Buxtehude, ou la soif de joie

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Publié dans Musique, Danse

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M
Merci Jean pour cette phrase : « Elle me jette au pied de la Croix vivifiante, sur laquelle le Cœur majestueusement livré inonde l’Histoire de ses flots inaltérables de grâce ! » et de partager avec nous et expliquer la pensée qui t’est venue sur « cervus » « servus » !
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J
Je remercie chacun pour son commentaire enrichissant et qui entraîne encore à l’émerveillement et la gratitude. Merci pour l’observation judicieuse des mots en cascade, pour remarquer la construction précise et la musicalité du latin, si bien accordée encore avec la réalité de l’eau. Merci beaucoup Jean pour ton magnifique apport, avec la réflexion très intéressante et enrichissante sur l’homophone « servus », et la leçon à en tirer sur son sens : « celui qui a « soif » d’apprendre ». J’ai aussi trouvé très beau, après le rappel des mots très réjouissants du Pape François, ce que tu écris : « La similitude de sa devise avec celle de Buxtehude, signature d’une « famille d’âmes », montre la plus importante des transmissions, y compris en Art : l’amour de Dieu et de son service. » <br /> Enfin, merci particulièrement pour ces mots qui m’ont profondément touché : « Elle me jette au pied de la Croix vivifiante, sur laquelle le Cœur majestueusement livré inonde l’Histoire de ses flots inaltérables de grâce ! ». Cela est bouleversant ; bouleversant rappel du Déluge d’Amour inouï de Jésus ! <br /> Merci enfin de donner cette si belle traduction du psaume 77ème, pour être entraînés dans le flot du Carême : « Dans le désert, Il les désaltère aux sources profondes ; du Rocher, il fait jaillir des eaux bondissantes ».
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J
Merci beaucoup, Jean, pour ce que tu as écrit : « Elle me jette au pied de la Croix vivifiante, sur laquelle le Cœur majestueusement livré inonde l’Histoire de ses flots inaltérables de grâce ! ». C’est vraiment très très beau et entraînant le sens de cette troisième écoute du texte latin avec ce que tu en comprends, merci ! : « (celui qui a « soif » d’apprendre) ! Oui, l’allégresse est promise au vrai disciple ».
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F
Merci, Jean, pour ton commentaire : pour ce que tu écris sur « la Croix vivifiante, sur laquelle le Cœur majestueusement livré inonde l’Histoire de ses flots inaltérables de grâce ! » ; et pour ce que tu as su entendre, ce mot « cervus » compris comme « servus » : que c’est beau et enthousiasmant ! Merci, Christine, de souligner cet enchaînement de mots en cascade dans le texte latin.
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L
Merci Jean pour ce que tu relèves : « en entendant « cervus », « cerf », on peut également comprendre son homophone : « servus », « serviteur » ; qui pourrait aussi se traduire par « disciple » (celui qui a « soif » d’apprendre) ! » C’est très beau et réjouissant !
