''Je suis comblé''

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Publié dans Musique, Danse

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C
Merci, Frantz, pour cette musique qui vient enrichir encore la Parole méditée, les tableaux contemplés...<br /> Merci pour tous les commentaires qui aident à entrer aussi dans le mystère; cela m'a beaucoup aidée.<br /> Je retiens surtout cette célébration du détachement: l'étreinte de Syméon ne veut pas rendre captif l'Enfant tant désiré, toute la musique le suggère très fortement ainsi que ce "j'ai assez" qui est tout le contraire de la suffisance humaine ou de la volonté de mettre la main sur Dieu.<br /> J'ai été profondément touchée par les mots:"ma foi a serré Jésus sur mon cœur"; toute la joie de la foi, la sienne, la nôtre, celle de tous les temps, est résumée magnifiquement là...
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L
Merci Jean pour les traductions que tu proposes, et pour la différence entre rassasié et comblé.
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J
Merci Jean pour ta traduction qui approfondit et éclaire ; spécialement ce que tu exprimes de la différence entre « être comblé » et « être rassasié ».
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J
Merci pour cette découverte. J’aime les instruments et le rythme spécialement dans l’introduction musicale dans laquelle le traverso porte très bien je trouve, l’esprit de l’attente de saint Syméon. La répétition du « Je suis comblé ! » me touche, car j’ai pensé à saint Syméon qui proclame son émerveillement à lui-même et à tous ceux qui l’entourent.
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M
Merci Frantz de partager avec nous cette cantate de Bach et pour ce que tu partages de ton écoute comme les trois notes ascendantes sur le « habe », la tenu prolongé de « genug », et la guirlande de notes sur « Freuden », tout cela m’a bien aidé à écouter. Je suis frappée aussi par l’insistance, la manière dont il exprime le mot Sauveur, « Heiland », à 2,09’.<br /> J’aime la répétition de « ich habe genug » tout au long de l’œuvre et la mélodie de la flûte. Les paroles de ce chant d’action de grâce et d’émerveillement de saint Syméon sont tellement belles, j’aime particulièrement ces mots : « ma foi a serré Jésus sur mon cœur » et « maintenant j’espère, aujourd’hui même, avec joie partir d’ici » ainsi que l’expression « dans mes bras avides » que je trouve tellement belle ! (merci Jean d’avoir souligné le fait que ce soit péjoratif, j’y voyais le « désir ardent » mais pas la « cupidité », j’avais mal compris ce mot.) Tout ce que ce vieillard attendait était de voir le Christ, plus rien ne le retient maintenant. Je me dis que peut-être le message qu’il nous donne également aujourd’hui c’est que pour pouvoir espérer partir un jour avec joie de cette terre, donc dans la paix, ce qui est nécessaire c’est d’y avoir rencontré Jésus, d’avoir autant que possible, par la foi, serré Jésus sur son cœur.<br /> Merci Jean pour tes traductions différentes, notamment ce que tu dis concernant « comblé/rassasié ».
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J
Merci Jean pour la traduction que tu donnes, spécialement pour le sens du rassasiement avec le désir de partir d'ici.
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L
Merci beaucoup Frantz pour le partage que tu fais avec nous, et pour la beauté de l’œuvre découverte ! J’ai aimé la grande beauté, délicatesse, et luminosité de la ligne mélodique. Aussitôt elle élève l’âme vers l’infini de Dieu l’unissant à l’émerveillement de saint Syméon. Je m’associe tout à fait à ce que tu écris : « Je m’imagine, en écoutant ce chant, un vieillard aux yeux lumineux, à l’âme jeune, le corps fatigué d’attente, mais le cœur rempli de gratitude ». Il y a une grande confiance exprimée dans cette musique également je trouve, une confiance paisible. <br /> Merci pour ce que tu écris sur la manière dont le compositeur soigne chaque détail musical, cela m’a permis de m’y arrêter plus longuement et de me laisser davantage toucher. <br /> Le texte du poème me touche également beaucoup, et en particulier le tout dernier vers. Cela peut sans doute heurter de nos jours, mais je trouve beau ce désir et cette hâte, que l’auteur met dans le cœur de saint Syméon, de partir et rejoindre le Ciel « aujourd’hui même » et « avec joie ». Je pense à la joie que doivent effectivement ressentir les personnes en fin de vie qui sont dans la paix profonde d’avoir été sur terre ce qu’elles devaient être, et accueillent cet aboutissement à la fin d’un long chemin, d’une longue attente. Cela donne le désir de vivre les choses avec profondeur et sans retenue tous les jours de notre vie, pour partager, au soir de celle-ci, le désir de saint Syméon.
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J
Merci pour cet article. J’aime beaucoup le traverso ! <br /> Concernant la partie chantée :<br /> Dans un premier temps, j’ai ressenti les limites de la jeunesse de la voix, puis je me suis dit que cela pouvait exprimer la jeunesse de l’âme de Syméon.<br /> « Freuden » et « genug », très beaux, ont effectivement retenu mon oreille, mais aussi « begierigen » et « gedrückt » dont j’ai découvert ensuite par leur sens qu’ils étaient liés.<br /> Je suggère une traduction différente pour deux expressions :<br /> - « mes bras de désir » pour « meine begierigen arme » : non péjorative. <br /> - « je suis rassasié » pour « Ich habe genug » : plus littérale, et plus exacte spirituellement. Syméon n’est pas comblé. Il est momentanément rassasié, mais veut « partir d’ici » (c’est d’ailleurs la phrase qui me touche le plus, je crois) pour être comblé, dans l’au-delà. Sinon, il chercherait, non pas à partir, mais à posséder « avidement » ce qu’il vient de recevoir.
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J
Merci pour cette découverte et la joie de méditer encore sur cette rencontre extraordinaire, tellement belle, du vieillard plein d’espérance avec le petit Enfant, Réponse incarnée à son désir. Toute sa vie d’attente, de soif, comblée en un instant par ce face à Face, ce cœur à Cœur ! Je trouve que la musique, avec notamment le rythme des cordes, exprime de manière magnifique ce désir de Syméon de « partir d’ici », après une telle rencontre. J’ai aussi beaucoup aimé la ligne mélodique, pleine d’une joie enfantine, et qui m’a fait penser au vol libre d’un papillon. Avec le regret quand même que ce ne soit pas le hautbois, tellement adapté, je trouve, à la figure de Syméon ! J’ai beaucoup aimé la montée sur « das Hoffen der Frommen », à partir de 1’26. On sent tout le regard tendu du saint vieillard vers Jésus. <br /> Merci pour ce que tu expliques sur la manière d’écrire de Bach, en mettant toujours la musique au service du texte, et tous les procédés bien choisis pour servir le mouvement et l’esprit, par tel ou tel mot prolongé par exemple. Merci d’avoir relevé cette image de l’ascension.<br /> Avec toute la réserve qui se doit d’un incompétent (!), et après avoir comparé deux autres versions, car je n’arrivais pas à entrer dans l’accord de la voix du ténor avec la personne de Syméon, je dois dire que je n’ai pas trop aimé l’interprétation vocale, que j’ai trouvée un peu ampoulée. Est-ce qu’il ne manquerait pas une nuance de gravité, aux deux sens du terme, par rapport au destin du saint homme, peut-être ? Merci en tous cas pour l’émerveillement devant ce ‘‘testament’’ si beau, cette prière si belle de l’Évangile, prolongée dans la méditation de Bach.
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