L’âme de Karol Wojtyla (saint Jean Paul II)-2

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J
Merci Joseph et Lucie pour vos beaux commentaires
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J
Merci Jean de partager ce magnifique poème ! Ce qui me touche particulièrement dans ce poème c’est de percevoir un peu du souci des autres qu’à le poète, de l’énergie qu’il déploie pour sa tâche (« Je voudrais à travers les friches porter ma Patrie<br /> Pour que soit partout entendu par le peuple cette voix ! »). Ce que je crois comprendre en lisant ce poème c’est aussi que le véritable poète ne peut parler sans s’inspirer et s’unir au Christ « accomplissement de tous les désirs - Liberté - Amour ! ». Je prends un peu plus conscience que le poète se met vraiment au service de ses frères les hommes dans l’authenticité de ce qu’il est : « Je suis ainsi. », et que pour ce service il se laisse façonner par Celui qui est la Voix et la Voie, le Christ : « Pétris-moi, ô très Saint, fais de moi un vase inspiré !<br /> Que je puisse rassembler en un torrent tout ce que la créature espère. ». Je trouve qu’ici Karol Wojtyla se révèle être un lien qui maintient les hommes ses frères à Dieu : « De lier les paroles en une chaîne divine - celle du Christ -<br /> Ô très Saint ! Refonds en poésie ta douleur et celle d'autrui,<br /> Laisse tes frères prier sur le rosaire des merveilles. ». Je trouve cela si beau !<br /> Merci Joseph pour ton commentaire
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M
Merci Jean pour la suite de ce poème de saint Jean-Paul II. Là encore il me faudrait des éclairages pour bien comprendre ce qu’il exprime mais voici ce qui me touche plus particulièrement : ce vers sur la vocation du poète « De lier les paroles en une chaîne divine - celle du Christ ». Puis je trouve magnifique cette prière « Pétris-moi, ô très Saint, fais de moi un vase inspiré ! » et « Que sur Tes pieds sanglants un or fluide / Se change en perles de mélodie, en légions de prières » que j’entends comme un désir, une prière du poète pour que ces gouttes du Sang précieux qui ont coulé du Corps du Christ en Croix portent le fruit de faire naître des hommes qui chantent la louange du Seigneur mort pour les sauver et deviennent ensemble dans la communion des cœurs des légions de prières. Et enfin toute la 4ème strophe sur la pénitence que je lis comme un désir de saint Jean-Paul II de la vivre en communion avec le Christ pour le salut des hommes pécheurs.<br /> Merci pour vos commentaires Frantz et Christine.
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C
Merci beaucoup, Jean, de corriger mon contre-sens.<br /> Cela ne m'en apparaît que plus beau...
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J
Merci profondément pour ce partage prolongé du trésor de la poésie de Karol Wojtyla. Une première pensée m’est venue à la lecture, ou plutôt un premier « sentiment » s’est imposé à moi : celui de me sentir moi aussi comme submergé par cette vague de vie, et j’ai cru retrouver un lien profond avec ce que peut produire en moi l’écoute du troisième mouvement de l’Été de Vivaldi. Ce lien est bien sûr à relativiser, par l’unicité de chaque œuvre, et parce qu’en soi tout n’a pas à être forcément associé, surtout avec un tel écart d’époque et de contexte. Pourtant, il me semble retrouver un même esprit, comme un lien d’âme : ce cœur qui déborde, qui ne peut contenir cette Parole qui le brûle : « Un cœur révolté, impossible à faire taire ». Dans cette poésie, comme dans un torrent, on ne comprend peut-être pas tout, mais on est emporté, on boit, on boit cette eau débordante, cet air vivifiant !<br /> Merci d’avoir souligné quelle vision de la poésie cherche à donner le poète ; en ce sens, j’ai trouvé ce vers magnifique et si profond : « Que je puisse rassembler en un torrent tout ce que la créature espère. » C’est extraordinaire ! Cela m’évoque la tâche sacerdotale (c’est-à-dire du prêtre, ordonné ou baptisé) de pouvoir rassembler (ce verbe est si beau, il m’évoque le travail du berger !) pour offrir, confier, cette espérance de l’humanité à Dieu. <br /> J’aime aussi beaucoup toute la métaphore filée autour de la musique, de cette parole portée comme un chant : « Se change en perles de mélodie » ; « je veux tisser ma jeunesse en un choral de noblesse ». <br /> Je trouve magnifique, et tellement profonde, l’image du fondeur : offrande de la douleur pour la transformer en vie, à condition d’être soi-même « pétri » ; cela me fait beaucoup penser à l’Eucharistie, où nous croyons, dans la foi catholique, que Dieu transforme, à travers les mains du prêtre, un bout de pain en son propre Corps dont Il nous nourrit. Je crois d’ailleurs que c’est l’un des grands « thèmes » de ce poème : cette idée de former un corps, dans la fraternité reconquise par le Commandement nouveau dont tu donnes la référence précise Jean. C’est ce cœur fraternel que j’admire ici, ce cœur qui se fait « vase » pour accueillir, qui cherche à « lier les paroles en une chaîne divine », parce qu’« il est donné aux poètes de deviner les cœurs humains ». <br /> Enfin, les vers qui me touchent le plus sont sans doute ceux-ci : « Ma poitrine est sanglot, elle frémit de chagrin/Jusqu'à s'ennoblir, jusqu'à centupler. » C’est pour moi l’image du cœur qui accepte la blessure, la brisure, pour ne pas vivre pour soi-même mais s’élargir aux souffrances des autres ; choix « crucifiant » certainement - dans le sens premier du terme - mais gage de vie au centuple, comme le grain de blé qui meurt pour donner cent fois plus de fruit.
