''Je suis noire, mais je suis belle'', poème d'Henri Ghéon à Notre-Dame de Chartres

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F
Merci Jean et Jeanne pour ce que vous écrivez sur ces bonnes influences ! Merci particulièrement, Jean, pour cette phrase : "La bonne influence ultime étant justement ici celle de la Sainte Vierge, particulièrement en son sourire, même à travers une statue comme le souligne par ailleurs un grand auteur spirituel, Père Jérôme."
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J
Merci, Jean, pour l’attention prêtée à ma question et d’y avoir répondu. Je te remercie pour ce que as vu et écrit sur l’image de la motte : “« à l’insu », dans l’humilité du « secret » et de la vie cachée“, car je n’avais pas su reconnaître ce mystère, je trouve cela très beau et ça me touche.
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M
Merci Jean pour ta réponse à Jeanne et pour ce que tu écris : « La bonne influence ultime étant justement ici celle de la Sainte Vierge, particulièrement en son sourire, même à travers une statue comme le souligne par ailleurs un grand auteur spirituel, Père Jérôme. »
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J
Merci Jean et Jeanne d’avoir relevé ce qui m’a le plus touché personnellement, cette réalité des bonnes influences, ce don du Ciel, inestimable, cette chaîne de Vie, qui confond de gratitude.
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J
Pour répondre à ta question, Jeanne, il s’agit d’une référence à la peur du peuple gaulois de voir le ciel, qu’il croyait soutenu par des colonnes, « lui tomber sur la tête ».
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J
Merci, Joseph, pour cet article marial apaisant, à l’image de ces deux photographies que j’apprécie. <br /> J’ai été heureux de découvrir M. Ghéon, sa touchante poésie et le témoignage réconfortant de sa vraie conversion, accomplie dans son célibat consacré et la mise de son art au service de la mission, particulièrement auprès de la jeunesse. <br /> « Bienheureux Fra Angelico, Pierre-Dominique Dupouey, Péguy » : il est toujours si beau (nous avons déjà eu l’occasion de l’évoquer plusieurs fois sur « Que j’éveille l’Aurore », notamment concernant cette période si féconde à cet égard) de voir combien de bonnes influences peuvent véritablement changer le cours d’une vie… Ces « laboureurs de la Vierge », comme le suggère Jeanne en reprenant une expression du poème. La bonne influence ultime étant justement ici celle de la Sainte Vierge, particulièrement en son sourire, même à travers une statue comme le souligne par ailleurs un grand auteur spirituel, Père Jérôme. C’est ce que tu écris, Joseph : « Les hommes ont voulu prendre soin de cette statue, et cette dévotion leur a acquis d’être pris en charge ».<br /> Par-dessus tout, je rends grâce pour ce mystère de la visitation de Dieu et de la Sainte Vierge par un amour de prévenance : « nul ne se doutait encore… » et une loyauté inébranlable : « il fut, avant la foi, fidèle, et je lui dois fidélité. »<br /> Tout cela, et c’est encore plus admirable, « à l’insu », dans l’humilité du « secret » et de la vie cachée, comme cette « motte » ; la Vierge Marie renvoyant, comme toujours, non à Elle-même, mais à Dieu, « Maître plus doux et plus grand ».
