« Les étoiles »

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L
Je vous remercie chacun de vos commentaire, qui m'aide à avoir un regard plus juste et plus profond sur ce poème. Merci en particulier Jean pour la liste des mots de type romantique qui en dit long...
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M
Je vous remercie pour vos commentaires qui m'éclairent !
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J
Merci Jean pour tes commentaires. Merci pour tous ces mots que tu as relevé en les mettant à la suite, car cela me permet de voir davantage l’opposition avec ce qu’on vécu les saints
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J
Merci pour vos commentaires Frantz et Jeanne, spécialement sur l’angélisme et la lutte exultante. Merci Jean pour ton commentaire, et d’avoir fait ce relevé frappant de tous ces termes « romantiques », comme si c’était le champ-lexical de la langueur autocentrée, contraire à l’élan incarné et combatif des saints. En ce sens, j’ai repensé fortement à l’article : « La Croix centrifuge » : https://data.over-blog-kiwi.com/1/48/89/72/20190225/ob_908932_la-croix-centrifuge.pdf.
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J
Consultant les autres commentaires après rédaction du mien, je constate que ce partage provoque une réflexion bien intéressante !<br /> -Je trouve particulièrement juste et profonde ta méditation sur l’angélisme, Frantz !<br /> -Je rejoins aussi ce que vous écrivez là, Joseph et Jeanne :<br /> « Je me suis demandé s’il n’y avait pas quelque chose d’éthéré dans cette quête, de désincarné, avec la tentation de « rêver sa vie » dans l’au-delà des étoiles un peu vaporeux, de fuir en fait la réalité, avec cette expression que je trouve terrible : « Que ne puis-je, échappant à ce globe de boue ». Cela me fait penser à l’opposition entre le charnel et le spirituel, contre l’esprit chrétien qui les réconcilie. Nous avons bien été placés les deux pieds sur cette terre, sur ce globe qui n’est pas que de la boue ! »<br /> « Je n’ai pas été touchée par le style de ce poème car même si la destinée du Ciel est évidement incontestable, noble et très désirable, la recherche décrite par le poète n’est pas inscrite, je trouve dans le réel avec notamment une absence de la dimension d’effort exultant. C’est une forme de rêverie stérile car sans effort avec cet exemple de vers entre autres: « Dans un golfe du ciel aborder endormis ? ». <br /> -Christine, il ne me semble pas que « Lamartine place Dieu au centre de son évocation », mais bien plutôt lui-même… Je trouve en revanche intéressant ce que tu dis là : « les immenses espaces interstellaires qui remettent l'homme à sa juste place »<br /> -Marguerite, je ne parviens pas du tout à christianiser comme toi ce poème, mais merci pour la belle référence biblique sur l’Espérance.
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J
Merci Lucie pour ce partage. J’ai déjà eu l’occasion, il me semble, d’exprimer sur ce site ce que je pense du romantisme en général. La langue est belle, certes ! mais le style est pour moi vraiment indigeste (j’ai cherché le mot, tout en respectant le travail du poète).<br /> Bien au-delà, je ne me sens ni rejoint ni entraîné par le message, que je trouve bien loin de ce qui m’attire personnellement et que j’essaie de vivre, je ne citerai pour cela que quelques mots glanés au fil des vers, et j’en passe :<br /> « rêveuse, caresse, charmant, volupté, endormis, sensible, attendri, larme, instincts, pressentiments, soupirs, rêves, regrette, échappant, glisser, dormir, flotter, larmes, secret d’amour versé dans un cœur tendre, dormirait sur leur sein, nouveau-né, paupière attendrie, vague rêverie… »<br /> Je te rejoins, mais dans le sens opposé, pour dire que la conclusion se passe de commentaire :<br /> « Je sentirais en lui, tout ce que vous sentez ! »<br /> Ainsi, je ne suis pas sûr que l’auteur ait pensé aux saints, dont la vie est, selon moi, bien loin de tout ce que j’ai cité avant. <br /> Ce qui peut être un peu plus émouvant pour moi, c’est de percevoir son doute ; il semble bien perdu.<br /> Malgré tout, je suis sensible au soin de ton commentaire qui m’a intéressé, merci !
