L'héritage du pauvre

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Publié dans Dessin et peinture

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J
Merci pour les remarques sur la position des bras, qui enrichissent mon regard. Et merci Marguerite pour ton regard sur l'ombre et la lumière, et sur la crèche!
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J
merci Marguerite pour ce que tu as vu sur la main dans l'ombre signe des attachements, et sur la présence de la paille rappelant le dépouillent de la crèche.
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M
Merci Frantz de me permettre de découvrir cette œuvre de Hofmann et merci pour tout le partage de ta méditation sur ce tableau.<br /> Merci pour le regard que tu partages sur cette femme à gauche du tableau, qui peut-être a cette tristesse, parce qu’elle voit ce jeune homme riche avec compassion en constatant qu’il n’a pas la vraie richesse et qu’il semble hésiter à suivre Jésus. Peut-être que cette femme représente la Vierge Marie.<br /> Comme tu le dis on ne sait pas si ce jeune homme ne rejoint pas finalement plus tard Jésus, s’il n’a pas choisi par la suite de vendre tous ses biens. Je trouve que dans ce tableau son regard exprime une réflexion, une hésitation peut-être. Je suis aussi frappée par ses mains, peut-être comme une image de cette hésitation. Sa main droite est derrière lui, dans l’ombre, l’ombre de toutes ses richesses et tout ce à quoi il est attaché. Sa main gauche semble être plus dans la lumière, avec un bras plié, comme hésitant. D’ailleurs cette main, comme tout le corps de cet homme, est coupée en deux lorsque l’on regarde la lumière du tableau. La partie droite du jeune homme riche est dans l’ombre, la partie gauche est lumineuse. Peut-être comme son esprit qui pesant le pour et le contre est pour l’instant entre ombre et lumière.<br /> Puis ce qui m’a frappée aussi c’est cette charpente recouverte de paille que l’on aperçoit à gauche du tableau. Comme un rappel de cette crèche de Bethléem où Jésus est né, symbole de ce dépouillement total que ce Dieu fait homme a accepté par amour. Evidemment ce chemin qu’il montre au jeune homme, cette pauvreté et ce dépouillement, lui-même, Jésus, l’a vécu totalement. Et alors cette fenêtre à droite dont tu parles, peut-être est ce aussi le symbole de l’hôtellerie qui refusa d’accueillir la Vierge Marie et Saint Joseph pour la naissance de Jésus (Évangile selon saint Luc, chapitre 2, versets 6 à 7). <br /> Merci Jean pour ton commentaire et ces deux interrogations : sur le désir de possession et sur la pauvreté. Et merci pour ce que tu partages sur la porte des remparts de Jérusalem.<br /> Merci Lucie d’attirer mon regard sur ce vieil homme qui repose sur la femme, les yeux fermés, paisible.
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L
Merci Frantz pour la beauté de ton partage et de cette œuvre magnifique. Je suis moi aussi extrêmement touchée par la beauté des visages. Les quatre visages, celui calme, paisible, les yeux fermés de cet homme pauvre, qui repose contre cette femme qui pour ma part m’a immédiatement fait penser à la Vierge Marie. Ces regards de Jésus et de la femme, aimants, suppliants, unis dans une sorte de douleur de voir le jeune homme riche esquiver leurs regards, refuser cet appel. Je trouve aussi très belle la position des quatre mains de Jésus et du jeune homme, qui forment comme un arc de cercle et semblent se répondre : l’appel et la peur ; l’ouverture à l’autre et le retour sur soi.<br /> Merci pour l’ensemble de ton commentaire, pour ce que tu dis par exemple de la présence de la lumière d’une part, de la porte d’autre part.<br /> <br /> J’ai aussi été interpelée par cet extrait de l’Evangile :<br /> « Jésus lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. »<br /> Jésus montre que la pauvreté est le chemin qui permet d’entrer dans la ressemblance de Dieu, en devenant bon comme lui.
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C
Merci, Frantz, pour la découverte de cette très belle œuvre, pour le commentaire que tu en fais- et qui s'enrichit de tout ce que vous ajoutez les uns et les autres.<br /> Ce qui me touche le plus, c'est cette question du jeune-homme riche : "que me manque-t-il encore?"; cette question du manque dans nos vies est fondamentale. Savoir et reconnaître qu'il nous manque quelque chose fait de nous des quêteurs.<br /> Mais il voudrait posséder ce qui lui manque, comme Pierre au début du texte d'Evangile: "quelle sera notre part?"<br /> Jésus nous entraîne à l'opposé de nos logiques de possession: ce qui me manque, c'est de manquer, c'est d'être pauvre…<br /> Comme tu le dis, il faut passer de l'autre côté, "sur l'autre rive" comme dit Jésus. Je trouve, moi aussi, que le tableau est comme coupé en deux. Les mains m'ont aussi frappée par leur mouvement inverse. Celles du jeune-homme sont déjà en arrière, le précédant dans sa décision de repartir, de rebrousser chemin…<br /> Mais comme j 'aime ton hypothèse, Frantz, qu'il revienne plus tard sur ses pas; et merci, Jeanne, pour ce que tu exprimes ainsi très fortement: " En lisant cette supposition que tu fais Frantz, sur ce jeune homme qui serait revenu vers Jésus plus tard, me revient ce verset de la lettre aux Ephésiens (chapitre 3, verset 20) : « À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir » car ce pas qui lui paraissait infranchissable, a pu être dépassé grâce à l’accueil du regard si aimant de Jésus posé sur lui."
