L'art de la forge

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Publié dans Artisanat d'Art

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J
Merci beaucoup Jean pour l’apport de la très belle version latine, plus musicale en effet ! Et pour la fin de ton commentaire qui laisse en effet plus que songeur, avec la densité des mots choisis pour marquer ce contraste terrible entre « frapper » et « pianoter » ; « à l’épreuve du temps » et « pour tuer le temps »…
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M
Merci beaucoup Jean pour l’extrait en effet tellement musical de la Séquence en latin ! Et pour ta grave interrogation à la fin de ton commentaire.
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J
Merci pour cet article très bien « forgé », sur un sujet passionnant !<br /> « Alliance de solidité et de délicatesse », comme l’écrit Christine, voilà une bien belle caractéristique de ce qui est noble ; de même que celle, comme tu l’exprimes heureusement, entre la dimension poétique et le dur labeur (ici : bruit continu, brûlures, stations debout, tension musculaire…) qui n’est pas sans m’évoquer l’art du fileur de verre ; encore davantage si l’on considère ce que tu y ajoutes si justement sur ce que j’appellerais la science des temps et des moments !<br /> Concernant les illustrations, j’ai apprécié la première photographie de ce « photographe anonyme », mais surtout le tableau si réussi de Kroyer, avec notamment ce ruissellement et tournoiement d’étincelles.<br /> J’ai été très heureux de voir la langue française mise à l’honneur, avec les formidables expressions : « une âme bien trempée » et « forger son caractère » ; ainsi que, bien sûr, l’étymologie issue du psautier, qui amène parfaitement la conclusion inspirée sur le Divin Forgeron, avec l’extrait de la sublime Séquence, qui est plus musical, je trouve, en latin, que dans cette traduction : <br /> « Flecte quod est rigidum<br /> Fove quod est frigidum<br /> Rege quod est devium. »<br /> <br /> Passer de frapper sur du métal pour en faire des épées à l’épreuve du temps… à pianoter sur des écrans pour tuer le temps : comment ne pas rester songeur devant une telle dégringolade anthropologique ?
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F
Merci beaucoup pour cet article si intéressant ! Déjà, j’ai découvert la date si ancienne de l’apparition de cet artisanat. J’ai trouvé très impressionnant ce que tu écris sur la maîtrise des éléments qu’il demande, ainsi que du temps, ce qui laisse imaginer la difficulté de l’apprentissage, et la patience du maître qui transmet son savoir-faire ! Je trouve éminemment beau ce que tu dis sur la double dimension, à la fois très poétique et très incarnée (mais comme tu l’écris, je comprends bien que l’un ne va jamais sans l’autre) de l’art de la forge : « La poésie et la noblesse qui entourent cet artisanat sont aussi faites de sueur et de douleurs, comme toute poésie et noblesse authentiques, sans doute... ». Merci pour les expressions que tu relèves, car je n’avais jamais vraiment réfléchi à ce à quoi elles renvoient d’ « habileté avec souplesse, persévérance avec attention, précision avec force ». J’ai beaucoup apprécié le tableau de Kroyer, où l’on perçoit très bien ce silence concentré, mêlé des bruits réguliers du marteau, du feu. J’aime ce jeu de lumière entre obscurité ambiante et étincellement et rougeoiement des lames. Merci, surtout, pour ce que tu écris sur le Divin Forgeron, avec la citation si belle du Veni Sancte Spiritus, et pour cette phrase qui m’a touché : « J’ai ainsi aimé penser à l’âme, façonnée par ses soins, qui doit parfois passer par le feu de l’épreuve, ou être retrempée dans l’eau de l’humilité, afin de devenir un bon outil entre ses Mains. »
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M
Merci Joseph de partager avec nous ton émerveillement sur l’art de la forge ! Je ne connais pas du tout cet « univers ancestral » mais cela m’intéresserait beaucoup je crois de le découvrir concrètement si j’en avais un jour l’occasion. Déjà du simple fait, comme tu l’écris, qu’il soit « vieux de sept millénaire », et également du fait qu’il associe d’une manière unique le feu, l’eau, le fer et l’air. Métier noble et ancestral, cela ne peut être qu’intéressant en soi ! Mais sans idéalisation évidemment, et ayant bien à l’esprit que « la poésie et la noblesse qui entourent cet artisanat sont aussi faites de sueur et de douleurs, comme toute poésie et noblesse authentiques, sans doute... ». Merci de rappeler cette expression de « forger son caractère » et je le relie à ce que tu écris un peu plus haut, « le forgeron doit manier habileté avec souplesse, persévérance avec attention, précision avec force ». Pour cela merci de rappeler que le Maître Forgeron est l’Esprit Saint et pour cette phrase : « J’ai ainsi aimé penser à l’âme, façonnée par ses soins, qui doit parfois passer par le feu de l’épreuve, ou être retrempée dans l’eau de l’humilité, afin de devenir un bon outil entre ses Mains », ainsi que pour l’extrait du si beau Veni Sancte Spiritus. Merci pour les photos j’aime particulièrement la première, notamment de voir ce gros marteau et la manière dont le forgeron le tient. Dans la peinture de Peder Severin Kroyer je suis frappée par la concentration de ces ouvriers, elle semble régner, et d’imaginer l’apprentissage du jeune homme et du jeune garçon, peut-être auprès de leur père. J’aime la lumière du feu qui se reflète notamment sur le garçon ainsi que les étincelles et le fer brûlant sous les coups des marteaux (la température que tu indiques pour que la lame soit forgée est tellement impressionnante).<br /> Merci Christine d’évoquer « l’alliance de solidité et délicatesse ».
