Par coeur: la mémoire résistante

Publié le

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Merci beaucoup pour vos réflexions qui m'ont vraiment apporté Jeanne (mémoire), Marguerite (conservation) et Joseph (dévouement de l'amie).
Répondre
J
Merci Marguerite pour ton apport profond avec les différents sens du mot conserver.
Répondre
F
Merci Christine pour ce témoignage interpellant et cet usage de la mémoire comme acte de résistance : pour que le cri des opprimés ne se perde pas… Je te remercie Marguerite de t’être arrêtée sur ce mot de conserver. Quand on lit tous les sens qu’il revêt, c’est très beau de penser que si notre mémoire fait défaut, Dieu, Lui, n’oublie pas et conserve tout. J’ai moi aussi pensé au Pape François qui parle si souvent de la mémoire. Ce qui me touche beaucoup, c’est que Dieu retient et conserve ce qui est beau dans nos vies. Le reste, Il l’enfouit dans sa Miséricorde, si seulement nous voulons bien lui abandonner tout cela… Je pense aux si nombreuses fois dans la Bible où il est écrit que Dieu n’oublie pas ses promesses, et où Il invite son peuple à en faire mémoire. <br /> Je trouve moi aussi, et d’autant plus grâce à vos différents commentaires, que les poèmes d’Anna Akhmatova, en tout cas les extraits que tu en donnes, sont très sombres. Merci Jean pour ce que tu dis en ce sens sur l’espérance.
Répondre
M
Merci Christine pour le partage de ces strophes de Anna Akhmatova, qui portent vraiment cette atmosphère dont tu parles « confinée, étouffante, tragique ». Je suis notamment frappée par ces vers :<br /> « J'ai crié pour que parle un écho lointain,<br /> J'ai troublé d'un rire malvenu<br /> La lourde somnolence des choses. »<br /> Et<br /> « Mais la danse à jamais figée<br /> Des cyprès sur ta tombe. »<br /> Merci Jean pour ton commentaire et l’appel à résister dans et par l’espérance.<br /> Ce qui m’a touchée c’est cette belle inscription sur les armoiries de la maison :<br /> « Deus conservat omnia », « Dieu conserve tout », avec ces définitions du mot « conserver » selon différents sens, mais que je trouve profondes et belles si on les relie à notre vie personnelle, notre histoire unique aux yeux de Dieu.<br /> Préserver de toute altération.<br /> Maintenir, garder quelque chose, quelqu'un dans un certain état (surtout favorable).<br /> Faire que quelque chose reste en bon état, continue d'avoir la même qualité.<br /> Continuer d'avoir quelque chose, quelqu'un, ne pas les perdre ni s'en dessaisir ; garder.<br /> Prendre soin de quelque chose en l'absence de quelqu'un, le garder pour lui.
Répondre
L
Merci Christine pour la découverte de cet artiste, et pour ce que tu nous partages de sa vie dans cet appartement collectif, et de ce stratagème. Ce qui me touche beaucoup c’est la force de l’amitié au service de la liberté d’expression. Je trouve belle aussi cette exigence de l’apprentissage par cœur. Merci pour le parallèle que tu fais avec aujourd’hui.<br /> Merci Jean pour le lien que tu fais avec les exhortations du pape François, et pour ce que tu dis sur l’espérance. Merci Joseph pour cette belle phrase : « le dévouement de cette amie qui a su porter une autre parole que la sienne ».
Répondre
J
Merci pour cette belle leçon de résistance par la mémoire du cœur à travers l’histoire édifiante de ces deux femmes, qui appelle à cette haute responsabilité que nous portons tous : garder et transmettre le trésor reçu. Merci Jean de faire le lien avec les appels frappants du Saint-Père François en ce sens. J’ai aussi été surpris de ne découvrir ici que de la douleur amère dans ce travail de mémoire : je ne peux pas imaginer la souffrance portée évidemment dans cette horreur du régime soviétique ; pourtant, cela m’évoque d’autres labeurs de mémoire, comme le poème répété par Nelson Mandela lors de sa longue captivité, qui portait un vrai espoir. Alors je retiens spécialement le dévouement de cette amie qui a su porter une autre parole que la sienne ; et je retiens aussi ce refus du silence lâche ou résigné.
Répondre
J
Merci Christine de partager cette rencontre faite en Russie. Je trouve que l’idée de cette poétesse pour transmettre petit à petit ses vers précieux par le dialogue des banalités, est bien maligne. J’ai trouvé interpelant de voir par ce vers : « « Le cœur perd lentement mémoire du soleil. » que la mémoire est quelque chose qui (sauf dans le cas de maladie ou d’accident) ne se perd pas instantanément. Elle s’en va sans faire de bruit jusqu’à disparaitre si elle n’a pas été accueillie, nourrie et entretenue comme doit l’être une relation avec une personne qui a besoin de soin pour se développer, s’affermir et affermir.
Répondre
J
Le pape François ne cesse de parler de mémoire, d’exhorter à « faire mémoire », alors oui, il y a urgence. Urgence à résister, mais aussi dans et par l’espérance (qui, vraie, ne s’oppose mystérieusement ni à la gravité ni à la souffrance), qui manque beaucoup à ces extraits, je trouve.
Répondre