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J
Merci, Joseph ! Avec la sympathique joueuse de théorbe, je souris largement à cette écoute.<br /> <br /> Quelle joie de recevoir en ce premier vendredi de Carême cette œuvre si bienheureusement zélatrice ! Elle me jette au pied de la Croix vivifiante, sur laquelle le Cœur majestueusement livré inonde l’Histoire de ses flots inaltérables de grâce !<br /> Oui, comme le chante le prophète : « Exultants de joie, vous puiserez les eaux aux sources du Salut ! » (Is 12, 3). Ainsi en va-t-il de l’unique véritable esprit de Carême : « Dans le désert, Il les désaltère aux sources profondes ; du Rocher, il fait jaillir des eaux bondissantes » (Ps 77, 14-15)<br /> <br /> Je sais gré, dans la grâce du baroque que je vénère, pour la rencontre avec ce compositeur, et avec cette forme musicale qui me plaît beaucoup en sa justesse, simplicité travaillée.<br /> Dès les premières notes, j’ai été enchanté : j’aime vraiment énormément l’introduction. <br /> J’ai ensuite été conquis par la magnifique interprétation, en dialogue avec les remarquables violons, dont j’ai particulièrement apprécié les traits finaux. <br /> M’ont particulièrement touchés les passages suivants : « Ad fontes aquaramu ita desiderat » ; « Ad te » ; « Quando veniam » ; « O » ; le dernier « Sitio » ; et, cela va sans dire, le « Gaudium supergaudium » (ce superlatif donne tant de gratitude !)<br /> <br /> Il est si réjouissant de voir l’immense, peut-être indépassable, Bach, être avant tout, par les pieds et le temps, disciple ! Comme l’enseignait le pape François ce 8 février : « Être disciples constitue, à tout moment, la plus belle chose qui nous soit arrivée ! » <br /> La similitude de sa devise avec celle de Buxtehude, signature d’une « famille d’âmes », montre la plus importante des transmissions, y compris en Art : l’amour de Dieu et de son service.<br /> Dans ce sens, m’est venue à la troisième écoute du texte latin une pensée que je n’avais jamais eue : en entendant « cervus », « cerf », on peut également comprendre son homophone : « servus », « serviteur » ; qui pourrait aussi se traduire par « disciple » (celui qui a « soif » d’apprendre) ! <br /> Oui, l’allégresse est promise au vrai disciple : « serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle dans les petites choses, je t’en confierai de grandes ; entre dans la joie de ton Maître » (Mt 25, 23) ! <br /> <br /> Béni soit De Moor, et, surtout, béni soit Buxtehude, qui nous entraînent, en contrepartie de l’hideuse mélancolie, dans cette « quête passionnée de joie » !
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C
Je goûte spécialement le texte latin (sans écouter la musique) et l'enchaînement des mots qui s'appellent l'un l'autre en cascade:<br /> "certa securitas, secura tranquillitas,<br /> et tranquilla jucunditas, jucunda felicitas,<br /> felix aeternitas, aeterna beatitudo et beata Trinitas".<br /> A chaque fois le nom appelle l'adjectif:securitas/secura ; tranquillitas/tranquilla; jucunditas/jucunda; felicitas/felix; aeternitas/aeterna; beatitudo/beata...<br /> Déploiement, bondissement qui s'enfle en torrent pour se jeter dans la Trinité.
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C
Merci pour cette soif et cette joie magnifiques, sources de conversion...<br /> Le Psaume 41 m'a toujours bouleversée et aidée à saisir la soif profonde de mon être:" mon âme a soif du Dieu vivant, quand le verrai-je, face à Face?"<br /> Mais l'entendre chanté ainsi a ouvert pour moi comme un appel irrésistible vers l'Eau Vive.<br /> Merci à Buxtehude en tout premier, bien sûr, mais aussi à toi, Joseph, pour ton article où chaque mot accompagne le morceau avec tant de justesse qu'il augmente la soif et la joie; et merci pour vos commentaires.<br /> J'ai particulièrement aimé ce "déploiement plein de clarté", que tu notes, du deuxième "desiderat"; déploiement et débordement sont bien les mots qui permettent de saisir cette quête ardente.<br /> J'ai aimé aussi tout particulièrement la petite pause après tous les "sitio": elle me parle de l'âme altérée qui doit reprendre souffle mais repart de plus belle tant est grand son désir.<br /> La jubilation de la répétition de ce "ô" (2'13) a été très contagieuse pour moi, comme celle du "gaudium" final qui inonde le cœur.<br /> Merci pour ce tu nous dis de la pureté, de la limpidité; et pour tes propres répétitions qui nous entraînent: "qui coule, qui coule", "qui enfle, enfle".<br /> Merci enfin pour le commentaire de Frantz sur cette mélodie si fluide dans une structure sans cesse répétée: joie qui, contrainte de tout côté, s’est haussée au plus haut.
