Royal Regard

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Publié dans Dessin et peinture

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F
Merci, Jean, pour ce que tu écris sur "la gravité du péché qui déshumanise, qui produit des « anti-personnes »". C'est très éclairant, et cela m'a permis de comprendre ma vision erronée concernant la distinction entre actes et personnes.
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M
Merci Jean pour tout ce que tu as écrit sur la gravité du péché qui déshumanise et qui explique bien cette représentation de Bienheureux Fra Angelico, et pour ce que tu as écrit sur la personne en philosophie.
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C
Merci, Jean, pour cette définition de la personne, qui, effectivement, permet de mettre de côté la trop simpliste opposition entre acte et personne; c'est , pour moi, très éclairant.
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J
Merci Jean pour avoir synthétisé très clairement cette explication philosophique, car ça m’a aidée à comprendre. Merci aussi pour les termes que tu emploies pour dire la vérité et les effets terrifiants qu'il produit, de ce qu'est le péché. Tes mots poussent (et résonnent avec le verset 10 du Psaume 96: "Haïssez le mal, vous qui aimez le Seigneur") à prendre le péché en horreur (du moins essayer un peu plus...) : « la gravité du péché qui déshumanise, qui produit des « anti-personnes » ». Alors merci!
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L
Merci Jean pour ce que tu écris sur la définition philosophique de la personne et la manière dont le péché déshumanise.
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J
Merci, Jeanne, pour cet article qui invite à une contemplation bouleversée… <br /> Ce Christ de l’extraordinaire Bienheureux Fra Angelico est tellement noble et digne, oui ; dans la force de sa communion inaltérable à la volonté du Père ; Seigneur si admirable…<br /> Merci aussi à toi, Christine, pour ton beau commentaire. <br /> Je prolongerai sa fin en disant que selon moi, cela illustre, non la distinction entre actes et personnes (qui, mal ou superficiellement comprise, ce qui est souvent le cas, est une insulte à l’unité et à la vérité de l’être) ; mais la gravité du péché qui déshumanise, qui produit des « anti-personnes » (c’est d’ailleurs ainsi que Benoît XVI définissait l’Ennemi). Cela se comprend très bien, puisque la personne, en philosophie classique, est « l’être capable de relation » ; et que le péché est atteinte fondamentale à la relation : avec Dieu, les autres, soi-même.<br /> Merci, Joseph, pour ce que tu écris, que je trouve très juste, sur la transparence du linge.
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J
Marguerite, oui je n'avais pas mis le mot prière, mais ça fait écho à ce que souhaitais exprimer. Il demeure digne : " Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu." (du Livre d'Isaïe, chapitre 50, verset 7).
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M
Merci Jeanne de me redonner à contempler cette œuvre de Fra Angelico, et pour ce que tu partages avec nous. Comme toi je ne comprends pas bien les mouvements de toutes les mains. Je me dis que peut-être celle en haut à droite s’apprête à gifler Jésus, et celle à gauche à lui tirer la barbe. Celle de gauche en bas m’intrigue plus parce qu’on voit la paume, comme si elle était en position d’accueil de quelque chose. Le fait de voir presque seulement des mains aide peut-être à se sentir concernés par ces outrages faits à Jésus.<br /> Ce qui me frappe c’est l’attitude de Jésus, je ne trouve pas qu’on lise de la douleur sur son visage, mais ses yeux fermés et son air presque serein, je trouve, m’évoque de l’intériorité, peut-être de la prière. Est-ce que cela fait écho à ce que tu dis Jeanne sur sa posture digne, noble, royale ? Puise-t-il sa force dans cette prière ? <br /> Merci Christine de rappeler la référence en saint Luc par rapport au visage voilé.
