L'art de raconter une histoire avec son corps

Publié le

Publié dans Musique, Danse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Merci, Marguerite pour ce partage d'un ballet, pour le plaisir d'admirer la grâce virtuose des danseurs.<br /> J'ai moi aussi relu la scène de Shakespeare et il m'a semblé que les pas des danseurs étaient comme des mots, bribes de paroles, silences, reculs, questions, emballements.; mais les corps , ici, racontent la passion amoureuse avec moins de sobriété , je trouve,que les mots seuls, accompagnés de nuit et de crainte dans la pièce; comme Frantz, je trouve que les trop nombreux baisers figent un peu la chorégraphie et altèrent la subtilité de la relation tout en élans et en retenues.<br /> C'est l'impressionnante légèreté des danseurs qui m'émerveille le plus; elle rejoint si bien les mots de Roméo dans la pièce:"sur les ailes légères de l'amour,j'ai volé par dessus ces murs".<br /> Et le bondissement des cœurs, dans l'amour, comme hors de la poitrine, est magnifiquement conté!
Répondre
L
Merci Marguerite pour la découverte de ce ballet. Je rejoins pour ma part ce qu’exprime Joseph sur l’emprunt fait au théâtre. J’ai été plus sensible à d’autres danses déjà partagées qui n’avaient pas cette caractéristique du mime. Le chorégraphe et les danseurs ont sans doute, dans le cas présent, moins de libertés créatives, ou en tout cas certaines obligations. Cependant, l’esprit du texte est très bien rendu en effet, et j’ai trouvé intéressante la manière dont la danse évolue dans le temps avec les différentes étapes que l’on distingue très bien : Juliette rêveuse ; la phase d’approche (qui m’a marquée par le décalage des mouvements qui ne doit pas être si simple à réaliser) ; les démonstrations masculines ; le dialogue amoureux (que je trouve pour ma part un peu long, mais fidèle au texte) ; et l’adieu. J’aime bien le mouvement de « ciseaux » que réalise l’homme plusieurs fois (par exemple 1 :54), jambes tendues. Comme toi je trouve aussi impressionnant les tours qu’il réalise à partir de 2 :06. Enfin, j’ai relevé le porté à 2 :49, et les deux tours à 3 :07 et 03 :11 que je trouve très gracieux.
Répondre
J
Ce que j’ai préféré est les deux moments dont tu parles : la « synchronisation » à 4,17’ et « la précision et la confiance dans la réception de la danseuse à 6,28’ », car j’apprécie cette complémentarité. Comme Jeanne, je ne suis guère sensible à la danse soliste masculine. J’ai peut-être tort, mais pour moi, dans la danse, y compris la danse de salon que j’ai pratiquée, l’homme doit être au service de la grâce féminine et s’effacer devant elle.<br /> Par ailleurs, je suis plutôt d’accord avec Joseph quand il écrit : « la danse gagne à ne pas ‘‘emprunter’’ au théâtre ». De toute façon, je suis totalement hermétique à l’esprit de « Roméo et Juliette », donc…<br /> Merci pour cet article !
Répondre
F
Merci pour l’occasion de regarder, admiratif, la performance de ces deux danseurs, en imaginant tout le travail et les années de pratique quotidienne que demandent une telle aisance, une telle maîtrise du geste. Je pense aussi au travail en duo pour la synchronisation, l’unisson des mouvements. C’est vraiment très impressionnant. J’aime bien les portés à 2’39 et à partir de 3’05, et je trouve vraiment beau ce que les danseurs font à 3’25. Je suis d’accord avec tout ce qui est dit jusqu’à présent : la danse traduit bien le sentiment amoureux avec ce qu’il a d’immature, de trop sentimental, justement, avec la difficulté qu’ont ces deux jeunes gens à se quitter à la fin. En revanche, je trouve qu’il n’était pas forcément nécessaire de la part du chorégraphe de les faire s’embrasser autant : on dirait un film hollywoodien. Ce que j’aime justement dans la danse, c’est quand tout le corps montre un sentiment d’attirance sans avoir besoin de le signifier grossièrement par un baiser qui concentre tout sur la bouche, et surtout de le répéter autant de fois. À cet égard, je trouve le geste à 6’42 beaucoup plus délicat et beau à regarder. Je ne veux pas dire qu’un baiser soit laid, évidemment, mais que dans une danse classique, c’est, à mon avis, un peu raccourci et cela manque de subtilité. J’ai moi aussi été moins touché par cette danse que par d’autres déjà vues, justement parce qu’elle traduit une attitude très adolescente, ce qui est pour le coup parfaitement rendu, et en ce sens, j’applaudis des deux mains les danseurs !
Répondre
J
Merci pour la découverte de l’extrait de ce ballet. Je l’ai regardé après avoir lu le texte de Shakespeare, et je trouve qu’en effet l’esprit est bien rendu, plutôt dans l’excitation que dans la « joie exubérante », avec aussi toute la thématique romantique. Si je suis impressionné par la maîtrise prodigieuse du geste, la légèreté de la danseuse, qui ferait presque oublier l’effort physique et nerveux que cela doit demander, j’ai été moins « touché » par ce ballet que par d’autres, dans le sens que je trouve que la danse gagne à ne pas « emprunter » au théâtre. J’ai cru ressentir ici quelque chose de la différence entre la célébration gratuite, et la démonstration – ou mime –. En revanche, j’ai vraiment aimé apprendre le nom du geste de l’arabesque, que je trouve très beau et gracieux et tout le « jeu » de pieds à partir de 0,15’.
Répondre
J
Merci Marguerite pour l’orientation proposée de regarder cette scène de ballet comme une histoire racontée avec le corps. Grâce à l’aspect d’excitation que tu soulignes je n’ai pas eu de difficulté à comprendre le sentiment qui habite les personnages lors de cette scène. Il y a également les gestes que les danseurs font autour du cœur de Roméo à 4,53’ ou encore le geste d’au revoir à partir de 7,29’, que je trouve clairs à comprendre. J’ai aimé particulièrement regarder la grâce et la légèreté de la danseuse, son tour à 0,27’, ses pas en 2,2’. Comme toi, je trouve beau le tissu de la robe et cela apporte beaucoup. Je trouve remarquable la technique du danseur . Toutefois, je reconnais être moins sensible à la danse classique masculine lorsqu'elle évolue en partie soliste. Je préfère quand le danseur soutient ou porte la danseuse comme par exemple en 1,57' où j'ai aimé la manière dont le danseur accompagne de sa main les tours de sa partenaire.
Répondre