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J
Merci, Joseph, pour ce bel article. J’ai particulièrement apprécié tes mots : « Les hommes ont voulu prendre soin de cette statue, et cette dévotion leur a acquis d’être pris en charge par la Mère Nourricière qui se fait l’instrument de la Providence de Dieu pour ses enfants de France. ». <br /> Merci pour la découverte de ce poète, car j’ai trouvé vraiment beau son poème (dans ce que j’en comprends, peut-être). L’image de la terre qui revient a retenue mon attention, car j’ai pensé au travail patient et au temps que demande la terre pour produire sa semence quelle qu’elle soit. <br /> J’ai trouvé très belle l’évocation du mystère de l’Eucharistie à travers les vers « L’épi Jésus » et « Le pain secret qui réconforte Aussi bien que les corps, les cœurs ». Je trouve que c’est très beau de parler de « pain secret », car ça me redit combien Dieu se livre pour atteindre le plus secret de l’âme, mais aussi du corps, car son amour est incarné et entier. <br /> En lisant « mes laboureurs » j’ai pensé à ceux qui sont les laboureurs de la Sainte Vierge. Ils lui préparent des terrains, ceux des âmes, afin qu’elle y dépose la semence de Vie, Jésus. Ce labour des âmes est si laborieux, impressionnant, admirable : merci à ces « laboureurs » ! <br /> Ce vers m’a questionnée : « Pour alléger le poids des cieux ». En effet, j’aurais pensé que l’allègement se serait fait non pas pour les cieux, mais plutôt pour la terre ? <br /> J’ai trouvé belle la forme de respect de la Sainte Vierge envers le peuple au sujet duquel le poète écrit : « Il fut, avant la foi, fidèle Et je lui dois fidélité. ». Surtout, je trouve que c’est très beau et mystérieux lorsqu’on songe à ce qu’elle est, la Reine des Cieux et de l’Univers, qu’elle choisisse le devoir d’être fidèle. <br /> <br /> Merci pour le très beau témoignage de rédemption que tu transmets. Cela me donne de l’émerveillement en pensant à ces influences qui peuvent changer la vie d’une personne en participant à tirer de l’obscurité vers la Lumière, pour le sacrifice de ce jeune officier qui a porté un fruit de vie pour Henri Ghéon, pour la conversion qui remet au service du Donateur le don de poésie reçu, pour la mort dans l’abandon « mais fidèle à la grâce de sa rédemption ».
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M
Merci Joseph de partager avec nous ce poème de Henri Ghéon ainsi que quelques éléments de son histoire. Ce qui me frappe le plus et que je trouve très beaux sont ces mots : « il abandonne sa carrière littéraire mondaine pour se vouer à la transmission de l’enthousiasme pour la vie évangélique, pour la beauté des mystères chrétiens et pour le désir de l’imitation des saints : » Ils m’évoquent joie et émerveillement de la foi, qu’il a voulu transmettre, ce bonheur qu’on ne trouve qu’en Dieu. Et merci en ce sens pour la photographie portrait sur laquelle il est très souriant. Alors dans son poème ces vers me frappent : « Je fus la seule qui sourît. » « Et, suspendus à mon sourire, ». J’aime beaucoup également ces vers : « Je suis noire, mais je suis belle. / Mon peuple a compris ma beauté. / Il fut, avant la foi, fidèle / Et je lui dois fidélité. ». Ce que j’ai trouvé beau c’est aussi le lien fait entre le blé et l’Enfant Jésus : « Et, comme la glèbe, je porte, / À l’insu de mes laboureurs, / Le pain secret qui réconforte », puis « D’enfanter la Grâce promise / À mon peuple : l’épi Jésus. ». Ce « pain secret » qu’est Jésus réellement présent dans l’Hostie reçue à la Messe. Merci aussi pour la photographie de Chartres, comme elle est belle cette cathédrale au milieu des champs !
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F
Merci pour la joie de découvrir le regard de ce poète, Henri Ghéon, sur la Vierge Marie, Notre-Dame sous terre, Notre-Dame de France. L’extrait du poème que tu nous livres ici me touche beaucoup : comme c’est beau de penser que Dieu a voulu préparer, dès avant son irruption dans l’Histoire par l’Incarnation, ce peuple, duquel sera issu le peuple de France, à aimer et vénérer la Mère de Jésus-Christ ! Je n’imaginais pas que ce lien étroit était à ce point voulu par Lui qu’Il l’avait comme anticipé… À cet égard, je trouve si beau ce quatrain :<br /> « Ce bon peuple m’a devinée, <br /> Avant la naissance de Dieu, <br /> Comme divine et désignée <br /> Pour alléger le poids des cieux. »<br /> Je suis également très touché par ce vers : « Et, suspendus à mon sourire »… Cela évoque le lien si étroit entre la Vierge Marie et la joie, la beauté.<br /> Mais ce que je trouve le plus fort, c’est ceci :<br /> « Je suis noire, mais je suis belle. <br /> Mon peuple a compris ma beauté. <br /> Il fut, avant la foi, fidèle <br /> Et je lui dois fidélité. »<br /> Le fait que la Vierge Mère considère que ce peuple l’attendait, l’honorait déjà sans pourtant la connaître, à travers cette statue, et que pour cette raison elle veuille le lier à elle (« mon peuple ») pour lui donner « la Grâce promise », « l’épi Jésus », voilà qui laisse sans mots… Fidélité sans pareille, cadeau inestimable que ce peuple était loin d’imaginer recevoir un jour pour avoir honoré cette vierge noire inconnue ! <br /> Je trouve également si belle cette image : <br /> « Comme une motte, sous l’église,<br /> Je germe – et ne cesserai plus »…<br /> Comme est beau aussi le parcours de rédemption vécu par Henri Ghéon, et sa détermination, dès sa conversion, à « mettre son art de dramaturge au service de sa foi », et à y mettre encore plus d’ardeur qu’il n’en a mis dans l’idolâtrie de l’Art ! Je trouve vraiment beau son sourire sur la photographie.