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J
Merci Joseph pour ton article qui m’a beaucoup plu ! L’esprit de ce dernier m’a fait penser à autre article que j’avais trouvé passionnant : « Le Maître de la viridité » (http://www.qja.fr/2021/06/le-maitre-de-la-viridite.html). J’ai apprécié le tableau du peintre Peder Severin Kroyer, car j’ai trouvé intéressant la façon dont sont mises en valeur les deux sources de chaleur/lumière : celle du four qui se retrouve sur le visage du jeune ouvrier, et celle de la réaction produite lors du contact entre le fer frappé par l’outil, créant alors les étincelles. Elles forment une sorte de cascade de petites lumières. <br /> J’ai aimé percevoir l’importance de la maîtrise au sens large. Tu mentionnes les éléments (le fer, l’eau, le feu et l’air) et le temps. En regardant le tableau et en lisant tes mots : « Travailleur contemplatif dans la solitude, il doit pourtant sacrifier son silence en supportant le martèlement ininterrompu du marteau sur l’enclume, les brûlures du feu et les longues stations debout. », je me suis dit que cet artisanat devait aussi demander une grande maîtrise de soi. En effet, entre le bruit, la chaleur, le travail dans la pénombre ponctuée seulement par de très vives lumières, l’exigence physique…, il faut savoir rester concentré, maîtriser ses nerfs et ses sens, et vivre de ces vertus relevées : « manier habileté avec souplesse, persévérance avec attention, précision avec force ». J’ai aimé les expressions liées à l’art de la forge, car cette tâche de forger son caractère grâce à des « bonnes influences » est je trouve quelque chose de très beau ! J’ai alors aimé cette citation de Saint-Exupéry : « Il faut que je forge les hommes pour qu’ils servent », car j’admire ceux qui « forgent » les autres au prix de beaucoup d’investissement de leur part, de patience, de travail ardu, de soins… Quel dévouement admirable et très honorable ! En ce sens, j’’ai beaucoup aimé lire cette vertu écrite : « transmission rigoureuse ». Enfin, ce que j’ai préféré c’est ce nom « Divin Forgeron ». Qu’elle est belle cette demande du Veni Sancte Spiritus !! Merci pour ces images : « être retrempée dans l’eau de l’humilité, afin de devenir un bon outil entre ses Mains ».
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C
Merci Joseph pour cet article tellement riche sur l'art de la forge.<br /> J'aime énormément les grilles en fer forgé, les balcons, les tonnelles; j'y trouve souvent une grande harmonie avec la nature; et l'alliance de solidité et de délicatesse me charme.<br /> Merci tout d'abord pour la splendide photo qui ouvre ton article et nous fait entrer dans cet univers "mystérieux et fascinant": la fine arabesque de feu, dans son contraste avec le lourd marteau , nous dit si bien cet art de précision et de force, d'élégance et de vigueur.<br /> J'ai beaucoup aimé le tableau de Kroyer, la pluie d'escarbilles dans l'obscurité de la forge et l'impression de grande concentration qui se dégage du forgeron et de ses apprentis.<br /> Je n'avais jamais réalisé que cet art de la forge requiert la maîtrise des 4 éléments et je trouve cela si noble! mais ce qui m'a le plus frappée est ce que tu ajoutes sur "l'art du temps": maîtriser le temps, trouver l'instant,- ni trop tôt ni trop tard-, demande une extrême et remarquable vigilance,emblématique des grandes missions ...<br /> Tes recherches linguistiques m'ont aussi beaucoup intéressée ; oui, ces expressions sont très belles: "une âme bien trempée", "forger son caractère"; elles nous disent la beauté du travail intérieur et l'acuité de l'entreprise.<br /> Enfin, merci pour la supplique au Divin Forgeron!<br /> Puissions-nous nous laisser façonner entre ses Mains, et, humblement, entre le marteau et l'enclume, passer par le feu jusqu'à devenir souple et malléable, pour devenir la pièce unique imaginée et voulue par le Créateur!
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L
Merci Joseph de partager avec nous ton intérêt pour cet art que je trouve très impressionnant, en particulier cette réalité de devoir manier « persévérance avec attention, précision avec force », en supportant bruit et chaleur ininterrompus. J’aime beaucoup la première photo et cette spirale, encore rougeoyante, qui prend forme.<br /> J’ai aimé m’arrêter sur ce que tu écris sur l’importance de la transmission, et dans ce sens sur le tableau de Peder Severin Kroyer. Je trouve beau cet homme travaillant avec ses deux garçons. Ils ne parlent pas, mais le père et l’aîné regardent le même objectif, avec une évidente attention mutuelle, pour être en parfaite coordination. Je trouve belle la manière de traduire obscurité et lumière, et la présence des innombrables étincelles.<br /> Merci particulièrement pour ce que tu exprimes par rapport à l’Esprit-Saint « Forgeron » de l’âme et pour cette magnifique prière redonnée !
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