Pardonnez-nous

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Publié dans Littérature

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J
Oui, merci de souligner cette réalité insoutenable du viol, qui m’aide aussi plus profondément encore à être choqué, dérangé par cette réalité qui devrait être insoutenable.
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M
Merci Joseph de nous donner à méditer ce poème dans le drame qu’il évoque et de le lier à notre propre cœur appelé à être ce sanctuaire pour Dieu et dont nous sommes chacun seul responsable.<br /> Je relève particulièrement ce vers « Un Christ d’azur énigmatique et blasé ».<br /> Heureusement il y a ce vers final « Notre Dame de Korréguer, pardonnez-nous. »<br /> L’Esperance de ce pardon toujours offert par Dieu à celui qui le demande avec un cœur contrit et en vérité, et je suis touchée aussi par la présence de Notre Dame, elle qui intercède tant auprès de Dieu pour les « hommes de l’Infidélité ».
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F
Merci, Jean, d'avoir relevé cette métaphore du viol, que je n'avais pas vue. Cela me permet de relire le poème avec encore plus de gravité...
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C
Merci Joseph pour cet article bouleversant qu'il m'est si difficile de commenter…<br /> Merci donc pour tous vos commentaires, et encore plus pour ta prière, Jean.<br /> <br /> Il se trouve que je reprends ce partage et relis ce poème en ce jour de Notre Dame de la Salette et des larmes de la Vierge Marie en 1846 (apparition de la Vierge Marie à deux enfants dans un petit village perdu des Alpes). Je suis saisie par cette même immense douleur de l'abandon et de la trahison…<br /> Xavier Grall nous invite à pousser la porte de la chapelle et à faire cette expérience de la dévastation, sans consolation.<br /> A demander pardon pour être sauvés du "péché d'oubli" .<br /> Et je demande aussi à Marie, la Vierge des vierges, (car oui, comme le souligne Jean, la métaphore du viol court tout au long du poème comme un cri terrible) de nous aider.<br /> Notre Dame de Korréguer,<br /> Notre Dame de la Salette,<br /> priez pour nous!
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L
Merci Joseph. Ce poème est bouleversant de dureté et de réalisme. J’ai du mal à fixer mon regard sur l’espérance en le lisant, malgré la belle manière dont tu l’introduis, mais je désire entrer dans ce mouvement qu’indique Jean : « pour vivre une réelle espérance, il faut avoir assumé un désespoir ». <br /> Les images sont extrêmement poignantes, celles qui me bouleversent le plus ce soir sont celles-ci : <br /> « Les vers lubriques éborgnent les saints / dans les niches linceuls »<br /> « La nef délitée de Korréguer / vibre sous la griffe des hiboux » (écho pour moi à l’extrême fragilité de ses murs et de sa charpente, que je trouve bouleversante).<br /> « et les dalles que nul sabot fermier / n’enchante / sont un tapis de fientes / puantes »<br /> Merci Jean parce que je n’avais pas perçu lors de mes lectures précédentes la métaphore du viol, pourtant largement développée, qui m’a beaucoup émue et secouée ensuite…<br /> Merci également pour cette prière que tu oses adresser au Seigneur et pour l’appel à la fidélité, pour nous tenir, petitement, mais sûrement, en opposition à « ce siècle de l’inobservance et de la peine ».
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J
Merci Joseph pour ce poème magnifique dans sa forme et poignant dans son fond. Je trouve admirable la manière dont le poète fait regarder cette chapelle abandonnée, d’abord de loin pour vivre à sa suite la rencontre bouleversant de cette chapelle : <br /> « assise, agonise<br /> amante navrée des terres navrantes<br /> la chapelle de Korréguer<br /> Le linteau verdi moussu de ses jambes »<br /> de pierre » ; puis, en entrant à l’intérieur par une vue d’ensemble, en regardant les détails, et enfin en allant toucher le cœur du lecteur-pèlerin par la réalité de cet abandon avec ces vers très forts : « veuvage végétal », « glaciale géhenne ». Je trouve prenante l’expression de douleur du poète révélant son amour qui semble le prendre aux entrailles, devant cette situation pas croyable en Bretagne (mais plus largement encore), terre labourée et forgée par la Foi :<br /> « Impossible parousie<br /> en galiléenne Bretagne :<br /> Un Christ d’azur énigmatique et blasé<br /> observe dérisoirement le sépulcral royaume<br /> de la mécréance et du péché d’oubli<br /> Ainsi ce siècle de l’inobservance et de la peine ». <br /> <br /> Merci Jean pour ton commentaire !
