"Que ma joie demeure"

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I
Un grand merci Joseph pour la réflexion que tu as menée et pour ta réponse, ce poème que je trouve très beau. J'ai moi aussi été touchée par ces vers :<br /> "Parce que tout est joie <br /> Quand tout est gratitude" <br /> <br /> "Parce que notre cœur<br /> Est fait pour éclater<br /> D’un invincible rire<br /> Là-bas dans le Royaume "<br /> <br /> Merci pour vos commentaires. Merci Jean de redire avec clarté les choses, particulièrement ce qui peut être non ajusté chez les chrétiens.
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C
Merci, Joseph, pour ce très beau partage sur la quête de Joie, pour ta réflexion à la lecture de Giono, pour ton très beau poème.<br /> Je sais qu'il y a beaucoup d'écueils dans cette quête de Joie et qu'elle peut ne produire que des fruits d'amertume…<br /> <br /> Ce qui comble nos cœurs, c'est ce qui demeure: c'est ce verbe qui me semble au centre de cette quête . Jésus nous le demande, dans l'Evangile selon St Jean,avec insistance : " Demeurez en moi " . Tout ce qui passe nous laisse insatisfaits.<br /> <br /> La Joie, tu l'écris si bien, Joseph, commence par la gratitude: tout est don. Les petites joies simples (bien différentes des "gaietés") font partie de ces dons; il ne s'agit pas de s'y arrêter, bien sûr, mais de les recevoir comme de vrais cadeaux de Dieu, Créateur et Père; je pense particulièrement à toutes les joies simples qui nous viennent chaque jour de la beauté de la Création; tu en exprimes quelques très belles facettes dans ta première strophe. Le danger de " l'épicurisme profane" que tu soulignes, Jean, n'est-il pas écarté si tout se reçoit dans la gratitude et comme nourriture pour avoir la force d'avancer.<br /> <br /> Mais cette Joie est aussi labeur. Merci de nous le redire: "le labeur de l'âme à cultiver"; je pense à cette expression dans la Bible au livre de Jérémie (31;12) que je trouve si belle: "ils auront l'âme comme un jardin tout irrigué"; l'irrigation de nos âmes ne se fait pas sans travail… Elle vient de la constatation de la Soif inscrite au plus profond de nous.<br /> Non "pas sœur passagère/mais fille de la Croix": l'expérimenter est bouleversant et constitue une expérience spirituelle qui, seule, sûrement peut nous combler . Car elle vient de Dieu même qui, seul, a le pouvoir et l'amour de "changer notre deuil en Joie".(Jérémie 31;13). "Joie que nul ne pourra nous ravir" (Jean, 16)
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M
Merci Joseph pour le partage de cette « réponse fraternelle », pour la beauté profonde de ces vers. Ceux-ci m’ont particulièrement touchée ce soir :<br /> « Parce que tout est joie<br /> Quand tout est gratitude »<br /> <br /> « Parce que notre joie<br /> Se tient dans le labeur<br /> De l’âme à cultiver<br /> Pour la moisson dernière »<br /> <br /> « Parce que notre joie<br /> N’est pas sœur passagère<br /> Mais fille de la Croix<br /> Qui tient les vents contraires »<br /> Me frappe alors l’effort qui est à fournir par l’homme pour saisir, recevoir, cette joie qui demeure. Tellement en opposition à un désir bien présent dans notre société de recevoir tout sans efforts et aussitôt qu’on le déciderait. Cette joie qui demeure est le fruit d’un combat, un combat sur soi-même, que l’on peut mener à bien que si l’on écoute et accueille celui qui est cette joie, Dieu. <br /> J’ai moi aussi été frappée par cette référence à la sève de Bach.<br /> Jean, merci pour cette si belle citation de saint Paul et merci Frantz aussi pour celle de l’évangile selon saint Jean.
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F
Merci Joseph pour cette belle réflexion sur la véritable joie. Par rapport au roman de Giono, je trouve très frappant que cette recherche sincère de fraternité se solde par un échec. Peut-être que l’auteur veut dire que la joie est une utopie, un rêve qui ne dure pas, mais je trouve que l’histoire que tu résumes dit plutôt qu’il manque quelque chose pour que la joie demeure. Et je pense à cette fraternité dans notre devise française : c’est en effet un bel idéal, mais est-ce réellement possible de la vivre sans Dieu qui est Père ? En ce sens, je suis particulièrement touché par cette strophe de ton poème : « Parce que dans nos chutes / Dans les brouillards du doute / Il y aura toujours / Le regard Paternel ». <br /> Et surtout, je suis vraiment touché par ta dernière strophe, qui dit que c’est dans le Cœur du Christ, dans le Cœur de Dieu fait homme, que nous trouvons la vraie joie. Et je pense à cette parole de Jésus à ses disciples avant sa passion et sa mort : « Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (Évangile selon saint Jean, chapitre 16, verset 22). Quelle promesse !<br /> Merci aussi pour ta strophe sur la joie qui « se tient dans le labeur / de l’âme à cultiver / pour la moisson dernière ».
