« Que le plus coupable périsse »

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J
Cette fable est délicieuse, si bien écrite et si bien déclamée ! Gloire aux deux Jean, donc. Je dirai comme Joseph que je trouve « extraordinaire de “réciter” tout de mémoire, sans même une hésitation de prononciation ; la manière dont cette fable est ancrée en son esprit, tellement assimilée qu’elle n’est plus un apprentissage par cœur, mais bien un langage intérieur ». Il y a là bien évidemment un travail colossal.<br /> Du point de vue de la forme, le moment que je préfère est celui de l’interprétation du renard. Mais je n’en ai pas ri, que ce soit pour cela ou le reste.<br /> Quant au fond, quelle sagesse dans ce texte ! Quelle finesse d’analyse des comportements humains ! Comme par exemple la modestie grandiloquente et fausse du lion ou l’indulgence intéressée et fourbe du renard.
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C
Merci, Frantz, pour le régal d'écouter Jean Piat nous réciter magnifiquement Les animaux malades de la peste: je rends hommage à cet acteur exceptionnel qui s'est mis au service des plus grands textes de notre littérature. Merci aussi pour la profonde réflexion qui s'ensuit sur la justice des hommes et la justice de Dieu.<br /> Je trouve cette fable d'une brûlante actualité dans la recherche d'un coupable dans une épidémie...Toute l'histoire des hommes est marquée par cette recherche d'un bouc émissaire et son élimination.<br /> Mais, de façon plus particulière, elle concerne chacun de nous, notre façon de nous dédouaner, de ne pas assumer notre propre complicité avec le mal. Elle appelle donc à une vraie conversion. Et c'est le Christ qui nous ouvre le chemin, Lui, le seul Juste, innocent condamné, portant nos fautes, rachetant nos péchés...
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J
N'ayant commenté que la forme de l'article, je vous dis merci Joseph et Marguerite pour vos commentaires qui mettent en mots le fond grave qui m'a le plus touché et que je n'avais pas réussi à verbaliser.
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L
Merci Joseph pour ce que tu écris sur la triste réalité de notre humanité (et de nous-mêmes) qui ne se remet en cause "quasi uniquement que lorsqu’elle est en « danger de mort »"...
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M
Merci Frantz pour ton partage. D’abord pour cette fable de La Fontaine que je ne connaissais pas ou bien que j’avais oubliée. Ensuite pour cette déclamation de Jean Piat que j’ai beaucoup appréciée écouter. J’aime son timbre de voix très particulier, mais surtout le rythme qu’il donne dans son interprétation, la manière théâtrale de la raconter. Tout cela est un talent. <br /> Merci d’avoir mis ensuite la fable pour pouvoir bien revenir sur le texte. Ces fables sont de bien belles leçons, et je me disais en entendant les auditeurs rires à certains moments (et moi-même l’interprétation m’a fait sourire) qu’en réalité, et comme tu l’écris dans cet article, tout cela est très loin d’être drôle et sujet à la légèreté. Ces attitudes sont très graves, et un penchant peccamineux bien encré dans le cœur de l’homme.<br /> Merci alors pour ce que tu exprimes et rappelle sur la justice divine, qui effectivement nous laisse responsable de nos actes (pour lesquels il faudra bien rendre compte) mais qui est aussi folie d’amour et de miséricorde pour celui qui sait reconnaître humblement, et avec contrition ses torts et accueillir le pardon de Dieu. Seulement, je garde à l’esprit qu’humilité, contrition, repentance, ne sont pas des sentiments, attitudes, qui viennent comme cela dans le cœur de l’homme, et qu’il est bien nécessaire et urgent de les rechercher et de les demander à Dieu lui-même pour espérer être dans cet état d’esprit au moment où nous serons jugés…<br /> Merci pour les citations de Jésus, particulièrement ces mots : « de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. » qui peuvent particulièrement je trouve, éveiller l’effroi dont tu parles.