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J
Merci Frantz pour cet article qui m’a profondément touchée, et merci Jean pour ton commentaire. Je trouve tout magnifique dans ce tableau. Le jeune homme riche regarde vers le sol comme s’il s’imaginait dans son esprit ce qu’il allait perdre selon lui, en faisant le pas indiqué par Jésus. Il s’en fait une montagne. Le vieillard pauvre m’a touchée aussi car on dirait qu’il dort comme un enfant, abandonné entre les bras de cette femme. En lisant cette supposition que tu fais Frantz, sur ce jeune homme qui serait revenu vers Jésus plus tard, me revient ce verset de la lettre aux Ephésiens (chapitre 3, verset 20) : « À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir » car ce pas qui lui paraissait infranchissable, a pu être dépassé grâce à l’accueil du regard si aimant de Jésus posé sur lui.
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J
Merci Jean d’avoir souligné ce verbe « avoir » dans le désir du jeune homme riche : cela m’interpelle sur ce qu’il peut y avoir de caché comme désir de posséder même dans les élans « spirituels ».
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F
Merci Jean pour ce que tu écris là : "Finalement, ce désir de vie éternelle n’était-il pas un ènième désir de possession ?" Cela me fait remarquer que, dans le texte biblique, le jeune homme parle d'"avoir la vie éternelle", tandis que Jésus répond en disant "entrer dans la vie éternelle". Merci aussi pour ce que tu dis sur le désir existentiel que creuse la pauvreté. Enfin, je trouve très intéressant et éclairant ce que tu expliques sur la porte des remparts de Jérusalem.
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J
Merci pour le partage de ce tableau inconnu que je trouve magnifique ; je note particulièrement le vert du vêtement du jeune homme, et surtout la beauté saisissante des visages. <br /> Merci aussi pour la profondeur de ton commentaire, avec tes observations sur la femme, le ciel, l’embrasure… Je partage aussi ton regard sur l’attitude du jeune homme : « Il venait avec beaucoup d’enthousiasme mais visiblement ne s’attendait pas du tout à cette réponse de Jésus. Il ne regarde ni Jésus, ni ceux que sa main lui indique, comme s’il voulait changer de sujet, ou chercher une autre solution pour obtenir la vie éternelle. » Ainsi est dévoilé le problème fondamental : il voulait faire le bien, sans doute, mais à sa manière, selon sa vision. Que les richesses dont il est question ici ne soient pas seulement matérielles me semble alors une évidence. Finalement, ce désir de vie éternelle n’était-il pas un ènième désir de possession ? Ce qui pourtant est confondant, c’est que Jésus, qui le sait puisqu’il sait tout, ne s’impatiente pas. Il le met dès le début en garde contre l’orgueil : « Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! ». D’ailleurs, quand le Christ parle du chameau et du « trou d’aiguille », il est possible qu’il fasse référence à une porte des remparts de Jérusalem qui était si petite qu’on l’appelait « le chas de l’aiguille », et que les chameliers devaient faire courber (comme un signe d’humilité justement) leurs chameaux pour y passer.<br /> Comme tu l’écris, « non seulement Jésus promet un héritage au pauvre, mais il va plus loin en déclarant que cet héritage ne s’obtient que si l’on devient pauvre ». En effet, à quoi sert la pauvreté, si ce n’est à creuser un désir existentiel, sans lequel rien, au fond, n’est possible ?
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J
Merci pour le partage de ce magnifique tableau, dans la lumière de ce passage de l’Evangile que tu permets de relire et méditer ainsi, avec cet appel percutant à quitter sa richesse, sa possession matérielle et spirituelle. Je trouve la symbolique de cette œuvre profondément touchante et parlante : d’abord, j’ai été frappé par le geste de Jésus. Que montre-t-il ? On dirait que la scène est coupée… Mais non, peut-être est-ce simplement vers le bas qu’il veut attirer le regard justement ? Vers la descente, l’abaissement, cette direction qui est sans doute la clé de la pauvreté à désirer : la petitesse ? Cette toute-petitesse qui permet de passer par le trou de l’aiguille… Me sont revenus ces paroles de la Bible : « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Lettre de saint Paul aux Philippiens, chapitre 2, versets 6 et 7). Puis, j’ai été très frappé par l’attitude du jeune homme riche : devant cette descente à vivre, ce grand saut, il semble perdre pied, il voudrait se raccrocher à ce qui le rassure : cette pierre solide derrière lui, cette maison où il pourrait rester tranquille. Et voilà que le Maître semble indiquer une autre demeure : n’est-ce pas l’étable de son propre abaissement, son Palais de pauvreté, la Crèche de Noël, avec ses quelques poutres et son toit fragile ? Je repense encore à ce passage de la Bible : « Lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. » (Deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens, chapitre 8, verset 9). Et je suis profondément touché par ce regard de Jésus moi aussi, qui vaut plus que tout l’or du monde, et qui peut donner la confiance de vivre cet abandon ; le désirer en tous cas, pour être avec lui, Jésus, et sous son regard d’amour. Enfin, dans le prolongement de ce regard si désireux de notre vrai bonheur, je suis profondément touché aussi par le regard de compassion de la femme en arrière-plan, comme tu dis. Est-ce la Vierge Marie, qui attend et désire pour chaque âme ce choix de la dé-maîtrise qui la rendra libre ?
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