Soifs

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J
Merci Christine pour cette belle et juste ode à la soif ! Merci aussi pour vos commentaires, Frantz et Joseph, particulièrement l’extrait de Terre des hommes.
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C
Merci beaucoup Lucie pour ta citation du Pape François.<br /> Merci beaucoup Joseph pour l'extrait de Terre des Hommes.
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M
Merci Christine pour ce beau partage. J’ai aimé lire tes mots au début, qui n’a jamais ressenti cette grande soif ou cette trop pensante chaleur et le plaisir de les apaiser grâce à l’eau.<br /> Merci pour l’extrait du Petit Prince. Je suis frappée par la volonté de ce marchand de se priver de ce qui fait de l’homme un « vivant », cette soif naturelle qu’il connaît et le pousse à chercher l’eau, peut-être parfois au prix d’un grand effort, mais qui ne la rendra que meilleure, et se plaisir de boire, d’assouvir la soif. Je rends grâce pour la source de joie simple que peuvent être ces petits moments tels qu’étancher une soif, si l’on sait les vivre avec attention et gratitude.<br /> Je suis également frappée par ta phrase : « Cette soif demande à être désaltérée : elle est appel ardent, imploration d’être entendu, supplication d’être comblé. ». Lui, Jésus, qui est l’Eau Vive a ce cri vers l’homme : « J’ai soif ». Lui qui est Amour, désire être désaltéré par notre réponse d’amour. Lui qui est le Tout-Puissant, Dieu, s’abaisse jusqu’à nous et implore notre amour, tout cela pour nous combler de son Amour. Quel Mystère est cet Amour fou de Dieu pour l’homme.<br /> Merci Lucie pour le rappel de ces mots du Saint-Père François.<br /> Merci beaucoup Joseph pour le si beau passage que tu partages de Terre des Hommes.
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F
Merci Christine pour cette réflexion sur la soif. Je trouve ce passage du Petit-Prince plein de bon sens, mais qui en dit long sur la tendance moderne à supprimer les « gênes », l’inconfort, et supprimant du même coup le moteur profond de l’homme. La privation, le manque, est pourtant bien ce qui met en mouvement, ce qui pousse à entreprendre travaux et quêtes, avec toujours l’espoir de trouver la source tant désirée… Je trouve d’ailleurs si beau l’épisode de la Samaritaine dans l’Évangile, que tu évoques à la fin de ton article : c’est bien la soif qui a attiré cette femme vers Jésus, une soif progressive. D’abord corporelle, puis spirituelle, et dévoilant par là la soif la plus inouïe : celle de Dieu ! Quelle folie, que Dieu ait soif de nous au point de se faire l’un de nous et de mourir pour nous ! Au fond, c’est sans doute cela, la plus belle rencontre : celle de notre soif avec celle de Dieu… Merci Joseph pour le passage de Terre des hommes, que je trouve très fort : en effet, l’homme a déjà du mal à croire en un Dieu prodigue, qui comble sa soif la plus profonde. Alors envisager l’idée d’un Dieu qui a soif de l’homme… C’est pourtant bien vrai, comme Il l’a crié du haut de la croix : « J’ai soif ! »
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J
Merci Christine pour le sujet de ton article et pour tes mots que j’ai aimé lire : « attente du soir pour sortir “à la fraîche“ comme l’on disait dans la campagne de juillet de mes vacances d’enfant ». Je trouve que cet extrait de Saint-Exupéry est vraiment intéressant et il me semble tout à fait d’actualité… C’est délirant de penser à la manière dont la société cherche à réduire à l’état de pilules des éléments de la vie (comme par exemple les aliments) en cherchant à aseptiser et à désincarner tout ce que comporte l’existence humaine. Ton article m’a évoqué les mêmes paroles du Pape François que Lucie rapporte dans son commentaire.