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C
Merci Lucie de nous embarquer dans l'ampleur et le souffle de ce grand poème romantique .<br /> La venue de la nuit et l'éclosion des étoiles sont propices au désir de prendre de l'altitude, d'envisager une aventure céleste, de réaliser notre destinée; Lamartine place Dieu au centre de son évocation et je trouve cela très beau.<br /> Au-delà des nombreuses images qui décrivent magnifiquement le crépuscule (j'aime particulièrement "ces îles de lumière [qui] jaillissent comme une poudre d'or sur les pas de la nuit" ou encore "le souffle du soir qui sème les étoiles"), il nous ouvre les immenses espaces interstellaires qui remettent l'homme à sa juste place, le comparant à un nouveau-né au regard de ces années-lumière des astres, perdu dans une immensité qui le dépasse, et pourtant conduit, piloté, protégé (l'évocation d'un possible naufrage le rend si petit et vulnérable…) par Celui qui gouverne les univers et mène à bon port le navire des hommes. <br /> Je trouve que l'exaltation de l'âme romantique rend magnifiquement cette aventure prodigieuse de la destinée humaine , dans l'immensité de la Création dont il n'est pas le maître.<br /> Et je reprends tes mots que je trouve très justes, Lucie: de ces vers jaillit plus de lumière que de peur, plus de confiance que d'angoisse. Merci!
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M
Merci Lucie pour la découverte de ce beau poème et pour tout ce que tu partages sur ta lecture personnelle. Comme toi j’ai été touchée par les images concernant le crépuscule, par l’évocation de l’homme qui vogue sur la foi du pilote. Et puis il y a deux éléments sur lesquels je m’arrête, le premier est ce terme d’ancre dans ces vers :<br /> « Ou, conduits par sa main sur un brillant rivage, <br /> Et sur l’ancre éternelle à jamais affermis, <br /> Dans un golfe du ciel aborder endormis ? »<br /> Parce que je me demandais là ce que le poète évoque par l’ancre. Parle-t-il de l’Eglise dans laquelle l’on trouve Jésus qui conduit les croyants au « brillant rivage », parle-t-il de la Vierge Marie, ou parle-t-il de l’Espérance, cette Espérance de la vie éternelle offerte aux hommes par Jésus et le don de sa vie à la Croix, qui vient de Dieu et qui conduit aussi à ce « brillant rivage », comme il en est question dans la lettre aux Hébreux que nous trouvons dans la Bible, au chapitre 6, verset 19 « Nous avons cette espérance comme une ancre pour l’âme, ferme et sûre ». Ou évoque-t-il encore autre chose ?<br /> Et puis le deuxième élément est celui que tu évoques aussi de ce désir d’être l’une de ces étoiles et tout ce qu’il exprime de manière si poétique au service des autres dans la compassion, la « sainte amitié ». Et je pensais alors à cette Parole dans la Bible de saint Paul dans sa lettre aux Philippiens au chapitre 2 du verset 12 au verset 16 « Ainsi, mes bien-aimés, vous qui avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et profond respect ; ne le faites pas seulement quand je suis là, mais encore bien plus maintenant que je n’y suis pas. Car c’est Dieu qui agit pour produire en vous la volonté et l’action, selon son projet bienveillant. Faites tout sans récriminer et sans discuter ; ainsi vous serez irréprochables et purs, vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache au milieu d’une génération tortueuse et pervertie où vous brillez comme les astres dans l’univers, en tenant ferme la parole de vie. » et qui évoque justement le fait que nous pouvons être dès aujourd’hui ces étoiles, ce qui revient à vivre dans le désir d’être des hommes et des femmes qui soient des saints, comme tu l’évoques aussi dans ton partage.<br /> Et puis je trouve moi aussi si beaux ces vers :<br /> « Ou briller sur le front de la beauté suprême,<br /> Comme un pâle fleuron de son saint diadème ? »
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J
Merci Frantz pour cette image : "la perfection ne flotte pas dans les cieux, mais marche sur les eaux de nos difficultés et de nos souffrances. "
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J
Merci Lucie pour le commentaire que tu fais de ce poème. Comme toi j’ai aimé l’image du crépuscule qui prolonge ses adieux. J’ai aimé regarder la terre comme un navire en pensant à sa tâche de conduire les hommes qu’elle abrite jusqu’à son Divin Créateur, Dieu. J’ai aimé ces questions posées comme une demande faite aux créatures. L’homme se fait petit devant celles-ci car elles accomplissent ce pour quoi elles sont faites: <br /> “Soleils ! mondes flottants qui voguez avec nous,<br /> Dites, s’il vous l’a dit, où donc allons-nous tous?<br /> Quel est le port céleste où son souffle nous guide ? »“<br /> Toutefois, j’ai eu du mal à en suivre le fil et à apprécier vraiment les images. Je n’ai pas été touchée par le style de ce poème car même si la destinée du Ciel est évidement incontestable, noble et très désirable, la recherche décrite par le poète n’est pas inscrite, je trouve dans le réel avec notamment une absence de la dimension d’effort exultant. C’est une forme de rêverie stérile car sans effort avec cet exemple de vers entre autres: « Dans un golfe du ciel aborder endormis ? ». En lisant ton commentaire Joseph une fois le mien écrit, je te rejoins complètement, et merci car tu exprimes bien mieux ce que j’ai voulu dire.