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L
Merci Jeanne pour cette contemplation de la fresque de Fra Angelico. <br /> Ce qui me frappe particulièrement ce soir c’est d’abord les yeux bandés, de manière très serré et violente, de Jésus. Ce qui doit, en effet, lui faire très mal. (Je n’y aurais pas prêté attention de moi-même…) Les paupières cependant ne semblent pas crispées, et c’est un contraste surprenant.<br /> J’ai été étonnée par cette sphère que Jésus tient dans sa main gauche. Elle m’a rappelée aussitôt l’Hostie : comme si l’artiste l’avait placée-là pour signifier l’offrande de Lui-même que Jésus est en train d’accomplir en subissant ses outrages. Il le fait avec tant de noblesse et de dignité. C’est la troisième chose que je trouve extraordinaire dans cette œuvre : la dignité royale de Jésus !
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J
Merci pour la possibilité de contempler plus longuement cette fresque de Bienheureux Fra Angelico. Il me semble que si Jésus, par miséricorde, choisit de ne pas ouvrir les yeux, ce linge transparent évoque la réalité que nul ne peut se cacher devant Dieu. Je suis frappé par l’opposition entre la lâcheté des agresseurs du Christ, qu’on ne peut pas identifier, avecleurs membres tronqués et impersonnels, comme s’ils se cachaient ; et la grande dignité de Jésus qui garde toute sa souveraineté, si admirable en tout, jusque dans les outrages.
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F
Merci pour la contemplation de cette œuvre de Fra Angelico qui m’interpelle beaucoup, justement à cause de ces mains malfaisantes, qui pourraient appartenir à n’importe qui, à chacun d’entre nous ! Peut-être le peintre a-t-il voulu signifier ceci : quand nous nous faisons roi de notre petite vie et de notre personne, dans une quête illusoire d’indépendance, c’est notre main qui enfonce la couronne d’épines sur la tête de Jésus-Christ, car il n’y a pas d’autres possibilités : soit le roi, c’est nous, soit c’est lui. Peut-être aussi qu’on ne voit que des mains, un buste, pour bien se centrer sur Jésus, et non sur nous, et aussi pour bien distinguer les actes des personnes : juger le mal qui est fait et non celui ou celle qui le commet. <br /> L’attitude de Jésus aussi m’interpelle : certes, il a le visage voilé, mais se dégage de lui calme et volonté, tenant fermement ce sceptre de fortune, et levant dans son autre main cette sphère qui représente sans doute le monde. Il est assis comme un roi (tu dis bien « digne, noble, royal ») qui consent à servir l’humanité en prenant sur lui-même les conséquences de nos fautes, il n’est pas là parce qu’on l’y oblige. Peut-être aussi ferme-t-il les yeux, se laisse-t-il bander le regard, de la même manière qu’il n’ouvre pas la bouche, pour nous signifier qu’il ne nous accuse pas. Tout dans cette fresque me fait penser à un juge, mais un juge clément qui prend sur lui les peines encourues par le fautif. Juge, il le reste néanmoins, et il « rendra à chacun selon ses œuvres » (Lettre de saint Paul aux Romains, chapitre 2, verset 6).
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C
Merci, Jeanne, pour ton article sur ce tableau de Fra Angelico si étonnant.<br /> Ce "Christ aux outrages", flagellé, bafoué, humilié est revêtu d'une telle dignité! Il ne semble atteint ni par les crachats, ni par les coups, ni par les insultes; je pense au passage du prophète Isaïe 50,7:"j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu". Au milieu de toute cette agressivité d'une brutalité terrible, émane de Lui comme une invincible douceur.<br /> Sans doute ses yeux bandés nous ramènent-ils au passage de l’Évangile selon Saint Luc (22,63-65): "Ils lui voilaient le visage et l'interrogeaient en disant: Fais le prophète! Devine qui t'a frappé!"; mais je ressens dans ces yeux fermés, ces paupières baissées, comme un témoignage d'infinie miséricorde, avant même l'ultime supplication sur la Croix: "Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font." (St Luc23,34)<br /> Enfin, je suis impressionnée par cette modernité presque surréaliste qui nous donne à voir des mains tranchées, une tête sans corps, comme des débris d'hommes...Seul, le Christ, si beau, a sa pleine stature d'homme. Pilate ne va-t-il pas, juste après, Le présenter à la foule en disant "Ecce Homo": "Voici l'Homme!" (St Jean 19, 5)
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