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L
Merci Frantz. J’ai beaucoup aimé écouter ce texte avant de le lire comme tu en as toi-même fait l’expérience. Cela le rend particulièrement vivant et, je trouve, souligne la beauté de notre langue et de la poésie. Merci pour ce que tu écris sur la justice de Dieu qui s’oppose en tout et pour tout à celle de ces animaux !<br /> La morale de cette fable remet fortement en cause. Plus encore que l’accusation facile des autres au lieu de s’accuser soi-même, ce qui m’interpelle ce soir, c’est le regard que l’homme pose sur ceux qui lui sont « socialement supérieurs », tel le renard qui s’adresse au Lion. Cette promptitude, pour être bien vu, à excuser, et donc encourager, d’autres dans leurs erreurs coupables. Le socialement ou politiquement correct. Cela interpelle, je trouve, sur la liberté véritable.<br /> En ce temps de l’Avent, la figure de l’âne me touche. Comme tu l’écris, la logique de Dieu n’est pas celle du monde, et Il choisit même d’honorer cet animal bafoué par les autres et l’élisant « digne porteur de l’Enfant-Jésus », « digne porteur de Dieu », durant ces temps de l’Avent et de Noël.
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J
Merci Frantz. J’ai eu plaisir à découvrir cette fable en l’écoutant tout d’abord. Je trouve remarquable ces timbres de voix masculines qui se font rares. Il y a sans aucun doute une grande part de génétique dans la voix, mais sûrement aussi beaucoup de travail pour acquérir une diction claire et pesée. J’apprécie la ruse de La Fontaine en faisant passer des leçons sur la société de l’époque à travers la pédagogie de ce qui au premier abord peut sembler être une historiette ou encore une plaisanterie. La voix de M. Piat m’a aidée pour découvrir le texte. Merci pour ton commentaire sur le fond de la leçon et sur la nouveauté qu’apporte Jésus. D’un point de vue de la forme, je trouve remarquable la manière dont des comportements sont traduits à travers les figures d’animaux et les mots. J’ai essayé de trouver le mot caractéristique pour chaque animal, mais je ne suis pas bien sûre… Pour le lion, serait-ce la condescendance ? ; pour le loup, l’apathie? ; pour le renard, l’hypocrisie ? ; quant à l’âne, l’humilité ? Je trouve claire la manière dont est rendue l’accusation par les points d’exclamation, le sentiment d’une agitation soudaine de la foule d’animaux présents au conseil qui condamnent celui qui est pourtant le moins condamnable de l’histoire, l’âne.
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J
Merci pour la découverte de cette fable et pour son interprétation exceptionnelle par Jean Piat, dans le ton, la voix, le rythme. Je suis profondément admiratif d’abord de la manière dont ce vrai artiste donne vie au texte, avec la prestation extraordinaire de « réciter » tout de mémoire, sans même une hésitation de prononciation ; pour la manière dont cette fable est ancrée en son esprit, tellement assimilée qu’elle n’est plus un apprentissage par cœur, mais bien un langage intérieur. Un homme de théâtre au sens le plus noble du terme ! Quel charisme et quelle personnalité ! Et, oui, cela nourrit l’enthousiasme pour la beauté de notre langue française. Je suis touché par ce que Jean Piat exprime aussi de son rôle de transmission et l’importance de porter en mémoire le patrimoine si beau de notre histoire littéraire.<br /> Je n’ai pu m’empêcher de rire franchement lors de la tirade du renard ainsi que pour les deux vers suivants : <br /> « Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,<br /> Au dire de chacun, étaient de petits saints. »<br /> Et il faut saluer évidemment le texte de La Fontaine, si bien écrit (!), entre récit, poésie et humour. Mais derrière son côté très plaisant, je trouve que cette fable est aussi lourde de sens et de leçons. Ainsi, je note la fausse humilité du lion, qui n’est pas rempli de contrition mais cherche en fait à se dédouaner en s’accusant. <br /> Je retiens aussi ce vers :<br /> « L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents<br /> On fait de pareils dévouements »<br /> Il exprime très bien, je trouve, la triste réalité de notre humanité qui ne se remet en cause quasi uniquement que lorsqu’elle est en « danger de mort ». C’est triste de penser que bien souvent nous forçons les circonstances au lieu de faire le bien pour le bien, et non pour la peur d’être puni.<br /> Si la tirade du renard m’a fait rire, j’y vois encore ce côté hypocrite et double, de faussement excuser les autres pour s’excuser soi-même en réalité.<br /> Et puis il y a la leçon générale que tu soulignes, et qui est tout sauf drôle et légère, de cette recherche d’un coupable, et de se déculpabiliser sur le dos des autres. <br /> Là encore, Jean Piat donne bien à voir ce triste penchant du cœur plein de fiel :<br /> « Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal. »<br /> Alors merci pour ce bon moment, plein de sagesse !
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