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F
Merci Lucie pour le partage de ce poème qui ne me laisse pas indifférent : comme Joseph, je salue le travail et la maîtrise littéraire que cela représente ! Mais j’avoue me sentir assez mal à l’aise avec le fond. Je te rejoins, Joseph, lorsque tu parles de fuite, et l’expression du « globe de boue » m’avait aussi sauté aux yeux. En fait, on a le sentiment que le poète rêve d’angélisme : à travers l’image des étoiles, j’ai l’impression qu’il parle des anges (« Nouez et dénouez vos chœurs harmonieux », et surtout « Plus brillantes que nous, vous savez davantage ; Car de la vérité la lumière est l’image »). Les anges, ces êtres spirituels créés parfaits par Dieu, mais qui ne sont pas forcément « son plus sublime ouvrage » : il y a l’Incarnation, l’union de l’humanité et de la divinité en Jésus-Christ, même si c’est un mystère bien grand qu’on a du mal à comprendre. C’est bien cela, son plus sublime ouvrage ! Et la perfection ne flotte pas dans les cieux, mais marche sur les eaux de nos difficultés et de nos souffrances. Aussi suis-je mal à l’aise avec ceci : « Beaux astres ! fleurs du ciel dont le lis est jaloux, J’ai murmuré tout bas : Que ne suis-je un de vous ? » Et avec la suite, où le poète se rêve un ange : « Je visiterais l’homme », « Ma lueur fraternelle en découlant sur eux Dormirait sur leur sein, sourirait à leurs yeux : Je leur révélerais dans la langue divine Un mot du grand secret que le malheur devine ». « Mon rayon en quittant leur paupière attendrie Leur laisserait encor la vague rêverie, Et la paix et l’espoir »… Sauf que ce n’est pas un ange qui nous a sauvé, ni qui nous a introduits dans les secrets de Dieu. C’est bien Dieu fait homme, Jésus ! Et on pourrait penser que l’auteur rêve ici d’être celui qui aide les hommes d’en-haut. Il me semble au contraire que le Christ nous montre que c’est d’en bas qu’on les aide le mieux : en s’abaissant. <br /> Tout cela étant dit, il y a tout de même des images que je trouve très belles, comme celle de la robe, que tu as relevée, Joseph, et tout le passage qui compare la terre à un navire, peut-être parce que justement c’est un passage qui nous raccroche à la terre, et à cette dimension de voyage, de quête vers l’Astre ultime.
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J
Merci Lucie pour la découverte de ce poème de Lamartine, qui exprime une belle quête et un noble désir, même si ce n’est pas le style que je préfère - mon respect sauf pour l’exercice littéraire remarquable évidemment, et avec toute la réserve qui se doit, bien sûr ! Je suis partagé entre deux impressions paradoxales : celle d’un mouvement un peu « ampoulé », chargé de « romantisme », mais en même temps très évocateur, en son rythme même, avec la très belle image de ce grand voyage commun, et j’aime cette image du navire fendant les flots. Il y a quelque chose de grand évoqué ici, mais de manière grandiloquente, il me semble. Je trouve à la fois prenante et touchante cette question lancée comme une exhortation à se mettre en route : « où donc allons-nous tous ? » ; avec l’objectif clairement donné : « Celui que nous cherchons », et cela est très beau. Mais en même temps, je me suis demandé s’il n’y avait pas quelque chose d’éthéré dans cette quête, de désincarné, avec la tentation de « rêver sa vie » dans l’au-delà des étoiles un peu vaporeux, de fuir en fait la réalité, avec cette expression que je trouve terrible : « Que ne puis-je, échappant à ce globe de boue ». Cela me fait penser à l’opposition entre le charnel et le spirituel, contre l’esprit chrétien qui les réconcilie. Nous avons bien été placés les deux pieds sur cette terre, sur ce globe qui n’est pas que de la boue ! En revanche, je trouve très beau l’esprit fraternel évoqué, la « solidarité » dans son sens noble, entre tous les membres du Créé, justement, avec la belle lecture que tu en fais par rapport à la communion des saints. J’aime aussi beaucoup ce vers, qui représente pour moi la confiance possible en ceux qui nous conduisent et qui savent la route : « Vogue … sur la foi du pilote ! ». Cette « foi du pilote », je la relie à la foi de l’Église, dans son sens large, qui conduit le navire de l’humanité. Je trouve belle aussi l’image de la petite fleur, avec ce beau désir de la vraie enfance spirituelle : « Éclore tout à coup sous les pas de mon Dieu ». J’aime aussi l’image des étoiles comme des « îles de lumière ». Enfin, je trouve remarquable la métaphore de la robe pour évoquer le crépuscule :<br /> « Le crépuscule aux monts prolonge ses adieux.<br /> On voit à l’horizon sa lueur incertaine,<br /> Comme les bords flottants d’une robe qui traîne ».<br /> Merci pour ce partage qui donne à méditer sur la manière de désirer la Vie éternelle de manière juste.
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