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L
Merci Joseph pour la découverte de cette œuvre musicale extraordinairement belle et réjouissante. Elle imprime sur mon visage un sourire béat que je ne peux réprimer. Il y a d’abord le désir de l’âme « desiderat » qui à 1’15 s’exprime déjà pour la troisième fois et qui, ne pouvant plus être contenu, s’étire admirablement. Puis cette soif qui, à partir de 3’00 se répète elle aussi en trois vagues d’une insatiable supplication haletante. <br /> J’aime ensuite énormément le passage de 4’33 à 5’35, où chacune des expressions se succèdent en répétant le second des deux mots précédents. Cela m’évoque une cascade où l’eau bondit de rocher en rocher : chaque réalité entraîne vers une autre, toute proche, mais encore plus belle. Et ainsi de la « certitude » nous arrivons, sans attente, à la « vision bienheureuse de Dieu » ! A partir de « felix » (5’05) l’eau vive a même pris tellement de vitesse que les répétitions cessent : magnifique accélération des mots et des réalités. Pour aboutir à cette sublime et torrentielle expression de joie : « supergaudium » !
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F
Merci pour la joie de découvrir cette œuvre musicale de toute beauté ! J’ai d’emblée, grâce à ton article, une grande admiration pour Buxtehude, dont je ne connaissais presque rien. Déjà, sa devise, magnifique et édifiante, et le lien d’influence, de si bonne influence, avec Jean-Sébastien Bach ! Concernant ce « Quemadmodum desiderat cervus », ce qui me touche sans doute le plus, c’est que Buxtehude ait choisi pour mettre en musique ce psaume (et son déploiement) la forme de la chaconne : « variations sur un thème de quatre mesures répété à la basse ». À mes yeux c’est tout sauf un détail : le fait que le ténor déploie une mélodie si fluide, dansante et imprévisible comme l’eau (ou comme le feu !), sur une structure très simple, courte et sans cesse répétée, presque strictement redondante, apporte une indication de poids, bien que sans mots, à la prière biblique. Oui, il me semble que cela dit combien la vraie joie, la joie exubérante, débordante, ne peut jaillir que d’une âme qui a embrassé un cadre précis et immuable, une discipline répétée, une « contrainte » quotidienne volontairement acceptée et choisie, qui lui permette de déployer le meilleur d’elle-même et d’élever toutes ses facultés au plus haut, un peu comme le barrage force un cours d’eau à s’élever pour déborder avec encore plus de puissance. Sans cette contrainte, la soif serait-elle aussi forte ? Et la joie de désirer et de contempler, déjà, Celui que l’on désire, serait-elle aussi grande sans cette limitation qui pousse à répéter sa prière, mais avec à chaque fois plus de hauteur, de désir, de grandeur d’âme ? Et avec quelle vigueur Buxtehude en arrive-t-il à chanter sa joie, « ô joie, immense joie, joie incomparable, qui surpasse toute joie ! » Oui, c’est ce déploiement du « gaudium, super, supergaudium », magnifiquement interprété par le ténor, c’est cette joie qui, contrainte de tout côté s’est haussée au plus haut, c’est cette joie-là qu’avec les cœurs assoiffés du psalmiste et du musicien, je désire à mon tour !
