Babel

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Publié dans Dessin et peinture

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C
Merci Frantz pour la réflexion suscitée par ton article et merci pour tous vos commentaires.<br /> Ce qui me touche le plus, c'est que Babel est plus actuelle que jamais, et que la démesure, l' "hubris" définie par les grecs comme la transgression de la condition mortelle, caractérise particulièrement l'urbanisme moderne; le gigantisme des villes du XXI ème siècle, et leur "végétalisation" qui prétend rivaliser avec la nature en la réimplantant verticalement (c'est le cas par exemple de la "forêt verticale" à Milan) est un affront à l'harmonie et au bon sens; rien n'est plus à sa place. Le tableau de Bruegel évoque si bien déjà le côté concentrationnaire de l'entreprise, et son manque absolu de solidité. <br /> Dans cet orgueil qui défie toute norme se révèle la tentation que susurre l'ennemi des origines: "vous serez comme des dieux"
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J
Merci pour vos commentaires, et spécialement pour le rappel de ce psaume Jean.
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J
Ce tableau est impressionnant, j’aime beaucoup la campagne et la petite bourgade. Revenant d’un pèlerinage au Mont-Saint-Michel quand je commente cet article, m’est venu que la tour de Babel en est l’antithèse architecturale et spirituelle !<br /> La réflexion sur les fondations est centrale. Le déficit de plan horizontal fait penser à celui de réalisme humain, d’incarnation.<br /> Merci pour les commentaires intéressants.<br /> Joseph : « S’en dégage une grande impression de désordre, comme s’il n’y avait pas de réelle direction. Je suis frappé aussi par ce petit nuage à hauteur du sommet de la tour : il est comme l’illustration du caractère si éphémère de la vanité humaine, inconsistante, qui passe comme la brume. Tout à l’air très bruyant aussi dans ce chantier. »<br /> Marguerite : « Dans quelle mesure ont-ils conscience au fond d’eux-mêmes que ce qu’ils font ne peut tenir et est voué à l’échec, et ignorent autant que possible cette petite voix qui le leur rappelle… On voit bien dans ce tableau qu’ils ne peuvent nier la fragilité de leur édifice et qu’ils refusent alors de voir les conséquences d’un éboulement sur tout le reste de la ville et ses habitants. »<br /> Jeanne : « L’écroulement survient quand la tour commence tout juste à toucher les nuages, autrement dit, quand les hommes se croient arrivés. »<br /> Et je pense alors au Psaume quarante-huitième, terrible : « 12 Ils croyaient leur maison éternelle, leur demeure établie pour les siècles ; sur des terres ils avaient mis leur nom. 13 L’homme comblé ne dure pas : il ressemble au bétail qu’on abat. 14 Tel est le destin des insensés et l’avenir de qui aime les entendre : 15 troupeau parqué pour les enfers et que la mort mène paître. »
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M
Merci Frantz pour la découverte de ce tableau de Pieter Bruegel l’Ancien, je suis impressionnée par cette foule de détails si petits ainsi que par cette tour démesurément grande. Merci pour la qualité de l’image qui permet de bien agrandir. <br /> J’ai été particulièrement interpellée par ces hommes accroupis ou allongés au pied de la tour, à gauche du tableau, précisément à droite du roi et de sa cour. Ils m’évoquent l’homme qui se tue à la tâche pour un objectif lui-même totalement mortifère. Cette hâte dont tu parles est frappante. Le nombre d’individu qui s’affère est impressionnant également. Dans quelle mesure ont-ils conscience au fond d’eux-mêmes que ce qu’ils font ne peut tenir et est voué à l’échec, et ignorent autant que possible cette petite voix qui le leur rappelle… On voit bien dans ce tableau qu’ils ne peuvent nier la fragilité de leur édifice et qu’ils refusent alors de voir les conséquences d’un éboulement sur tout le reste de la ville et ses habitants.<br /> Cette ville qui a l’air bien jolie, mais ce qui m’attire le plus est bien cette campagne tranquille et silencieuse au-delà !<br /> Merci pour l’interpellation que tu exprime à la fin de ton partage.
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J
Merci. Je suis toujours intéressée de lire les dimensions de tableau. Voir ici le nombre notable de détails sur ce panneau tout en le rapportant à sa taille réelle souligne d’autant plus l’art de la précision du peintre. C’est spécialement le cas quand je regarde les villes représentées autour de la tour et à l’arrière plan avec les voiles des bateaux navigant le long de la côte. Je trouve intéressant de mieux constater par l’œuvre picturale l’importance des fondations. Ici, la tour ne s’écroule pas par le haut, dans un premier temps du moins. Ce sont les fondations qui lâchent, car elles ne valent rien. Je suis alors presque amusée de constater que l’écroulement survient quand la tour commence tout juste à toucher les nuages, autrement dit, quand les hommes se croient arrivés. A peine pensent-ils avoir atteint leur sommet que les voilà rendus en bas. Mais la chute est permise toujours pour le bien, et ici c’est pour les faire tomber de leur orgueil. J’ai aimé regarder les très nombreuses petites maisons qui entourent la tour et qui ont l’air bien plus solides. Je trouve intéressant que la dimension collective de la tentation soit soulignée avec cette réalité très réjouissante lorsqu’elle est lumineuse et aussi pleine de gravité en poussant à la responsabilité : que comme le bien fait rejaillit sur les autres, le mal fait rejaillit également sur les autres.
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J
Merci pour la réflexion intéressante soulevée par ce tableau sur la Tour de Babel. J’ai été frappé en effet par l’impression très bien rendue par le peintre de cet édifice construit comme avec frénésie, en négligeant le travail patient des fondations (particulièrement en bas à gauche). De notre point de vue en recul, on dirait que la tour penche sérieusement vers la gauche. Ainsi, derrière son aspect massif, elle n’a pas l’air si solide... Et s’en dégage une grande impression de désordre, comme s’il n’y avait pas de réelle direction. Je suis frappé aussi par ce petit nuage à hauteur du sommet de la tour : il est comme l’illustration du caractère si éphémère de la vanité humaine, inconsistante, qui passe comme la brume. Tout à l’air très bruyant aussi dans ce « chantier », contrairement au très beau paysage paisible au fond à droite.<br /> Merci aussi pour ce que tu dis sur l’entraide et l’humilité suggérées par le village ; cela me rappelle l’insistance très régulière du Pape François sur le fait que les vraies avancées du monde se jouent dans les petits actes cachés du quotidien. Merci pour l’image toujours très inspirante de l’abeille.
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L
Merci Frantz de nous livrer ton regard sur la peinture de Pieter Bruegel l’Ancien. Ce qui me frappe, c’est le détail et la minutie de cette œuvre, avec cette abondance de toutes petites scènes, la précision des échafaudages et des machines de construction, et le choix des couleurs pour symboliser l’inachevé.<br /> Il y a aussi la présence de ce rocher, encore brut par endroit, sur lequel semble être construit la tour. Cela m’intrigue. Est-ce qu’il s’agit bien réellement d’une construction d’hommes, ou est-ce avant tout une apparence ? : Ils prétendent vouloir laisser une marque indélébile sur la terre, mais ils oublient qu’ils ne peuvent rien faire sans s’appuyer sur la création, sur une infinité de choses qui ne dépendent pas d’eux. Cela me parle du mensonge de l’homme qui s’imagine être sage, s’appuyant sur la science de son savoir, alors qu’il sait si peu de choses…
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