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J
Merci Joseph pour la possibilité de cette réflexion sur l’horizontalité, sur « l’impasse » de l’humanisme, de la vie sans Dieu. Cela m’évoque aussi quelque part une vision de la joie très à la mode aujourd’hui dans une certaine « spiritualité » chrétienne : celle « des petites choses » (ou « petites joies simples ») ; vision dont on peine à voir au fond la différence avec un épicurisme profane : « mirages des gaietés passagères »…<br /> Par-delà cette vision insuffisante, la Joie, avec un grand J (comme Jésus !), vécue comme une « quête » et un « labeur » en lien avec la progression de notre âme à « cultiver », me paraît beaucoup plus vraie et profonde, et donc bien plus enthousiasmante. Cela me fait penser à un dialogue de la Messe : « Elevons notre cœur ! » « Nous le tournons vers le Seigneur ».<br /> Surtout, bien sûr, merci pour ton poème. Tu parles bien de cette Joie différente en son essence, reliée avant tout (même si pas seulement) à un « Ailleurs », à travers cette strophe qui est pour moi la plus belle :<br /> « Parce que notre cœur<br /> Est fait pour éclater<br /> D’un invincible rire <br /> Là-bas dans le Royaume »<br /> Oui, cette Joie « invincible » du Royaume, et déjà possiblement goûtée ici-bas comme des prémices ; Joie de la Présence aimante, quoique voilée, dans ce « regard » du Père du Ciel et dans cette Maternité « soucieuse » de Marie que tu célèbres. Joie inégalable, et qui fait remonter en moi aujourd’hui cet extrait de la Bible (saint Paul aux Ephésiens, 3, 18-19) : « Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. » <br /> Cette notion de plénitude, qui me parle énormément, je la ressens dans ton image poétique : « l’Esprit qui déferle en Vie inaltérable ». Que c’est beau !<br /> J’aime aussi beaucoup, comme Jeanne, l’image que nous donne Bach de la « sève ». Elle est invisible, mais c’est bien elle qui donne vie à tout ce qui apparaît de vraiment beau, de vraiment lumineux, de vraiment joyeux, ou plutôt heureux…<br /> Jésus, que ma Joie demeure !
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J
Lire ton article Joseph me redit combien être catholique, sachant que Jésus est la Joie qui demeure, est un trésor si grand ! Car tout est éphémère autrement, et la (dite) « joie » non reliée à Dieu, a un gros arrière goût d’insatisfaction. J’ai particulièrement aimé le vers de cette mélodie pour illustrer la joie de l’effort : <br /> « Parce que notre joie<br /> Se tient dans le labeur<br /> De l’âme à cultiver »<br /> J’ai été touchée par l’image de la sève utilisée par Bach car la sève dans l’arbre est toujours en mouvement. Je me dis que notre joie profonde, intérieure, celle qui ne passe pas si elle est liée à Dieu, vivifie tout notre être, et, comme les couleurs du feuillage d’un arbre peut émerveiller, et bien cette sève de la joie peut aussi émerveiller ceux qui autour de nous la sentent peut-être. Me revient alors à l’esprit cette belle exclamation de saint Séraphim de Sarov dans son accueil de chaque visiteur: « Ma joie ! Le Christ est ressuscité ! »
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L
Merci Joseph pour le partage de ton poème sur ce thème si important, et pour ce que tu exprimes par rapport à l’œuvre de Jean Giono. J'aime d'abord le tout début de ton poème sur la gratitude qui transforme tout en joie. J'aime aussi ces images et parallèles qui pourraient sembler contradictoires, et qui sont si réels : lorsque tu parles de la joie comme « quête » dans « les abymes » de nos cœurs ; du « labeur » ; ou de « la Croix / Qui tient les vents contraires ». J'aime enfin beaucoup les vers sur le « regard Paternel » et sur la Vierge Marie « Soucieuse à notre place ». Cela donne le désir de ne pas s'attacher aux « gaietés passagères » pour découvrir cette joie qui demeure. Merci.
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