La Bretagne, par Franz Stock

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C
Pour le lien entre poésie et sainteté, pardon d'avoir manqué de clarté: je ne voulais parler que de Franz Stock; il est malheureusement de nombreux poètes "maudits", exaltant le Mal...Tous les poètes ne sont pas saints!<br /> Et pour renverser la question et savoir si tous les saints sont des poètes, il faudrait étudier la dimension mystique de l'inspiration poétique: immense projet!
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F
Merci à chacun pour vos commentaires si enrichissants ! Particulièrement à Jeanne, pour ce que tu dis sur ceux qui se font « réceptacles des mystères » pour les transmettre aux autres (comme on en a besoin, et combien on leur doit !), et Jean pour ta question : « tous les saints étaient-ils poètes ? » Ne l’étant pas moi-même (ni saint, ni poète !), je serais bien incapable de répondre à une telle question, mais j’ai de la gratitude pour le fait qu’elle soit posée, car elle donne le vif désir de savoir ce que sont, profondément, la sainteté et la poésie, au sens de connaître et en vivre soi-même !
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J
Merci beaucoup pour ce bel article qui me touche…<br /> Indépendamment de la personne de Franz Stock à qui je suis si attaché, je relèverai d’abord, bien sûr, ses mots si justes pour définir « l’esprit breton » : « beauté » ; « sérieux profond » ; « fait de vérité, proche de la nature et ennemi de tout fard » ; « art paysan profondément pieux, faisant figurer pour l’éternité ses saints de granit à la croisée des chemins ».<br /> Tu les prolonges, Frantz, avec beaucoup d’à-propos : « son désir de rencontrer et d’apprendre à connaître ce qui lui était étranger. Il a su voir le caractère profond des Bretons à travers leur environnement. Il n’a pas non plus méprisé ses légendes et croyances, à l’instar des premiers évangélisateurs de Bretagne qui s’en sont plutôt servi, avec discernement, pour conduire les âmes à la vraie foi. Quel respect on sent là ! » ; « l’esprit breton, qu’il a su manifestement saisir en profondeur, et dans lequel il a sans doute reconnu ce même esprit qu’il vivait lui-même : cette force d’âme qui peut endurer bien des souffrances – et combien il a dû en porter dans sa vie ! –, ce regard enfantin aimant la beauté de la Création tout en y décelant la puissance gigantesque de Dieu, cette fierté noble, cet attachement viscéral à la Foi et à la Tradition fidèlement reçue et transmise… Et cette ouverture vers l’Altérité, si bien représentée par l’océan ; cette véritable et vibrante aspiration vers le divin ! »<br /> Je remercie aussi pour ton commentaire, Jeanne, que je trouve vraiment très beau, profond, touchant et même encourageant ! Avec toi, je m’émerveille de la puissance évocatrice de la vraie poésie !<br /> À ce sujet toutefois, tu écris, Christine : « poésie et sainteté allant de pair dans le désir de se mettre au service de la Beauté et de la Bonté de Dieu ». Je ne sais pas si je rejoindrais de manière générale cette « définition » de la poésie ; d’autre part, si l’on peut peut-être se poser la question « Tous les saints étaient-ils poètes ? », on peut en tout cas répondre par la négative à son contraire !<br /> Enfin, merci, Joseph, pour ce que tu relèves quant à l’admiration, si essentiel ; et Marguerite pour ta remarque sur le havre de paix.
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C
Merci Frantz pour cet article: je connaissais et aimais le saint, Franz Stock, je découvre le poète, et je ne peux m'empêcher de faire le lien entre les deux, poésie et sainteté allant de pair dans le désir de se mettre au service de la Beauté et de la Bonté de Dieu; "sensibilité en éveil" , "sérieux profond" et "pudeur très recueillie" me semblent dire si bien ce qui unit les deux.<br /> J'aime son regard contemplatif sur les paysages bretons, ("avoir en silence suivi des yeux et salué le soleil déclinant"), avec cette prédilection pour les "soirées sans bruit"...<br /> J'aime sa bienveillance envers les gens, sa capacité à les approcher et à les aimer...<br /> J'aime sa joie simple à savourer les biens du terroir, crêpes et cidre...<br /> J'aime sa façon d'admirer la piété sans la séparer de la culture ancestrale...<br /> Ce texte éclaire pour moi sa sainteté.<br /> Il rejoint dans mon cœur tous ceux qui chantent si bien la Bretagne: Jean-Pierre Calloc'h, Xavier Grall, Charles Le Quintrec, Léo Pastor...
