1846), présente de chaque côté du crucifix un marteau et des tenailles, invitant à choisir l’instrument qui enlève les clous des mains de Jésus plutôt que celui qui les y enfonce…<br /> La pâleur de la Vierge Marie évanouie est très impressionnante : elle a la même couleur que son Fils, ce qui montre l’unité profonde entre la souffrance de ces deux cœurs indissociables.<br /> Enfin, je trouve très beau et touchant ce linceul étendu à terre pour recueillir le Corps de Jésus dès qu’il sera descendu de croix : c’est bien plus qu’un linceul ! Orné de franges de brocart, posé sur les fleurs étendues au sol, n’est-ce pas là un vêtement royal ? Quel respect et quel amour on sent dans ce simple tissu !<br /> Je suis interpellé par la présence du chien noir en bas à droite : il n’a pas l’air sympathique du tout, d’autant plus qu’il se tient juste derrière ce que je crois être des chardons. Comme cela contraste avec la délicatesse des femmes et leur linceul et leurs fleurs ! Comme pour délivrer le même message que Notre-Dame à la Salette : comment allons-nous recevoir le Corps du Seigneur, et le don de sa vie offerte pour nous sauver ? Comme des chiens hargneux, avec un caractère piquant ? Ou avec le cœur plein de délicatesse ? C’est l’interpellation que j’entends pour moi-même dans la contemplation de cette œuvre.<br /> En revanche, je ne comprends pas la présence de ce personnage de dos, au centre, richement vêtu, qui semble regarder en direction de la Vierge Marie. Qui est-ce ? Peut-être aurez-vous une idée…
Répondre
J
Merci pour la découverte de ce tableau très profond de Rembrandt. Un bref premier coup d’œil m’évoquait une scène lumineuse, mais ensuite, vue la réalité de souffrance indicible qu’il représente, je n’ai pas réussi à trouver très évident de regarder ce tableau, bien que les traces de la Passion s’y font très discrètes. Je ne trouve pas très évident non plus de trouver les justes mots pour exprimer ce qui me touche et qui me dépasse complètement.<br /> Ce que j’ai trouvé particulièrement poignant et déchirant, c’est de voir le corps de Jésus comme ‘‘amorphe’’, Lui le Seigneur de la Vie, sans vie, avec son visage encore tordu par la douleur, et encore écartelé malgré le dévouement de ces hommes dont la manœuvre est bien difficile. L’abandon volontaire de Jésus, son abandon absolu, où Il a offert même sa conscience, sa volonté d’homme, laisse sans voix.<br /> J’ai été profondément touché par le personnage qui porte Jésus, que j’imagine être Joseph d’Arimathie. Le lien de ce dernier avec le Précieux Corps de Jésus est pour moi bouleversant, en songeant à la manière dont saint Joseph, Père adoptif de l’Enfant Jésus tenait aussi entre ses bras la Chair du Seigneur ; comme un écho de sa présence, alors que la Mère des douleurs, la Vierge Marie, semble ici ne plus avoir la force de recevoir le corps de son Fils. Cependant, je trouve tellement beau et profond la manière dont Rembrandt a représenté la Vierge Marie, comme l’un des trois foyers de lumière : Elle est toute lumière malgré sa douleur, et dans sa générosité absolue, accepte de se « vider » de la lumière de l’espérance que, seule, Elle a su tenir, mais qu’Elle ne garde pas pour Elle. <br /> Le geste de l’homme aux tenailles m’évoque l’appel de la Vierge Marie à la Salette, et entraîne à l’action de grâce pour ces âmes qui savent aimer Jésus et la Vierge Marie, en contrepartie des clous que nous plantons par nos péchés. J’aime aussi beaucoup la délicatesse pleine de piété de l’homme à la barbe blanche qui s’apprête à envelopper le pied de Jésus dans ce grand drap blanc. J’ai été très frappé par ce que j’imagine être le linceul préparé pour recevoir le Seigneur, qui comme une nappe brodée, m’évoque l’Eucharistie, lorsque Jésus s’offre de nouveau à chaque Messe et repose sur une nappe d’autel. J’aime aussi à y voir l’évocation du Saint Suaire, non pas drap de mort, mais Manteau de lumière, témoin embrasé de la Vie triomphante.
Répondre