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J
Merci pour cet article. Une fois de plus, je me réjouis devant la beauté de la transmission et de l’influence d’un maître qui façonne le disciple, ici Dietrich Buxtehude sur Jean-Sébastien Bach. En ce sens, j’ai trouvé très beau l’acte de Jean-Sébastien Bach de vénération et de piété que tu rapportes, Joseph. Quelle magnifique vocation est manifestée à travers la devise de Dietrich Buxtehude : tout rapporter à Dieu puisqu’il est l’Auteur de tout Bien. Je remercie pour ceux qui vivent leur art et les dons qu’ils ont reçu de Dieu comme un service pour conduire les autres à Dieu. <br /> Je rends grâce pour la musique baroque, magnifique ! Merci pour la possibilité d’écouter tout en suivant le texte latin et la traduction. La partie instrumentale est vraiment très belle, et j’ai été émerveillée par la manière dont s’accordent magnifiquement bien le théorbe, la voix du ténor très claire (à l’image de cette soif des eaux vives qu’il chante peut-être) que j’ai beaucoup apprécié écouter, et la Parole de Dieu qui unifie tous ceux-ci. <br /> Voilà le mot qui m’est venu en écoutant cette œuvre : harmonie. Merci, Joseph, pour tes mots au sujet de l’esprit du Psaume : « une quête passionnée de joie. ». Je trouve très beau le chant qui s’élève en illustrant dès lors le mouvement de l’âme, légère vers son Créateur, vers Celui qui abreuve sa soif. C’est tout spécialement le cas pour le « O » chanté de « Ô Source de Vie ». Dans la traduction, j’ai trouvé très marquée l’insistance avec laquelle est exprimée cette soif : « J’ai soif, Seigneur, Tu es la source de la vie, j’ai soif de Toi, Seigneur, j’ai soif ! » <br /> J’ai énormément aimé la répétition de « Gaudium » (vers 6’17). On pressent que toutes les forces vives sont centrées sur le But qui est JOIE et allégresse ! C’est comme ivresse de la joie en Dieu. Merci alors pour tes mots : « Enfin survient cette jubilation finale (5’48) qui nous laisse inondés de joie, avec la répétition du mot<br /> « gaudium », qui enfle, enfle, pour, du ruisseau initial, devenir un torrent d’allégresse ! » Quelle réalité extraordinaire ! Quelle bonté incomparable est manifestée ici : le Grand Dieu veut faire le don inestimable à ses créatures de les ouvrir à son Bonheur ! : <br /> « éternité de joie, éternité de bonheur en la bienheureuse Trinité, <br /> chez la Trinité Une, en Dieu Un, dans la vision bienheureuse de Dieu,<br /> qui est ta propre joie, Seigneur, ô joie, immense joie,<br /> Joie incomparable, qui surpasse toute joie »
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M
Merci Joseph pour cette magnifique œuvre que tu partages avec nous qui m’a beaucoup réjouie. <br /> D’abord, merci pour tout ce que tu expliques d’historique et pour ce réjouissant lien que tu rapportes avec Jean Sébastien Bach qui fut son disciple. La similitude des devises est frappante et elles sont toutes deux tellement belles et explicites ! Comme il est beau de penser à ces artistes profondément et totalement dévoués et tournés vers la Gloire et la louange de Dieu seul. Comment ne pas penser à un autre splendide chantre de Dieu, saint Louis-Marie de Montfort, dont la devise était « Dieu seul ». <br /> Merci pour la traduction de cette prière si belle. Concernant les premiers versets du psaume 41e j’aime cette traduction avec les mots « désire » et « soupire » remplaçant le verbe « chercher » qui est plus habituellement utilisé il me semble, parce qu’ils m’évoquent une quête plus vitale et engagée et cela fait d’ailleurs mieux écho je trouve ici au mot « primordiale » qui suit. Et je trouve très belle l’interprétation des deux « desiderat » qui « trainent ». Je suis très touchée par cette phrase en particulier : « J’ai soif, Seigneur, Tu es la source de la vie, j’ai soif de Toi, Seigneur, j’ai soif ! » et dans l’interprétation j’ai beaucoup aimé les « sitio », ainsi que par celle-ci: « Tu me purifies pour que je contemple ce jour que Tu fis, Seigneur, » qui évoque notre vie sur terre comme pèlerinage vers le Ciel, entrainement à la vie du Ciel, préparation au Grand Passage, et vers lequel elle doit tendre, et qui suppose oui de se laisser purifier par le Seigneur. Et pour quoi ? Pour cette Joie Eternelle !! « qua est gaudium Domini tui, o gaudium, super, supergaudium, vinces omne gaudium. », que l’interprétation de ces mots est magnifique ! C’est ce que j’ai préféré et qui m’a donné de la joie, la répétition si belle et entrainante des « gaudium » notamment celui à 6,16’. C’est tellement réjouissant, et une telle Espérance de tendre vers cette Eternité de Joie ! <br /> J’ai aimé aussi la manière dont est chantée « Quando veniam et apparebo » à 1,55’ et toute la mélodie en général avec les cordes basses et les violons.<br /> Je rends grâce pour cette belle et profonde œuvre !
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