Le chien ailé du Bon Dieu

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M
Merci beaucoup Jean pour ces vers de Léo Pastór et pour ce rapprochement de l’ange avec le chien. Je suis émerveillée que ce soit tellement adapté si je puis dire, l’ange et le chien étant tous deux gardiens et guides comme tu l’écris. Je pense à ce titre du chien meilleur ami de l’homme comme l’ange gardien de chaque homme peut-être son meilleur ami. Merci pour le rappel de « Le Gris » aux côtés de saint Jean Bosco.<br /> Merci aussi pour les splendides vers. Je trouve beau ce mot « nimbé » et ce qu’il signifie, et cette demande : « Enseigne moi à être preux », avec la prise au sérieux du rôle de l’ange à nos côtés qui peut réellement nous enseigner, qui a des choses à nous apprendre. J’aime les verbes qui m’évoquent le plus nos bons amis les chiens : « gronde », « aboie », « rassure », « domine », et que je découvre alors ici associés à l’ange gardien. Dans « Aboie contre le Courtisan », je trouve très concrète l’image du chien qui aboyant couvre la voix du Courtisan qui cherche à plaire par la flatterie. Je suis aussi personnellement touchée par cette requête : « Nargue bien mes entêtements ». Merci aussi pour les deux images qui témoignent de la cohérence de cette métaphore.<br /> Merci Christine et Lucie pour vos commentaires.
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F
Merci beaucoup, Jean, pour ces vers de Léo Pastór, dont je sens bien, tout en me sachant bien ignare devant cette réalité de l’ange gardien, combien c’est juste et vrai, et combien c’est beau ! Déjà, ce rapprochement entre l’ange gardien et le chien me touche énormément, car il dit l’attachement de l’ange au Bon Dieu, son désir de lui obéir parce qu’il l’aime, et son attachement à l’âme qui lui est confiée. Ensuite, le désir d’être bien docile à ce chien ailé m’édifie, et me redit à quel point l’ange gardien fait bien plus que jouer le rôle de protection (c’est pourtant déjà beaucoup !), mais il nous est donné pour nous entraîner dans le dépassement de soi pour Dieu et pour les autres. En ce sens, ce qui me touche le plus dans ce poème acrostiche, c’est l’image d’un guerrier plus expérimenté que soi qui apprend à lutter contre soi-même et contre tout ce qui a à voir avec le renoncement et la lâcheté (« mes inquiètements », « mes atermoiements », « mes évitements », « mes entièdements », « mes entêtements »). Je m’imagine alors mon bon ange gardien m’aboyant dessus pour me rendre plus vif, plus volontaire, plus énergique dans la détermination à tout faire pour « être preux ». Je comprends avec ces vers que l’ange gardien ne lutte pas seulement contre le Mauvais, mais aussi contre nous-mêmes, et j’en suis heureux ! Enfin, je suis saisi d’une joie certaine en lisant ces deux vers : « Gronde contre le Menaçant / Aboie contre le Courtisan ». En effet, quel cadeau que ce fidèle compagnon et guide, défenseur et entraîneur, si je puis dire. Pour finir, merci pour l’évocation du chien de saint Jean Bosco !<br /> Merci Christine pour ce que tu rapportes du livre de Tobie ! C’est si beau !
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L
Merci beaucoup Jean de partager avec nous ce regard de Léo Pastór sur l’ange gardien. Ce nom « chien ailé » est magnifique. J’aime penser ainsi à la fidélité de notre ange, qui reste toujours présent, son regard bienveillant posé sur nous. J’aime aussi ce que tu écris sur leurs missions, communes au chien, de « garder » et « guider ». Les verbes « gronder » et « aboyer » révèlent bien que ce gardiennage n’a rien de passif ! Je n’avais pas du tout ce regard sur l’ange, mais je trouve que cela est très réjouissant de penser ainsi à lui : de s’avoir qu’il est là, tel le chien qui ne se laissera pas faire et pas avoir par un quelconque appât, parce qu’il sait qu’il ne doit obéir qu’à son Maître. En ce sens, je me dis que la fidélité de l’ange n’est pas envers nous mais envers Dieu, son Maître, qui l’envoie auprès de nous en mission. <br /> Chacun des cinq derniers vers ont beaucoup à m’apprendre sur ces péchés à éviter avec l’aide de mon ange. Ce soir, le dernier me fait particulièrement sourire : « Nargue bien mes entêtements ». J’imagine l’attitude complice de l’ange, sourire aux lèvres, nous narguer pour nous aider à rire de nous-mêmes et à ne pas trop nous prendre au sérieux dans nos idées parfois biens arrêtées !
