Un maître de délicatesse

Publié le

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Merci Marguerite pour ton commentaire, et d'avoir vu ainsi Jésus dans l'homme blessé.
Répondre
J
Merci Marguerite pour ton "autre regard".
Répondre
M
Merci beaucoup Joseph pour ce tableau et ce poème que tu partages avec nous, aussi parce que je n’ai pas souvenir d’avoir contemplé de représentation de cet Evangile. J’aime beaucoup la couleur du ciel qui semble comme venir auréoler la scène et ce bon samaritain, et j’aime aussi ce cheval qui semble faire de son mieux en s’abaissant pour rendre la tâche de son maître la plus aisée possible. Je trouve qu’il y a de l’attention aussi dans l’attitude de ce cheval vis-à-vis de ce prochain à secourir. Merci pour ce que tu exprimes concernant les deux hommes, particulièrement sur la blessure première de tout homme qui est intérieure. Et puis pour ces mots : « le Bon Samaritain s’est sûrement laissé tacher par son sang et salir par la poussière du chemin », qui m’ont fait penser à l’abaissement par Amour pour l’homme et pour le sauver qu’a vécu Jésus lors de sa Passion, de son chemin de Croix, en acceptant d’atroces souffrances et de porter le poids du péché des hommes en allant jusqu’à mourir sur la Croix. On sent dans les gestes de ce samaritain beaucoup d’attention. Merci aussi pour ces mots : « cette compassion ne se limite pas à un pieux sentiment non, il va donner à la victime le meilleur de ce qu’il a ». <br /> Avec un autre regard quand je vois cet homme nu avec son simple linge, blessé, presque mort, je pense aussi à Jésus descendu de la Croix, Jésus blessé lors de sa Passion, blessé par nos péchés, blessé par l’indifférence des hommes. Alors je vois en ce bon samaritain chaque homme qui essaie, humblement et pauvrement, d’aimer Dieu et les autres, de convertir ses attitudes de péchés qui blessent et qui alors, à sa mesure, « prends soin de lui ». <br /> Merci beaucoup pour ce si beau poème de Léo Pastór, si précieux enseignement, qui s’accorde tellement bien avec cette œuvre. En lien avec ce tableau me touche spécialement ces vers : « Attention silencieuse », « Souci de l’écorché ».<br /> Merci Jeanne pour ce que tu exprimes sur le poème.<br /> Merci Lucie pour ce que tu écris sur le prêtre et le lévite à pied et le bon samaritain à cheval.<br /> Merci aussi Frantz pour ce que tu écris sur « notre âme qui va vers la mort ».<br /> Merci Christine pour ces mots « enveloppé d'un simple linge comme Jésus à la descente de Croix, l'humanité blessée est relevée par la Charité. »<br /> Merci Jean de souligner que c’est effectivement logique qu’on ne voit pas les plaies.
Répondre
J
Que cette parabole est belle ! J’ai toujours trouvé l’interrogation « Comment lis-tu ? » très évocatrice.<br /> Merci pour ce tableau magnifique et émouvant. <br /> Concernant le Sauveteur, je relève moi aussi cette force tranquille et aimante, « professionnelle ». Force qui trace la ligne de démarcation entre une attitude délicate et doucereuse. <br /> Concernant le sauvé, je pense que si l’on ne voit pas son visage, c’est que le peintre a voulu signifier que ce blessé pouvait être chacun de nous. Il me paraît logique qu’on ne distingue pas les plaies puisque le texte précise bien qu’il le soigne et lave avant de le mettre sur sa monture. J’aime cette dernière dans sa communion avec son maître, comme un chien de troupeau avec le berger…<br /> Le lévite qui s’éloigne ressemble à un mort-vivant, et c’est ce qu’il est.<br /> Merci Lucie pour ce que tu écris : « Il m’a semblé que le bon Samaritain aurait eu bien des excuses pour ne pas s’arrêter : il était plus haut, allait plus vite, et aurait pu passer sans même voir l’homme roué de coups ; à la différence des deux hommes précédents qui se trouvaient “à son niveau”. Cela me fait penser au fait extraordinaire que Dieu, le Très-Haut, prend bien plus soin des hommes que leurs contemporains » et merci, Jeanne, pour ce que tu as compris de si profond dans le poème : « Ce que je trouve très beau est l’équilibre mystérieux entre quelque chose d’humble (“Effleurement”), et en même temps qui prend l’initiative et ne reste pas à l’extérieur (“Intrusion” ; “Clé” ; “Étreinte”). Cela m’enseigne que la délicatesse est l’amour qui ne s’impose pas en enfonçant l’autre, mais s’impose en ne permettant pas que l’autre reste au bord du chemin ». Merci enfin, Christine, pour ce que tu dis sur le mot « enclave » et la Déposition.
Répondre
C
Merci de nous donner à contempler et à méditer la parabole du Bon Samaritain; cela me permet de mieux accueillir la question de Jésus: "qui a été le prochain de l'homme tombé aux mains des bandits?", et de préciser de quelle manière il l'a été.<br /> La délicatesse , à travers le texte de l’Évangile, le tableau de Bonnat et le poème de Léo Pastor devient comme le visage de la vraie proximité. Rien d' hésitant, d'intrusif ou de théâtral; la juste mesure d'une bonté humble et efficace.<br /> Le mot qui m'a le plus touchée pour résumer l'ensemble est le mot "enclave";l'homme s'est fait dérober, les voyageurs se sont dérobés, et voici que , dans ce grand vide de la violence puis de l'inertie, arrive cette douce enclave: le voici enveloppé, enrobé, élevé...<br /> Le tableau de Bonnat, par le fondu des couleurs et la courbure des lignes (bras, dos, épaule, encolure du cheval) exprime particulièrement bien la douceur du soin, la protection, la mise à l'écart loin de la méchanceté et de l'indifférence, l'espace d'amour où reprendre souffle, santé, espérance: l'enclave.<br /> Je trouve aussi très saisissante cette montée sur le cheval: c'est comme une déposition de la Croix, mais inversée; enveloppé d'un simple linge comme Jésus à la descente de Croix, l'humanité blessée est relevée par la Charité.