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J
Merci, Joseph. J’ai dû revenir plusieurs fois à cet article pour pouvoir écrire quelque chose.<br /> À lire ce poème, d’une si grande beauté (je ne vais pas opérer de sélection, tout me touche), ma poitrine se « gonflait » de tristesse et non de « cantiques »… Sans compter la photographie remarquable qui m’a fait de la peine.<br /> Je trouve la métaphore du viol (renforcée par d’autres mots « lit », « amante », « lubriques », « sadique », « étreinte féroce ») : « Le linteau verdi moussu de ses jambes de pierre s’ouvre aux crosses du néant aux vergers voraces des souches » très secouante, c’est comme si nous laissions une telle agression se dérouler sous nos yeux sans réagir (réalité hélas par ailleurs très présente en France).<br /> Cela m’évoque la lamentation biblique : « Que mes yeux ruissellent de larmes nuit et jour, sans s’arrêter ! Elle est blessée d’une grande blessure, la vierge, la fille de mon peuple, meurtrie d’une plaie profonde » (Livre de Jérémie, chapitre 14, verset 17).<br /> « Impossible parousie ». Oui, il ne s’agirait pas de parler trop vite, au prétexte de l’insupportable optimisme, de l’espérance d’un renouveau…<br /> Pour ma part, j’ai répondu à l’appel de ce poète admirable : « Pousse la porte de la chapelle, voyageur, et que s’endeuille ton espérance »<br /> Car pour vivre une réelle espérance, il faut avoir assumé un désespoir.<br /> « Impossible parousie » : mais ce délabrement n’est-il pas déjà là comme une manifestation, une parousie à l’envers, pour nous secouer de nos torpeurs ?<br /> Quant à moi, voici ce que j’ose demander :<br /> Puisses-tu, Seigneur, ne pas rester « blasé » devant la « mécréance » humaine ! « Si nos fautes parlent contre nous, agis, Seigneur, à cause de ton Nom ! » (verset 7 du même passage).<br /> Et puissions-nous, nous autres, pour répondre à l’ignoble « péché d’oubli », être les « hommes de la Fidélité » ! <br /> une vocation suffisante.
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F
Merci beaucoup Joseph pour ce poème que je trouve magnifique, dans son extrême dureté et douleur à travers certaines expressions et images en particulier. « Le sépulcral royaume de la mécréance et du péché d’oubli » me saisit : oui, le monde aujourd’hui a abandonné la foi en Dieu, il a oublié les innombrables bienfaits reçus de Dieu, et il en est devenu mort, « sépulcral ». Tandis que dans l’Église, certes faible et faillible, mais maison de Dieu, le monde trouvait la fécondité. Je suis très touché par la manière dont le dit Xavier Grall : « les belles chapelles-mères, les granges-matrices ». Il ne parle pas là de grands édifices imposants, il ne parle pas d’une Église magnifique, mais de l’Église humble demeure de Dieu où naissait (et naissent encore !) les âmes. Je trouve très beau, et en même temps douloureux, la manière dont le poète parle de l’Église Épouse et Mère, avec le vers cité précédemment, et avec cet autre : « amante navrée des terres navrantes ». M’interpellent aussi les « avides simoniaques », image qui me semble désigner les opportunistes qui ont fait de l’Église – en tout cas de sa réalité visible – une organisation dont ils tirent profits égoïstes ou gloire humaine. Mais Notre-Dame de Korréguer est toujours là, l’Église est toujours Mère. Et le « soleil ostensoir » brille toujours, nous attendant patiemment.
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