Le petit chien de Czestochowa

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Publié dans Dessin et peinture

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J
Merci pour ce partage : je n’aime pas du tout cette œuvre que je trouve très laide, mais c’est justement un des buts de « Que j’éveille l’Aurore » de s’intéresser à des choses vers lesquelles on ne serait pas allé soi-même…<br /> La présence du petit chien est en effet très émouvante. <br /> Je suis d’accord avec ce qu’exprime Marguerite sur « l’indifférence choisie et assumée », et Joseph sur « la léthargie stupide ». J’ai aussi été bien convaincu par ce qu’écrit Jeanne sur la fillette.<br /> L’homme qui lève grotesquement ses yeux fermés m’évoque une discussion récente avec certains d’entre vous.
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M
Merci beaucoup Frantz de partager avec nous cette station du chemin de Croix de Czestochowa que je ne connais pas, mais que j’ai bien envie maintenant de découvrir. Merci pour tout ce que tu écris sur ta contemplation de cette œuvre. L’impression que m’a donnée cette foule plus que l’ignorance est celle de volontairement se détourner de Jésus souffrant et tombant sous le poids de la croix. Comme si les regards tournés vers la direction opposée, par exemple les deux personnages à gauches, où bien encore les yeux fermés, par exemple les deux femmes à droite, étaient volontaires. Une indifférence choisie et assumée. De même pour les deux personnages au centre qui regarde pour l’un le ciel et pour l’autre le sol. Comme si la vérité de cette mort atroce de Jésus sous leurs yeux pour racheter les Hommes pécheurs malgré qu’elle ne puisse être ignorée les gênait trop et qu’il faisait leur possible pour regarder ailleurs et s’en détourner… Ne veulent-ils pas accepter le besoin, la nécessité, d’être sauvés par Jésus ?<br /> Comme ce chien est touchant, et même réconfortant quelque part ! Non Jésus dans sa douleur extrême n’est pas seul, ce petit chien est là, attentif et aimant comme il le peut. Merci pour la conclusion de ce que tu partages avec nous avec cette dernière phrase interrogative.<br /> Comme Lucie je remercie pour cette phrase : « les membres amaigris par la faim de sauver les hommes sans rien attendre en retour ».
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J
Merci Joseph pour tout ton commentaire!
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J
Merci pour la découverte de ce tableau riche de sens et de leçons. Ce qui me frappe le plus – avec un certain dégoût et de la peine, car je me sais concerné – c’est le complet décalage entre le chemin de Croix de Jésus, avec ses souffrances atroces, et la « procession » de ces personnages qui semblent complètement hagards et apathiques. Le groupe du centre surtout, avec le porte-croix qui a l’air plein de son importance, donne une impression de grande superficialité. Personnellement, je ne ressens pas l’agitation dans cette foule, mais une sorte d’inaction molle, de léthargie stupide (l’homme à la casquette par exemple), qui heurte beaucoup évidemment par rapport au drame qui se vit sous ses yeux. Heureusement, il y a ce petit chien, le seul qui a compris. Sans doute, il ne sait pas trop quoi faire, et ne peut tendre que sa petite patte. Pourtant, Jésus semble lui parler à l’oreille. Comme Jeanne, ce petit chien « de Cyrène », mais volontaire, lui, m’évoque les âmes simples et aimantes qui ont été un réconfort pour Jésus. Je trouve ce symbole – qui est aussi une réalité quand on pense aux si fidèles compagnons que sont les chiens – extrêmement touchant et entraînant.
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C
Merci Frantz pour ce partage; je ne connaissais rien de cet artiste contemporain ni du chemin de Croix de Czestochowa.<br /> Le Christ est particulièrement bouleversant dans son épuisement, sa détresse et cette maigreur que tu identifies si justement.<br /> Mais ce que je trouve presque plus insoutenable encore, c'est cette foule qui marche en sens inverse, à contre-courant, et que le peintre peint comme la foule de nos offices de la Semaine Sainte...: il s'agit bien de nous, avec nos rameaux et nos crucifix, nos rituels creux, nos processions emplis d'indifférence, nos airs distraits ou blasés. La critique est d'autant plus violente que seul, effectivement, le petit chien s'arrête et semble compatir.<br /> J'avoue trouver ce tableau extrêmement dur: oui, comme tu l'écris, le Christ est souvent seul au milieu d'un monde qui l'oublie, mais il y a des âmes ardentes, des vies données, des saints inconnus dans la foule des fidèles.<br /> Cela m'a incitée à regarder l'ensemble du Chemin de Croix et j'ai été vraiment saisie...
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L
Merci Frantz pour la découverte de ce chemin de Croix et de ce tableau poignant. Ce qui m’a interpellée immédiatement est la maigreur de Jésus, et je te remercie beaucoup pour la phrase si belle que tu écris à ce sujet : « les membres amaigris par la faim de sauver les hommes sans rien attendre en retour ». Le regard dans le vide du Christ et les larmes de sang m’ont aussi frappée.<br /> La foule, massive et compacte, fait presque peur par son indifférence, en particulier les absences de regard et les visages détournés. Beaucoup ont les épaules tombantes : ils sont nombreux, mais dans une profonde solitude intérieure (leur nombre est peut-être même pour eux une manière de se faire illusion). Chacun semble être condamné à porter seul le poids de son fardeau. Le Christ, quant à lui, subit la solitude de manière violente, mais visible et assumée. Si seulement la foule pouvait savoir et comprendre que dans cette solitude assumée Jésus veut porter les leurs, les visiter dans leurs propres solitudes refoulées. Voila ce que m’évoque ce violent contraste entre le Christ seul et cette foule indifférente.<br /> J’ai aimé aussi voir la présence de ce petit chien, fidèle.
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J
Merci pour ce tableau présenté. L’arrière plan avec cette foule m’a donné une impression d’agitation, tandis qu’au premier-plan, la rencontre entre le Christ et ce petit chien donne une forme de silence. En voyant ce petit chien, j’ai repensé au passage dans l’Évangile où Jésus rencontre la Cananéenne (Évangile selon saint Mathieu, chapitre 15, versets 22 à 28). Cette femme donne de la joie à Jésus par son témoignage de foi tellement authentique. (J’espère ne pas donner une interprétation déplacée) Je suis touchée de voir ce petit chien attiré par Jésus et prompt à lui donner le signe d’affection, sa pâte. En effet, Jésus n’est pas son maître en théorie (en voyant la petite fille je n’ai pas pensé qu’elle priait, mais puisqu’elle semble regarder le chien, je me suis dit qu’elle était peut-être sa maîtresse et s’inquiétait pour lui si près de cet « Inconnu », ne sachant pas comment le rappeler à elle). Toutefois, il l’a reconnu comme le Maître, le Berger, dont il serait en réalité son chien. Je me suis dit que ce petit chien, qui est le seul à s’approcher de Jésus, avait peut-être donné une forme de réconfort à Jésus et de la force pour continuer dans son Chemin de Croix inhumain. Peut-être que ce chien sans le vouloir a rappelé à Jésus ces âmes rencontrées, comme la Cananéenne citée précédemment, qui lui avaient manifesté leur besoin d’être sauvées et le témoignage de leur foi en lui. Cela donne le désir d’être de ces petits chiens…
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