Répondre
F
Merci Joseph pour la contemplation de cet épisode de l’Évangile et de ce tableau qui l’illustre. Je suis très touché par l’attitude du bon samaritain, par la délicatesse dont tu parles, et par la force qui se dégage en même temps de cet homme. Très touchante aussi est l’attitude d’abandon de l’homme dont il prend soin. Le fait qu’on ne voie pas son visage est peut-être ce qui me touche particulièrement : comme pour enfouir l’humiliation et la souffrance subies, il se cache entre les bras de son sauveur et médecin. Mais ce qui m’a le plus touché, c’est finalement ce cheval qui, ayant tout compris au projet de son maître, y adhère pleinement en inclinant la tête, en se faisant aide fidèle, joyeux de porter un étranger. Animal souvent symbole d’orgueil dans la Bible, le cheval est ici le serviteur humble dont la joie est de participer à la volonté de ce bon samaritain qui préfigure Jésus.<br /> La présence dans ce tableau de l’homme qui s’en va en arrière-plan est terrible : tel un spectre dans son linceul, il s’enfonce dans l’ombre de l’indifférence et de l’égoïsme, et me rappelle que chaque fois qu’on passe à côté d’un frère en feignant de ne pas voir sa misère, notre âme va vers la mort…<br /> Merci pour le si beau et profond poème de Léo Pastór ! Je suis ce soir particulièrement touché par « Enclave de bonté », car il me semble que dans ce tableau, l’enclave est formée à la fois par le samaritain et par son cheval. Je suis aussi touché par « Souci de l’écorché », en pensant que cet écorché, c’est à la fois le frère que je rencontre dans mon quotidien, et moi-même dont Dieu a constamment souci.
Répondre
L
Merci Joseph. Ce qui m’a touchée en premier dans ton partage est un point auquel je n’avais jamais fait attention jusqu’ici en écoutant cette parabole : le fait que le Samaritain donne à l’homme « sa propre place en descendant de sa monture ». J’ai trouvé beau que la scène que peint Léon Bonnat illustre justement cela. <br /> Sur la toile, le lévite et le prêtre sont représentés à pieds. Cela n’est pas précisé dans l’Evangile, mais il m’a semblé du coup que le bon Samaritain aurait eu bien des excuses pour ne pas s’arrêter : il était plus haut, allait plus vite, et aurait pu passer sans même voir l’homme roué de coups ; à la différence des deux hommes précédents qui se trouvaient « à son niveau ». Cela me fait penser au fait extraordinaire que Dieu, le Très-Haut, prend bien plus soin des hommes que leurs contemporains. <br /> J’ai aimé penser à chacune des étapes par lesquelles sa délicatesse s’est traduite : il a commencé par s’arrêter, est descendu de sa monture, s’est penché sur l’homme blessé, l’a soigné, et l’a hissé à la force de ses bras. Comme toi je trouve belle la représentation du bras tendue par l’effort, et également celle de la main ferme qui tient la jambe de l’homme blessé. Comme il est un symbole de Jésus lui-même, cela me fait réfléchir à chacune de ces étapes qu’il accomplit envers nous, avec délicatesse, avec soin.<br /> Merci pour le poème de Léo Pastór qui est magnifique ! Avec l’image du bon Samaritain je garde en particulier ces quatre vers : « Étreinte d’un regard » ; « Attention silencieuse » ; « Effleurement de l’être » ; « Souci de l’écorché ». Je trouve ces deux derniers bouleversants d’amour.
Répondre
J
Merci Joseph pour le titre de ton article et pour l’expression « prendre soin » que tu as relevé. Je suis touchée par l’échange des gestes de ces deux hommes. Le geste d’entourer avec les bras le cou comme l’homme le fait, me fait penser au geste qu’un enfant ferait envers son père ou encore une épouse envers son époux. Quant au Bon samaritain, je trouve belles ses mains qui maintiennent et rapprochent de lui le corps du blessé, tout cela dans une certaine lenteur pour ne pas brusquer le corps meurtri qu’il tient. J’aime aussi le port de tête du Samaritain qui me donne l’impression qu’il écoute attentivement le souffle sûrement faible du blessé. Je trouve beau son corps qui devient marche et j’ai aimé la présence du cheval qui s’abaisse dans la compréhension de ce que fait son cavalier. Merci pour « il y a du professionnalisme dans ce sauvetage ! ». Je me dis que la délicatesse est une discipline de l’amour qui s’apprend et s’exerce, car c’est le prochain qui est en jeu. Le poème « Délicatesse » est magnifique ! Ce que je trouve très beau dans ce poème c’est l’équilibre mystérieux entre quelque chose d’insaisissable et humble (« Sillage » ; « Effleurement »), et en même temps qui prend l’initiative d’entrer et ne reste pas à l’extérieur (« Intrusion » ; « Clé » ; « Étreinte »). Cela m’enseigne que la délicatesse est l’amour qui ne s’impose pas en enfonçant l’autre, mais s’impose en ne permettant pas que l’autre reste au bord du chemin.
Répondre