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M
Merci Frantz de partager avec nous ces si belles et profondes lignes poétiques de Franz Stock sur la Bretagne. Ce qui m’émerveille le plus c’est que comme tu l’écris : « on devine, derrière ces lignes admiratives, de longues heures de contemplation, d’étude de l’Histoire bretonne, de rencontre et de dialogue avec les gens du pays, bref, une sérieuse et profonde découverte. » et je me dis aussi quel havre de paix sans doute Franz Stock a-t-il trouvé dans ce beau pays Breton, lui qui par son ministère durant cette guerre a tant connu les ténèbres et les souffrances des hommes, et je trouve cela très beau. <br /> J’ai particulièrement aimé ces mots : « là où le ciel touche l’eau et l’embrasse » et ce lieu du sommet du Menez-Hom a l’air magnifique ! (selon quelques photos trouvées sur internet). J’ai aimé aussi ce qu’il dit à travers ces mots : « On sent ici très intimement à quel point deux mondes se mêlent et font corps, ce que nous pouvons admirer et saluer avec une pudeur très recueillie. ». Je te rejoins tout à fait lorsque tu écris : « En lisant ces lignes, je ne peux que constater le lien évident avec le regard d’un autre poète, avec une autre hymne à la Bretagne, et m’émerveiller de l’unisson à travers les âges de ces deux cœurs empli du véritable esprit breton : je veux parler de Léo Pastór et de son Kalon Breizh, qui m’avait tant touché ! », « Pour chacun d’eux, j’exprime ici ma gratitude. » !
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J
Merci pour cet article. Ce fut une grande joie de lire ces mots de Frantz Stock : saint admirable, mystère de bonté et de souffrances portées qui invite au silence… Tout d’abord, je suis émerveillée par le profond respect de Frantz Stock pour cette terre qu’il honore ici à travers son écriture poétique. J’admire son cœur ouvert qui rencontre alors la profondeur de cette terre dans son esprit, son histoire et son authenticité ("un univers nouveau, fait de vérité, proche de la nature et ennemi de tout fard"). J’admire et je remercie ceux qui savent être les réceptacles des mystères (au sens large), qui recueillent la beauté et qui transmettent avec générosité et bienveillance quelque chose du secret accueilli à ceux qui n’ont pas su s’ouvrir d’eux-mêmes. Voilà, je rends grâces pour les mots de Frantz Stock sur ceux qui reçoivent les révélation comme ici celle de la Bretagne : « découvrant cependant toute sa splendeur et sa modestie à ceux qui savent y prêter attention, à ceux dont la sensibilité est en éveil, à ceux qui savent admirer un univers nouveau » J’ai été touchée de lire les premières lignes qui font comprendre que Frantz Stock ne s’est pas empressé de parler, mais il a pris le temps. Il a écouté, regardé, rencontré, senti « avec une pudeur très recueillie » avant d’oser mettre des mots sur ce qu’il voyait et contemplait. En ce sens, je retiens spécialement ces deux extraits : « Il faut avoir visité plus d’une fois » ; « pour pouvoir décrire quelque peu ». J’admire son âme de disciple qui écoute et regarde pour apprendre, pour « avoir en silence suivi des yeux ». Il se fait discret. Il recueille les témoignages sans faire de bruit, afin de ne pas déranger la terre et ses habitants qui l’accueillent. J’admire la fraternité qui rayonne de l’âme de Frantz Stock lorsqu’il livre l’acte posé envers Frère Soleil, dans l’esprit franciscain : « salué le soleil déclinant ». J’ai été touchée par son regard poétique sur le coucher du soleil breton « dans la mer ». En effet, je trouve ce regard délicat, bien plus que la formulation du soleil qui se couche sur la mer. J’ai beaucoup aimé la description de la « petite maison paysanne », car j’en suis presque venue à entendre, un peu, le feu dans la cheminée, ou encore à sentir, un peu, les différents parfums (« des crêpes fraîches, l’odeur de ferme qui vient de l’étable et des cours de fermes avoisinantes »). C’est quelque chose que je trouve remarquable dans le travail d’écriture et encore plus lorsqu’elle est poétique : parvenir à éveiller le lecteur jusque dans ses sens auditifs, olfactifs et mêmes parfois gustatives au moyen des mots, des images utilisées et de la description. Je remercie pour le service qui, au moyen de l’écriture et de la poésie, éveille à la beauté, à la vie !