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J
Merci pour cette belle méditation sur la soif, symbole du cœur qui désire, et très à propos en ces jours de grosses chaleurs et de pluies diluviennes ! Merci de redonner ce passage du Petit Prince, avec sa conclusion si profonde. Je trouve que cela provoque une grande interrogation, plus large encore que pour la seule question de l’eau, même si celle-ci est particulièrement éloquente. Est-ce qu’il y a vraiment un progrès humain dans le ‘‘progrès’’ matérialiste où l’on perd la notion d’effort, où l’eau coule d’un robinet tourné en une fraction de seconde, où l’on oublie peu à peu la grande valeur des choses ? Même s’il s’agit surtout de garder son esprit dans la gratitude, ce qui est possible en toutes circonstances, je me demande si cette facilité confortable en tout est vraiment bénéfique. En ce sens, je pense à un très beau passage de Terre des Hommes, du même écrivain, Saint-Exupéry, qui relate l’épisode où ce dernier invita en France des Maures avec qui il s’était lié d’amitié dans le désert. En promenade dans la montagne, ils parviennent à une cascade : <br /> <br /> « Ils se taisaient, ils assistaient graves, muets, à ce déroulement d’un mystère solennel. Ce qui coulait ainsi, hors du ventre de la montagne, c’était la vie, c’était le sang même des hommes. <br /> Le débit d’une seconde eût ressuscité des caravanes entières, qui, ivres de soif, s’étaient enfoncées, à jamais, dans l’infini des lacs de sel et des mirages. Dieu, ici, se manifestait : on ne pouvait pas lui tourner le dos. Dieu ouvrait ses écluses et montrait sa puissance : les trois Maures demeuraient immobiles.<br /> « Que verrez-vous de plus ? Venez…<br /> - Il faut attendre. <br /> - Attendre quoi ?<br /> - La fin. »<br /> Ils voulaient attendre l’heure où Dieu se fatiguerait de sa folie. Il se repent vite, il est avare. <br /> « Mais cette eau coule depuis mille ans !… » (Terre des Hommes, IV)<br /> <br /> Tout cela m’évoque à la fois la surabondante gratuité du don qui est fait, de cette eau symbole de la vie, et aussi de la responsabilité face à un tel trésor. Ce que je trouve spécialement fort avec l’eau, c’est que lorsqu’on a vraiment soif, rien ne saurait la remplacer, aucune boisson de substitution ne peut remplir son office, au contraire des aliments solides.<br /> Évidemment, je suis aussi très touché par la mention du « J’ai soif ! » de Jésus sur la Croix, ce cri d’amour qui m’interpelle sur ma propre soif de L’aimer et de me laisser aimer par Lui. Tout ce thème de l’eau et du désir m’évoque une dernière citation que j’aime beaucoup, bien connue, de saint Ignace d’Antioche : <br /> «Une eau vive murmure au-dedans de moi et me dit de l'intérieur: “Viens vers le Père<br /> !”» (Ad Rom. 7).
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L
Merci Christine ! Quelle joie en effet de goûter la saveur de l’eau lorsque nous l’avons attendue et désirée et que tu résumes si bien : « objet de notre soif, sujet de notre joie ». Merci pour ces deux photos que tu as choisies, toute simples et pourtant si belles. J’aime voir cette eau couler, cette eau pleine de vie ; et je trouve que les arrêts sur image des photos le rendent très bien. Cette eau est pleine de vie par son mouvement propre et par ce qu’elle apporte aux autres. Je trouve par exemple cela fascinant aussi chez les fleurs, lorsqu’elles ont eu un peu soif mais sans être déjà morte elles commencent à se faner et piquent du nez mais, en très peu de temps, dès qu’elles ont reçues de l’eau, elles reprennent vie ! Je trouve cela magnifique. C’est le mouvement de vitalité qui m’émerveille et effectivement, si la soif ne se fait pas sentir, ce mouvement là n’existe pas…<br /> Ton partage fait exactement écho à ce que disait le Saint-Père François il y a quelques semaines sur l’absence de soif (Carnet de Rome du 06-12 juin : http://jean1314.over-blog.com/2020/05/carnets-de-rome.html) : « Le drame d’aujourd’hui est que souvent la soif a disparu. Les questions sur Dieu se sont éteintes, le désir de lui s’est affaibli, les chercheurs de Dieu se font de plus en plus rares. Dieu n’attire plus parce que nous ne ressentons plus notre soif profonde. Mais seulement là où il y a un homme ou une femme – pensons à la Samaritaine (Jn 4, 5-30) – avec la cruche pour l’eau, le Seigneur peut se révéler. »
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