De l'amertume à la paix

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J
Merci, Joseph, pour la contemplation offerte de ce regard « lavé », notamment dans la 2e photo. <br /> L’observation de l’historien de l’art rejoint celle du spirituel : ainsi le saint est celui qui épouse la volonté de Dieu et se fond dans le réel afin d’entrer dans la grande architecture du plan divin. <br /> Je rends grâce pour la justesse si profonde, poignante, des mots de Bernanos ; de ceux de Dominique Ponnau rapportés par Marguerite, qui lui font écho ; et, par-dessus tout, pour la Parole de Dieu, qui se passe de commentaire.
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M
Merci Joseph de partager avec nous cette statue dont je trouve le visage magnifique, notamment ce regard « semblant lavé de larmes » comme tu l’écris. Un regard clair, illuminé, un regard qui voit plus loin, rempli d’Espérance, par la foi. Et je suis frappée par les cheveux et la barbe qui semblent comme de l’eau ruisselante. <br /> Je trouve fort ces mots du livre Histoire de l’Art concernant l’art roman : « elle précise et rehausse sa spiritualité ».<br /> Merci pour les mots de Bernanos sur l’espérance, particulièrement ceux-ci :<br /> « Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore ». Ils m’ont tout de suite remis à l’esprit un livre de M. Dominique Ponnau intitulé, « L’écarlate et la blancheur » dont voici un extrait qui je crois leur fait écho :<br /> « Cependant, encore une fois, faut-il vraiment, pour espérer, passer par la mort ? Tout dépend de ce que l’on veut dire quand on dit ‘’espérer‘’. […] Combien souvent, sans passage par la mort, l’espoir éclaire la vie humaine et parfois la fait resplendir ! Combien l’espoir, le simple espoir d’un beau partage nous donne-t-il le bonheur et fait-il resplendir la joie sur nos visages ! Mais l’Espérance, c’est autre chose que l’espoir. Elle ne s’appuie sur rien. Elle n’attend rien pour celui qui l’éprouve ! Elle est le don absolu. La confiance et l’amour sans réserve. Aussi, ne peut-elle éviter le mur de la mort. Elle ne se fracasse pas sur ce mur. Elle le traverse. Pour autrui ».<br /> Merci Jeanne pour la citation d’Isaïe et le détail de la main sur le cœur.
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F
Merci Joseph pour la découverte de ce si beau regard du prophète Jérémie, offert par les prouesses de l’art roman ! Déjà me touche ce que tu dis sur l’art roman où le décor sculpté « s’intègre au relief architectural au point de ne plus pouvoir en être séparé » : en effet, ce Jérémie souffrant et espérant, paisible, est devenu un véritable porche, un père qui se penche sur les générations qui le suivent pour les aider à entrer dans le mystère de l’espérance en Dieu. Je suis aussi très touché par le texte de Bernanos, en particulier ceci : « On ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore ». Enfin, merci pour la Parole de Dieu, dernier mot de ton article, et parole capable de produire une réelle lumière, capable de déposer en nous l’espérance ! En effet, si ce Jérémie de pierre, et sans aucun doute le Jérémie de chair, peut avoir un regard si bouleversant, c’est grâce à cette prière répétée chaque jour, chaque heure : « Oui, ta fidélité surabonde » !
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L
Merci Joseph pour cette rencontre que tu partages avec nous. Merci profondément pour ce que tu as su voir de l’espérance de saint Jérémie et pour ta phrase qui résume ce qui me touche le plus dans ton article : « J’admire en ce visage le combat remporté contre l’amertume de la souffrance, le courage et la confiance qui ont façonné ces traits. ». Cela pousse à la contemplation silencieuse de ce visage, dans la crainte et l’admiration pour cette souffrance embrassée avec courage. Merci pour la manière dont tu as construit ton article, avec ces trois photos qui progressivement nous approche de son visage.<br /> Je suis aussi frappée par ce que tu soulignes au début de ton article, de la « parfaite adaptation au monument » de cette statue. Ça m’impressionne beaucoup.
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C
Merci Joseph pour l'immense paix, surnaturelle, qui se dégage de ce visage de pierre.<br /> Mon premier émerveillement vient de l'art du sculpteur qui a su rendre vivante la pierre au point de nous faire plonger dans la profondeur d'un regard jusqu'à l'âme; toute la pierre est mouvement, enroulement, de la main au rouleau de la Parole prophétisée, ondoiement, de la chevelure à la barbe, et presque tournoiement tant l'orbite des yeux ouvre un espace; et la chevelure et la bouche dessinent comme un porche. Pourtant de ce mouvement émane une étonnante paix ...<br /> Le second émerveillement vient de la compréhension, grâce à ce contraste, de ce qu'est la véritable espérance. Je repense ici à ce que Jésus lui-même nous apprend de la Paix qu'Il nous donne en héritage (Évangile selon St Jean, chapitre 14, verset 27): ni tranquillité, ni quiétude à la façon du monde...<br /> Merci pour ce texte si fort de Bernanos qui nous permet de mieux comprendre cette "détermination héroïque de l'âme", "risque à courir", "désespoir surmonté"...<br /> Jérémie, à la suite d' Abraham le père des croyants que Saint Paul présente comme "espérant contre toute espérance" (épître aux Romains, chapitre 4, verset 18), nous offre ainsi que tu le soulignes, Joseph, un magnifique modèle de courage et de confiance.
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J
Merci beaucoup Joseph pour cet article que j’ai particulièrement aimé contempler. Ton article et le titre que tu lui as donné me font penser à cette parole d’un autre prophète, Isaïe, témoignant de la paix reçue au-delà du combat : « Oui, tu me guériras, tu me feras vivre : mon amertume amère me conduit à la paix. » (Livre d’Isaïe chapitre 38, verset 17). Merci pour cette observation rapportée qui provoque l’émerveillement devant la noblesse et la profondeur de l’architecture romane : « Il s’y intègre au point de ne plus pouvoir en être séparé. […] Elle l’épouse en quelque sorte, elle précise et rehausse sa spiritualité ». C’est beau que la main du prophète qui porte le parchemin (j’ai supposé que celui-ci était un symbole de la Parole de Dieu à laquelle saint Jérémie a adhéré par toute sa vie) soit sur son cœur comme un témoignage que la Parole a été inscrite dans son cœur. Sur la deuxième photographie de la sculpture, je trouve beau l’abandon du prophète avec ce port de tête penché ainsi que la bonté dans ses yeux (même s’ils sont ici de pierre). Merci en ce sens pour ce que tu écris : « J’admire en ce visage le combat remporté contre l’amertume de la souffrance, le courage et la confiance qui ont façonné ces traits, ce regard profond et bon, semblant lavé de larmes. » Ayant dit cela et sachant que le prophète Jérémie est une anticipation de la figure de Jésus, je repense aux deux articles suivant : « Le grand abandon » (http://www.qja.fr/2019/03/le-grand-abandon.html) ; et « Le sourire de Dieu » (http://www.qja.fr/2021/07/le-sourire-de-dieu.html).<br /> Merci profondément pour le texte de Bernanos partagé avec nous. Je préfère me taire devant le mystère soulevé… « On ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore ». Cela provoque le silence et l’admiration devant ces hommes qui, comme saint Jérémie et plus encore Jésus, souffrent pour remplir leur tâche (pour reprendre les mots de ton commentaire)…
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