Un compositeur de l'ombre

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Publié dans Musique, Danse

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J
« Rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »… Michael et Wolfgang Amadeus sont deux enfants d’un même Père qui doivent tout à son Esprit et à l’Église : quoi qu’il en soit de leurs similitudes et différences, il est un fait indubitable : leurs deux œuvres n’auraient jamais vu le jour sans le texte sacré.<br /> C’est vers ce dernier que va d’abord mon admiration, et en ceci je rejoins ce qu’écrit Joseph : « Cette grande dignité de l’homme, quand il se tourne vers son Créateur ; quand ceux d’en-bas crient pour les trépassés, dans une fraternité de faiblesse qui prend aux entrailles. »
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C
Merci Frantz. Quelle joie de découvrir un nouveau compositeur et de goûter avec toi une sensibilité tellement pure! <br /> <br /> Cette "paternité" (je trouve cette notion si importante: lien de filiation, de transmission qui nous unit les uns aux autres dans l'Esprit-Saint tant il est vrai que, dans l'art chrétien en général, et plus particulièrement bien sûr pour la musique sacrée, toute véritable inspiration vient de Dieu) pour Mozart, si vérifiable quand on écoute les deux extraits, me touche beaucoup.<br /> <br /> Il me semble qu'on entend dans l' œuvre l'humilité de son auteur, comme le refus de toute facilité mondaine et convenue: une sobriété ardente qui va droit au cœur...<br /> <br /> J'aime particulièrement, comme tu l'écris, "le contre-chant quasi constant des violons": comme s'ils appuyaient, portaient, élevaient, degré par degré, la supplication.<br /> J'aime aussi , beaucoup plus que chez Mozart, le "lux perpetua luceat eis" : cet appel de la lumière est, comme tu le dis, empli de foi et d'espérance. Et "lux" et "luceat" qui encadrent si magnifiquement le "eis" en latin, prennent chez Michaël Haydn une ampleur céleste.
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M
Merci Frantz pour ce que tu partages avec nous de très intéressant et tout ce que j’apprends sur Michael Haydn, pour ton hommage à ce compositeur méconnu. Je trouve réjouissant ces liens que l’on découvre parfois entre des compositeurs, (je pense aussi à l’article partagé par Jean, « ‘’l’amen’’ de Vivaldi ») et beau de penser à ces bonnes influences qu’ont été certains pour d’autres, et cet entrainement plus général dans la musique.<br /> J’ai beaucoup aimé dans le requiem de Haydn le « contre-chant quasi constant des violons » par exemple je trouve qu’on les entend bien à partir de 2,40’ et lorsque les cuivres et timbales interviennent en même temps, ainsi que la gravité que donne je trouve l’entrée des voix d’hommes sur la phrase « exaudi orationem meam » à 2,42’.<br /> Comme Jeanne et Lucie je ne pense pas avoir réussi à percevoir la grande similitude, il me faudrait plus d’éclairages.
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L
Merci Frantz pour ton article et pour ce que tu exprimes à la fois sur l’influence positive des artistes les uns sur les autres, comme une forme d’engendrement, et sur la nécessité cependant de rendre à chacun sa place. Je dois reconnaître, comme Jeanne, que, par manque de culture musicale, je n’ai pas su réellement percevoir la ressemblance. <br /> J’ai beaucoup aimé prendre le temps d’écouter le Kyrie de Michael Haydn en entier. L’introduction, par ses aspects graves, est magnifique, avec la présence des cuivres et des attaques soudaines que tu soulignes. Merci aussi d’avoir attiré mon attention sur le contre-chant des violons et l’équilibre entre chœur, orchestre et solistes. J’ai trouvé cela très beau, ainsi que de manière particulière les voix sopranes dans la dernière partie (vers 5 :20 par exemple).
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J
Merci Frantz d’indiquer par ton article les honneurs à rendre au maître avec le titre donné à ton article. C’est très intéressant de découvrir ceux qui ont inspiré les plus connus. J’avoue peiner à entendre la ressemblance entre les deux œuvres. Peut-être faudrait-il que j’intègre auparavant dans ma mémoire auditive une des pièces. J’ai davantage aimé le Requiem de Haydn spécialement pour le contre-chant des violons que tu fais remarquer, merci, et pour la présence plus importante des sopranes. J’aime particulièrement ce contre-chant et les voix à partir de 2, 20’. En un mot : magnifique ! C’est intéressant d’associer le terme « architecture » dans ton commentaire à la musique en songeant un peu à la construction qu’est une œuvre musicale avec tous ses composants.
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J
Merci beaucoup pour la découverte de cette œuvre et de son compositeur, si injustement inconnus du public non averti dont je fais partie. Quelle leçon d’humilité d’abord de Michael Haydn, car lorsque l’on compare les dates des interprétations du Requiem de Mozart avec celle de la mort d’Haydn, on peut supposer qu’il a connu cette œuvre de son « disciple », sans rien dire sans doute, sans rien revendiquer. Je trouve cela très impressionnant de penser à cette « paternité » cachée, qui engendre le meilleur, sans que bien souvent on s’en rende compte… Évidemment, j’ai été frappé des ressemblances plus que troublantes entre les deux œuvres ! Et j’aime bien davantage le Requiem d’Haydn dans les extraits présentés : en tant que complet amateur, j’ai l’impression qu’il est un délicat équilibre entre « drame » et calme paix, sans l’esprit ici tourmenté de Mozart. En tous les cas, toujours en tant qu’amateur, j’ai eu l’impression d’écouter vraiment un chef-d’œuvre. J’aime énormément l’introduction, à la fois solennelle et pleine de simplicité, grave, mais non pas triste, qui m’évoque à la fois une marche et une rencontre ; le jeu des violons est tellement « prenant »… et cette montée progressive des voix ! J’ai été aussi profondément touché par la montée à partir de 3’46, ce cri de l’âme… ou encore l’Exaudi orationem meam à 2’50. Je trouve cette prière multiséculaire de l’Église bouleversante, dans ce latin si beau, où je ressens la force de la prière universelle ; et cette grande dignité de l’homme, quand il se tourne vers son Créateur ; quand ceux d’en-bas crient pour les trépassés, dans une fraternité de faiblesse qui prend aux entrailles. Exprimer cela par des chœurs et des instruments, si savamment accordés entre eux, est vraiment admirable ; oui, assurément, Michael Haydn est un compositeur, non de l’ombre, mais de lumière !
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