Dépouillé pour la Paix

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C
Merci Jeanne pour cette station devant laquelle m'arrêter et contempler.<br /> Découvrant l'article ces jours-ci, je pense d'abord au Sacré-Coeur, à ce Cœur ouvert, offert avant même d'être transpercé par la lance, transpercé par nos offenses, nos indifférences, mis à nu par notre orgueil, ...<br /> Le fin tissu me fait voir Jésus ondoyé, plongé, baptisé dans la mort et la résurrection, et je repense au Christ voilé de Sanmartino et à l'article de Marguerite.<br /> Il y a un contraste saisissant entre les deux grosses mains frustes et avides , ce geste de lacération qui est d'une terrible violence, et la finesse du tissu, la délicatesse de cet ondoiement baptismal, et surtout le mystère de Paix dont tu parles et qui rayonne de cette œuvre.
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J
Oui, selon ce verset qui me touche tant, nul ne prend la vie de Jésus, c’est lui, et lui seul, qui la donne. Néanmoins, cette station est saisissante par le déferlement de la violence qui est faite au Christ. Il y a d’abord, effectivement, la « lacération » avec « les côtes et le ventre creusé à l’extrême qui donnent l’impression que les mains veulent arracher les entrailles ». Ce que je trouve le plus heurtant est les yeux de Jésus : on dirait ceux d’un cadavre.<br /> Merci Marguerite pour ce que tu as noté : « en regardant bien ce linge je me disais que l’on pouvait peut-être voir le mouvement allant vers le haut, ce linceul qui sera donc plus tard signe de la Victoire de Jésus sur la mort serait en train de remonter pour le recouvrir tout entier et c’est lui qui chasserait les ‘mains de la Mort’ ». En revanche, je ne perçois pas forcément la différence entre les deux mains, d’autant que le cliché est de mauvaise qualité. Il faudrait voir sur place. <br /> Enfin, je rejoins bien évidemment cette définition de l’art selon la sculptrice : « Il ne s’agit pas d’exprimer les phénomènes passagers de ce monde visible, mais de pouvoir pénétrer sous les pellicules subtiles d’une autre réalité où se révèle un ordre supérieur, celui de l’ordre spirituel ».
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M
Merci Jeanne de partager avec nous cette station du Chemin de Croix de Lourdes dans le sillage de l’article « Théophanie du Christ ressuscité aux pèlerins d’Emmaüs » (dans lequel la dernière photo est tellement magnifique). Merci pour ton regard sur la violence mais aussi la paix qui se dégage de cette scène et de cette représentation. Ce qui m’a d’abord frappée ce sont ces mains comme des griffes qui semblent arracher la peau même de Jésus et qui évoquent bien je trouve que la violence vécue est très profonde. Et puis comme tu le dis on trouve plus de paix dans le bas de la sculpture, qui me fait penser au Saint-Suaire et donc évoque cette paix et la Résurrection. D’ailleurs en regardant bien ce linge je me disais que l’on pouvait peut-être voir le mouvement allant vers le haut, ce linceul qui sera donc plus tard signe de la Victoire de Jésus sur la mort serait en train de remonter pour le recouvrir tout entier et c’est lui qui chasserait les « mains de la Mort ».<br /> Merci Lucie d’avoir relevé la différence entre les deux mains.
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J
Merci pour l’occasion de méditer sur la dixième station de ce si beau chemin de Croix. Je trouve cette sculpture particulièrement suggestive et vivante, avec la violence que tu soulignes. J’ai aussi immédiatement pensé, en contemplant le Christ droit sur ses jambes, au verset que tu donnes plus loin : « Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne ». Dans cette haine terrible, angoissante, et avec l’apparente victoire du Mal, Jésus reste entièrement Maître et Souverain. Je me suis dit que c’était peut-être encore une revanche de son Amour que de transformer ce terrible épisode en la possibilité de découvrir son torse nu, qui sera plus tard transpercé et qui révélera son Cœur. Merci pour ton regard sur la délicatesse du Père envers Jésus, avec le bas de l’œuvre qui évoque déjà la paix du tombeau, le suaire délicatement déployé sur le corps de Jésus, par ses derniers fidèles au soir du Vendredi saint, comme une réparation.
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F
Merci pour la joie de contempler à nouveau cette sculpture saisissante ! Ce qui me frappe d’emblée, et c’est peut-être grâce à la photographie et à la lumière choisies, c’est la posture du Christ : on dirait qu’il est penché en avant, ou s’avançant vers nous. Tout le haut de son corps est éclatant de lumière, une lumière qui semble d’ailleurs émaner de lui. Cette lumière n’est pas propre à la sculpture, elle change en fonction de l’heure, mais en même temps, je pense que ce renfoncement vers l’arrière au niveau des jambes est aussi conçu pour garder le plus possible cette partie dans l’ombre. Aussi me dis-je, en regardant ces mains de toute évidence hostiles et violentes, que, malgré elles, elles dévoilent (elles révèlent ?) l’identité véritable de Jésus. Le voile est déchiré (comme le voile du Temple qui se déchire de haut en bas au moment où le Christ expire, ce qu’on peut lire dans l’Évangile selon saint Matthieu, chapitre 27, versets 50 et 51) : le Sauveur est dépouillé de tout ce qui nous empêche de le reconnaître comme tel. Et comme tu le dis, c’est un véritable arrachement, très violent, mais qui ne provoque de la part de Jésus aucune violence, bien au contraire. Il est Paix. En ce sens, je trouve vraiment bouleversant le visage qu’a su produire Maria de Faykod : un visage souffrant, certes, mais sans aucune trace de reproche. On y lit à la fois de la tristesse et du désir que nous le reconnaissions en ce qu’il est vraiment : notre Dieu qui veut nous ramener à Lui et nous donner sa propre vie en prenant notre mort.
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L
Merci Jeanne. Ce qui me frappe avec violence en contemplant cette sculpture, c’est que ce ne sont pas tant les vêtements du Christ qui semblent être arrachés, mais sa peau ; en quelque sorte son être lui-même. <br /> Ce que je trouve aussi intriguant, c’est que l’artiste ait choisi de présenter ces deux mains ennemies à l’emplacement même où devrait être celles du Christ (j’imagine que cela est volontaire puisqu’il pouvait y avoir plus de mains, ou bien positionnées autrement). Je me suis demandé si cela pouvait être une manière de montrer, comme tu y fais référence, que le Christ donne sa vie et que « nul ne la prend ».<br /> Je me suis aussi arrêtée sur la différence entre ces deux mains, l’une vieille, et l’autre jeune.<br /> Merci pour tout ce que tu écris sur la fracture entre le haut et le bas de la sculpture et pour ce que tu exprimes sur la paix et la douceur du voile.
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