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L
Merci Joseph pour ces multiples rencontres : avec Henri Ghéon, son poème, la cathédrale de Chartres, le peuple gaulois, et surtout, la « Vierge Noire ». <br /> Ce qui provoque beaucoup d’émerveillement est d’abord l’histoire ce cette rencontre entre la Vierge Marie, bien que « voilée », et le peuple Gaulois. Je trouve très émouvant cette bienveillance de Notre-Dame, qui, si j’ai bien compris, devance même, chronologiquement, la naissance de Jésus, pour susciter la vénération de ce peuple. L’inscription latine est si explicite !<br /> Dans le poème, et la photographie que tu as choisie pour l’illustrer, je trouve très beau ce thème du travail de la terre et de la Mère Nourricière qui apporte à ses enfants « l’épi Jésus », à travers évidemment l’Eucharistie :<br /> « Et, comme la glèbe, je porte, / À l’insu de mes laboureurs, / Le pain secret qui réconforte / Aussi bien que les corps, les cœurs. »<br /> J’aime aussi beaucoup ces deux strophes : <br /> « Et nul ne se doutait encore, / En ce sourcilleux Occident, / Que je portais en moi l’aurore / En train de poindre à l’Orient »<br /> « Je suis noire, mais je suis belle. / Mon peuple a compris ma beauté. / Il fut, avant la foi, fidèle / Et je lui dois fidélité. » Ce qui me touche beaucoup ici est cet échange de fidélité. C’est magnifique !<br /> Merci enfin pour ce que tu rapportes de l’histoire de conversion d’Henri Ghéon, en particulier la manière dont il a laissé son cœur s’ouvrir, avec la brèche dont tu parles. <br /> Je retiens aussi cette réalité, dure, sans doute, mais belle aussi : « il meurt pourtant totalement isolé et oublié, mais fidèle à la grâce de sa rédemption. ».
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C
Merci Joseph pour l'ensemble que tu nous donnes à méditer: la figure d'Henri Ghéon que je ne connaissais que de nom, et son poème à la Vierge noire de Chartres.<br /> Son propre parcours de conversion, très édifiant, des ténèbres du paganisme mondain, de l’idolâtrie de l'Art et de la perdition de la débauche, à la Lumière rédemptrice du Christ, donne à son poème une très grande et bouleversante profondeur: il connaît, comme tu l'écris, "le désir qui est au fond du cœur de l’homme, cette<br /> intuition qui l’appelle au Bien ", cette rédemption , couleur de jour, qui se fraye un chemin dans l'obscurité de l'âme, dans les ténèbres du péché, germe et lève...; la Vierge Marie, Vierge couleur des labours, apparaît ici comme co-rédemptrice<br /> "Je germe – et ne cesserai plus<br /> D’enfanter la Grâce promise<br /> À mon peuple : l’épi Jésus."<br /> Ce désir, cette intuition est dans le cœur de tout homme, créé par Dieu et pour Dieu; la vénération des druides pour cette statue mystérieuse me fait penser à la vénération des dieux grecset à la prédication de Saint Paul à Athènes: « Athéniens, à tous égards vous êtes, je le vois, les plus religieux de tous les hommes. Parcourant en effet votre ville et considérant vos monuments sacrés, j’ai trouvé jusqu’à un autel, avec l’inscription : Au dieu inconnu. Eh bien ! Ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer. » (Actes des apôtres, XVII, 22-23.). Le paganisme porte secrètement en germe la Vérité. Quelle espérance, avec la Vierge Marie, pour les temps que nous vivons!<br /> La Vierge noire de Chartres habite maintenant mon cœur comme les très aimées Vierges noires d'Auvergne, et Notre-Dame de Rocamadour qui accueille ses enfants à l'abri du rocher.
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