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L
Merci Jean pour ce deuxième partage et la suite de ce poème qu’il me faut lire et relire.<br /> Je suis d’abord frappée par la présence des larmes, de l’eau, du torrent, et par ce que saint Jean-Paul II décrit de son cœur gonflé d’amour pour les autres, désirant s’agrandir toujours : « Ma poitrine est sanglot, elle frémit de chagrin, jusqu'à s'ennoblir, jusqu'à centupler. », « Alors, j'aimerais que ma chambre s'agrandît, et mes bardeaux, mes murs » ; cœur débordant : « Que du sol jaillisse la source ! torrent révélé au sein de ce précieux parquet tissé d'albâtre ; que sur Tes pieds sanglants un or fluide se change en perles de mélodie, en légions de prières ».<br /> Je trouve magnifique aussi la première strophe que tu nous donnes, et ce lien entre poésie et prière.<br /> Enfin cela me donne de la joie ces mots qui me semblent parler de la liberté de saint Jean-Paul II, et de sa proximité avec les hommes de son temps : « Je suis ainsi. Hier, je plongeais dans un banquet, Aujourd'hui, je médite devant Toi, le "Aimons-nous" sacré ».<br /> <br /> Merci Christine pour ce que tu écris sur le double mouvement du cœur ; et merci Jean pour la correction du contre-sens, je n’avais pas bien compris moi non plus.
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J
Merci pour vos commentaires. <br /> Christine, comme je l’avais écrit dans le premier partage, cette poésie est souvent hermétique car mal traduite, ce qui n’est pas le cas ici. Je me permets de faire remarquer un contre-sens : "parole sourcière, parfumée, mienne" ne définit pas la parole du poète mais celle de Dieu, ici le verset 34 du chapitre 13 de l’évangile selon saint Jean.
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C
Merci, Jean, pour cette seconde vague de poésie -je reprends cette image de Frantz qui me semble si juste puisqu'elle est celle que nous donnent les vers mêmes de Karol Wojtyla : "je jetterai des mots écumants sur le téorbe".<br /> Le souffle qui anime ces strophes, qui anime l'âme du poète, nous entraîne comme dans un double mouvement, systole et diastole d'un même cœur tourmenté d'Amour, de Beauté, de Liberté et du salut des âmes: <br /> systole: cœur "moulé", "coulé" en un brasier, "refondu", "pétri", pour devenir contenant, "vase inspiré", et contenir un torrent… Le cœur du poète est plongé comme dans le feu ardent d'une immense forge où il se laisse forger.<br /> diastole: cœur qui déborde d'une poitrine en sanglot qui se met à centupler; et qui désire que chambre et murs s'agrandissent aux dimensions de la Patrie… Le cœur du poète s'épanche en un chant qui héberge tout l'univers.<br /> Tu parles de la "vocation" du poète, Jean; je vois dans ce double mouvement du même cœur ce qu'on peut appeler en poésie l'inspiration et l'expression; pour St Jean-Paul II en sa jeunesse, cette vocation est mystique: il implore d'être pétri pour que jaillisse la source; au Christ en croix dont le cœur est transpercé, il demande d'être associé, "un soir de Carême": pénitence pour la délivrance.<br /> La poésie de Karol Wojtyla n'est pas facile, certains la disent hermétique; moi je la trouve parfois submergeante en ce sens même qu'elle nous déborde pour nous entraîner ailleurs.<br /> Et que j'aime le vers où lui-même définit sa parole !<br /> "parole sourcière, parfumée, mienne"...
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F
Merci beaucoup, Jean, pour la seconde vague de ce magnifique poème ! Je suis cette fois frappé en particulier par une chose : le tourment douloureux de Karol Wojtyla (déjà), pour le salut des âmes, pour la liberté, la défense de la beauté également. On sent une âme souffrante face à tout ce qui oppresse les hommes, et prête à se battre pour y remédier. Voici ce qui m’a particulièrement touché : « Refonds en poésie ta douleur et celle d’autrui » ; « Mon cœur se révolte contre un chant enchaîné et les temps de destruction » ; et surtout : « Ma poitrine est sanglot, elle frémit de chagrin, jusqu’à s’ennoblir, jusqu’à centupler ». Je trouve ces derniers mots magnifiques et extrêmement forts. J’y comprends que ce qui fait un saint, et qui fait porter du fruit à sa vie, c’est ce tourment qui doit l’habiter lorsqu’il regarder les autres se perdre loin de Dieu, se détruire, se perdre dans l’ignorance, et le combat nécessaire qui en découle.<br /> Je suis également frappé par la présence de la musique dans ce poème. On sent que pour lui c’est une voie d’annonce de la Vérité, un moyen de sauvegarder la liberté, d’acheminer les cœurs vers le Christ. En ce sens, je trouve très beau ce vers, qui arrive après plusieurs où il est question de chant, de mélodie, de « brisure de la musique », et de « chant enchaîné » : « Que je puisse rassembler en un torrent tout ce que la créature espère ». Encore une fois, merci pour ce poème nous découvrant l’âme de ce grand saint « qui a cru en l'Amour, en la Liberté, au Beau ».
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