La douceur du sacrifice

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Publié dans Dessin et peinture

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M
Merci Frantz de nous redonner par ton partage cet immense et extraordinaire exemple de saint Abraham. Merci pour la découverte de ce tableau de Rembrandt et pour tout ce que tu as remarqué et su voir plus profondément. Merci de me montrer cette attitude aussi pleine de confiance et d’abandon d’Isaac et d’amour pour son père mais également pour Dieu, lui aussi.<br /> Je trouve magnifique le visage d’Abraham et tout particulièrement son regard. On y voit je trouve un tel soulagement, comme s’il attendait oui cet ordre de Dieu qui l’empêcherait d’aller jusqu’au bout, mais aussi peut-être une immense reconnaissance lorsqu’il entend la voix de l’ange.<br /> Merci d’avoir remarqué notamment ces trois éléments plus lumineux dans le tableau et également la forme de ce couteau.<br /> Je trouve aussi magnifique l’aile de l’ange, celle de gauche qui est très détaillée.<br /> Cette foi d’Abraham est tellement bouleversante.<br /> Merci pour tes mots « s’abandonne, et n’est jamais déçue »<br /> Merci Christine pour ces trois nuances de blanc que tu as remarquées.<br /> Merci Jean pour ce que tu expliques sur la valeur aux yeux de Dieu de l’angoisse, de la souffrance et de l’épreuve d’Abraham.<br /> Merci Joseph de rappeler ce lien avec le bois de la Croix porté par Jésus et ce que tu dis sur l’arrière-fond.<br /> Merci Jeanne d’avoir relevé dans le texte biblique cette parole, là encore peut-être qu’Abraham dans sa souffrance espérait ce contre-ordre et qu’ils reviendraient effectivement tous les deux.
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J
Je rends grâce à nouveau pour la profondeur des commentaires de chacun, qui invite à aller encore plus loin : merci Jean de rappeler le danger d’édulcorer l’immense souffrance de cette épreuve ; merci Christine pour le coup d’œil sur les différences de lumière. Cela m’aide aussi à mieux comprendre ce que je n’arrivais pas bien à interpréter dans cet arrière-fond que j’ai décris dans mon premier commentaire : j’y vois désormais plutôt, grâce à vous, la marque de ce combat de douleur. Je suis maintenant frappé par le regard d’Abraham que je vois mieux passer de la détresse à l’espérance. Tout cela renforce encore l’admiration pour l’obéissance choisie d’Abraham.
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J
Merci Frantz pour ton article avec tout ce que tu as remarqué du tableau. J’ai trouvé belle une autre marque de cette douceur par les vêtements sur lesquels Isaac a été installé par son père. Merci pour la conclusion donnée avec les paroles si fortes de Benoît XVI. L’arrière plan très sombre du côté d’Abraham a attiré mon regard car il s’oppose au paysage plus clair qui accompagne l’ange. Peut-être est-ce une illustration de la souffrance qui se passe dans le cœur d’Abraham avant que l’ange lui parle ? En ce sens, vos commentaires m’ont aidée à mieux regarder Abraham dans ce qu’il vivait d’incarné et d’authentique. Merci Christine pour ce que tu as remarqué des différences de lumières avec les interprétations données (je n’avais notamment pas compris la lumière verdâtre du visage d’Abraham). Merci Isabelle et Jean d’avoir remarqué la véracité de l’expression du visage d’Abraham tourmenté. Merci Jean de souligner l’importance de ne pas édulcorer la réalité de son épreuve. <br /> En relisant ce passage de la Genèse, une parole dite aux serviteurs m’a interpelée : « Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. ». Abraham aurait pu s’en tenir à dire qu’il irait avec son fils, point. Mais il ajoute plutôt qu’ils reviendront tout deux vers eux. Peut-être est-ce une interprétation erronée, mais je me suis dit que même dans son épreuve Abraham témoignait de sa bonté envers les autres en ne voulant pas inquiéter ses serviteurs par le sous-entendu qu’Isaac ne redescendrait pas de la montagne avec lui. Et puis en même temps, c’était son affaire d’amour et de confiance à vivre avec Dieu seul.
