"Tout ça n'était plus qu'un brasier"

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J
L’hiver est déjà là, mais je me plonge, subjugué, dans « l’ineffable beauté » de la personnification de l’automne par Giono… Je ne saurais extraire des expressions, car j’admire tout de ce texte admirable. Merci…<br /> Pour moi, ces mots ont une puissance évocatrice nettement supérieure à la peinture de Gauguin, même si je trouve très intéressante la préférence pour les couleurs pures, « naturelles », et l’explication qu’il en donne.
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F
Merci Christine pour cet article poétique dont j’ai tout d’abord apprécié certaines expressions nous plongeant dans cette ambiance si particulière de l’automne : « la rumeur de lumière et la puissance d’embrasement », « un incendie de beauté », « l’épanchement de la beauté, l’effusion de la splendeur ». Je suis frappé par deux éléments qui traversent tout ce partage : le feu et le sang. Les deux sont ici intimement liés. En ce sens je trouve très beau ce qu’écrit Giono : « En se débattant, il donna un coup de griffe dans un érable et celui-là se mit à saigner à pleines feuilles », et surtout : « Une sourde inflammation gonflait la terre », avec ce jeu de mot, de ce que je comprends, désignant à la fois la flamme et le sang gonflant une plaie. Je comprends, grâce à Gauguin et Giono, et à la manière dont tu les présentes, que pour eux, le sang, le principe vital de la terre, est une flamme ardente qui chauffe, vivifie et embellit le monde. On le voit si bien dans ce tableau ! Je trouve d’ailleurs frappant que l’Automne allie si bien mort et beauté, hémorragie silencieuse et embrasement universel.
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M
Merci Christine pour le partage de cette célébration de la beauté de l’automne. Je découvre ce tableau de Paul Gauguin et ces vers de Jean Giono.<br /> J’aime ce paysage incendié, embrasé et puis ce « vert intense », le feu qui se déverse dans le ruisseau. Je trouve particulièrement beau la cime des arbres, où l’on voit vraiment ces flammes s’agiter. <br /> J’ai trouvé beau aussi le poème qui, comme tu l’écris, est très « évocateur de la façon dont l’automne s’empare d’un paysage et le transforme ». J’ai particulièrement aimé ces vers :<br /> « Il y eut une sorte de bond souple qu’on entendit tomber sur la terre au cours d’une nuit. Le lendemain, l’automne était là. »<br /> « En se débattant, il donna un coup de griffe dans un érable et celui-là se mit à saigner à pleines feuilles ».<br /> Accueillir en automne cet « épanchement de la beauté », cette « effusion de la splendeur » est une vraie joie et une belle grâce !
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L
Merci Christine pour ces deux découvertes ! J’ai énormément aimé le texte poétique de Jean Giono, en particulier les deux premiers paragraphes, avec l’image du fauve puis de l’inflammation. Je trouve les métaphores d’une grande beauté, même si l’on y perçoit une déception que, pour ma part, je ne goûte pas quand je vois l’automne enflammé : « On enviait les hommes de la forêt » ; « On sentait que tout allait s’éteindre ». Je trouve magnifique cette annonce de l’hiver qui, en douceur se fait sentir. L’automne annonce le répit de la terre, le repos, la nécessité de s’éteindre pour renaître. Cela m’évoque le grain de blé qui doit mourir pour porter du fruit (cf. Évangile selon saint Jean, chap. 12, verset 24), et ce rythme des saisons m’émerveille.<br /> Le brasier de Paul Gaudin m’émerveille lui aussi ! Ce feu qui embrasse tout et dont l’eau même se fait écho. J’ai aimé d’une manière particulière regarder ce ruisseau magnifiquement contrasté de couleurs.
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J
Merci pour ce bel article poétique sur l’automne, qui traduit si bien son esprit et son ambiance si particuliers. J’ai été très enthousiasmé par le texte de Giono, dont j’ai aimé retrouver le style poétique si imagé, si évocateur, avec cette métaphore du fauve, puis celles de la blessure et du feu. J’ai spécialement aimé cette phrase : « Une sourde inflammation gonflait la terre. »<br /> J’ai eu la chance de faire plusieurs trajets dernièrement à travers une magnifique forêt : la route était bordée de part et d’autre d’épais taillis essentiellement composés de fougères, dont l’ondulation d’or cuivré m’a exactement évoqué la fourrure d’un fauve.<br /> J’ai trouvé intéressante le rapprochement fait par Gauguin entre la couleur et la musique : « la couleur qui, comme la musique, est une question de vibrations ». J’aurais besoin que l’on m’explique cela davantage, mais je pressens qu’il y a là quelque chose de profond, car cela suggère qu’il y a, à la source de l’Art, un mouvement, une vie originelle. <br /> Dans le tableau, j’aime énormément les couleurs des arbres et du pré à leur base, et l’embrasement automnal si bien figuré. Merci aussi pour ta belle expression « rumeur de lumière », qui me fait penser à cette grande annonce de l’hiver où, en son cœur, nous allons recevoir la Source de toute lumière à Noël : le Christ ! C’est beau de voir ainsi l’automne comme le messager de ce Feu !
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J
Merci Christine. J’ai aimé lire ton expression « rumeur de lumière ». J’apprécie la chaleur de ce tableau que j’ai cru être au premier regard un véritable incendie. Ce sont particulièrement les branches comme enflammées et s’élevant vers le ciel qui me donnent l’impression d’incendie avec le choix de colorer les extrémités de l’arbre de rouge et d’orange, ainsi que l’effet donné au moyen des coups de pinceaux. J’aime aussi le sentiment qu’un feu de forêt (évidement je ne parle pas ici de la réalité meurtrière qu’entraîne inévitablement un feu de forêt, mais de la belle image spirituelle à laquelle cela ramène) est engagé et que tout sous ce qu’il touche s’enflamme, les herbes, les arbres alentours, et même l’eau grâce aux reflets. <br /> J’aime le texte de Jean Giono spécialement avec l’apparition du rouge de l’érable qui « se mit à saigner à pleines feuilles » grâce au « coup de griffe ». J’ai aimé aussi le caractère bourru et solide qu’il donne aux sapins, ainsi que le bel abaissement de la création dont témoigne l’automne (cf. vous trouverez une magnifique description en ce sens dans le roman « La route du Lion » : http://www.qja.fr/2020/10/la-route-du-lion.html) : « Et chaque jour, les arbres enflammés étaient moins roux, plus jaunes, plus minces. On sentait que tout allait s’éteindre. » Merci pour le beau souhait que tu exprimes.
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