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L
Merci Frantz, je suis très impressionnée par la beauté poétique et la profondeur de cette introduction de Franz Stock ! Comme tu le soulignes ensuite, je suis moi-aussi très admirative de son amour de l’altérité qui s’enracine dans une saine et sainte crainte de l’autre. Il s’immerge dans l’esprit breton, mais sans s’imposer, avec un profond respect. On imagine, en lisant ces mots, combien il doit encore, après tant d’observation aimante, continuer à se sentir entièrement dépassé par la réalité de l’identité bretonne. Cet amour réel et incarné me touche beaucoup, et me remet en cause… Après tant d’années ai-je su être de « ceux dont la sensibilité est en éveil » ? Dans tous les cas, il me donne le désir aujourd’hui d’en être, pour apprendre à accueillir toute cette beauté !
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J
Merci pour la joie profonde de découvrir cet écrit de Franz Stock, riche de leçons et admirable de justesse dans sa poésie et sa simplicité. Comme toi, je suis très frappé par la capacité d’accueil de cet homme à la culture pourtant bien différente, il me semble ; par la manière dont il a su faire vibrer son cœur à l’unisson de l’esprit breton, selon sa grande sensibilité. Je trouve plus que touchant et entraînant l’exemple de vénération qu’il nous offre ici, et je suis frappé par sa disponibilité de cœur : « sous le coup de l’étonnement, les avoir admirés » ; « ceux qui savent y prêter attention, à ceux dont la sensibilité est en éveil, à ceux qui savent admirer » ; « ce que nous pouvons admirer ». Trois fois le verbe « admirer »… C’est sans doute la grande vertu du poète. <br /> Comme toi encore, je suis frappé par la manière dont Franz Stock a su regarder et apprendre, avec grand respect et délicatesse, et dans le temps long ; par la largeur de sa connaissance à la fois précise et qui sut dégager les grandes lignes de cet esprit breton. <br /> J’ai particulièrement été touché par ces trois passages : <br /> « …découvrant cependant toute sa splendeur et sa modestie […] un univers nouveau, fait de vérité, proche de la nature et ennemi de tout fard. » ; <br /> « On sent ici très intimement à quel point deux mondes se mêlent et font corps, ce que nous pouvons admirer et saluer avec une pudeur très recueillie. »<br /> « Il faut, sous la chaire d’une église de village, avoir écouté un sermon breton ; alors quelque chose se dévoile de l’âme de ces gens, qui si volontiers prient un de leurs saints pétris de cette terre rugueuse et adressent un ‘‘De profundis’’ aux chers défunts jamais revenus, qui loin dans les flots d’Islande, trouvèrent leur dernier repos. »<br /> Enfin, je te remercie pour ton expression, à laquelle je m’associe entièrement, avec gratitude, par rapport au lien entre Franz Stock et Léo Pastór : « Pourtant de genres et de styles différents, ces deux œuvres sont certainement sœurs, comme sont frères, cela ne fait aucun doute, ces deux hommes qu’inspire un même Esprit ! »
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