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J
Merci pour la joie de lire cet article et son titre, qui m’a spécialement réjoui, avec cette si belle comparaison entre le chien et l’ange gardien, qui montre encore la grâce unique du chien et son rôle particulier voulu par Dieu. J’ai été impressionné par la représentation orthodoxe, quasi iconographique ! L’ange-chien est comme revêtu d’un habit sacerdotal et porte ce crucifix, ce qui souligne de manière très forte, il me semble, la haute fonction qu’il assure : un vrai rôle de médiateur ! C’est l’un des points qui me touche particulièrement dans le poème de Léo Pastór, dont j’aime beaucoup la simplicité enfantine empreinte de noblesse, d’esprit chevaleresque, avec le très beau vocabulaire déployé musicalement, et même créatif (« entièdement ») ! J’ai beaucoup aimé le vers « nimbé de silence et de feu », puis toutes ces demandes empressées, qui marquent la familiarité entre le poète et son chien-ailé ! J’aime aussi particulièrement les mentions propres au chien : « gronde », « aboie » et aussi le « nargue » que l’on sent plein d’humour et qui fait du bien. J’ai aussi été frappé par le double nom lucidement donné au Mal, le « Menaçant » et le « Courtisan », dans ses deux ruses de serpent, soit par l’intimidation soit par la flatterie : heureusement, contre le serpent, il y a le bon chien ! J’aime beaucoup toute cette prière, et spécialement sa leçon : que la relation à notre bon ange gardien, contre trop d’indifférence, peut être une magnifique histoire d’amitié, comme celle d’un homme avec un chien, fidèle et vigilant.
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J
Merci beaucoup Jean pour cet article tout à fait passionnant et pour la belle mise en forme ! Je suis très touchée de recevoir ce que le poète livre ici de très personnel de sa relation à l’ange gardien. Devant les deux images de ton article ainsi que les informations historiques, je rends grâce pour ceux qui nous ont précédé et ont été ouverts au mystère qu’est l’ange gardien en le désignant comme un chien. Déjà, j’aime le rythme du poème ainsi que l’honneur une fois encore rendu par Léo Pastór à la langue française par les beaux mots choisis et les vers rimés. <br /> Je trouve très belle la demande d’être gouverné et enseigné par le chien ailé. Ces tâches qui me semblent on ne peut plus ardues et engageantes me font penser à celles du berger. Je me suis dit alors que les anges gardiens étaient très bien placés pour prolonger le rôle du Bon Berger par excellence, le Christ, en étant auprès des ses protégés de bons chiens. <br /> Je suis touchée de percevoir un peu plus grâce à la deuxième strophe le rôle irremplaçable de l’ange gardien comme protecteur : contre le mal qui pourrait venir de l’extérieur (« Gronde contre le Menaçant » « Aboie contre le Courtisan »), comme celui venant de l’intérieur, soi-même (« Domine mes atermoiements » « Interdis mes évitements » « Enflamme mes entièdements » « Nargue bien mes entêtements. »). Je retiens ainsi l’exhortation à prendre le mal au sérieux avec spécialement ces deux noms que lui donne l’auteur : « le Menaçant » et « le Courtisan ». <br /> Penser aux anges gardiens comme des chiens ailés du Bon Dieu me fait penser, peut-être pour la première fois et je remercie le poète pour ça tout particulièrement, à la joie de ces anges qui en bon chien de la meute céleste ne demandent rien d’autre que d’obéir au Maître et qui en sont tout joyeux (comme savent si bien le montrer les amis les chiens par le battement de queue, le sourire, etc.). Je suis touchée par la bienveillance de l’ange gardien que Léo Pastór souligne dans le vers « Rassure mes inquiètements ». <br /> Merci Christine pour les paroles de sainte Catherine de Sienne que tu rapportes.
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C
Merci Jean pour ce bel acrostiche qui nous donne comme une petite litanie des fonctions des anges gardiens chargés de nous conduire et de nous protéger; j'aime aussi beaucoup, à la rime, la liste de nos faiblesses humaines: inquiètements, atermoiements, évitements, entièdements, entêtements.<br /> <br /> Merci de faire revenir à ma mémoire Le Gris, le grand chien protecteur de Don Bosco, qui lui sauva tant de fois la vie! On rapporte que, dans ces derniers jours, saint Jean Bosco dit à des proches qui avaient connu Le Gris, l’avaient admiré, et qui lui demandaient, perplexes, ce que pouvait bien être, en vérité, cet animal : « Dire que c’était un ange ferait sûrement rire mais on ne peut quand même pas dire que c’était un chien comme les autres… »<br /> <br /> Je pense aussi au chien de Tobie dans la Bible: il est compagnon de l'archange Raphaël pour escorter Tobie parti récupérer une somme d’argent qui lui revient; le chien fidèle les suivra du début (Livre deTobie VI,1) à la fin du voyage (Livre de Tobie XI, 4c). Le chien, retourné en premier pour annoncer l'arrivée de Tobie et de Raphaël devient signe, pour le père aveugle qui le croyait mort, du retour du fils bien-aimé. Ce rôle d'annonciateur d'une bonne nouvelle lui confère presque une fonction angélique : «  Alors, le chien qui était avec eux sur le chemin les précédait, et survenant comme un messager, manifestait sa joie en remuant la queue  » (Tobie 11, 4).<br /> <br /> Et Sainte Catherine de Sienne ne disait-elle pas que la conscience est comme le chien de garde de notre cœur ; il l'avertit des dangers...
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