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L
Merci beaucoup Jean pour ton commentaire et Frantz pour ce que tu réponds. Merci. Cela est très beau et permet d'aller bien plus loin encore ; sans "édulcorer la violence" et la réalité de l'épreuve.
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J
Merci pour le partage de ce tableau magnifique et poignant. Et merci d’abord pour la grâce de pouvoir relire ce texte biblique extraordinaire, car, avant son illustration, cela m’a permis d’être saisi de manière nouvelle par la confiance qui irradie toute cette scène pourtant dramatique. Je n’avais jamais vu cette incroyable docilité d’Isaac, garçon déjà solide puisqu’il est chargé du bois (c’est tellement fort de relier symboliquement, a posteriori, la figure de Jésus, nouvel Isaac, lorsqu’Il porte ce bois de la Croix), et pourtant qui ne se débattra pas. Merci pour ton profond et attentif commentaire qui a su voir dans les détails (la main non crispée, le couteau à bout rond) les marques de cette docilité inouïe. C’est ce qui me touche profondément ici, comme tu le décris : ce double amour Paternel ; celui du Père du Ciel envers Abraham, et celui d’Abraham envers Isaac, qui permet la confiance totale. Et avec ce compagnonnage si beau, lorsqu’on peut le relier avec notre possible relation à Dieu : « Et ils s’en allaient tous les deux ensemble. ». <br /> Je suis spécialement touché par le visage d’Abraham, qui ne paraît même pas surpris, mais extrêmement attentif à la parole qui lui est dite ; il me semble entendre son « Me voici ! » tellement prompt. <br /> J’ai aussi été frappé par le contraste d’arrière-fond : sur le côté droit, des formes infernales, étranges, l’obscurité et les flammes, comme un mauvais cauchemar qui s’en irait, mais au-dessus de l’ange, comme une ouverture vers un horizon lumineux, vers l’espérance de la Promesse. Cela m’évoque ce combat de la confiance en Dieu : ce qui en nous peut enténébrer notre relation au Père, nos fausses peurs de sa Volonté, alors que de son côté, il n’y a que cette Tendresse bienveillante.
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L
Merci Frantz pour ce magnifique partage et surtout pour la manière dont tu t’es laissé toucher et pour ce que tu nous transmets. Je suis frappée par la radicalité du contraste entre le premier effet de ce tableau et la profonde douceur dans laquelle tes mots nous permettent d’entrer. <br /> Parmi ces trois douceurs d’Abraham, d’Isaac, et de Dieu représentées par Rembrandt, celle qui me touche et m’émerveille en premier et de manière nouvelle est celle d’Isaac. Je la trouve bouleversante, aussi parce qu’elle n’est pas tellement exprimée dans le passage Biblique (en dehors de cette question de l’enfant qui trouve une réponse énigmatique, et qui n’éveille cependant pas d’insistance. L’enfant à donc confiance). L’absence de résistance, l’abandon, la confiance est bouleversante. Presque comme un nouveau né entre les deux mains de son père. La main paternelle lui voile le regard. Il ne voit pas, ne maîtrise rien, et ne le cherche pas.<br /> Le parallèle de la blancheur du corps avec l’hostie est saisissant.<br /> Un tel abandon d’Isaac entre les mains de son père m’interroge sur le lien si profond qu’ils avaient très probablement et sur l’enseignement que le père avait donné à son fils, son unique, notamment sur la foi, sur l’amour de Dieu, sur la confiance. Il me semble que ce lien entre le fils et le père nous donne de voir quelque chose du lien entre Abraham (alors fils) et Dieu. Abraham, dans le même mouvement que son fils, ne se remet-il pas entre les deux mains de Dieu (ici de l’ange) ?
