Bach, Oratorio de Noël : prière d’une âme simple

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Publié dans Musique, Danse

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J
Merci pour ce partage. <br /> Avec Bach, authentique génie, on comprend le sens profond de l’art (et pourquoi il n’y a au fond peut-être pas tant que cela de vrais artistes) : il se situe aux antipodes de l’esthétisme, de la « création » artistique pour elle-même ou pire, pour soi. Ainsi en va-t-il de ces oratorios construits, entre passages bibliques, dialogues et prières, pour aider à rencontrer Dieu : rien de plus, rien de moins. <br /> La phrase que je trouve la plus belle en cette heure est celle-ci, dans le quatrième choral que tu présentes : « Je viens, je porte et je te donne ce que tu m’as donné ». Oui, « qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1re Lettre aux Corinthiens 4, 7)
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M
Je te remercie Frantz de me permettre de découvrir ces extraits de l’oratorio de Noël, je trouve très beau ce projet de Bach avec des récits bibliques, des méditations priantes, et son souci d’« inviter l’auditeur à s’impliquer spirituellement et à ne pas rester simple spectateur », avec des « airs généralement populaire, facile à retenir et souvent déjà connu des fidèles, afin que ceux-ci le fassent leur ». Merci pour ton titre, « prière d’une âme simple », c’est une des choses qui me frappe dans ces chorals écoutés.<br /> Dans le premier je suis surtout touchée par ces mots : « Ô Désir du monde entier ».<br /> Dans le deuxième comme toi j’aime ce thème de Noël de la lumière et j’ai trouvé très belle la manière de chanter la dernière phrase. <br /> Dans le troisième, j’aime ces paroles d’espérance quant à notre cœur, « trou sombre » : « Pourtant, dès que les rayons de ta grâce » / « Apportent la moindre lumière » / « Il semble être rempli de soleil ».<br /> Enfin dans le quatrième choral ces mots me touchent : « Ô petit Jésus, ma vie » !<br /> Merci pour cette belle œuvre partagée avec nous.<br /> Merci Joseph pour le lien avec l’Hostie reçue à la Messe.
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J
Merci pour la joie profonde de découvrir ou réentendre ces chorals de Bach. Je suis impressionné, dans le sens de ce que tu écris, par l’alliance de la simplicité et de la profondeur, spécialement dans la mélodie bien connue du premier choral. Je rends grâce pour ces compositions si justes, qui s’imposent dans l’Histoire de la piété, jusqu’à devenir des airs de cantiques populaires que tous peuvent reprendre en chœur, justement. Et je trouve que cela montre bien la vocation de serviteur de l’artiste, qui ne cherche pas tant à inventer de nouvelles œuvres (même si sa grâce propre le fait toujours, et quel don pour nous !) qu’à prolonger, embellir, pour célébrer Dieu avec son Peuple. <br /> Quant aux prières, si belles, je retiens deux aspects en particulier : <br /> - Celle du deuxième choral m’évoque la bouleversante venue de Jésus dans notre cœur, par l’Hostie reçue à la Messe lors de la communion : quelle joie de penser à ce petit « soleil » qui vient illuminer le pauvre « logis du cœur », « trou sombre », mais transformé en « appartement royal » par le Roi Lui-même !<br /> - Celle du dernier choral, avec ces mots remplis de tendresse et le désir d’union à l’Enfant Jésus, qui se passent de mots en effet.
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J
Merci, Frantz, pour ce partage. En lisant l’explicatif (pas de mise en scène, récit biblique, méditations priantes, implication de l’auditeur à ne pas rester simple spectateur), je me suis dit que ce devait être un beau moyen pour vivre les jours du Mystère de Noël. J’ai apprécié la pédagogie de Bach dans son choix de composer sur des airs populaires. Cela fait beaucoup penser à l'admirable saint Louis-Marie de Montfort qui écrivait ses cantiques sur des airs connus des gens. Dans le texte du premier choral, j’ai en particulier aimé : « Ô Désir du monde entier ». Dans le deuxième, je me suis arrêtée sur : « Ton éclat détruit toutes les ténèbres », car je trouve beau de penser qu’un éclat soit capable de détruire les ténèbres. Voilà un grand mystère : la Lumière, Jésus, naît, et toutes les ténèbres sont pulvérisées par l’Amour… Le texte du troisième chorale est celui qui m’a davantage plu pour l’expression du souci d’offrir une jolie demeure à ce petit Enfant Jésus, et la conséquence de ce désir aimant : la Lumière visite ce pauvre logis, l’illumine et l’embellis. J’ai aimé les termes se rapportant à la Lumière : « rayons », « soleil », à l’inverse de « sombre ». Enfin, je trouve beaux ces mots d’amour sur lesquels on ne peut trop parler : « Ô petit Jésus, ma vie ». Musicalement, j’ai apprécié surtout le premier choral et le dernier pour leur mouvement.
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C
Merci Frantz de nous relayer ainsi le désir de Bach d'impliquer son auditeur, de le détourner d'une écoute purement musicale pour lui permettre de prendre part au grand mystère de l'Incarnation, avec simplicité et amour.<br /> Je suis touchée par ce projet presque pédagogique d' "un air généralement populaire, facile à retenir et souvent déjà connu des fidèles, afin que ceux-ci le fassent leur". J'y vois la même sollicitude, le même souci de partager l'essentiel que dans la lumineuse idée de Saint François d'Assise, suscitant la première crèche vivante, à Greccio, il y a 800 ans , la nuit de Noël 1223.<br /> Le premier choral ainsi que le dernier, écrits à la première personne , me rejoignent, de ce fait, tout particulièrement.<br /> Et je fais miennes ces prières: <br /> "comment vais- je te rencontrer?"<br /> "je viens, je porte et je te donne ce que tu m'as donné (...) prends tout"<br /> Peut donc monter en mon cœur le même très intime hommage: "ô petit Jésus, ma vie ."
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L
Merci Frantz pour la découverte de ces quatre chorals, et une fois encore pour ta manière de les introduire en nous précisant tout le contexte de l’œuvre. J’ai aimé notamment imaginer cet oratorio de plus de deux heures, conçu comme un opéra, mais sans mise en scène, et avec ces alternances dont tu parles. <br /> Dans le premier choral je retiens surtout cette expression « Ô Ornement de mon âme » que je trouve très poétique.<br /> Musicalement c’est le deuxième choral que je préfère. En particulier la première phrase si allante. Je trouve très beau et très bien rendu ce thème de la lumière puissamment victorieuse sur toutes ténèbres !<br /> Ce que j’aime dans le troisième extrait est ce qui pourrait sembler être une contradiction entre « la moindre lumière » et « rempli de soleil ». Ce contraste souligne la force et la puissance de la lumière de Dieu, et cela donne de la joie, une joie simple (celle de « l’âme simple »).<br /> La dernière phrase du quatrième chorale : « Et que cela te soit agréable ! » fait écho, de manière très belle je trouve, à ce que l’on entend déjà à la fin du premier sur le désir de correspondre à ce qui plait à Dieu. Cela semble ainsi encadrer ces quatre œuvres, et c’est peut être que le message que je voudrais retenir de cette écoute : le désir d’apprendre ce qui fait plaisir à l’Enfant de la crèche.
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