Qui nous rendra la vie?

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J
Merci pour cet article. Tout part d’une expérience très évocatrice poétiquement : un cimetière de bateaux, à laquelle tu as relié l’état de la société occidentale contemporaine. Les prises de vue de M. Danloux sont belles : particulièrement le sang de la rouille sur les côtes du premier thonier, et la lumière bretonne sur ceux de la deuxième photo. « La dérive sournoise… que cet enfermement » : j’ai trouvé dans cette strophe une petite ressemblance de rythme avec C. Péguy. Merci Christine pour la pensée que tu partages avec nous : « à chaque marée, quand l’eau montait et les soulevait on avait l’impression qu’ils reprenaient vie et que la partance redevenait possible... » qui rejoint ce qu’écrit Lucie et que je résumerai ainsi : la communion des saints.
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C
Merci Joseph pour cette très belle complainte qui nous interroge tant sur notre destinée.<br /> Je suis très touchée par la force de tes vers courts et incisifs avec cette répétition du "rendez-nous!": <br /> Ainsi que ton titre l'indique,ces grands thoniers sont mourants et non pas morts : retentit donc comme un cri d'espérance dans leur agonie.<br /> Je trouve les photos très belles; je me souviens d'avoir été très émue par le cimetière de bateaux en face d'Etel; à chaque marée, quand l'eau montait et les soulevait on avait l'impression qu'ils reprenaient vie et que la partance redevenait possible...<br /> Merci pour le parallèle saisissant avec nous-mêmes et notre temps; puissions-nous, contre l'engourdissement sournois et l'enlisement, rechoisir la fierté des grandes traversées, et notre Capitaine!
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F
Merci Joseph pour cette plainte des bateaux abandonnés : ton poème me touche beaucoup ! Déjà ce que tu dis en introduction, le fait que cet appel n’est pas « sans rapport avec les temps de notre humanité » : je trouve en effet que l’image de l’enlisement, de « l’échouement », l’« ensablement », l’« isolement », l’« engourdissement », l’« enfermement », est certainement ce qui décrit le mieux l’état de notre société. Je suis frappé d’ailleurs par ce que tu dis, à savoir que ces bateaux sont là à se décomposer parce que leur propriétaire, leur capitaine, a été tué à la guerre : on peut en effet se demander si l’on n’a pas tué, parfois même avant qu’ils aient eu le temps de prendre la mer, tous ceux qui avaient l’âme de capitaine et auraient pu emmener l’humanité dans l’Aventure, quelques fois le danger, « les grains de tempête », mais aussi la « conquête » ! J’aime énormément la finale, avec ces questions laissées en suspens. Peut-être que bien des carcasses de navires n’appellent pas ou n’appellent plus, ayant oublié ce que pouvaient signifier le large et l’aventure, « les grandes traversées » et la « vive allure », mais grâce au cri des autres, au service duquel tu mets ton talent de poète, y aura-t-il des hommes et des femmes qui répondront à l’appel du véritable Capitaine, capable de nous mener à bon port !
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M
Merci Joseph pour le poème et les photos que tu partages avec nous.<br /> Merci pour cette « complainte des bateaux mourants » qui m’a touchée en ayant à l’esprit ces mots que tu écris : « j’ai cru entendre une plainte, comme un sourd appel, non sans rapport avec le temps de notre humanité ». <br /> Ces mots forts : « enlisés », « nos âmes trop lasses », « échouement », « dérive sournoise », « enfermement », « isolement », « engourdissement », « ensablement », m’évoquent l’attitude de l’homme qui s’enfonce dans les ténèbres de son péché, de ses passions, de sa paresse, de sa médiocrité, de son ignorance ou de son refus de croire en Dieu sans qui il ne peut trouver sa place, ce qui l’anime au plus profond de son être et la paix véritable.<br /> Ces vers : « rendez-nous la fierté / Des vaisseaux de conquête / Les grandes traversées / Et les grains de tempête », « rendez-nous l’Aventure ! / Les creux et les récifs / Et notre vive allure », m’évoquent la destinée de l’homme, tout le contraire de ces mots cités précédemment. L’Aventure de l’homme est celle qui nous ramène « jusqu’au Quai Paternel ».<br /> Merci Lucie pour ce que tu écris.
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J
Merci Joseph pour l’originalité du sujet de ton article. Les photographies retenues de Frédéric Danloux sont très suggestives. Je trouve beau alors le fait que ces photos et tes vers se soient si bien « rencontrés » et complétés. Par exemple, la première photo m’a fait penser à un corps en sang, et j’ai découvert ensuite tes vers : « Pitié pour nos carcasses, Nos corps déchiquetés ! » Après avoir lu la demande de retrouver les dangers exaltants que comprend l’Aventure (« L’abordage sauvage » - « Les creux et les récifs »), je trouve encore plus fort le contraste des dangers (« isolement » ; « grand péril » ; « engourdissement » ; « dur exil » ; « enfermement ») qu’entraîne la réalité mortelle de la dérive, avec l’adjectif « sournoise ».
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L
Merci Joseph de partager avec nous ces photos et ton poème. Je trouve particulièrement fortes ces deux strophes : « La dérive sournoise / En cet ensablement / Et cette horrible vase / De notre isolement » et « Pas de plus grand péril / Que l’engourdissement / Pas de plus dur exil / Que cet enfermement » et encore « Enlisés dans l’oubli ». C’est le coté lent, silencieux et pourtant inexorable, de ce piège qui petit à petit se referme, et enferme définitivement, qui me frappe. Il ne s’agit pas d’un sable mouvant qui avale sa proie en un instant et se dévoile aussitôt, mais bien d’un phénomène sournois qui arrive sans y paraître, et agit dans l’ombre sans rencontrer d’obstacles.<br /> Je trouve en parallèle magnifique l’élan de vie, et la force que l’on perçoit dans ce cri. Malgré l’apparence, la vie peut en effet de nouveau surgir à bord de ces carcasses, parce que le désir lui est bien vivant ! Ce que je garde, c’est surtout cela : l’importance de nourrir chacun nos désirs de conquêtes, d’aventures et d’abordages pour redonner vie à notre manière à ces navires enlisés.
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C
C'est très inspirant !
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B
Super blog bravo
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