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F
Merci beaucoup, Isabelle, Christine et Jean, pour vos commentaires, qui me permettent de réfléchir à ce que Rembrandt nous donne de voir d'Abraham. Je n'avais pas saisi la portée de la différence des blancs dont tu parles, Christine, et en effet, je crois que c'est très juste. Du coup, je me range à ce que tu dis, Jean : " Il me semble que tout ce qui tend à édulcorer la violence et la souffrance de ce qui se passe avant l’intervention de l’ange conduit aussi à en renier la vérité, et, je crois, mais peut-être me trompè-je, la valeur aux yeux de Dieu. " En fait, cela ne rend la foi d'Abraham que plus belle et plus méritoire ! En tout cas, je comprends bien la tentation, dans ma lecture du tableau, de voir l'épreuve de la confiance comme quelque chose qui doit être aisé, alors qu'en réalité, ça ne l'est pas. Du moins pas pour Abraham. Et peut-être est-ce plus difficile pour lui que pour Isaac justement parce qu'il lui en coûte davantage : peut-être que le sacrifice d'Isaac a plus de valeur aux yeux d'Abraham qu'à ceux d'Isaac lui-même ?
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J
Merci pour cet article travaillé. J’ai pris le temps de méditer avec mais ne parvient pas à entrer totalement dans cette vision qui me semble un peu désincarnée. <br /> Autant je reconnais l’exactitude (et c’est donc une énigme, hors la référence au Christ) de ce que tu as observé pour Isaac, autant, non, je ne parviens décidément pas à voir dans le visage d’Abraham « quelque chose d’enfantin, une innocence inaltérée ». Je vois moi, le teint cireux et les traits tirés, tourmentés, de celui qui n’a pas dormi d’angoisse, attendant le contre-ordre bien avant. Sinon, où serait « l’épreuve » ?<br /> Dans la pogne épaisse je ne vois nulle caresse, et le long poignard oriental me semble aux antipodes d’un « couteau à beurre »…<br /> Il me semble que tout ce qui tend à édulcorer la violence et la souffrance de ce qui se passe avant l’intervention de l’ange conduit aussi à en renier la vérité, et, je crois, mais peut-être me trompè-je, la valeur aux yeux de Dieu.<br /> Demeure l’ineffable et lumineuse douceur sur le visage de l’ange, oui.
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C
Merci Frantz pour ce très beau commentaire d'un splendide tableau.<br /> Tout ce que tu expliques sur la douceur et l'abandon me semble particulièrement juste et bouleversant: les mains, le couteau, l'échange des regards entre Abraham et l'Ange (et Isaac à qui son père épargne de voir arriver la mort).<br /> Parler de "douceur du sacrifice" peut sembler établir un insoutenable paradoxe; pourtant, comme tu le dis, dans les voies les plus incompréhensibles de Dieu, la décision libre de faire confiance peut s'avérer d'une douceur inouïe, contrairement à la crispation et à la révolte.<br /> J'ajoute une petite remarque à ta si riche analyse: la lumière que rayonnent le visage de l'Ange, celui du père et le corps du fils, est de trois blancs très différents et spécifiques; le blanc éclatant du corps d'Isaac est l'éclat même de la vie, le blanc verdâtre du visage d'Abraham est celui d'un homme décomposé par la douleur, le blanc doré du visage de l'Ange reflète la Gloire du Ciel... Rembrandt est vraiment un génie de la lumière.
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I
Merci Frantz, ce passage de la Bible est très beau. Dans les yeux d’Abraham, je vois encore la trace d’une immense tristesse dans son regard et une grande fatigue sur son visage (il n’a pas du dormir beaucoup après la demande que Dieu lui fit !) Abraham est un tel exemple d’obéissance et d’abandon à Dieu. Cela montre combien Dieu donne tout et bien plus qu’on ne peut imaginer si on accepte de L’écouter et de Lui remettre tout ce qui fait notre vie.
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